mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2006857 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL F. NAIM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2020, M. B A, représenté par Me Naïm, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu mis à sa charge au titre des années 2009 à 2013 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mis à sa charge au titre des périodes comprises entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012 à hauteur de 270 746 euros en droits, majorations et intérêts de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
La procédure est irrégulière dès lors que :
- l'administration n'était pas fondée à engager à son encontre une vérification de comptabilité au seul motif qu'elle avait constaté l'existence de flux financiers qu'elle considérait comme inexpliqués ; l'administration a procédé à l'envoi d'un avis de vérification de comptabilité le 15 octobre 2014, sans attendre l'expiration du délai de réponse à la demande d'éclaircissements et de justification qui lui a été notifiée le 29 septembre 2014, et sans le mettre en demeure de compléter sa réponse, dans le seul but de faire obstacle à la prescription du délai de reprise qui expirait le 31 décembre 2014 ; les éléments relevés par l'administration au cours de l'examen de sa situation fiscale personnelle étaient insuffisants pour caractériser l'existence d'une activité occulte et engager une telle vérification ;
- l'administration ne lui a pas communiqué les documents et informations obtenues de tiers ;
Les impositions ne sont pas fondées dès lors que :
- il n'a exercé aucune activité occulte ; n'étant pas décisionnaire pour l'attribution des marchés de travaux ou des contrats de sous-traitance du GIE Arcade, dont il est salarié depuis 1989, il n'a pu exercer une quelconque activité d'apporteur d'affaire pour le compte des société PCM et SBC, avec lesquelles il n'est lié par " aucun engagement contractuel ni moral " ;
-le recours à la notion d'activité occulte constitue un 'stratagème' employé par l'administration afin de contourner la prescription ;
-les sommes figurant au crédit de ses comptes bancaires personnels au cours des années 2011 et 2012 correspondent à un prêt de 500 000 euros consenti par la société SBC, destiné à financer le lancement de sa nouvelle activité de promotion immobilière.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que
-le quantum du litige s'élève à 967 910 euros ;
-en l'absence de moyens dirigés contre ces chefs de rectifications, les conclusions relatives aux rehaussements résultant des distributions imposées au titre des années 2012, 2013 et les rehaussements consécutifs à l'imposition des revenus d'origine indéterminée au titre de l'année 2012, sont irrecevables, en application de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
Par ordonnance du 29 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juillet 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1.Monsieur A a fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle, engagé par l'envoi d'un avis du 9 mai 2014, portant sur les années 2011 à 2013, et d'une vérification de comptabilité d'une activité d'apporteur d'affaires exercée de manière occulte, engagée par l'envoi d'un avis du 15 octobre 2014, portant sur la période comprise entre le 1er janvier 2004 et le 31 décembre 2013. A l'issue de ces deux procédures, l'administration a notifié aux époux A, par trois propositions de rectifications datées du 8 et 9 juin 2915, des suppléments d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2011 à 2013, ainsi que des rappels de TVA au titre des périodes comprises entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012. M. A demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et majorations, de ces impositions.
Sur la régularité de la procédure
En ce qui concerne l'envoi d'un avis de vérification le 15 octobre 2014
2.Aux termes de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales : " Dans les conditions prévues au présent livre, l'administration des impôts peut procéder à l'examen contradictoire de la situation fiscale des personnes physiques au regard de l'impôt sur le revenu, qu'elles aient ou non leur domicile fiscal en France, lorsqu'elles y ont des obligations au titre de cet impôt./ A l'occasion de cet examen, l'administration peut contrôler la cohérence entre, d'une part les revenus déclarés et, d'autre part, la situation patrimoniale, la situation de trésorerie et les éléments du train de vie des membres du foyer fiscal./ Sous peine de nullité de l'imposition, un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle ne peut s'étendre sur une période supérieure à un an à compter de la réception de l'avis de vérification. / () / Cette période est prorogée du délai accordé, le cas échéant, au contribuable et, à la demande de celui-ci, pour répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications pour la partie qui excède les deux mois prévus à l'article L. 16 A. () ". Et aux termes de l'article L. 16 A du même livre : " Les demandes d'éclaircissements et de justifications fixent au contribuable un délai de réponse qui ne peut être inférieur à deux mois. / Lorsque le contribuable a répondu de façon insuffisante aux demandes d'éclaircissements ou de justifications, l'administration lui adresse une mise en demeure d'avoir à compléter sa réponse dans un délai de trente jours en précisant les compléments de réponse qu'elle souhaite. ".
