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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2003940

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2003940

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2003940
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre
Avocat requérantGOLDENSTEIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par ordonnance du 26 juin 2020, la présidente du tribunal administratif de Melun a transmis la requête, enregistrée le 3 juin 2020, au tribunal administratif de Versailles.

Par cette requête, complétée par un mémoire enregistré le 7 septembre 2021, la société Burotik'r, représentée par Me Goldenstein, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le ministère de la justice à lui verser la somme de 230 016 euros TTC correspondant au montant des loyers trimestriels impayés dus en exécution du contrat de maintenance du matériel de reprographie conclu le 15 novembre 2019, somme à parfaire augmentée d'une fois et demi le taux d'intérêt légal, ainsi que des intérêts capitalisés ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative est compétente pour connaître de ce litige conclu entre le ministère de la justice, par l'intermédiaire de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, et elle-même, personne morale de droit privé ;

- en application des principes de loyauté des relations contractuelles et de liberté contractuelle, le ministère de la justice lui est redevable de la somme de 86 256 euros au titre des loyers non honorés dus par la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, en contrepartie de la prestation de maintenance de matériel de reprographie prévue par le contrat conclu le 15 novembre 2019 ainsi que, en l'absence de résiliation du contrat, de la somme complémentaire de 143 760 euros représentant cinq trimestres dus, portant le total à 230 016 euros TTC ;

- elle n'a jamais entendu se prévaloir de la qualité de sous-traitant exclusif de la société Konica Minolta Business Solutions France ni intervenir dans le cadre du marché " SOLIMP 3 " ; la maison d'arrêt échoue donc à démontrer l'existence d'une manœuvre dolosive ;

- le contrat de maintenance conclu le 15 novembre 2019 fait suite aux contrats de location des matériels conclus par la maison d'arrêt avec la société BNP Paribas Lease Group respectivement les 7 octobre et 11 octobre 2019 tandis que les photocopieurs ont été livrés le 19 septembre 2019 ; les demandes d'intervention ont été satisfaites antérieurement à la signature du contrat ; il appartiendra toutefois au tribunal de déduire du montant de ses demandes une trimestrialité de maintenance soit un arriéré de facturation de 201 016 euros TTC au 7 septembre 2021 ;

- le contrat a bien une cause constituée par la fourniture d'une prestation de maintenance en contrepartie du paiement d'une redevance contractuellement prévue et elle est un tiers au marché public conclu entre le ministre de la justice et la société Konica Minolta Business Solutions France ;

- eu égard à l'exigence de loyauté des relations contractuelles, le vice tenant au non-respect des règles de passation d'un tel marché est exclusivement imputable à la maison d'arrêt qui a conclu un contrat de gré à gré dans une situation d'urgence ; en tout état de cause, le contrat à exécution successive trimestre par trimestre pour un coût de 28 752 euros ne dépasse aucun seuil et n'a d'ailleurs pas été résilié.

Par des mémoires enregistrés le 20 juillet 2021 et le 11 octobre 2021, le Garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête, à titre de conclusions reconventionnelles, à ce que le contrat conclu avec la société Burotik'r soit annulé ou déclaré nul et, dans l'hypothèse où les conclusions de la société requérante seraient admises, à ce que la société Konica Minolta Business Solutions France la garantisse de toute condamnation prononcée à son encontre.

Il soutient que :

- les prix réclamés par la société Burotik'r sont 3,5 fois plus élevés que ceux prévus par le marché public " B 3 " conclu le 7 décembre 2018 entre lui et la société Konica Minolta Business Solutions France dans le cadre duquel la société Burotik'r est intervenue de facto en tant que sous-traitant ; or, l'acheteur ne peut faire bénéficier le sous-traitant d'une rémunération plus importante que celle prévue par le marché public et une personne publique ne peut être redevable d'une somme qu'elle ne doit pas ; en tout état de cause, la première facture en litige est datée du 1er octobre 2019 alors qu'aucun contrat n'avait encore été conclu, ce qui démontre que la société requérante a bien exécuté ses prestations en tant que sous-traitant de la société attributaire du marché " B 3 " ;

