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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2002595

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2002595

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2002595
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation2ème chambre
Avocat requérantGALLO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 avril 2020 et le 23 février 2022, M. C B, représenté par Me Rochefort, demande au tribunal :

1°) avant-dire-droit, de désigner un expert avec pour mission de procéder à l'évaluation de son état de santé, de sa pathologie anxio-dépressive et de ses congés associés ;

2°) à titre principal, de condamner la commune de Viroflay à lui verser une somme de 103 600 euros au titre de l'ensemble de ses préjudices, ce chiffrage étant donné à titre provisoire jusqu'au dépôt du rapport de l'expert pour un affinage avant clôture de la présente procédure, ou à titre définitif si une mesure d'expertise ne devait pas être ordonnée avant clôture de la présente procédure, le tout assorti des intérêts au taux légal à compter de l'exercice de la demande indemnitaire préalable et de la capitalisation des intérêts ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Viroflay une somme de 3 000 euros à verser à Me Rochefort au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à condition qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- la requête est recevable ;

- par un arrêté du 7 juin 2017, le maire de la commune de Viroflay a reconnu le caractère professionnel de sa maladie ; il est donc fondé à solliciter l'indemnisation des préjudices subis en raison de cette maladie sur le fondement de la jurisprudence Moya-Caville (CE, 4 juillet 2003, n°211106) ;

- la commune a commis plusieurs fautes de nature à engager sa responsabilité : il a ainsi été évincé de son logement de fonction sans que cette éviction ne soit justifiée par l'intérêt du service, son temps de travail a été réorganisé en méconnaissance des bornes horaires et dans des conditions ne lui permettant pas d'accomplir son service, sans saisine préalable du comité technique paritaire et de la commission administrative paritaire ; il a été victime de mesures vexatoires et de reproches incessants dépassant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, traduisant a minima un dysfonctionnement du service ;

- il est fondé à demander réparation des préjudices subis en raison de sa maladie professionnelle, en prenant en compte un taux d'IPP de 5% et une date de consolidation de son état au 28 septembre 2018 ; la somme réclamée se décompose ainsi : une somme de 18 500 euros au titre du DFT, une somme de 7 000 euros au titre des souffrances endurées avant consolidation qu'il évalue à 4/7, une somme de 5 500 euros au titre du DFP de 5%, une somme de 7 000 euros au titre des souffrances endurées après consolidation, une somme de 1 100 euros au titre du préjudice d'agrément, une somme de 10 000 euros au titre du préjudice moral, une somme de 10 000 euros au titre du préjudice d'établissement, ainsi que la prise en charge de ses frais de santé, soit un montant total de 59 100 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2022, et un mémoire du 21 juin 2022, non communiqué, la commune de Viroflay, représentée par Me Gallo, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle oppose une fin de non-recevoir tirée de l'autorité de chose jugée, et fait valoir qu'elle n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité et que la responsabilité sans faute n'est pas démontrée.

L'aide juridictionnelle partielle a été accordée à M. B par une décision du 3 février 2021.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,

- et les observations de Me Rochefort, représentant M. B, et de Me Gallo, représentant la commune de Viroflay.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B adjoint technique de 2ème classe, a été recruté le 2 décembre 2013 par la commune de Viroflay pour occuper les fonctions de gardiennage du gymnase Gaillon. Par arrêté du 12 décembre 2013, une concession de logement pour nécessité absolue de service lui a été attribuée. A compter du 28 novembre 2014, à la suite du départ à la retraite du deuxième gardien, ses horaires de travail ont été modifiés, passant d'une durée de 7h36 par jour à une durée de 7h30 comprenant une première plage horaire de 8h à 10h et une seconde de 17h jusqu'à la fermeture effective du gymnase à 22h30. Des manquements réguliers dans l'exercice de ses fonctions ayant été constatés, M. B a fait l'objet d'une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de 3 jours. En l'absence d'amélioration de sa manière de servir, M. B a été informé par lettre du 31 juillet 2015 qu'une sanction disciplinaire du 4ème groupe était envisagée à son égard. A compter du 19 août 2015, M. B a été placé en congé de maladie. Par un recours indemnitaire préalable du 9 mai 2016, M. B a demandé réparation de tous les préjudices qu'il estimait avoir subis du fait des fautes commises par la commune de Viroflay. Par une requête datée du même jour enregistrée sous le n° 1603523, l'intéressé a demandé l'annulation de la décision du 8 mars 2016 portant retrait du logement concédé pour nécessité absolue de service et la condamnation de la commune de Viroflay à l'indemniser de ses préjudices résultant des seules fautes commises par elle. Par décision du 28 juin 2016, la commune de Viroflay a finalement retiré la décision du 8 mars 2016 portant retrait du logement concédé pour nécessité absolue de service à M. B, qui n'avait pas été exécutée. Par un arrêté du 7 juin 2017, le caractère professionnel de la maladie dont souffre M. B a été reconnu à compter du 19 août 2015, et sa situation a été régularisée. Par un jugement du 22 février 2019, le tribunal a donc constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur ces deux points et a rejeté le surplus des conclusions de la requête de M. B. Le 19 décembre 2019, M. B a formé une demande préalable tendant à l'indemnisation de tous les préjudices qu'il estime subir du fait de sa maladie professionnelle. Cette demande ayant fait l'objet d'un rejet implicite, M. B demande au tribunal de condamner la commune à lui verser une somme de 103 600 euros.

