jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2006638 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | CABINET DE L'ORANGERIE |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 octobre 2020, le 3 février 2021 et le 30 aout 2021, M. B A demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 et de l'année 2015 ;
Il soutient que :
S'agissant des revenus distribués en application de l'article 111 c) :
- les sommes ont été inscrites au crédit du compte courant détenu dans la société Immogest car celle-ci utilise les fonds personnels de son dirigeant pour son activité, provenant des fonds détenus dans la société Rêve Bâti Service ; l'administration a qualifié à tort ces sommes de revenus distribués ;
- l'examen de sa situation fiscale en 2012 et 2013, comprenant l'examen de son compte courant d'associé, n'avait pas abouti à des rectifications, les soldes de ses comptes courants étant inscrits dans les comptes au titre de ces exercices, ce qui apporte la preuve de l'origine des montants ;
- le débit du compte de trésorerie et l'inscription au passif de la société, au crédit de son compte courant d'associé, ne modifie en rien le résultat net fiscal de la société Immogest, l'opération étant neutre ; l'administration ne pouvait pas constater un passif injustifié, l'imposition à l'impôt sur le revenu étant infondée ; la société n'a pas pris en charge des dépenses ne lui incombant pas ;
S'agissant des revenus distribués en application de l'article 111 a) :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée en ce qui concerne la somme de 85 000 euros, considérée comme distribuée en application de l'article 111 a), dès lors que l'origine de cette information n'est pas précisée ; la recherche d'information impliquait la mise en œuvre de la procédure prévue à l'article L. 16 du livre des procédures fiscales, en application du principe d'indépendance des procédures ;
S'agissant des pénalités :
- il n'y a pas lieu de les appliquer car il n'a commis aucun manquement délibéré.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 décembre 2020 et le 6 août 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 3 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 octobre 2021 à 13 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Miguel, rapporteur,
- et les conclusions de M. Armand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a fait l'objet d'une proposition de rectification du 12 septembre 2017, portant sur des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour les années 2014 et 2015, faisant suite à la vérification de comptabilité de la société Immogest sur la même période, dont M. A était président du conseil d'administration et actionnaire à hauteur de 91% par l'intermédiaire de la société civile immobilière (SCI) Les Pentes de la Marette. Le 10 novembre 2017, M. A a présenté des observations. Par une décision du 14 décembre 2017, le service a maintenu les rectifications envisagées et les sommes ont été mises en recouvrement le 30 juin 2019, pour des montants de 161 505 euros au titre de l'année 2014 et 62 996 euros pour l'année 2015. L'intéressé a contesté ces sommes par deux réclamations contentieuses des 12 juillet et 30 septembre 2019, qui ont été rejetées par une décision du 20 août 2020. M. A demande au tribunal de prononcer la décharge des impositions, intérêts de retard et pénalités laissés à sa charge.
Sur la régularité de la procédure :
En ce qui concerne la motivation de la proposition de rectification :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () " Aux termes de l'article R. 57-1 du même code : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées.
3. Si M. A soutient que la proposition de rectification du 12 septembre 2017 est insuffisamment motivée, en ce qui concerne l'origine de l'information relative à la distribution de la somme de 85 000 euros ayant conduit à l'imposition supplémentaire d'impôt sur le revenu, il résulte des termes mêmes de cette proposition que celle-ci vise expressément l'article 111 du code général des impôts, fait état des montants, des dates et des coordonnées bancaires utilisées pour effectuer les opérations en cause et l'imputation comptable erronée du prélèvement de 80 000 euros, versé le 12 septembre 2015 à M. A ainsi que du virement de 5 000 euros du 31 octobre 2015, comptabilisé à tort comme un apport en compte courant d'associé. De plus, il apparaît que la proposition de rectification du 12 septembre 2017 adressée à M. A comporte un extrait de la proposition de rectification envoyée à la société Immogest, qui détaille précisément la teneur des rectifications, cet extrait étant expressément identifié à son commencement et à sa fin. Dans les circonstances de l'espèce, M. A doit être regardé comme ayant ainsi été mis en mesure de connaître les raisons de droit et de fait pour lesquelles l'administration a estimé devoir rehausser les bases imposables de la société ainsi que les siennes, et il n'est pas fondé à soutenir que la proposition de rectification serait insuffisamment motivée quant à la désignation de l'origine des informations ayant conduit à l'imposition supplémentaire en litige. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la proposition de rectification doit être écarté.