3.Par ailleurs, en vertu de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification. Aux termes de l'article L. 47 B du même livre : " Au cours d'une procédure d'examen de situation fiscale personnelle, l'administration peut examiner les opérations figurant sur des comptes financiers utilisés à la fois à titre privé et professionnel et demander au contribuable tous éclaircissements ou justifications sur ces opérations sans que cet examen et ces demandes constituent le début d'une procédure de vérification de comptabilité. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 47 C du même livre : " Lorsque, au cours d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle, sont découvertes des activités occultes ou mises en évidence des conditions d'exercice non déclarées de l'activité d'un contribuable, l'administration n'est pas tenue d'engager une vérification de comptabilité pour régulariser la situation fiscale du contribuable au regard de cette activité. ".
4.En l'espèce, l'administration a, d'une part, engagé à l'encontre de M. et Mme A un examen de situation fiscale personnelle, portant sur les années 2011 et 2012, par l'envoi d'un premier avis daté du 9 mai 2014. Estimant que les sommes apparaissant au crédit des comptes bancaires personnels des époux A n'étaient, pour partie, pas justifiées, elle a adressé au contribuable une demande d'éclaircissements et de justifications, sur le fondement des dispositions de l'article L. 16 précité, qui lui a été notifiée 5 décembre 2014, et à laquelle il a été répondu, dans le délai de deux mois qui lui était imparti, par courrier du 5 février 2014. Considérant toutefois que les réponses ainsi apportées étaient insuffisantes, le service a adressé à M. A une mise en demeure de la compléter par un pli distribué le 17 février 2014, lui offrant un délai de 30 jours. Les réponses apportées par courrier du 16 mars 2014 ont également été jugées insuffisantes par le service, qui a procédé, par une proposition de rectification datée du 9 juin 2015, au rehaussement des revenus imposables de M. et Mme A à raison des revenus d'origine indéterminés révélés au titre de l'année 2012 et dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, sur le fondement des dispositions du 2° de l'article 109-1 et du c. de l'article 111 du code général des impôts, à raison des distributions effectuées à leur profit au cours de l'année 2012 par la société Yoyo, dont les époux possèdent, à parts égales, l'intégralité du capital. D'autre part, par un avis du 3 septembre 2014, l'administration a informé M. et Mme A de l'ouverture d'un examen de leur situation fiscale personnelle au titre de l'année 2013, qui a également donné lieu, dans le cadre d'une proposition également datée du 9 juin 2015, à des rehaussements dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, à raison des distributions effectuées par la société Yoyo. Enfin, par un avis du 15 octobre 2014, le service a informé M. A de l'ouverture d'une procédure de vérification de comptabilité, au titre des exercices clos entre 2004 et 2013, de l'activité d'apporteur d'affaire exercée de manière occulte. Dans le cadre de cette troisième procédure, l'administration a notifié à M. A, par une proposition de rectification du 8 juin 2015, des rappels de TVA et des suppléments d'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices non-commerciaux au titre des exercices clos et des périodes comprises entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012.
5.En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte des dispositions des dispositions précités des articles L. 12, L. 47 et suivants du livre des procédures fiscales que, lorsque, comme en l'espèce, l'examen de situation fiscale met en évidence les conditions d'exercice d'une activité occulte, l'administration dispose, sans y être tenue, de la faculté d'engager une procédure distincte de vérification de comptabilité, et de mettre en œuvre, le cas échéant, le délai de reprise de dix ans prévu à l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, sans entacher, pour ce motif, d'aucune irrégularité l'une quelconque de ces procédures.