- le contrat doit être annulé à la suite des vices du consentement ayant entaché sa conclusion : la signature du contrat est en effet intervenue à la suite de manœuvres dolosives de la société requérante qui a laissé croire à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis qu'elle intervenait en qualité de sous-traitant de la société Konica Minolta Business Solutions France, titulaire du marché subséquent à l'accord-cadre référencé " SOLIMP 3 ", pour pallier la défaillance de cette dernière ;

- le contrat litigieux doit être également annulé du fait d'autres vices de consentement tenant à l'erreur commise par l'administration, à l'absence de cause et à la méconnaissance des règles de publicité et de mise en concurrence lors de la conclusion du contrat litigieux ;

- dans l'hypothèse où les conclusions de la société requérante seraient accueillies, elle est fondée à appeler en garantie la société Konica Minolta Business Solutions France, celle-ci s'étant révélée défaillante dans l'exécution du marché " SOLIMP 3 " et ayant induit la maison d'arrêt en erreur par ses courriers attestant de ses liens avec la société requérante ; un partage de responsabilité des éventuelles condamnations prononcées devra être prononcé à hauteur de 25% pour le ministère de la justice et 75% pour la société Konica Minolta Business Solutions France.

La requête a été communiquée à la maison d'arrêt de Fleury Merogis qui n'a pas produit d'observations.

La requête a été communiquée à la société Konika Minolta Business Solutions France qui n'a pas produit d'observations.

Par ordonnance du 13 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,

Considérant ce qui suit :

1. La maison d'arrêt de Fleury-Mérogis a été confrontée, début 2019, à des dysfonctionnements d'un grand nombre de ses équipements d'impression. Elle a alors passé commande d'équipements d'impression auprès de la société Konica Minolta Business Solutions France (ci-après la société " Konica "), titulaire du marché subséquent à l'accord-cadre dit " B 3 " conclu avec le ministère de la justice le 7 décembre 2018 et relatif à l'acquisition, la location/maintenance de solutions d'impression et l'exécution de prestations associées pour les services de l'Etat, les établissements publics et autres organismes, pour une durée de 48 mois. Cette société l'a toutefois informée ne pas pouvoir répondre à sa demande dans les délais impartis. Démarchée par la société Burotik'r le 28 janvier 2019, la maison d'arrêt a alors rencontré ses représentants et a commencé à solliciter ses services, à compter de l'été 2019, pour changer ses équipements et en assurer la maintenance. A la demande de la société, un contrat de maintenance a ensuite été conclu le 15 novembre 2019. Un contrat a également été signé par la maison d'arrêt avec la société BNP Paribas Leasing, en qualité de bailleur, pour la location des équipements d'impression fournis par la société Burotik'r.

2. La société Burotik'r a ensuite adressé à la maison d'arrêt deux factures trimestrielles, émises le 1er octobre 2019 et le 1er janvier 2020, d'un montant de 28 752 euros chacune. La maison d'arrêt s'est alors étonnée, à compter de mars 2020, du coût financier facturé, non conforme au marché " B 3 " contracté avec la société Konica, représentée, selon elle, par son sous-traitant, la société Burotik'r. En avril et mai 2020, la société Burotik'r a ensuite adressé à la maison d'arrêt un courrier de mise en demeure de payer les factures impayées tandis que la maison d'arrêt a adressé également un courrier de mise en demeure à la société Konica pointant les défaillances de la société Burotik'r et l'enjoignant à respecter ses obligations contractuelles au terme du marché " B 3 ". Par la présente requête, la société Burotik'r demande au tribunal de condamner le ministre de la justice à lui payer des factures impayées au prix fixé dans le contrat litigieux, non résilié, soit une somme totale de 230 016 euros TTC.

Sur l'exception de nullité du contrat soulevée en défense :

3. La société requérante soutient qu'en application du contrat de maintenance signé le 15 novembre 2019, trois factures correspondant à des loyers échus d'un montant unitaire de 28 752 euros n'ont pas été honorées, soit une somme de 86 256 euros. De plus, en l'absence de résiliation du contrat, celui court toujours de sorte qu'en juillet 2021, la somme complémentaire de 143 760 euros représentant 5 trimestres lui est due, portant le total à 230 016 euros TTC. Dans l'hypothèse où le tribunal retiendrait le fait que le contrat a été conclu le 15 novembre 2019 alors que la première facture trimestrielle couvre la période s'étendant du 1er octobre 2019 au 31 décembre 2019, il lui appartiendra de déduire du montant de ses demandes une trimestrialité de maintenance soit un arriéré de facturation s'élevant à 201 016 euros TTC au 7 septembre 2021, date de ses dernières écritures.