Sur l'exception de chose jugée :

2. Si la commune de Viroflay fait valoir que la demande de M. B se heurte à l'autorité de la chose jugée dès lors que le précédent jugement du 22 février 2019 a nécessairement exclu son droit à réparation au titre de la responsabilité sans faute en raison de sa maladie professionnelle, cette précédente instance visait à obtenir réparation des préjudices subis consécutivement aux conditions de travail imposées au requérant qui se plaignait de son emploi du temps, de la durée du travail et des astreintes qui lui étaient imposées ainsi que des conditions dans lesquelles son employeur avait exercé son pouvoir hiérarchique, qu'il estimait constitutives d'agissements de harcèlement moral, en raison donc d'événements distincts de la survenance de sa maladie professionnelle. Si la commune rappelle que le jugement a été précédé d'une communication aux parties, par courrier du 4 février 2019, informant celles-ci, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de responsabilité sans faute de la commune en application de la jurisprudence Moya-Caville, le jugement, qui précise en son point 2 que le requérant sollicite la condamnation de la commune de Viroflay à l'indemniser de ses préjudices résultant des seules fautes commises par elle et non pas de préjudice en lien avec sa maladie reconnue imputable au service, ne peut donc être regardé comme ayant d'office nécessairement rejeté tout droit à indemnisation de M. B au titre de la responsabilité sans faute de la commune du fait de sa maladie professionnelle.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Compte tenu des conditions posées à son octroi et de son mode de calcul, l'allocation temporaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche pas obstacle à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. Elles ne font pas non plus obstacle à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.

En ce qui concerne la responsabilité pour faute :

4. En premier lieu, la commune de Viroflay a, par décision du 28 juin 2016, devenue définitive, retiré la décision du 8 mars 2016 portant retrait du logement concédé pour nécessité absolue de service à M. B. Il n'est pas démontré que cette décision, qui au demeurant n'avait pas été exécutée, présentait un caractère fautif.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 52 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " L'autorité territoriale procède aux mouvements des fonctionnaires au sein de la collectivité ou de l'établissement ; seules les mutations comportant changement de résidence ou modification de la situation des intéressés sont soumises à l'avis des commissions administratives paritaires ". De plus, aux termes de l'article 33 de cette même loi, " Les comités techniques sont consultés pour avis sur les questions relatives : / 1° A l'organisation et au fonctionnement des services () ".

