LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2006230

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2006230

lundi 17 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2006230
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation6ème chambre
Avocat requérantLEGRANDGERARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 septembre 2020 et le 20 janvier 2023, M. F H, représenté par Me Greef, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'ordonner avant dire droit une expertise et de sursoir à statuer sur les différents postes de préjudices dans cette attente ;

2°) de condamner solidairement le centre hospitalier de Versailles et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) à lui verser la somme totale de 765 506,19 euros somme à parfaire, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait des fautes commises par le centre hospitalier de Versailles dans les suites de l'intervention chirurgicale du 21 avril 2016, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de la requête, ainsi que de leur capitalisation échus à la date du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Versailles la somme de 4000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;

M. H soutient que :

- il appartient au juge d'apprécier la faute commise par le centre hospitalier de Versailles ;

- le praticien qui lui a conseillé de se faire amputer a manqué à son devoir d'assistance en méconnaissance des articles L. 1110-5 et R. 4127-47 du code de la santé publique ;

- le centre hospitalier a manqué à son devoir d'information ;

Ses préjudices se décomposent comme suit :

Préjudices patrimoniaux temporaires :

- des dépenses de santé actuelles : selon débours de la CPAM ;

- 6 986,28 euros au titre de frais d'assistance par tierce personne avant consolidation ;

- 50 042,07 euros au titre de la perte de gains professionnels ;

Préjudices patrimoniaux permanents :

- 5 117,70 euros au titre des frais de santé futures ;

- 100 000 euros au titre de l'assistance par tierce personne future ;

- 60 000 euros au titre de l'incidence professionnelle ;

- 141 295,32 euros au titre de la perte de gains professionnels futurs ;

- 176 619,30 euros au titre de la perte des droits à pension de retraite ;

Préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

- 50 000 euros au titre du manquement au devoir d'information ;

- 486 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total et 7 959,52 euros au titre du déficit fonctionnel partiel ;

- 14 000 euros au titre des souffrances endurées ;

- 3 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

Préjudices extrapatrimoniaux permanents :

- 70 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent évalué à 17% ;

- 10 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent évalué à 3,5 sur une échelle de 7 ;

- 40 000 euros au titre du préjudice d'agrément et de troubles dans les conditions d'existence ;

- 30 000 euros au titre du préjudice sexuel.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2022, le centre hospitalier de Versailles et la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), représentés par Me Ricouard conclut à ce que la responsabilité du centre hospitalier de Versailles soit limitée à 70%, au rejet des demandes de la caisse primaire d'assurance maladie et à ce que les sommes demandées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soient ramenées à de plus justes proportions.

Ils soutiennent que :

- le centre hospitalier n'a pas manqué à ses devoirs d'assistance et d'obligation d'information ;

- les demandes de la caisse primaire d'assurance maladie ne tiennent pas compte de l'existence d'un traitement par Subutex, sans lien avec le dommage résultant de l'intervention du 21 avril 2016 ;

- les autres moyens ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés le 1er mars 2022 et le 25 mai 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Yvelines, représentée par Me Legrandgerard, conclut à ce que le centre hospitalier de Versailles et la SHAM soient solidairement condamnés à lui verser la somme définitive de 168 056,68 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du jugement à intervenir ainsi que la somme due au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion et enfin la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les débours, dont elle demande le remboursement, ne concernent que les prestations en rapport direct, certain et exclusif avec l'infection nosocomiale dont M. H a été victime.

Par un courrier du 21 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen soulevé d'office tiré de ce que la responsabilité du centre hospitalier de Versailles peut être engagée sur le fondement des dispositions du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique en raison des infections subies par M. H au cours ou au décours de sa prise en charge.

Par un mémoire enregistré le 24 mars 2023, la caisse primaire d'assurance maladie a produit ses observations en réponse à ce moyen d'ordre public.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E ;

- les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique ;

- les observations de Me Poisson représentant le centre hospitalier de Versailles.

