mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2004787 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET VILLEMOT CHAUMONT QUÉRÉ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 juillet 2020 et le 29 janvier 2021, M. et Mme A C, représentés par le cabinet Villemot Wts, agissant par Me Cruveilher, demandent au tribunal :
1°) à titre principal de prononcer la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus mis à leur charge au titre de l'année 2017 pour un montant total de 195 083 euros ;
2°) à titre subsidiaire de prononcer la réduction des impositions en litige à hauteur des droits assis sur la fraction de l'indemnité correspondant à la majoration de 40%, soit 207 859 euros en base et des intérêts de retard soit 47 747 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-L'indemnité perçue par M. C au cours de l'année 2017, versée en exécution du protocole transactionnel conclu le 16 décembre 2016 avec son employeur, la société Carmignac gestion SA (CGSA), ne constitue pas un revenu imposable, dès lors qu'elle vise à réparer un préjudice, subi par les époux C à la suite de la requalification fiscale, et des redressements en résultant au titre des années 2010 à 2014, d'un ensemble d'opérations mises en œuvre par son employeur ;
-M. C n'étant pas, ainsi que l'a admis le service, à l'origine des opérations requalifiées sur le terrain de l'abus de droit par l'administration, la fraction de l'indemnité correspondant au remboursement de la pénalité de 40% doit être regardée comme correspondant au montant des dommages-intérêts versés en compensation du préjudice financier subi par les époux C du fait de la société CGSA, et non comme un avantage en argent imposable dans la catégorie des traitements et salaires ; elle ne peut, par conséquent, être incluse dans son revenu imposable au titre de l'année 2017.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 décembre 2020, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par M. et Mme C n'est pas fondé.
Par ordonnance du 16 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2022 à 10h00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C ont été soumis au titre de l'année 2017, sur le fondement de leurs déclarations, à l'impôt sur le revenu et à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, pour un montant total de 2 425 161 euros. Ils ont adressé au service le 10 décembre 2019 une réclamation contentieuse tendant à ce que la somme de 398 129 euros perçue au cours de l'année 2017 en exécution d'un protocole transactionnel conclu par M. C avec son employeur le 16 décembre 2016 et initialement imposée dans la catégorie des traitements et salaires soit soustraite de leur revenu imposable. Cette réclamation ayant été rejetée par une décision en date du 9 juin 2020, ils demandent au tribunal de prononcer la décharge des impositions mise à leur charge pour ce motif, à hauteur 195 083 euros dont 179 158 euros au titre de l'impôt sur le revenu et 15 925 euros au titre de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.
Sur le bien-fondé des impositions en litige
En ce qui concerne les conclusions aux fins de décharge
2. Aux termes de l'article 79 du code général des impôts : " Les traitements, indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes viagères concourent à la formation du revenu global servant de base à l'impôt sur le revenu ". Et, aux termes de l'article 82 du même code : " Pour la détermination des bases d'imposition, il est tenu compte du montant net des traitements, indemnités et émoluments, salaires, pensions et rentes viagères, ainsi que de tous les avantages en argent ou en nature accordés aux intéressés en sus des traitements, indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes viagères proprement dits () ". Aux termes de l'article 223 sexies de ce code, dans sa rédaction applicable à compter du 1er janvier 2017 : " I. - 1. Il est institué à la charge des contribuables passibles de l'impôt sur le revenu une contribution sur le revenu fiscal de référence du foyer fiscal, tel que défini au 1° du IV de l'article 1417, sans qu'il soit tenu compte des plus-values mentionnées au I de l'article 150-0 B ter, retenues pour leur montant avant application de l'abattement mentionné aux 1 ter ou 1 quater de l'article 150-0 D, pour lesquelles le report d'imposition expire et sans qu'il soit fait application des règles de quotient définies à l'article 163-0 A ".