6.Par ailleurs, il ne résulte pas des mêmes dispositions que l'administration serait tenue, les deux procédures étant distinctes, d'attendre l'expiration du délai de réponse à la demande d'éclaircissements et de justifications éventuellement adressée au contribuable dans le cadre de l'examen de sa situation fiscale personnelle, pour lui notifier l'avis d'ouverture d'une procédure de vérification de comptabilité.
7.Enfin, en ce qui concerne l'année 2011 en particulier, il résulte de l'instruction que le service disposait d'un délai prolongé, en application des dispositions du 5e alinéa de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales, expirant au plus tôt le 10 juillet 2015.
8.Par conséquent, M. A n'est, en tout état de cause pas fondé à soutenir que l'avis de vérification de comptabilité qui lui a été adressé le 15 octobre 2014 aurait été envoyé dans le seul but de faire obstacle à l'expiration du délai dont disposait l'administration pour procéder à la rectification des déclarations relatives à l'année 2011.
9.En second lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". Il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre et à tout moment avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers qu'elle a utilisés pour établir les impositions, avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander, avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent, que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition. Cette obligation, qui s'applique à des renseignements provenant de tiers et relatifs à la situation particulière du contribuable, ne s'étend pas aux données utilisées par l'administration lorsqu'elle assoit des redressements en procédant à une comparaison entre, d'une part, la situation du contribuable et, d'autre part, celle d'une ou plusieurs autres personnes, celle du secteur d'activité dont le contribuable relève ou encore celle d'un secteur d'activité voisin ou analogue. L'administration demeure soumise, dans cette dernière hypothèse, aux obligations de motivation des notifications de redressement ou de notification des bases et du calcul des impositions d'office que prévoient respectivement, selon que les impositions ont été établies suivant la procédure contradictoire ou d'office, les articles L. 57 et L. 76 du livre des procédures fiscales.
10.En l'espèce, il résulte des termes non-contestés de la proposition de rectification du 8 juin 2015, qui détaille sur sa sixième page la liste des tiers à l'égard desquels l'administration a fait usage de son droit de communication, que les sociétés SBC et PCM, pour le compte desquelles le service a estimé que M. A avait exercé, de manière occulte, une activité d'apporteur d'affaire, n'en font pas partie. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la procédure suivie à son encontre aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.
Sur le bien-fondé des impositions en litige
11.Aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, " L'activité occulte est réputée exercée lorsque le contribuable n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire et soit n'a pas fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, soit s'est livré à une activité illicite ". Il résulte de ces dispositions que dans le cas où un contribuable n'a ni déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire, ni fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, l'administration fiscale doit être réputée apporter la preuve, qui lui incombe, de l'exercice occulte de l'activité professionnelle si le contribuable n'est pas lui-même en mesure d'établir qu'il a commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives.
12.Il résulte de l'instruction que M. A a perçu, sur ses comptes bancaires personnels, entre le 8 janvier 2009 et le 9 octobre 2010, la somme totale de 335 349 euros de la part de la société Plâtrerie-carrelage-maçonnerie (PCM), et, entre le 10 décembre 2010 et le 5 novembre 2012, la somme totale de 494 612 euros de la part de la Société Bat Construction (SBC), qui n'avaient pas été déclarées. A l'issue des opérations de vérification de comptabilité, engagées par l'envoi d'un avis du 15 octobre 2014, le service a estimé que le requérant, dans le cadre de ses fonctions de directeur technique du GIE Arcade, au titre desquels il était notamment signataire des conventions d'agrément de sous-traitants, avait favorisé l'agrément de ces deux sociétés en qualité de sous-traitantes de la société Legendre, maître d'œuvre des projets de construction immobilière effectuées, en Ile de France, pour le compte du GIE Arcade, et que les sommes versées par celles-ci au crédit des comptes personnels de M. et Mme A entre 2009 et 2012 constituaient la rémunération, sous la forme de commissions, d'une activité d'apporteur d'affaire. Le service a relevé, à cet égard, que les sociétés PCM et SBC entretenaient par ailleurs des relations d'affaires avec la société Yoyo, dont M. A et son épouse étaient, conjointement, associés à hauteur de 100 % du capital, qui leur avaient facturé des prestations de chiffrages de chantiers et des commissions d'apporteur d'affaire au cours des mêmes années, et qu'il existait une correspondance entre les versements effectués sur les comptes personnels de M. A et la conclusion des contrats de sous-traitance avec les sociétés PCM et SBC.