Considérant ce qui suit :

1. M. F H, né le 6 août 1970 et salarié d'une entreprise de lavage de vitres sur nacelle, a été victime d'une chute de sa hauteur le 7 novembre 2015. Il a été pris en charge au centre hospitalier de Versailles en raison d'une importante douleur à la cheville. Les examens réalisés ont mis en évidence une fracture fermée comminutive, non compliquée du pilon tibial gauche. Il a été hospitalisé du 8 novembre 2015 au 17 novembre 2015 pour une intervention consistant en une réduction de la fracture par la mise en place d'un fixateur externe hybride. La consolidation observée étant insuffisante pour permettre l'ablation du fixateur externe, le Dr B, chirurgien, a préconisé un changement d'ostéosynthèse, associé à une greffe iliaque. M. H a été à nouveau hospitalisé du 21 au 28 avril 2016 pour cure de pseudarthrose. Le 21 avril 2016, une prise de greffe aux dépens de la crête iliaque postérieure homolatérale ainsi qu'une greffe inter tibio-péronière par voie antéro-latérale ont été réalisées. L'évolution était initialement favorable et le patient a pu regagner son domicile le 28 avril 2016. Toutefois, le 26 août 2016, M. H a dû retourner consulter au centre hospitalier de Versailles en raison de la dégradation de sa plaie, de douleurs et de fièvre et il a été hospitalisé du 2 au 10 septembre 2016 pour un " sepsis aigu sur fiches de fixateur externe ". Les prélèvements mettant en évidence une infection pluri microbienne associant Staphylococcus doré sensible à la méticilline, Corynebacterie et Actinomyces, M. H a été placé sous antibiothérapie par Clindamycine pour une durée de trois semaines. Une botte plâtrée bivalvée mise en place, le patient a regagné son domicile le 10 septembre 2016. Les signes d'infection ont toutefois persisté. La consolidation n'a pas été obtenue et l'amputation a été proposée au patient du fait des lésions cutanées et des dégâts osseux. M. H a alors décidé de prendre un second avis auprès du Pr C exerçant au centre hospitalier Ambroise Paré de Boulogne (AP-HP). Le 7 mars 2017, le Pr C a préconisé une solution conservatrice par la réalisation d'une arthrodèse tibio talo calcanéenne par clou transplantaire, associée à l'ablation de la plaque et la mise en place d'un pansement aspiratif. Cette alternative a été choisie par M. H et l'arthrodèse a été réalisée le 5 avril 2017. Les prélèvements per opératoires sont revenus positifs à Enterobacter cloacae, Escherichia hermanii, Klebsiella oxytoca, Enterobacter faecalis et Staphylococcus simulons. M. H a regagné son domicile le 12 avril 2017. L'évolution a été marquée par la reprise progressive de la marche et de la conduite. Néanmoins, une ostéite avec suppuration a persisté malgré les soins locaux. M. H souffre d'une arthrodèse de la cheville gauche, fixée en équin, et compliquée d'une ostéite fistulisée, responsable de douleurs et d'une impotence fonctionnelle, limitant à 100 mètres son périmètre de marche.

2. Le 28 février 2019, M. H a déposé auprès de la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) d'Ile de France une demande d'indemnisation de ses préjudices. Les experts désignés par la CCI, le Dr D, chirurgien orthopédiste et le Dr A, infectiologue, ont déposé leur rapport le 26 août 2019. Le 21 novembre 2019, la CCI a rendu son avis dans lequel elle concluait à l'absence de consolidation de l'état de santé de M. H et au devoir d'indemnisation du centre hospitalier de Versailles à hauteur de 70% en raison de l'infection nosocomiale contractée par le requérant. Le 25 mars 2020, la SHAM, assureur du centre hospitalier de Versailles a proposé au requérant la somme de de 17 198,22 euros en réparation de ses préjudices. Estimant cette proposition insuffisante et incomplète, M. H a adressé à la SHAM une demande de revalorisation de son offre le 25 mai 2020, demande à laquelle l'assureur n'a pas donné suite. Parallèlement, M. H a déposé une requête en référé expertise afin de compléter l'expertise produite par la CCI. Sa demande a été rejetée par une ordonnance du 15 décembre 2020. Par la présente requête, M. H demande au tribunal d'ordonner une expertise et de condamner solidairement le centre hospitalier de Versailles et la SHAM à l'indemniser de ses différents préjudices.

Sur les fondements de la responsabilité :

S'agissant de l'origine du dommage :

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. ". Ces dispositions font notamment peser sur l'établissement de santé la responsabilité des infections nosocomiales, qu'elles soient exogènes ou endogènes, à moins que la preuve d'une cause étrangère ne soit rapportée.

