lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2004818 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI JASPER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juillet 2020 et 15 décembre 2022, Mme A D, représentée I la SELARL Coubris, Courtois et associés, demande au tribunal :
1°) d'ordonner si nécessaire une expertise médicale pour déterminer l'ensemble des préjudices imputables au virus de l'hépatite C et les évaluer ;
2°) de condamner l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux, des Affections Iatrogènes et des Infections Nosocomiales (ONIAM) à lui payer la somme de 161 217,14 euros au titre des préjudices subis, ainsi qu'une somme ultérieurement déterminée au vu des pièces justificatives au titre des dépenses de santé actuelles et futures, déduction faite des provisions versées I l'ONIAM, assortie des intérêts ;
3°) de mettre à la charge de l'ONIAM le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- elle a été contaminée I le virus de l'hépatite C (VHC) en 1978 lors d'une intervention chirurgicale cardiaque nécessitant une transfusion sanguine ;
- elle a subi des préjudices directement liés à sa contamination et aux complications extra-hépatiques, en particulier le syndrome sec, les polyarthralgies et l'insuffisance surrénalienne, à hauteur de 85 180 euros outre les sommes à préciser.
I deux mémoires en défense enregistrés les 23 septembre 2020 et 20 décembre 2022, l'ONIAM, représenté I Me Saumon, conclut à ce que les sommes allouées à Mme D soient ramenées à celles qu'il avait proposées le 28 mai 2020 et au rejet du surplus des conclusions de l'intéressée.
Il fait valoir que :
- le syndrome sec, les polyarthralgies et l'insuffisance surrénalienne cortico-induite ne sont pas imputables à la contamination I le VHC ;
- Mme D ne rapporte aucun élément nouveau justifiant d'ordonner une nouvelle expertise ;
- les sommes allouées à Mme D doivent être limitées aux préjudices non encore indemnisés et en se fondant sur les conclusions du dernier rapport d'expertise.
I une ordonnance du 1er décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,
- les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique.
Une note en délibéré présentée I Me Roquelle Meyer pour l'ONIAM a été enregistrée le 17 janvier 2023 et non communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D a subi, le 19 avril 1978, une intervention chirurgicale cardiaque nécessitant une transfusion sanguine. Une contamination au VHC ayant été révélée en 1991, une surveillance biologique a été mise en place sans traitement jusqu'en 2000, année au cours de laquelle un traitement I Interféron et Ribavirine a été débuté. Ce traitement a été stoppé six mois après, en raison de douleurs articulaires. Une corticothérapie a alors été mise en place. En 2008, un traitement associant Pégasys et Rivabirine a été suivi cinq mois puis stoppé en raison d'une neutropénie. Mme D ayant saisi l'ONIAM d'une demande d'indemnisation le 16 février 2011, une première expertise a été diligentée I le docteur H, donnant lieu à un rapport déposé le 23 février 2012 concluant à la contamination de Mme D I la transfusion reçue en 1978. L'ONIAM a reconnu l'imputabilité à cette transfusion et a proposé une offre d'indemnisation provisionnelle de 6 008 euros acceptée le 16 juillet 2012. L'état de Mme D n'étant pas consolidé, une deuxième expertise a été menée I le docteur F dont le rapport a été déposé le 18 juillet 2013. Eu égard aux conclusions de l'expert, l'ONIAM a estimé que l'état de l'intéressée était stabilisé au 10 juillet 2013 et a proposé une indemnisation partielle portant sur les troubles dans les conditions d'existence comprenant l'ensemble des préjudices extrapatrimoniaux à hauteur de 13 992 euros déduction faite de la provision de 6 808 euros précédemment versée. Cette offre a été acceptée le 29 novembre 2013. L'ONIAM a, I la suite, adressé à la requérante une offre d'indemnisation des pertes de gains professionnels et de l'assistance I une tierce personne d'un montant de 51 587,84 euros, acceptée le 4 septembre 2015 et réglée le 9 septembre suivant. Un nouveau traitement étant alors envisagé, l'ONIAM a invité Mme D à le saisir à nouveau après celui-ci pour solder l'ensemble de ses préjudices. Le nouveau traitement suivi en 2015 pendant douze semaines a permis une négativation de la charge virale pendant plusieurs années, considérée comme une guérison virologique. A