13.Pour contester l'existence d'une activité exercée de manière occulte, le requérant, qui ne soutient pas avoir commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives, se borne à faire valoir, sans étayer ses allégations d'aucune justification particulière, qu'il ne disposait, en sa qualité de salarié du GIE Arcade, d'aucun pouvoir de décision pour l'attribution des marchés de sous-traitance. Il n'apporte toutefois pas, par ces seules allégations, la preuve que les sommes litigieuses ne constitueraient pas, comme l'a estimé le service, la rémunération d'une activité professionnelle occulte, imposable en application des dispositions précitées de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales.
14.Il soutient par ailleurs que les sommes versées par la société SBC correspondent à un prêt de 500 000 euros qui lui aurait été accordé par ladite société en vertu d'une convention conclue le 15 janvier 2011. S'il résulte de l'instruction que M. A a produit, au cours de la procédure contradictoire, la copie d'une convention de prêt conclue sous seing privé avec la société SBC et datée du 15 janvier 2011, portant sur l'octroi d'un prêt de 500 000 euros, qui a été jointe au mémoire en réplique enregistré le 12 avril 2021. Cette convention, qui n'a fait l'objet d'aucun enregistrement, n'a toutefois pas acquis date certaine. L'administration fait également valoir en défense, sans être contestée sur ces points, que, alors que selon les termes de cette convention le versement des sommes relatives au prêt devait prendre effet au 1er mars 2011, l'examen des comptes bancaires personnels de M. et Mme A a mis en évidence l'encaissement de chèques émis par la société SBC à compter du 10 et 30 décembre 2010, soit près de quatre mois auparavant ; le service souligne également que si M. A a effectivement créé la société SAS U2C le 1er juillet 2011, la vérification de comptabilité de cette société a permis de démontrer qu'elle n'avait pas été financée par le prêt allégué de la société SBC mais par une convention d'ouverture de crédit promoteur d'un montant de 800 000 € consentie par la banque BCP ; il souligne, par ailleurs, que les sommes versées par la société PMC et la société SBC ont servi à financer le train de vie et les dépenses courantes du foyer fiscal constitué par M. et Mme A, ou à accroître son patrimoine, dès lors que quatre versements ont servi à alimenter le compte assurance-vie des requérants et à financer l'acquisition de deux véhicules. Il résulte, en outre, de l'instruction, que l'examen des bilans souscrits et déposés par la société SBC, au titre de l'année 2013 fait apparaître que la société n'a pas comptabilisé de créance correspondant au montant du prêt dont se prévaut le requérant ; au demeurant, au 31 décembre 2011 les disponibilités de la société SBC s'élevant à seulement 178 753 euros, elle ne pouvait consentir un prêt d'un montant de 500 000 euros ; enfin, le montant total des sommes perçues de la société SBC par M. A entre le 10 décembre 2010 et le 5 novembre 2012, soit 494 612 euros, ne correspond pas au montant du prêt allégué. Dans ces conditions, le requérant n'apporte pas la preuve que ces sommes auraient le caractère d'une dette, et qu'elles ne seraient, par conséquent, pas imposable au titre de l'impôt sur le revenu. Pour les mêmes motifs, il n'est pas davantage fondé à soutenir qu'elle aurait usé des dispositions précitées pour contourner la prescription.
15.Il suit de ce qui précède que l'administration a pu, à bon droit, estimer que M. A exerçait, au cours des années 2009 à 2012, une activité occulte d'apporteur d'affaires, et procéder aux rectifications litigieuses des bases d'imposition du foyer fiscal constitué par M. et Mme A, au titre de ces mêmes années.
16.Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le directeur départemental des finances publiques des Yvelines, que les conclusions de M. A, tendant à la décharge des impositions supplémentaires en litige doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Florent, première conseillère,
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
G. C
Le président,
Signé
Ph. DelageLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026