4. D'une part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport des deux experts désignés par la CCI que la survenue de la pseudarthrose observée chez M. H dans les suites de l'intervention du 8 novembre 2015 était une complication classique, inhérente au type de fracture de cheville présentée initialement par le patient et dont la fréquence de survenue varie entre 4 et 22%, et que c'est à juste titre que le Dr B a proposé une intervention par greffe osseuse et ostéosynthèse de la malléole externe par plaque réalisée le 21 avril 2016. Il résulte du même rapport d'expertise que dans les suites précoces de cette intervention au sein du centre hospitalier de Versailles, une infection pluri microbienne du site opératoire s'est toutefois développée. Les experts ont noté que cette infection du site opératoire présentée par M. H dans les suites de l'intervention du 21 avril 2016 n'était ni présente, ni en incubation au début de la prise en charge et qu'elle doit être qualifiée d'infection nosocomiale. Il résulte également de l'instruction qu'aucune cause étrangère n'a été rapportée à l'origine de cette infection nosocomiale. Dans ces conditions, compte tenu du taux d'incapacité permanente partielle dont se trouve atteint M. H à hauteur de 17%, la responsabilité sans faute du centre hospitalier de Versailles doit être engagée à ce titre.

5. D'autre part, il résulte de l'instruction que, dès le 3 septembre 2016, il existait une fistule cutanée communiquant avec la plaque d'ostéosynthèse, c'est à dire une infection profonde intéressant le matériel d'ostéosynthèse composé d'une plaque malléolaire externe. Or, les médecins du centre hospitalier de Versailles n'ont pas pratiqué l'ablation de ce matériel d'ostéosynthèse infecté. En outre, les experts de la CCI soulignent que la durée de l'antibiothérapie fixée à 3 semaines a été trop courte, les recommandations préconisant une durée minimale de 45 jours en cas d'infection profonde sur matériel d'ostéosynthèse. Les experts désignés par la CCI ont estimé que ces comportements n'avaient été pas conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science à l'époque du fait générateur et que si l'absence d'ablation de la plaque malléolaire externe lors de l'intervention du 3 septembre 2016 et la durée insuffisante de l'antibiothérapie prescrite au décours ne sont pas directement à l'origine du dommage, elles ont toutefois fait perdre à M. H une chance de guérir de l'infection de 30 %. Par suite, le centre hospitalier de Versailles a commis une faute dans le prise en charge et le traitement de l'infection nosocomiale de M. H et sa responsabilité doit également être engagée sur ce fondement.

S'agissant du défaut d'information :

6. L'article L. 1111-2 du code de la santé publique dispose que : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus (). Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel () ".

7. Il résulte de l'instruction qu'au cours de la consultation du 18 avril 2016, le Dr B a informé M. H des risques liés à l'intervention chirurgicale programmée le 21 avril 2016 et notamment des risques infectieux, et lui a fait signer en ce sens, un formulaire de consentement. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que M. H ne pouvait pas se soustraire à l'intervention proposée. Enfin, il résulte des termes même du rapport d'expertise que lors de l'accedit du 23 août 2019, M. H a précisé avoir été informé des risques de complications inhérents aux actes chirurgicaux. Dans ces conditions, M. H n'est pas fondé à soutenir que le centre hospitalier aurait manqué à son devoir d'information et a recherché la responsabilité de cet établissement à ce titre.

S'agissant d'un manquement au devoir d'assistance :

8. Aux termes de l'article L. 1110-5 du code de la santé publique : " Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l'urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir, sur l'ensemble du territoire, les traitements et les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l'efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire et le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées. Les actes de prévention, d'investigation ou de traitements et de soins ne doivent pas, en l'état des connaissances médicales, lui faire courir de risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté. ". Et aux termes de l'article R. 4127-47 du code de la santé publique : " Quelles que soient les circonstances, la continuité des soins aux malades doit être assurée. Hors le cas d'urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d'humanité, un médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles. S'il se dégage de sa mission, il doit alors en avertir le patient et transmettre au médecin désigné par celui-ci les informations utiles à la poursuite des soins. ".