3. M. et Mme C ne contestant pas avoir été imposés sur la base de leurs déclarations au titre de l'année 2017, ils supportent la charge de la preuve de l'exagération de leurs bases d'imposition en application des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. et Mme C ont fait l'objet de rehaussements de leur revenu imposable au titre des années 2010 et 2011 à la suite d'un contrôle sur pièces de leur dossier fiscal consécutif à la vérification de comptabilité de la société Carmignac gestion SA, dont M. C est salarié, au cours duquel l'administration a requalifié sur le terrain de l'abus de droit les dividendes versés par la société Carmignac gestion Luxembourg aux gérants-salariés de la CGSA en rémunérations imposables dans la catégorie des traitements et salaires. Il résulte également de l'instruction que le 16 décembre 2016, la société CGSA et M. A C ont conclu un protocole transactionnel par lequel la société s'est engagée à verser à M. C une indemnité transactionnelle d'un montant de 398 129 euros, en compensation du préjudice financier subi par M. et Mme C à raison des impositions supplémentaires dont ils se sont acquittés au titre des années 2010 et 2011. M. et Mme C soutiennent que cette indemnité ne constitue pas un complément de revenu ni un avantage en nature et n'était, par conséquent, pas imposable sur le fondement des dispositions précitées.
5. Il résulte, toutefois, également de l'instruction que le montant de l'indemnité ainsi versée, au cours de l'année 2017, se décompose, selon les propres écritures du requérant, en : " 125 125 euros correspondant aux suppléments d'impôts sur le revenu (2010 et 2011) mis en recouvrement, sous déduction du montant du prélèvement forfaitaire libératoire et des prélèvements sociaux que M. A C aurait eu à supporter en 2010 et 2011 sur les dividendes CDIF s'il les avait perçus directement ", " 17 398 euros correspondant au supplément de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ", " 47 747 euros correspondant aux intérêts de retard afférents aux droits rappelés ", et enfin " 207 859 euros correspondant aux majorations de 40% d'abus de droit ". Il résulte, en outre, de l'instruction, en particulier des termes du protocole du 16 décembre 2016, que M. C s'est engagé à reverser à la société CGSA les sommes qui lui seraient éventuellement remboursées par l'administration fiscale à la suite d'un dégrèvement ou d'une décharge de ces impositions. Il résulte ainsi de l'instruction que le montant de l'indemnité fixée par les parties correspond, précisément, au montant des revenus tirés par M. C de son activité au sein de la société CGSA dont il n'a pu disposer en raison des rectifications mises à la charge, en 2014, des époux C. Ainsi, l'indemnité litigieuse prévue par le protocole transactionnel a pour objectif de remettre les requérants dans la situation financière qui était la leur avant la remise en cause par le service du montage artificiel créé par l'interposition de la société CDIF et des sociétés luxembourgeoises CDIL et CIL. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent valablement se prévaloir d'un préjudice subi à la suite des rectifications opérées par l'administration fiscale, dès lors que celles-ci ont seulement conduit à soumettre ces derniers au paiement d'un impôt auquel ils étaient légalement tenus à raison de rémunérations ayant la nature de traitements et salaires mais perçues, de manière abusive, sous la forme de dividendes.
6. A cet égard, la circonstance que M. C n'aurait pas été à l'origine des opérations requalifiées par l'administration fiscale sur le terrain de l'abus de droit est sans incidence sur la qualification à donner aux somme en litige et c'est, par suite, à bon droit que l'administration a estimé que l'indemnité litigieuse était imposable sur le fondement des dispositions précitées.
7. Pour les mêmes motifs, les requérants ne sont pas davantage fondés à soutenir que la fraction de l'indemnité litigieuse qui correspond au montant de la majoration de 40% appliquée, sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts, aux termes duquel : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / () / b. 80 % en cas d'abus de droit au sens de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales ; elle est ramenée à 40 % lorsqu'il n'est pas établi que le contribuable a eu l'initiative principale du ou des actes constitutifs de l'abus de droit ou en a été le principal bénéficiaire ; / () ", aux rectifications dont ils ont fait l'objet au titre des années 2011 et 2012, ne serait pas imposable sur le fondement des dispositions précitées, alors en outre qu'il a été fait application de la majoration au taux de 40% correspondant au cas où le contribuable n'a pas eu l'initiative principale des actes constitutifs d'abus de droit. Ce moyen soulevé à l'appui des conclusions présentées à titre subsidiaire n'est, par suite, pas fondé, et doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme C, tendant à la décharge des impositions en litige ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions relatives aux frais d'instance, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent, également, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A C, au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Florent, première conseillère,
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
G. B
Le président,
Signé
Ph. DelageLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026