4. D'une part, lorsqu'une partieà un contrat administratif soumet au juge un litige relatif à l'exécution du contrat qui les lie, il incombe en principe à celui-ci, eu égard à l'exigence de loyauté des relations contractuelles, de faire application du contrat. Toutefois, dans le cas seulement où il constate une irrégularité invoquée par une partie ou relevée d'office par lui, tenant au caractère illicite du contenu du contrat ou à un vice d'une particulière gravité relatif notamment aux conditions dans lesquelles les parties ont donné leur consentement, il doit écarter le contrat et ne peut régler le litige sur le terrain contractuel.

5. D'autre part, aux termes de l'article 1130 du code civil : " l'erreur, le dol et la violence vicient le consentement lorsqu'ils sont de telle nature que, sans eux, l'une des parties n'aurait pas contracté ou aurait contracté à des conditions substantiellement différentes ". De plus, aux termes de l'article 1137 du même code : " Le dol est le fait pour un contractant d'obtenir le consentement de l'autre par des manœuvres ou des mensonges./ Constitue également un dol la dissimulation intentionnelle par l'un des contractants d'une information dont il sait le caractère déterminant pour l'autre partie./ Néanmoins, ne constitue pas un dol le fait pour une partie de ne pas révéler à son cocontractant son estimation de la valeur de la prestation ". En outre, aux termes de l'article 1132 du même code : " L'erreur de droit ou de fait, à moins qu'elle ne soit inexcusable, est une cause de nullité du contrat lorsqu'elle porte sur les qualités essentielles de la prestation due ou sur celles du cocontractant ".

6. Il est constant que la société requérante a conclu un contrat de maintenance avec le ministre de la justice, par l'intermédiaire de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, le 15 novembre 2019. Ce contrat porte, d'une part, sur la maintenance de 27 copieurs de marque Konica mais également de marque Ricoh et Lexmark, à remplacer par la société Burotik'r, d'autre part, sur la livraison de toners et un engagement de 800 000 copies trimestrielles noir et blanc et 26 000 copies trimestrielles couleur sur une durée de 16 trimestres, pour un coût par copie noire de 0,0067 euros HT et de 0,067 euros HT par copie couleur. Si le ministère de la justice fait valoir que la société est, de facto, intervenue en tant que sous-traitant de la société Konica, il ne résulte pas de l'instruction que la société ait été acceptée ni ses conditions de paiement agréées par le maître de l'ouvrage, conformément à la loi du 31 décembre 1975, comme le fait valoir la société requérante. Si le défendeur fait valoir, par ailleurs, qu'il a cru de bonne foi avoir affaire à un sous-traitant de la société Konica, du fait des manœuvres dolosives de la société Burotik'r, il n'établit pas, par les pièces qu'il produit, que la société requérante aurait entrepris des manœuvres en vue de se faire passer comme un sous-traitant de la société Konica agissant dans le cadre du marché " SOLIMP 3 ". A cet égard, la circonstance que la société Burotik'r ait exécuté des prestations dès l'été 2019 en l'absence de tout support contractuel n'est pas un élément suffisant pour établir qu'elle a feint d'intervenir en tant que sous-traitant de la société Konica. De même, si le défendeur fait valoir que la société requérante avait nécessairement eu connaissance du marché " SOLIMP 3 " contrairement à ce qu'elle prétend, la seule production des bons de commande d'un autre établissement pénitentiaire à l'adresse de cette même société le 4 octobre 2018 portant la référence au marché public " SOLIMP 2 " n'est pas non plus suffisante pour établir l'existence de ces manœuvres dolosives, de même que la circonstance que la signataire desdits bons de commande pour la société Burotik'r soit la même personne que celle qui ait démarché la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis.