9. M. H estime que le Dr G a manqué à son devoir d'assistance à son égard en lui proposant une amputation qui n'était pas nécessaire et en refusant de poursuivre les soins s'il n'acceptait pas cette intervention. Toutefois, d'une part, M. H n'établit pas l'allégation selon laquelle le chirurgien aurait refusé de poursuivre sa prise en charge au motif qu'il refusait l'amputation. D'autre part, un médecin même hospitalier, a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles et il n'est pas allégué par le requérant que celui-ci aurait tenté de prendre un rendez-vous avec un autre praticien du service. Enfin, et en tout état de cause, M. H n'a pas accepté l'amputation proposée par le chirurgien et a pu solliciter avec succès un second avis et une nouvelle prise en charge par l'hôpital Ambroise Paré. Dans ces conditions, M. H n'est pas fondé à demander l'engagement de la responsabilité du centre hospitalier sur le fondement des dispositions précitées.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la responsabilité du centre hospitalier de Versailles dans les dommages ayant résulté de l'intervention du 21 avril 2016 doit être engagée d'une part, sur le fondement de la responsabilité sans faute en raison de l'infection nosocomiale survenue dans les suites de l'intervention du 21 avril 2016, et d'autre part, sur celui de la responsabilité pour faute en raison des manquements commis par l'équipe médicale dans la prise en charge de cette infection.

Sur la fraction du préjudice indemnisable :

11. D'une part, lorsque, comme c'est le cas en l'espèce, une infection nosocomiale, a compromis les chances d'un patient d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation et que l'imputabilité directe d'un dommage à un choix thérapeutique erroné est établie, les préjudices qui en résultent doivent être réparés en totalité. D'autre part, le préjudice qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel, déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

12. Il résulte du rapport d'expertise que la complexité de la fracture initiale du pilon tibial gauche et la pseudarthrose aseptique présentée par M. H ont participé, à hauteur de 30%, à la survenue du dommage. Il résulte également de ce rapport que les fautes commises par le centre hospitalier de Versailles dans la prise en charge de l'infection nosocomiale ont fait perdre une chance à M. H d'obtenir une amélioration de son état qu'ils évaluent à 30 %. Enfin, ils concluent que l'infection nosocomiale, qui est à l'origine du dommage subi, directement associée à l'intervention du 21 avril 2016 et combinée aux fautes commises par le centre hospitalier de Versailles dans la prise en charge des suites de cette infection nosocomiale sont ainsi à l'origine de 70% de l'ensemble des préjudices de M. H. Dans ces conditions, dans les circonstances de l'espèce, le centre hospitalier de Versailles doit être condamné à indemniser M. H de l'ensemble des préjudices subis à concurrence de 70% de son dommage.

Sur les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné avant dire droit une nouvelle expertise :

13. Il résulte de l'instruction que par une ordonnance du 15 mars 2020, le juge des référés du tribunal a rejeté la demande d'expertise complémentaire de M. H. Il résulte par ailleurs du rapport des experts de la CCI que ces derniers ont retenu une date de consolidation de l'état de santé de M. H fixée au 20 février 2019. Le médecin traitant de M. H a rédigé un certificat indiquant la persistance d'une ostéite avec suppuration et que, bien que l'infection du site opératoire ne soit pas jugulée, il n'était pas envisagé de nouvelle intervention ou d'autre soin actif. A cette date, les dommages subis par M. H, à savoir des douleurs intermittentes, la disparition définitive de la mobilité de la cheville gauche, une boiterie, la nécessité d'utiliser des cannes béquilles avec une limitation du périmètre de marche à 100 mètres et la nécessité de réfection quotidienne d'un pansement, du fait de la fistulation chronique sont définitifs. Il est constant qu'à la date du 20 février 2019, l'état de M. H n'est plus susceptible de connaitre une amélioration. Il résulte également de ce rapport qu'une expertise en aggravation pourrait toutefois être nécessaire dans l'hypothèse d'une nouvelle intervention chirurgicale, plus précisément si une amputation devait s'imposer. Enfin, les experts ont évalué l'ensemble des préjudices actuels et futurs du requérant, et notamment fixé son taux de déficit fonctionnel permanent à 17% à compter du 20 février 2019, sous réserve d'une aggravation ultérieure. Dans ces conditions, et en l'état de l'instruction, il n'y a pas lieu d'ordonner une expertise avant dire droit pour chiffrer les préjudices de M. H. Ces conclusions doivent par suite être rejetées.

Sur les préjudices indemnisables :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :

Quant frais de santé :

14. La CPAM des Yvelines justifie avoir engagé des frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques, et d'appareillage pour un total de 39 801,42 euros. Après application des taux de perte de chance, il y a lieu de condamner le centre hospitalier à verser à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines une somme de 27 861 euros au titre de ses débours.