En ce qui concerne la demande d'éclaircissements :
4. Aux termes de l'article L. 16 du même livre : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. () "
5. Il résulte de ce qui précède que, contrairement à ce que soutient le requérant, aucune demande d'éclaircissements ou de justifications n'était nécessaire pour établir les impositions en litige. Par suite l'administration n'était pas tenue de mettre en œuvre la demande d'éclaircissements prévue à l'article L. 16 du livre des procédures fiscales.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la procédure d'imposition serait irrégulière.
Sur le bien-fondé des impositions :
7. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. () c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
En ce qui concerne l'existence de distributions :
8. Il résulte de l'instruction qu'au cours de la vérification de comptabilité de la société Immogest, il a été constaté que figuraient au crédit du compte bancaire de cette dernière ouvert auprès du CIC des virements en provenance de la société Rêve Bâti Service (RBS) pour des montants globaux de 170 000 euros en 2014 et 10 000 euros en 2015, lesquels ont été comptabilisés au crédit du compte courant d'associé n°4551 appartenant à M. A, gérant et associé à 91,08% de la SAS Immogest par l'intermédiaire de la SCI Les pentes de la Marette.
9. Si le requérant soutient que ces sommes correspondent à des versements qu'il a effectués pour pallier le manque de trésorerie de la société Immogest à partir du compte courant d'associé qu'il détenait au sein de la société Rêve Bâti Service, il n'apporte toutefois pas la preuve et la justification de la réalité et de l'origine du caractère créditeur du compte courant d'associé détenu au sein de la société Rêve Bâti Service, ni durant la procédure contradictoire ni devant le juge de l'impôt. De plus, il résulte de l'instruction que la SARL Rêve Bâti Service n'a déposé aucune déclaration depuis 2010 et a cessé toute activité le 1er décembre 2013 avant d'être définitivement radiée du registre du commerce et des sociétés le 10 novembre 2015. Enfin, si M. A produit des extraits du grand livre pour justifier la réalité des sommes en cause, ces documents ont été édités quatre ans après la période vérifiée, ce qui remet en cause leur caractère probant. Dès lors, en l'absence de justificatifs probants sur l'origine et la réalité des sommes créditées, c'est à bon droit que le service a requalifié ces sommes comme étant des produits soumis à l'impôt sur les sociétés et, par voie de conséquence, les a qualifiées de distributions occultes au sens de l'article 111 c du CGI.
En ce qui concerne l'appréhension des distributions :
10. Les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
11. En l'espèce, il n'est pas contesté que les sommes litigieuses ont été inscrites au crédit du compte courant d'associé détenu par M. A dans les comptes de la société Immogest. Par suite l'administration démontre leur appréhension par le requérant, faute pour celui-ci d'en apporter la preuve contraire.
12. Il résulte de ce qui précède que c'est à bon droit que l'administration a procédé aux rectifications en litige concernant l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux.
Sur les pénalités :
13. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.
14. En relevant d'une part que des sommes avaient été versées sans justifications par la société Rêve Bâti Service au compte courant d'associé de M. A ouvert dans les comptes de la société Immogest, qu'une somme de 80 000 euro avait été prélevée des comptes de la société mais non comptabilisée au débit du compte courant d'associé du requérant, que certaines sommes avaient été créditées à tort au compte courant d'associé et d'autre part qu'en sa qualité de dirigeant du conseil d'administration et d'associé majoritaire, M. A ne pouvait ignorer les faits reprochés, ni que les sommes perçues n'avaient pas été déclarées, l'administration doit être regardée comme établissant le caractère délibéré des manquements qui sont reprochés au requérant. Par suite, l'administration était fondée à appliquer au requérant les pénalités qui lui ont été infligées au titre de l'article 1729 du code général des impôts.
15. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par M. A tendant à être déchargé, en droits et en pénalités, du paiement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Ouardes, président,
- M. de Miguel, premier conseiller,
- Mme Mathé, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
Le rapporteur,
F-X de MiguelLe président,
P. Ouardes
La greffière,
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026