mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2001833 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LUCQUIN - ZOGHAIB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 mars 2020 et le 30 décembre 2021, la SCI Thenac immobilier, représentée en dernier lieu par Me Houssais, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la taxe sur les logements vacants mise à sa charge au titre des années 2016, 2017 et 2019 pour les biens dont elle est propriétaire au 2 avenue Tibaldi et au 64 route de Rangiport à Porcheville (Yvelines) ;
2°) de lui accorder le sursis de paiement.
Elle soutient que les biens dont elle est propriétaire à Porcheville et sur lesquels sont assis les rappels en litige n'étaient pas vacants au cours des années 2016, 2017 et 2019.
Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés le 13 décembre 2020, le 14 et le 16 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la réclamation présentée le 19 avril 2019 contre la taxe sur les logements vacants au titre des années 2016 et 2017 est irrecevable, les impositions étant prescrites en application des dispositions de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales ;
-la réclamation présentée le 27 novembre 2019 est également irrecevable ;
-la contribuable ne justifie pas de la location effective des logements sur lesquels sont fondés les rappels de taxe litigieux.
Un mémoire, présenté par la SCI Thenac, a été enregistré le 27 juin 2022, mais n'a pas été communiqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1.La société civile immobilière (SCI) Thenac immobilier est propriétaire d'un ensemble immobilier situé sur la commune de Porcheville (Yvelines), comprenant huit appartements à usage d'habitation et un commerce. À ce titre, elle a fait l'objet d'une imposition à la taxe sur les logements vacants (TLV) au titre des années 2016, 2017, et 2019, pour un montant total de 3 657 euros en droits. Ses réclamations du 19 avril 2019 et du 27 novembre 2019 ayant été partiellement rejetées, la SCI Thenac immobilier demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur les logements vacants mis à sa charge du titre des années 2016, 2017 et 2019.
Sur la recevabilité des conclusions tendant à la décharge des impositions en litige au titre des années 2016 et 2017
2.Aux termes du a) de l'article R*.196-2 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; () ".
3.En premier lieu, il résulte de l'instruction que les rappels de taxes au titre des années 2016 et 2017 ont été mis en recouvrement respectivement le 31 octobre 2016 et le 31 octobre 2017. La société requérante ne contestant pas avoir eu connaissance de la mise en recouvrement des impositions litigieuses, l'administration soutient en défense que le délai de réclamation prévu par les dispositions précitées du a) de l'article R. 196-2 expirait, respectivement, s'agissant des impositions 2016 et 2017, le 31 décembre 2017 et le 31 décembre 2018. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, les avis d'imposition complets notifiés à la SCI Thenac n'ayant, en particulier, pas été produits, que ces avis comportaient la mention des voies et délais de recours, circonstance qui est de nature à rendre inopposable le délai de réclamation prévu par les dispositions du a) de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée, en défense, par l'administration, n'est pas fondée et doit être écartée.
Sur le bien-fondé des impositions en litige
4.Aux termes de l'article 232 du code général des impôts : " I. - La taxe annuelle sur les logements vacants est applicable dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements, (). / II. - La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l'année d'imposition, à l'exception des logements détenus par les organismes d'habitations à loyer modéré et les sociétés d'économie mixte et destinés à être attribués sous conditions de ressources ". Dans sa décision n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012, le Conseil constitutionnel a jugé que l'objet de la taxation instituée par les dispositions précitées de l'article 232 du code général des impôts est d'inciter les personnes redevables de cette taxe à mettre en location des logements susceptibles d'être loués et que cette taxation ne peut frapper que des logements habitables, vacants et dont la vacance tient à la seule volonté de leur détenteur. Pour contester l'application faite par l'administration fiscale des dispositions précitées, la preuve de l'occupation d'un logement peut être apportée par tous moyens.