la suite de ce traitement et de la transmission de nouvelles pièces, l'ONIAM a désigné le docteur C pour procéder à une nouvelle expertise. Le rapport déposé le 15 janvier 2020 conclut notamment à l'absence d'imputabilité au VHC des polyarthralgies, du syndrome sec et de l'insuffisance surrénalienne de Mme D et à la consolidation de son état de santé le 6 décembre 2017. Au vu de ce rapport, l'ONIAM a formulé le 28 mai 2020 une offre d'indemnisation définitive qui n'a pas été acceptée, Mme D estimant que les polyarthralgies, le syndrome sec et l'insuffisance surrénalienne cortico-induite constituent des manifestations extra-hépatiques imputables au VHC. I la présente requête, Mme D demande au tribunal de condamner l'ONIAM à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur la responsabilité de l'ONIAM :
2. Aux termes de l'article L. 1221-14 du code de la santé publique : " Les victimes de préjudices résultant de la contamination I le virus de l'hépatite B ou C ou le virus T-lymphotropique humain causée I une transfusion de produits sanguins () sont indemnisées I l'office mentionné à l'article L. 1142-22. / () / Dans leur demande d'indemnisation, les victimes ou leurs ayants droit justifient de l'atteinte I le virus de l'hépatite B ou C ou le virus T-lymphotropique humain et des transfusions de produits sanguins ou des injections de médicaments dérivés du sang. L'office recherche les circonstances de la contamination. S'agissant des contaminations I le virus de l'hépatite C, cette recherche est réalisée notamment dans les conditions prévues à l'article 102 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Il procède à toute investigation sans que puisse lui être opposé le secret professionnel. / () / La victime dispose du droit d'action en justice contre l'office si sa demande d'indemnisation a été rejetée () ou si elle juge cette offre insuffisante () ".
3. Aux termes de l'article 102 de la loi du 4 mars 2002 susvisée : " En cas de contestation relative à l'imputabilité d'une contamination I le virus de l'hépatite C antérieure à la date d'entrée en vigueur de la présente loi, le demandeur apporte des éléments qui permettent de présumer que cette contamination a pour origine une transfusion de produits sanguins labiles ou une injection de médicaments dérivés du sang. Au vu de ces éléments, il incombe à la partie défenderesse de prouver que cette transfusion ou cette injection n'est pas à l'origine de la contamination. Le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles. Le doute profite au demandeur () ".
4. La présomption prévue I les dispositions précitées est constituée, dès lors qu'un faisceau d'éléments confère à l'hypothèse d'une origine transfusionnelle de la contamination, compte tenu de l'ensemble des éléments disponibles, un degré suffisamment élevé de vraisemblance. Tel est normalement le cas lorsqu'il résulte de l'instruction que le demandeur s'est vu administrer, à une date où il n'était pas procédé à une détection systématique du virus de l'hépatite C à l'occasion des dons du sang, des produits sanguins dont l'innocuité n'a pas pu être établie, à moins que la date d'apparition des premiers symptômes de l'hépatite C ou de révélation de la séropositivité démontre que la contamination n'a pas pu se produire à l'occasion de l'administration de ces produits. Eu égard à la disposition selon laquelle le doute profite au demandeur, la circonstance que l'intéressé a été exposé I ailleurs à d'autres facteurs de contamination, résultant notamment d'actes médicaux invasifs ou d'un comportement personnel à risque, ne saurait faire obstacle à la présomption légale que dans le cas où il résulte de l'instruction que la probabilité d'une origine transfusionnelle est manifestement moins élevée que celle d'une origine étrangère aux transfusions.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment des rapports d'expertise, que Mme D a bénéficié d'une transfusion sanguine le 19 avril 1978. Son infection a été diagnostiquée en 1991 et confirmée I la suite. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme D ait été exposée à d'autres facteurs de contamination. L'ONIAM ne conteste pas l'origine transfusionnelle de la contamination de Mme D I le virus de l'hépatite C. Dans ces conditions, la contamination de Mme D I le virus de l'hépatite C doit être regardée comme imputable aux transfusions de produits sanguins qu'elle a reçues.