15. M. H n'établit pas avoir conservé à sa charge des frais de santé. Il n'y a pas lieu de condamner le centre hospitalier de Versailles au remboursement d'une quelconque somme à ce titre.

Quant aux frais d'assistance par tierce personne :

16. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours.

17. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de M. H a nécessité le recours à l'aide d'une tierce personne à raison de 7 heures par semaine pendant la période de déficit fonctionnel à 50% soit 650 jours et de 4 heures par semaine durant les périodes à 25% de déficit fonctionnel soit 176 jours. En tenant compte du nombre de jours et de semaines concernées rapportées à une année de 412 jours comprenant les congés payés et jours fériés et du montant du SMIC horaire brut augmenté des charges sociales de l'époque, fixé à 13,70 euros, s'agissant en l'espèce d'une assistance non spécialisée, ce préjudice peut être évalué à la somme totale de 11 625,82 euros. Dès lors que M. H a indiqué au tribunal ne pas percevoir la prestation de compensation du handicap, il y a donc lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Versailles, après application du taux de 70 %, la somme de 8 138,07 euros.

Quant aux pertes de gains professionnels :

18. Il résulte des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, que le législateur a entendu que la priorité accordée à la victime sur la caisse pour obtenir le versement à son profit des indemnités mises à la charge du tiers responsable, dans la limite de la part du dommage qui n'a pas été réparée par des prestations, s'applique, notamment, lorsque le tiers n'est déclaré responsable que d'une partie des conséquences dommageables de l'accident. Dans ce cas, l'indemnité mise à la charge du tiers, qui correspond à une partie des conséquences dommageables de l'accident, doit être allouée à la victime tant que le total des prestations dont elle a bénéficié et de la somme qui lui est accordée par le juge ne répare pas l'intégralité du préjudice qu'elle a subi. Quand cette réparation est effectuée, le solde de l'indemnité doit, le cas échéant, être alloué à la caisse. Toutefois, le respect de cette règle s'apprécie poste de préjudice par poste de préjudice, puisqu'en vertu du troisième alinéa, le recours des caisses s'exerce dans ce cadre.

19. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que M. H, qui exerçait la profession de laveur de vitre sur nacelle, n'a jamais repris son activité professionnelle après le 7 novembre 2015. Les experts de la CCI ont, en outre, considéré que l'arrêt de travail de M. H était notamment imputable à l'infection nosocomiale à compter du 29 octobre 2016. Selon les bulletins de salaires produits par M. H, il a subi une perte de revenus théorique pour la période courant du 29 octobre 2016 au 19 février 2019 de 51 133 euros, ce qui correspond après application du taux de 70 % à une " enveloppe " à répartir entre le requérant et la CPAM d'un montant de 35 793,10 euros. En outre, pour cette période, M. H a perçu au titre des indemnités journalières et des arrérages échus en invalidité une somme totale de 18 687,50 euros. Il s'ensuit, déduction de ces sommes perçues et par application du droit de priorité, qu'il y a lieu d'allouer à M. H la somme de de 32 445,50 euros qu'il appartiendra au centre hospitalier de lui verser et celle de 3 347,60 euros à la CPAM des Yvelines en remboursement de ses débours au titre des pertes de gains professionnels actuels et correspondant au solde de la somme de 35 793,10 euros.

S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :

Quant aux frais de santé futurs :

20. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de santé de M. H nécessitera, à l'avenir une paire de chaussures orthopédiques par an, pour un montant moyen de 116 euros, le renouvellement tous les trois mois des embouts de ses cannes pour un montant de 2,10 euros et un siège de douche d'un montant de 239 euros tous les cinq ans. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 3 896 euros après application du taux de 70%. Le centre hospitalier de Versailles est condamné à verser cette somme à M. H.

Quant aux frais futurs d'assistance par tierce personne :

Depuis le 20 février 2019 et jusqu'à la date de lecture du jugement :

21. Il résulte de l'instruction qu'à compter de la date de consolidation de son état,

M. H nécessite une aide par tierce personne à raison de deux heures par semaine. En tenant compte du nombre de jours et de semaines concernées rapportées à une année de 412 jours comprenant les congés payés et jours fériés et du montant du SMIC horaire brut augmenté des charges sociales de l'époque, fixé à 14,50 euros, s'agissant en l'espèce d'une assistance non spécialisée, ce préjudice peut être évalué à la somme totale de 7 090,50 euros. Dès lors que M. H a indiqué au tribunal ne pas percevoir la prestation de compensation du handicap, il y a donc lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Versailles, après application du taux de 70 %, la somme de 4 963,35 euros.