7. En revanche, il résulte de l'instruction que le ministère de la justice s'est mépris sur les qualités de la société Burotik'r, simple distributeur de la société Konica, au vu de la concomitance de l'expression de son besoin, non satisfait, auprès de la société Konica, et de l'offre de service de la société Burotik'r, des premières interventions de cette dernière sans autre support contractuel, et de l'attestation de la société Konica du 11 septembre 2019 certifiant que la société Burotik'r " bénéficie du soutien du constructeur pour le déploiement et la maintenance des systèmes d'impression de la marque Konica Minolta ". Il résulte également de l'instruction que cette méprise s'est traduite par l'enregistrement, par le défendeur, des factures émises par la société Burotik'r dans le logiciel Chorus sous le numéro d'identification dit " engagement juridique " (EJ) du marché public " SOLIMP 3 " et sous le numéro d'identification rattaché à la société Konica. Cette erreur, qui a été déterminante dans la conclusion du contrat et qui n'est pas imputable à la seule inattention de la maison d'arrêt au vu des échanges de courriels ambigus avec la société Konica et du démarchage commercial de la société Burotik'r auprès de l'établissement et d'autres établissements pénitenciers, ne présente pas un caractère inexcusable. Par suite, il y a lieu de regarder le défendeur comme ayant signé par erreur le contrat qui, faute de consentement valablement donné, ne peut, dans les circonstances de l'espèce, être regardé comme ayant valeur de contrat entre les parties.

8. Il résulte de ce qui précède que le contrat litigieux doit être écarté. En conséquence, la société Burotik'r n'est pas fondée à se prévaloir du principe de loyauté des relations contractuelles sur le fondement de ce contrat. Par suite, ses conclusions tendant à la condamnation du ministère de la justice à lui verser la somme de 230 016 euros TTC correspondant au montant des loyers trimestriels impayés dus en exécution du contrat de maintenance du matériel de reprographie conclu le 15 novembre 2019, somme à parfaire augmentée d'une fois et demi le taux d'intérêt légal, ainsi que des intérêts capitalisés, doivent être rejetées.

Sur l'appel en garantie formé par le défendeur à l'encontre de la société Konica :

9. Le ministère de la justice sollicite d'être garanti de toutes les condamnations pécuniaires qui pourraient être prononcées à son encontre. Aucune condamnation pécuniaire n'étant prononcée à son encontre, cet appel à garantie est sans objet et doit être rejeté.

Sur les conclusions reconventionnelles tendant à l'annulation du contrat :

10. Une partie à un contrat administratif peut saisir le juge du contrat d'un recours de plein contentieux pour en contester la validité. Il revient à ce juge de vérifier que les irrégularités dont se prévaut cette partie sont de celles qu'elle peut, eu égard à l'exigence de loyauté des relations contractuelles, invoquer devant lui. S'il constate une irrégularité, il doit en apprécier l'importance et les conséquences. Après avoir pris en considération la nature de l'illégalité commise et en tenant compte de l'objectif de stabilité des relations contractuelles, il peut soit décider que la poursuite de l'exécution du contrat est possible, éventuellement sous réserve de mesures de régularisation prises par la personne publique ou convenues entre les parties, soit prononcer, le cas échéant avec un effet différé, après avoir vérifié que sa décision ne portera pas une atteinte excessive à l'intérêt général, la résiliation du contrat ou, en raison seulement d'une irrégularité invoquée par une partie ou relevée d'office par lui, tenant au caractère illicite du contenu du contrat ou à un vice d'une particulière gravité relatif notamment aux conditions dans lesquelles les parties ont donné leur consentement, son annulation.

11. Il résulte des points précédents du présent jugement que le contrat litigieux est entaché d'un vice d'une particulière gravité relatif aux conditions par lesquelles le ministère de la justice, par l'intermédiaire de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, a donné son consentement. Par suite, il y a lieu de prononcer l'annulation dudit contrat.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du ministère de la justice, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Burotik'r demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le contrat conclu le 15 novembre 2019 entre la société Burotik'r et la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions des deux parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Burotik'r, au Garde des sceaux, ministre de la justice, à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis et à la société Konica Minolta Business Solutions France.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Gosselin, président,

Mme Vincent, première conseillère,

Mme Geismar, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.

La rapporteure,

Signé

L. A

Le président,

Signé

C. GosselinLa greffière,

Signé

S. Lamarre

La République mande et ordonne au Garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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