Sur les préjudices subis I Mme D :
6. D'une part, le rapport d'expertise établi I le docteur C, qui se fonde sur l'ensemble de la situation médicale de Mme D jusqu'à sa guérison, et notamment sur ses lourds antécédents médicaux et sur de nouveaux examens dont ne disposaient pas les médecins ayant réalisé les deux expertises précédentes dont certaines conclusions ont été émises " I diagnostic d'élimination ", exclut tout lien entre les polyarthralgies de Mme D et le VHC. Si le diagnostic d'une polyarthrite rhumatoïde a été écartée comme cause de la polyarthralgie I le docteur F au vu de tests Latex et Waaler Rose négatifs en mai 2013, le docteur C relève que ces tests étaient positifs en janvier 2013, confirmés en avril et juillet 2013, ainsi que l'indique le courrier du docteur E de 2007, conduisant à lier la polyarthralgie à une polyarthrite rhumatoïde. Si Mme D conteste l'existence de ces tests, l'ONIAM produit les pièces permettant d'en établir l'existence et le contenu. L'expertise du docteur C ajoute que d'autres pièces du dossier médical permettent également d'écarter le lien entre le VHC et cette pathologie qui, lorsqu'elle est causée I l'Interferon disparait rapidement après l'arrêt du traitement, ce qui n'a pas été le cas comme l'indique le courrier du docteur E de 2010 et, lorsqu'elle est causée I le VHC, s'accompagne de la présence de cryoglobuline, ce qui n'a pas non plus été le cas ainsi que cela ressort du courrier du docteur B de 2007. I suite, les polyarthralgies et l'insuffisance surrénalienne résultant de la corticothérapie qu'elles ont nécessité ne sont pas imputables au VHC.
7. D'autre part, l'expertise réalisée I le docteur C indique que Mme D présente une prédisposition génétique aux maladies auto-immunes et se fonde sur une biopsie des glandes salivaires, interprétée en 2017 I le docteur G, qui relève une infiltration lymphocytaire importante grade IV de Chisholm caractéristique du syndrome de Gougerot-Sjögren, fréquemment observé dans la polyarthrite rhumatoïde et " entité propre du syndrome sec et non pas un syndrome sec lié à un traitement médicamenteux ou à une autre pathologie ". Dans ces conditions, le syndrome sec ne peut être considéré comme étant lié au VHC.
S'agissant des dépenses de santé :
8. Mme D sollicite la condamnation de l'ONIAM à lui verser une somme correspondant aux frais médicaux et pharmaceutiques restés à sa charge. Elle produit des documents justifiant de tels frais à hauteur de 102,18 euros, non contestés en défense. I suite, il y a lieu de condamner l'ONIAM à lui payer cette somme.
S'agissant de l'assistance temporaire I une tierce personne :
9. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'expertise du docteur C, que l'absence d'imputabilité au VHC des polyarthralgies, du syndrome sec et de l'insuffisance surrénalienne doit conduire à ne retenir la nécessité d'une assistance I une tierce personne liée à la contamination qu'à hauteur de cinq heures I semaine et uniquement pour les périodes de traitements associant Interferon et Ribavirine en 2000 et 2008. Or, cette aide a déjà été indemnisée I l'ONIAM, qui a versé une indemnité correspondant à une assistance I une tierce personne non spécialisée de sept heures I semaine pour la période du 1er août 2000 au 31 décembre 2014. Mme D ne peut donc prétendre à aucune indemnité supplémentaire à ce titre.
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
10. L'expert a retenu un déficit fonctionnel temporaire (DFT) de 50% pour les périodes de prise du traitement de février à août 2000 et du 4 février au 25 juillet 2008, déjà indemnisé I l'ONIAM. Il a également considéré que Mme D a subi un DFT de 10% au cours de la période de son traitement I antiviraux Harvoni allant du 2 octobre au 27 décembre 2015. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à l'intéressée la somme de 140 euros.