A compter de la date de lecture du jugement :

22. M. H sollicite le versement d'un capital. En tenant compte du nombre de jours et de semaines concernées rapportées à une année de 412 jours comprenant les congés payés et jours fériés et du montant du SMIC horaire brut augmenté des charges sociales fixé à 15 euros, s'agissant en l'espèce d'une assistance non spécialisée, ce préjudice peut être évalué à la somme totale de 1 765,71 euros pour une année. Compte tenu de l'euro de rente fixé par le barème de la Gazette du palais correspondant à l'âge de M. H à la date de lecture du présent jugement, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Versailles, après application du taux de 70 %, la somme de 35 329,70 euros.

Quant aux pertes de gains professionnels futurs et à l'incidence professionnelle :

23. Eu égard à la finalité de réparation d'une incapacité permanente de travail qui lui est assignée par ces dispositions législatives et à son mode de calcul, en fonction du salaire, fixé par l'article R. 341-4 du code de la sécurité sociale, la pension d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet exclusif de réparer, sur une base forfaitaire, les préjudices subis par la victime dans sa vie professionnelle en conséquence de l'accident, c'est-à-dire ses pertes de revenus professionnels et l'incidence professionnelle de l'incapacité. Dès lors, le recours exercé par une caisse de sécurité sociale au titre d'une pension d'invalidité ne saurait s'exercer que sur ces deux postes de préjudice.

24. Pour déterminer dans quelle mesure les préjudices ont été réparés par la pension d'invalidité, il y a lieu de regarder cette prestation comme réparant prioritairement les pertes de revenus professionnels et, par suite, comme ne réparant tout ou partie de l'incidence professionnelle que si la victime ne subit pas de pertes de revenus ou si le montant de ces pertes est inférieur à celui perçu au titre de la pension.

25. M. H était âgé de 49 ans à la date de consolidation fixée par les experts et, restant atteint de boiterie, de douleurs invalidantes et son périmètre de marche étant limité à 100 mètres son handicap, il a perdu, sans reprise possible, son emploi de laveur de vitres sur nacelle dont il tirait des revenus stables et pour lequel, au demeurant, ses qualités professionnelles aurait pu le conduire à occuper le poste de chef d'équipe, comme cela ressort du courrier du 3 juin 2020 du gérant de la SARL Général Service Entretien qui employait M. H. Ainsi, l'infection nosocomiale que M. H a contractée doit être regardée comme la cause directe de la perte de tout revenu professionnel jusqu'à l'âge de la retraite, qu'il atteindra, selon la législation actuellement en vigueur, le 6 août 2032. Par ailleurs, M. H justifie avoir perdu une chance sérieuse d'augmenter ses revenus professionnels sur cette période constitutive d'une incidence professionnelle. Par une juste appréciation, il y a lieu d'évaluer l'incidence professionnelle à la somme de 20 000 euros. De plus, compte tenu des bulletins de salaires produits et du revenu moyen de M. H de 1 850 euros, la perte de revenus théorique pour la période courant de 20 février 2019 à la date théorique de son départ à la retraite le 6 août 2032 peut être évalué globalement à la somme de 320 298 euros. Ainsi, le préjudice total relatif à la perte de gains professionnels et l'incidence professionnelle, après application du taux de 70 % s'élève à la somme de 238 208,60 euros. Et compte tenu du montant des arrérages de pension d'invalidité de catégorie 2 perçus entre le 20 février 2019 et le 31 juillet 2021 soit un montant de 20 861,06 euros et du capital invalidité de 87 884,58 euros, il y a donc lieu de condamner le centre hospitalier de Versailles à verser à M. H la somme de 225 552,36 euros et le solde de 12 656,24 euros à la CPAM des Yvelines.

Quant aux pertes de droits à la retraite :

26. En dépit de l'invitation qui lui a été faite en ce sens par le tribunal, M. H n'a pas produit de pièces permettant d'évaluer ses droits à pension de retraite. Dans ces conditions, ses conclusions indemnitaires présentées à ce titre doivent être rejetées.

S'agissant des préjudices extra patrimoniaux temporaires:

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

27. Il résulte de l'instruction que M. H a subi des déficits fonctionnels temporaires strictement imputables à l'infection nosocomiale de 100% durant 16 jours, de 50% durant 650 jours et de 25% durant 176 jours et ce jusqu'au 20 février 2019, date de consolidation de son état de santé. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 3 503,5 euros et en condamnant le centre hospitalier de Versailles à lui verser cette somme.