6. En l'espèce, la mesure par laquelle le planning de M. B a été modifié n'a ni été accompagné d'un changement de résidence, ni modifié substantiellement sa situation. Elle ne constitue donc pas une modification de sa situation au sens des dispositions de l'article 52 de la loi du 26 janvier 1984 précité pour laquelle la commission administrative paritaire devait être consultée. De plus, il ne s'agissait pas non plus d'une modification de l'organisation du service entrant dans le champ de l'article 33 de cette même loi mais seulement de l'attribution à un gardien de la plage horaire précédemment assurée par le second. Par conséquent, les fautes alléguées de la commune de Viroflay ne sont pas établies.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail des agents des collectivités territoriales et des établissements publics mentionnés au premier alinéa de l'article 2 sont fixées par la collectivité ou l'établissement, dans les limites applicables aux agents de l'Etat, en tenant compte de la spécificité des missions exercées par ces collectivités ou établissements. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail applicables aux agents des collectivités territoriales et des établissements publics en relevant sont déterminées dans les conditions prévues par le décret du 25 août 2000 () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 25 août 2000 relatif à l'aménagement de la réduction de temps de travail dans la fonction publique de l'Etat : " La durée du travail effectif est fixée à trente-cinq heures par semaine dans les services et établissements publics administratifs de l'Etat ainsi que dans les établissements publics locaux d'enseignement. / Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " La durée du travail effectif s'entend comme le temps pendant lequel les agents sont à la disposition de leur employeur et doivent se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles ". Enfin, aux termes de l'article 3 du même décret : " La durée hebdomadaire du travail effectif, heures supplémentaires comprises, ne peut excéder ni quarante-huit heures au cours d'une même semaine, ni quarante-quatre heures en moyenne sur une période quelconque de douze semaines consécutives et le repos hebdomadaire, comprenant en principe le dimanche, ne peut être inférieur à trente-cinq heures. / La durée quotidienne du travail ne peut excéder dix heures. / Les agents bénéficient d'un repos minimum quotidien de onze heures. / () Aucun temps de travail quotidien ne peut atteindre six heures sans que les agents bénéficient d'un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes ".

8. En l'espèce M. B exerce ses fonctions à raison de 7 heures 30 par jour réparties en deux plages horaires, de 8 heures à 10 heures le matin et de 17 heures à 22 heures 30 le soir, conformément aux règles qui viennent d'être exposées. Par ailleurs, s'il soutient qu'il finissait son service tous les jours à 23h15 et non à 22h30, cette affirmation n'est pas corroborée par les pièces du dossier. Au contraire, le guide des sports 2015-2016 de la commune de Viroflay tend à prouver que toutes les activités sportives finissent à 22 heures, à l'exception de l'activité plongée à la piscine des Bertisettes le jeudi à 22h30. Pour autant, à supposer que M. B termine son service plus tard ce soir-là, ce seul élément n'est pas de nature à constituer une méconnaissance des dispositions citées au point précédent. Il apparaît également que, contrairement à ce qu'il soutient, il bénéficie bien d'un repos compensateur de onze heures au moins. Il n'établit pas non plus travailler plus de quarante-quatre heures sur douze semaines consécutives, d'autant plus que s'il fait valoir des astreintes le week-end, elles ne sont pas considérées comme du temps de travail effectif en l'absence d'interventions, lesquelles ne sont nullement précisées en l'espèce. Enfin, s'il fait valoir que l'administration aurait dû établir un décompte de ses périodes de travail, il n'apporte aucun élément à l'appui de cette allégation. M. B n'est donc pas fondé à se prévaloir de fautes commises dans l'application de la règlementation sur le temps de travail.

9. En quatrième lieu, M. B estime que l'absence d'évaluation pour les années 2013 et 2014, une attitude de dénigrement systématique et de contrôles particulièrement tatillons, des reproches et observations sur la manière de servir et la décision de lui retirer son logement concédé pour nécessité absolue de service excèdent l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et sont à tout le moins constitutifs d'un dysfonctionnement du service.

10. Si l'absence de notations pour les années 2013 et 2014 est regrettable, il s'agit d'erreurs de gestion et non de faits de nature à laisser présumer un dysfonctionnement du service. Il en va de même de la décision du 18 mars 2016 portant retrait de son logement concédé pour nécessité absolue de service, qui n'a jamais été exécutée et a été retirée par décision du 28 juin 2016. Par ailleurs, l'attitude de dénigrement systématique et les contrôles qui auraient visés particulièrement l'intéressé ne ressortent pas des pièces du dossier. Enfin, la dégradation de l'état de santé d'un agent n'est pas, à elle seule, de nature à laisser présumer un dysfonctionnement du service. Dès lors, le dysfonctionnement allégué n'est pas établi.

11. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'exception de chose jugée opposée aux conclusions tendant à l'indemnisation des préjudices résultant des fautes sur lesquelles le tribunal s'est déjà prononcé, que la commune de Viroflay n'a commis aucune faute à l'origine de la maladie reconnue imputable au service de M. B.