S'agissant des souffrances endurées :
11. Si la dernière expertise a évalué ce préjudice à 3 sur une échelle de 1 à 7, il résulte de l'instruction que Mme D a déjà perçu au titre de ce préjudice pour la période allant jusqu'au 10 juillet 2013, la somme de 3 202 euros. I suite, compte tenu des circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à l'intéressée la somme de 1 000 euros.
S'agissant de la perte de gains professionnels actuels :
12. Il résulte de l'instruction et que l'ONIAM a déjà versé à Mme D une indemnité d'un montant de 3 378,80 euros au titre de la perte de gains professionnels actuels du 12 juillet au 30 août 2004, du 11 janvier au 26 juillet 2005, puis de manière constante jusqu'au 31 décembre 2014, à hauteur de 25% en raison d'une mise en invalidité considérée comme imputable à hauteur de 25% au VHC et ses manifestations extra-hépatiques.
13. Il résulte toutefois des pièces produites, en particulier de l'expertise du docteur C, qu'en conséquence de l'absence d'imputabilité au VHC des polyarthralgies, du syndrome sec et de l'insuffisance surrénalienne, Mme D n'a subi de préjudice directement lié au VHC qu'au cours des périodes de traitements I Interferon de février à août 2000 et de février à juillet 2008. Mme D n'ayant produit aucune pièce de nature à établir la réalité et l'étendue d'un préjudice qui n'aurait pas été réparé I les sommes déjà versées I l'ONIAM, en dépit d'une mesure d'instruction qui lui a été adressée en ce sens, la demande présentée I Mme D au titre de ce chef de préjudice doit être rejetée.
S'agissant de la perte de gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle :
14. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du docteur C, que les pathologies qui ont conduit Mme D à interrompre sa carrière ne sont pas imputables au VHC et que la requérante, dont l'état de santé est considéré comme consolidé le 6 décembre 2017, est virologiquement guérie depuis le traitement I antiviraux Harvoni suivi en 2015, l'expert ayant estimé que les répercussions sur l'activité professionnelle après consolidation sont nulles. I suite, les conclusions de Mme D au titre de ces chefs de préjudices doivent être rejetées.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
15. Il résulte de l'instruction qu'à la date de consolidation du dommage, l'intéressée était âgé de cinquante-six ans. Le déficit fonctionnel permanent a été fixé à 8% I l'expert en raison d'une fibrose de stade F3. Il y a lieu d'allouer à ce titre à Mme D la somme de 11 000 euros.
S'agissant du préjudice d'agrément :
16. Si Mme D soutient qu'elle a dû cesser depuis longtemps toute activité sportive et de loisir et sollicite à ce titre une indemnité d'un montant de 10 000 euros, elle n'apporte aucune précision sur les activités pratiquées et ne produit aucun justificatif en dépit d'une mesure d'instruction qui lui a été adressée en ce sens, alors que l'expertise conclut à un préjudice d'agrément nul. Dans ces conditions, la demande présentée I Mme D au titre de ce chef de préjudice doit être rejetée.
17. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une nouvelle expertise, qu'il y a lieu de condamner l'ONIAM à payer à Mme D la somme totale de 12 242,18 euros.
Sur les intérêts :
18. En vertu de l'article 1153 du code civil, dont les dispositions ont été reprises à l'article 1231-6 du même code, les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une somme d'argent consistent dans la condamnation aux intérêts au taux légal. Les intérêts moratoires dus en application de ces dispositions, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue à l'administration ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
19. Il résulte de ce qui précède que Mme D a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 12 242,18 euros à compter du 16 février 2011, date à laquelle l'ONIAM a reçu sa demande préalable et non à compter de la date de la réception des conclusions de l'expertise du 13 janvier 2020 ni même à compter de la date de consolidation de son état de santé.
Sur les dépens :
20. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions de la requérante tendant à ce que l'ONIAM soit condamné aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 1 500 euros à verser à Mme D au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : L'ONIAM est condamné à payer à Mme D la somme de 12 242,18 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 16 février 2011.
Article 2 : L'ONIAM versera à Mme D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et à l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux, des Affections Iatrogènes et des Infections Nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller.
Rendu public I mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026