Quant aux souffrances endurées

28. Ces souffrances ont été évaluées par les experts à 4,5 sur une échelle de 7. Il en sera fait une juste appréciation en condamnant le centre hospitalier de Versailles à verser à M. H la somme de 7 000 euros, après application du taux de perte de chance.

Quant au préjudice esthétique temporaire :

29. Il résulte de l'instruction que M. H a nécessairement subi un préjudice esthétique temporaire au moins équivalent au préjudices esthétique permanent évalué par les experts à 3,5 sur une échelle de 7. Il en sera fait une juste appréciation de ce préjudice esthétique temporaire en le fixant, après application du taux de 70%, à la somme de 3 500 euros.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :

Quant au déficit fonctionnel permanent :

30. Il résulte du rapport d'expertise que ce déficit fonctionnel permanent doit être évalué à 17% à compter de la date de consolidation soit le 20 février 2019. Il en sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 17 500 euros, après application du taux de perte de chance.

Quant aux préjudices d'agrément et aux troubles dans les conditions d'existence :

31. Il résulte de l'instruction que M. H pratiquait quotidiennement le jardinage pour l'entretien de son potager. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 400 euros après application du taux de perte de chance.

Quant au préjudice esthétique permanent :

32. Ce préjudice a été évalué par l'expert à 3,5 sur une échelle de 7. Il en sera fait une juste appréciation en condamnant le centre hospitalier de Versailles à l'indemniser de ce préjudice en lui versant la somme de 3 500 euros, après application du taux de perte de chance.

Quant au préjudice sexuel :

33. Il en sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 1 400 euros après application du taux de perte de chance et en condamnant le centre hospitalier de Versailles au versement de cette somme.

34. Il résulte de ce qui précède, que le centre hospitalier de Versailles et la SHAM sont condamnés à verser à M. H la somme de 346 728,48 euros et celle de 43 864,84 euros à la CPAM des Yvelines.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

35. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale :"() En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée ". L'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale permet aux caisses d'assurance maladie exerçant leur recours subrogatoire de recouvrer une indemnité forfaitaire de gestion égale au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans des limites fixées par arrêté. L'article 1er de l'arrêté susvisé du 15 décembre 2022 fixe les montants minimum et maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion à respectivement 115 euros et 1 162 euros.

36. Eu égard au montant des sommes accordées à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines tel que mentionnées dans le présent jugement, cette caisse a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, pour le montant de 1 162 euros, soit le montant maximum fixé, à la date du présent jugement, par l'arrêté interministériel du 15 décembre 2022. Par suite, le centre hospitalier de Versailles versera à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines la somme de 1 162 euros.

Sur les intérêts dus :

37. Conformément à la demande de M. H, ce dernier a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 346 728,48 euros à compter du 25 septembre 2020, date d'enregistrement de sa requête soit le 25 septembre 2020.

38. La caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines a droit aux intérêts au taux légal sur les sommes qui lui sont attribuées à compter de la date de notification du présent jugement.

Sur la capitalisation des intérêts :

39. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée lors de l'introduction de la requête, à la date du 25 septembre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 25 septembre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés à l'instance :

40. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Versailles une somme de 1 500 euros à verser à M. H et une somme de 1000 euros à verser à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1 : Le centre hospitalier de Versailles et la SHAM sont solidairement condamnés à verser à M. H la somme de 346 728,48 euros avec intérêts au taux légal à compter du 25 septembre 2020. Les intérêts échus à la date du 25 septembre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le centre hospitalier de Versailles et la SHAM verseront à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines la somme de 43 864,84 euros aux titre de ses débours avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement.

Article 3 : Le centre hospitalier de Versailles et la SHAM verseront à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 4 : Le centre hospitalier de Versailles et la SHAM verseront à M. H la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le centre hospitalier de Versailles et la SHAM verseront à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines une somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. F H, au centre hospitalier de Versailles, à la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) et à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 3 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mégret, présidente,

Mme Rivet, première conseillère,

M. Gibelin, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition du greffe le 17 avril 2023.

La rapporteure,

signé

S. E

La présidente,

signé

S. Mégret

La greffière,

signé

Y. Bouakkaz

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2006230

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions