jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2006636 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | SELARL OBADIA & ASSOCIE |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête enregistrée le 12 octobre 2020 sous le n°2006636, M. et Mme B A, représentés par Me Obadia, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'amende infligée à la société à responsabilité limitée (SARL) ABV sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts, et mise à la charge de M. A en sa qualité de gérant, débiteur solidaire de cette société, en application des dispositions du 3 du V de l'article 1754 du même code, au titre des années 2014 et 2015, pour des montants respectifs de 11 326 euros et de 10 189 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la proposition de rectification adressée à la SARL ABV est insuffisamment motivée ;
- la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires de la SARL ABV est radicalement viciée dans son principe ; si le tribunal administratif considérait que cela n'était pas le cas, il faudrait toutefois exclure trois sociétés du panel retenu par le service vérificateur pour effectuer une moyenne du taux de charges afin de déterminer celui de la SARL ABV ;
- l'administration fiscale ne démontre pas que les sommes qu'elle a regardées comme étant distribuées étaient désintéressées et que M. A les aurait perçues ; en outre, quand il a été reçu par l'administration le 12 octobre 2017, les pressions qui ont été exercées sur lui ont amené M. A à se désigner comme bénéficiaire de sommes d'un montant de 10 000 euros et de 15 000 euros respectivement au titre de chacune des deux années en litige.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
II - Par une requête enregistrée le 16 octobre 2020 enregistrée sous le n°2006779, M. et Mme A, représentés par Me Obadia, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015 ou, à défaut, de prononcer leur réduction ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la proposition de rectification adressée à la SARL ABV ainsi que celle qui leur a été personnellement adressée, sont insuffisamment motivées ;
- la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires de la SARL ABV est radicalement viciée dans son principe ; si le tribunal administratif considérait que cela n'était pas le cas, il faudrait toutefois exclure trois sociétés du panel retenu par le service vérificateur pour effectuer une moyenne du taux de charges pour déterminer celui de la SARL ABV et déterminer un résultat net en fonction d'un coefficient moyen de 3,19% ;
- l'administration fiscale ne démontre pas que les sommes qu'elle a regardées comme étant distribuées étaient désintéressées et que M. A les aurait perçues ; en outre, quand il a été reçu par l'administration le 12 octobre 2017, les pressions qui ont été exercées sur lui ont amené M. A à se désigner comme bénéficiaire de sommes d'un montant de 10 000 euros et de 15 000 euros respectivement au titre de chacune des deux années en litige.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mathé, rapporteure,
- et les conclusions de M. Armand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les n°2006636 et n°2006779 ont été introduites par les mêmes contribuables, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. La société à responsabilité limitée (SARL) ABV, dont M. B A était gérant et associé à 50%, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos en 2014 et 2015. Après avoir établi un procès-verbal d'opposition à contrôle fiscal le 30 mars 2017, le service vérificateur a notamment procédé à l'évaluation d'office de ses bases d'imposition à l'impôt sur les sociétés, en application des dispositions de l'article L. 74 du livre des procédures fiscales. Le 4 mai 2017, il a transmis à la SARL ABV une proposition de rectification l'informant qu'il envisageait de mettre à sa charge notamment des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, et l'a invitée à lui faire connaître, dans un délai de trente jours, l'identité et l'adresse des bénéficiaires des revenus considérés comme distribués, en application de l'article 117 du code général des impôts. En l'absence de réponse, le service vérificateur l'a informée, par un courrier du 14 septembre 2017, de l'application de l'amende de 100% prévue par l'article 1759 du code général des impôts, pour le montant total des sommes distribuées, lesquelles s'élèvent à 21 326 euros pour 2014 et à 35 189 euros pour 2015. Le 12 octobre 2017, M. A s'est désigné comme bénéficiaire d'une partie de ces revenus distribués, à hauteur de 10 000 euros pour 2014 et de 15 000 euros pour 2015, ce qui a conduit le service vérificateur, par une décision du même jour, à réduire le montant de cette amende, qui s'élève ainsi à 11 326 euros pour 2014 et à 20 189 euros pour 2015. En l'absence de paiement de ces sommes par la société ABV, celles-ci ont été mises à la charge de M. A, solidairement responsable de leur paiement en tant que dirigeant de la société en application des dispositions du 3 du V de l'article 1754 du code général des impôts. Après que leur réclamation ait été rejetée par une décision du 20 août 2020, M. et Mme A demandent la décharge de cette amende dans leur requête n°2006636. Par ailleurs, le 17 octobre 2017, le service vérificateur a transmis à M. et Mme A une proposition de rectification les informant qu'il envisageait de mettre à leur charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2014 et 2015, à la suite de la réintégration, dans leur revenu imposable, de revenus présumés distribués sur le fondement des dispositions du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Après que leur réclamation ait été rejetée par une décision du 20 août 2020, M. et Mme A demandent la décharge de ces impositions ou, à défaut, leur réduction, dans leur requête n°2006779.
Sur la requête n°2006636 :
En ce qui concerne la régularité de la procédure au terme de laquelle a été infligée l'amende :
3. Aux termes de l'article 117 du code général des impôts : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. / En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759. " Aux termes de l'article 1759 de ce code : " Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées. Lorsque l'entreprise a spontanément fait figurer dans sa déclaration de résultat le montant des sommes en cause, le taux de l'amende est ramené à 75 %. " Aux termes du V de l'article 1754 du même code : " () / 3. Les dirigeants sociaux mentionnés à l'article 62 et aux 1°, 2° et 3° du b de l'article 80 ter ainsi que les dirigeants de fait gestionnaires de la société à la date du versement ou, à défaut de connaissance de cette date, à la date de déclaration des résultats de l'exercice au cours duquel les versements ont eu lieu, sont solidairement responsables du paiement de l'amende prévue à l'article 1759. () "
4. Les dispositions visées au point 3 instaurent une amende sanctionnant le refus par une personne morale de révéler l'identité des bénéficiaires d'une distribution de revenus. Cette amende est distincte de l'impôt sur les sociétés et ne peut être regardée comme une pénalité correspondant à cet impôt. La personne sanctionnée par cette amende peut contester son principe, son montant et la procédure propre à l'amende. En revanche, elle ne peut utilement se prévaloir de moyens relatifs à la procédure d'imposition ayant conduit à mettre à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés. Il en va de même des dirigeants solidairement tenus au paiement de l'amende.
5. En l'espèce, en l'absence de paiement par la SARL ABV de l'amende prévue par les dispositions de l'article 1759 du code général des impôts, celle-ci a été mise à la charge de M. A, solidairement responsable de leur paiement en tant que dirigeant de cette société en application des dispositions du 3 du V de l'article 1754 du même code. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la proposition de rectification du 4 mai 2017 adressée à la SARL ABV serait insuffisamment motivée pour obtenir la décharge de l'amende litigieuse.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'amende :
S'agissant de la charge de la preuve :
6. Aux termes de l'article L. 74 du livre des procédures fiscales : " Les bases d'imposition sont évaluées d'office lorsque le contrôle fiscal ne peut avoir lieu du fait du contribuable ou de tiers. () " Aux termes de l'article L. 193 de ce livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. " Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ".
7. La SARL ABV ayant été imposée par voie de taxation d'office en application des dispositions de l'article L. 74 du livre des procédures fiscales, dont la régularité n'est, en tout état de cause, pas contestée, il appartient à M. et Mme A, qui sont, dès lors que M. A présente la qualité non contestée de débiteur solidaire, soumis au même régime de charge de la preuve que le débiteur principal, d'apporter la preuve de l'exagération du montant de l'amende litigieuse.
S'agissant de la méthode de reconstitution du résultat imposable :
8. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges () ".
9. Il résulte de l'instruction que, constatant la passivité de M. A, gérant et associé de la SARL ABV, dans le cadre de la vérification de comptabilité de cette dernière, et en l'absence de présentation de documents comptables, ce qui n'est aucunement contesté par les requérants, le service vérificateur a établi un procès-verbal d'opposition à contrôle fiscal le 30 mars 2017, et a eu recours à la procédure d'évaluation d'office prévue par l'article L. 74 du livre des procédures fiscales. Pour reconstituer le résultat imposable de la SARL ABV, le service vérificateur s'est appuyé sur le chiffre d'affaires qu'elle avait déclaré pour l'année 2014 et, en l'absence de dépôt de déclaration de résultats pour l'année 2015, sur ses crédits bancaires pour cette seconde année. En outre, en l'absence de présentation de documents comptables et de tout document justifiant de la réalité des charges déclarées au titre de l'année 2014, le service vérificateur a sélectionné un ensemble de sociétés similaires, exerçant dans le même secteur d'activité et dans le département de l'Essonne, présentant, notamment, un code " APE " et un régime d'imposition identiques, un montant de chiffre d'affaires semblable et des caractéristiques d'exploitation comparables, qui sont au nombre de dix pour l'année 2014 et de treize pour l'année 2015. En effectuant une moyenne, il a retenu un pourcentage de charges par rapport au chiffre d'affaires, respectivement de 83% et de 81%, et a ainsi retenu un résultat imposable de 21 326 euros au titre de l'exercice clos en 2014 et de 35 189 euros au titre de l'exercice clos en 2015.
10. En se bornant à produire les comptes de neuf sociétés, les comptes de la SARL ABV et un tableau établi par leurs soins, les requérants n'établissent pas que la méthode de reconstitution du résultat imposable suivie par le service vérificateur serait radicalement viciée dans son principe, alors que, d'ailleurs, ils indiquent eux-mêmes aboutir, selon leurs calculs, à un résultat très proche de celui obtenu par le service vérificateur, la différence étant inférieure à 2%. En outre, les requérants ne proposent pas de réelle méthode alternative et, à supposer même qu'ils aient entendu proposer une méthode tenant à soustraire trois des dix sociétés sur lesquelles s'est appuyé le service vérificateur pour déterminer le pourcentage de charges par rapport au chiffre d'affaires et le résultat imposable de la SARL ABV au titre des exercices clos en 2014 et 2015, ils n'en démontrent pas la pertinence. Par ailleurs, il n'est pas établi, ni même allégué, que la déduction forfaitaire retenue de 83% pour l'exercice clos en 2014 et de 81% pour l'exercice clos en 2015, ne comprendrait pas l'intégralité des charges qu'ils entendent déduire. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de ce que la méthode de reconstitution du résultat imposable de la SARL ABV suivie par le service vérificateur serait radicalement viciée, doit être écarté.
S'agissant des revenus distribués :
11. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital. () " Aux termes de l'article 110 de ce code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. " Aux termes de l'article 47 de l'annexe II au même code : " Toute rectification du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés au titre d'une période sera prise en compte au titre de la même période pour le calcul des sommes distribuées. "
12. Les requérants, à qui incombe la charge de la preuve en application des dispositions des articles L. 193 et R. 193-1 du livre des procédures fiscales, ne démontrent pas que les sommes de 11 326 euros pour l'année 2014 et de 10 189 euros pour l'année 2015, qui constituent l'assiette de l'amende litigieuse, auraient été mises en réserve ou incorporées au capital, et ne constitueraient pas des revenus distribués. En outre, s'ils soutiennent que, lorsque M. A a été reçu par l'administration fiscale, il a subi des pressions l'incitant à se désigner comme bénéficiaires de sommes de 10 000 euros au titre de l'année 2014 et de 15 000 euros au titre de l'année 2015, sommes qui, au demeurant, ne font pas partie de l'assiette de l'amende litigieuse, ils n'apportent pas le moindre élément au soutien de leurs allégations. Par ailleurs, la circonstance que M. A n'aurait pas perçu ces sommes est, en toute hypothèse, sans incidence sur l'amende litigieuse, qui sanctionne le fait de ne pas avoir désigné le bénéficiaire de ces sommes réputées constituer des revenus distribués et qui a été mise à la charge de M. A en sa seule qualité de débiteur solidaire du fait de son statut de gérant à la date du versement de ces distributions.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander la décharge de l'amende mise à la charge de M. A en sa qualité de gérant, débiteur solidaire de la SARL ABV pour les deux années en litige. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter leurs conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur la requête n° 2006779 :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
14. En premier lieu, l'irrégularité éventuelle de la procédure d'imposition d'une société assujettie à l'impôt sur les sociétés est, par elle-même, sans influence sur l'imposition du dirigeant ou de l'associé de cette société à l'impôt sur le revenu, alors même que serait en cause un excédent de distribution révélé par une rectification des bases de l'impôt sur les sociétés que l'administration fiscale entend imposer à l'impôt sur le revenu entre les mains du bénéficiaire. Par suite, M. et Mme A ne peuvent se prévaloir de l'irrégularité dont serait entachée la procédure d'établissement des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés qui ont été notifiées à la SARL ABV, pour obtenir décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article. " Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées.
16. La proposition de rectification du 17 octobre 2017 adressée personnellement à M. et Mme A indique que M. A a été reçu le 12 octobre 2017 dans les locaux de l'administration fiscale et s'est désigné comme bénéficiaire de sommes provenant de la SARL ABV, dont il était le gérant et associé, d'un montant de 10 000 euros au titre de l'année 2014 et de 15 000 euros au titre de l'année 2015. Elle mentionne en outre que ces sommes constituent des revenus distribués au sens des dispositions du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts et imposées entre les mains de M. et Mme A à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au titre de ces deux années. Dans ces conditions, M. et Mme A étant mis à même de formuler utilement des observations, la proposition de rectification du 17 octobre 2017 est suffisamment motivée au sens et pour l'application des dispositions des articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
S'agissant de la charge de la preuve :
17. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. "
18. Il n'est pas contesté que M. et Mme A n'ont présenté aucune observation à la proposition de rectification du 17 octobre 2017 qui leur a été remise en main propre. Par suite, la charge de la preuve de l'exagération des impositions mises à leur charge leur incombe.
S'agissant de la méthode de reconstitution du résultat imposable :
19. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de ce que la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires de la SARL ABV serait radicalement viciée dans son principe doit être écarté.
S'agissant des revenus distribués :
20. Les requérants, à qui incombe la charge de la preuve en application des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, ne démontrent pas que les sommes en cause auraient été mises en réserve ou incorporées au capital, et qu'elles ne constitueraient ainsi pas des revenus distribués au sens des dispositions du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. En outre, il résulte de l'instruction que M. A a déclaré avoir perçu ces sommes provenant de la SARL ABV lorsqu'il a été reçu dans les locaux du service le 12 octobre 2017, et si les requérants soutiennent que M. A a subi des pressions l'incitant à se désigner comme en étant le bénéficiaire, ils n'apportent pas le moindre élément au soutien de leurs allégations. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré que ces sommes constituaient des revenus distribués au sens des dispositions du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts et les a imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers entre les mains de M. et Mme A.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015, ni leur réduction. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter leurs conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les deux requêtes de M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B A et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Ouardes, président,
- M. de Miguel, premier conseiller,
- Mme Mathé, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
La rapporteure,
signé
C. MathéLe président,
signé
P. OuardesLa greffière,
signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2006636, 2006779
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026