5.En l'espèce, pour rejeter la réclamation présentée par la SCI Thenac à l'encontre de la taxe sur les logements vacants mise à sa charge, s'agissant des années 2016, 2017 et 2019, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines a estimé que la contribuable n'avait pas produit l'ensemble des pièces justificatives sollicitées par le service, en particulier les baux de plusieurs locataires du bien dont elle est propriétaire au 2 avenue Tibaldi et 64 route de Rangiport à Porcheville (Yvelines), lequel comprend huit appartement à usage d'habitation selon les termes de l'acte de vente conclu avec la SCI MT International auprès de laquelle il a été acquis par la SCI Thenac, ainsi qu'un commerce. A l'appui de ses conclusions à fins de décharge, la requérante a produit le 30 décembre 2021, un tableau retraçant les conditions d'occupation de l'ensemble des biens sis au 2 avenue Tibaldi et 64 route de Rangiport, dont il ressort que les huit appartements ont été occupés successivement par treize locataires différents, dont les baux sont produits, ainsi que des quittances et des rappels de loyer adressées au cours de l'ensemble des années en litige. Elle fait également valoir que le local commercial du 2 avenue Tibaldi était occupé, au titre de l'ensemble des années en litige, par la société SAFI, et produit des quittances de loyer adressées à celle-ci entre décembre 2017 et décembre 2019. A cet égard, il résulte, en effet de l'instruction que le bien en cause a été imposé en 2018 au titre de la cotisation foncière des entreprises, et non de la taxe sur les logements vacants. Si, pour contester les éléments de preuve ainsi apportés par la requérante, l'administration fait valoir que certains des baux produits ont été signés par la SCI MT International, propriétaire du bien litigieux jusqu'en 2012, cette circonstance n'est pas de nature à démontrer que leurs signataires n'occuperaient plus les logements ainsi loués à la date du fait générateur des impositions litigieuses, dès lors que les engagements pris par un propriétaire dans le cadre d'un bail de location s'imposent à l'acquéreur éventuel du bien sans qu'il soit nécessaire de procéder à son renouvellement anticipé. Si l'administration fait également valoir que trois des locataires désignés par la SCI Thenac n'ont pas été imposés à la taxe d'habitation au 64 rue de Rangiport et que deux autres auraient déclaré leur résidence principale et été imposés à la taxe d'habitation à une autre adresse, ces circonstances, qui ne sont pas imputables à la société requérante, ne sauraient suffire n'est pas davantage de nature à remettre en cause la valeur probante des pièces produites pour démontrer l'occupation des biens. En outre, l'administration n'ayant pas produit, malgré une mesure d'instruction en ce sens, les avis d'imposition complets concernant la taxe litigieuse, ni, davantage, aucun élément permettant de déterminer avec précision lequel des biens détenu par la SCI Thenac au 2 avenue Tibaldi et 64 route de Rangiport, avait été retenu pour calculer l'assiette de la taxe litigieuse, la société requérante doit être regardée comme justifiant que l'ensemble des appartements, ainsi que le local commercial dont elle est propriétaire à ces adresses, étaient loués au 1er janvier des années en litige, sans qu'il soit besoin de se fonder sur les éléments produits à l'appui du mémoire présenté par la SCI Thenac, enregistré le 27 juin 2022, qui n'a pas été communiqué pour ce motif.
6.Il s'ensuit que la SCI Thenac est fondée à solliciter la décharge de la taxe litigieuse à hauteur des droits mis à sa charge, au titre des années en litige, pour les biens situés au 64 route de Rangiport et au 2 avenue Tibaldi à Porcheville.
Sur les conclusions tendant au bénéfice du sursis de paiement
7.Le tribunal statuant au fond par l'effet du présent jugement, les conclusions tendant au sursis de paiement des impositions litigieuses se trouvent privées d'objet.
D E C I D E :
Article 1er : La SCI Thenac immobilier est déchargée de la taxe sur les logements vacants mise à sa charge à raison des biens situés au 64 route de Rangiport et au 2 avenue Tibaldi à Porcheville au titre des années 2016, 2017 et 2019.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Thenac immobilier et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Florent, première conseillère,
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé
G. A
Le président,
Signé
Ph. Delage La greffière,
Signé
F. Sabot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026