En ce qui concerne la responsabilité sans faute :

12. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 qu'à la suite de la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie à compter du 19 août 2015, par arrêté du 7 juin 2017, M. B peut prétendre à l'indemnisation des préjudices à caractère personnel en lien direct avec cette maladie, même en l'absence de toute faute de la commune.

En ce qui concerne les préjudices :

13. Lorsqu'il utilise la nomenclature dite "Dintilhac", il appartient au juge administratif de distinguer les préjudices personnels subis avant la consolidation de son état de santé, d'une part, et les préjudices subis après la date de consolidation, d'autre part. Au nombre des postes de préjudice personnel antérieurs à la consolidation figurent notamment le déficit fonctionnel temporaire et les souffrances physiques et psychiques subis par la victime jusqu'à cette date. Au nombre des postes de préjudice personnel postérieurs à la consolidation figurent, notamment, le déficit fonctionnel permanent, le préjudice esthétique résultant de l'altération de l'apparence physique et le préjudice d'agrément lié à l'impossibilité de continuer à pratiquer certaines activités sportives et de loisirs. Par ailleurs, le déficit fonctionnel permanent, qui tend à indemniser non seulement les atteintes aux fonctions physiologiques de la victime, mais aussi la douleur permanente qu'elle ressent, la perte de la qualité de vie et les troubles dans les conditions d'existence qu'elle rencontre au quotidien après sa consolidation, inclut nécessairement les souffrances endurées après consolidation et le préjudice moral qui ne peuvent ouvrir droit à réparation en tant que tels.

14. Toutefois, si M. B produit un certificat médical évaluant son déficit fonctionnel permanent à 5%, il n'apporte aucun autre élément relatif aux préjudices qu'il a subis en raison de sa maladie imputable au service. L'état du dossier ne permet donc pas au tribunal administratif d'apprécier l'étendue des préjudices personnels invoqués par M. B, à savoir le déficit fonctionnel temporaire, les souffrances physiques et psychiques avant consolidation, le déficit fonctionnel permanent, le préjudice d'agrément et le préjudice d'établissement. Dès lors, il y a lieu, avant de statuer sur le surplus des conclusions de la requête de M. B, d'ordonner une expertise sur ces points afin de permettre de déterminer ces préjudices, dans la mesure où ils sont en rapport avec la maladie professionnelle dont il a souffert.

D E C I D E :

Article 1er : Il sera, avant de statuer sur les conclusions indemnitaires de la requête de M. B, procédé à une expertise médicale en vue de déterminer l'étendue de son préjudice, avec pour mission de l'expert de :

1°) procéder à l'examen médical de M. B ;

2°) prendre connaissance de son entier dossier médical et se faire communiquer l'ensemble des éléments qu'il estimera utiles au bon accomplissement de sa mission et entendre tout sachant ;

3°) évaluer le déficit fonctionnel temporaire total ou partiel et le déficit fonctionnel permanent en lien avec la maladie reconnue imputable au service ;

4°) donner son avis sur l'importance des souffrances physiques et morales endurées et du préjudice esthétique, en les évaluant sur une échelle de 1 à 7 ;

5°) se prononcer sur l'existence d'un préjudice d'agrément et d'un préjudice d'établissement et le cas échéant, les décrire et évaluer leur importance ;

6°) donner son avis sur l'incidence de la pathologie de M. B sur sa vie personnelle, familiale et sociale en distinguant la part imputable à l'accident de celle ayant pour origine toute autre cause, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par le président du tribunal dans sa décision le désignant.

Article 3 : L'expertise sera réalisée au contradictoire de M. B et de la commune de Viroflay.

Article 4 : L'expert sera désigné par la présidente du Tribunal. Il ne pourra faire appel au concours d'un sapiteur qu'avec son autorisation. L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 5 : La commune de Viroflay fera l'avance des frais d'expertise, dont la charge définitive sera déterminée en fin d'instance.

Article 6 : Tous droits, moyens et conclusions des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Rochefort et à la commune de Viroflay.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Le Gars, président,

- Mme Milon, première conseillère,

- Mme Lutz, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.

La rapporteure,

signé

F. A Le président,

signé

J. Le Gars

La greffière,

signé

L. Segrétain

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2002595

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