jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2007412 |
| Type | Décision |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | HERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 novembre 2020 et 12 juillet 2022, Mme B D, représentée par Me Herin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision de rejet de sa demande d'inscription sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2020 ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de rejet née le 13 septembre 2020 du silence gardé par la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur son recours gracieux du 9 juillet 2020 dirigé contre la décision de rejet de sa candidature au poste de maître de conférences n° 4212 publié le 24 février 2020 par l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), ainsi que cette décision ;
3°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision de nomination de M. C A sur le poste de maître de conférences n° 4212 de l'UVSQ ;
4°) d'enjoindre à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche de la nommer sur le poste de maître de conférences n° 4212 de l'UVSQ ou, à défaut, de saisir le Conseil national des universités de sa demande d'inscription sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2020 et de réexaminer sa candidature pour ce poste ;
5°) de mettre à la charge de l'État ou, le cas échéant, de l'UVSQ, une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, faute pour le Conseil national des universités d'avoir été saisi de sa demande d'inscription sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2020 ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure, dès lors que la recevabilité de sa candidature au poste de maître de conférences n° 4212 publié le 24 février 2020 par l'UVSQ n'a pas fait l'objet d'une instruction par l'administration ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit, dès lors que, eu égard aux erreurs commises par l'administration et à l'impossibilité matérielle de finaliser via l'ensemble applicatif Galaxie sa demande d'inscription sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2020, la ministre chargée de l'enseignement supérieur était tenue de régulariser sa situation en procédant à la saisine du Conseil national des universités, quand bien même la date limite de transmission des dossiers de qualification était dépassée ;
- elles méconnaissent les dispositions du I de l'article 26 du décret du 6 juin 1984 ;
- elles ont été prises en méconnaissance du principe d'impartialité et de souveraineté du comité de sélection ;
- elles portent atteinte aux droits qu'elle tient de l'avis émis par le comité de sélection ;- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2022, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 27 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office, tirés, d'une part, de la situation de compétence liée dans laquelle le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche se trouvait pour rejeter la candidature de Mme D au poste de maître de conférences n° 4212 publié le 24 février 2020 par l'UVSQ et, d'autre part, de la tardiveté des conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision de nomination de M. C A sur le poste de maître de conférences n° 4212 de l'UVSQ.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 84-431 du 6 juin 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- l'arrêté du 13 février 2015 relatif aux modalités générales des opérations de mutation, de détachement et de recrutement par concours des maîtres de conférences ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Connin, conseiller,
- et les conclusions de Mme Marc, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D, titulaire du diplôme national de doctorat, a été inscrite sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2015. Cette qualification était valable jusqu'au 31 décembre 2019. Le 16 octobre 2019, elle a constitué un dossier de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2020. Elle a par ailleurs, le 27 février 2020, présenté sa candidature pour le poste de maître de conférences n° 4212 publié le 24 février 2020 par l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ). Après avoir procédé à l'audition de quatre candidats le 5 juin 2020, le comité de sélection de l'UVSQ a arrêté la liste des candidats retenus et a classé la candidature de Mme D en première position. Cette dernière, invitée à formuler ses vœux d'affectation via l'ensemble applicatif Galaxie, a alors constaté que son dossier de candidature à ce poste avait été déclaré irrecevable, faute pour elle d'être inscrite sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences. Elle a formé le 9 juillet 2020 un recours gracieux contre la décision de rejet de sa candidature à ce poste, révélée par les mentions apparaissant dans l'ensemble applicatif Galaxie. Le silence gardé par la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur ce recours gracieux, reçu le 13 juillet 2020, a fait naître une décision implicite de rejet le 13 septembre 2020. Mme D demande au tribunal l'annulation, d'une part, de la décision de rejet de sa demande d'inscription sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2020, d'autre part, de la décision de rejet de sa candidature au poste de maître de conférences n° 4212 de l'UVSQ, ensemble la décision implicite du 13 septembre 2020 de rejet de son recours gracieux et, enfin, de la décision de nomination de M. C A à ce poste.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 952-6-1 du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Sous réserve des dispositions statutaires relatives à la première affectation des personnels recrutés par concours national d'agrégation d'enseignement supérieur et des dérogations prévues par les statuts particuliers des corps d'enseignants-chercheurs ou par les statuts des établissements, lorsqu'un emploi d'enseignant-chercheur est créé ou déclaré vacant, les candidatures des personnes dont la qualification est reconnue par l'instance nationale prévue à l'article L. 952-6 sont soumises à l'examen d'un comité de sélection créé par délibération du conseil académique ou, pour les établissements qui n'en disposent pas, du conseil d'administration, siégeant en formation restreinte aux représentants élus des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des personnels assimilés. () / Au vu de son avis motivé, le conseil académique ou, pour les établissements qui n'en disposent pas, le conseil d'administration, siégeant en formation restreinte aux enseignants-chercheurs et personnels assimilés de rang au moins égal à celui postulé, transmet au ministre compétent le nom du candidat dont il propose la nomination ou une liste de candidats classés par ordre de préférence. () ".
3. Aux termes du premier alinéa de l'article 22 du décret du 6 juin 1984 fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des universités et du corps des maîtres de conférences, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Les maîtres de conférences sont recrutés par concours ouverts par établissement en vue de pourvoir un ou plusieurs emplois d'une même discipline parmi les candidats inscrits sur une liste de qualification aux fonctions de maître de conférences établie par le Conseil national des universités () ". L'article 24 du même décret dispose que : " Les demandes d'inscription sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences, assorties d'un dossier individuel de qualification, sont examinées par la section compétente du Conseil national des universités (). La qualification est appréciée par rapport aux différentes fonctions des enseignants-chercheurs mentionnées à l'article L. 952-3 du code de l'éducation et compte tenu des diverses activités des candidats. / Après avoir entendu deux rapporteurs désignés par son bureau pour chaque candidat, la section compétente du Conseil national des universités () arrête, par ordre alphabétique, la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences. / () / La liste de qualification cesse d'être valable à l'expiration d'une période de quatre années à compter du 31 décembre de l'année de l'inscription sur la liste de qualification. / Les modalités d'application du présent article sont fixées par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. ". Le I de l'article 26 du même décret prévoit que : " Le recrutement des maîtres de conférences est assuré par un premier concours et, dans la limite du tiers des emplois mis aux concours dans l'ensemble des disciplines, par un deuxième, un troisième et un quatrième concours : / 1° Le premier concours est ouvert aux candidats titulaires, à la date de clôture des inscriptions, du doctorat ou de l'habilitation à diriger des recherches. () ". L'article 9 de l'arrêté du 13 février 2015 relatif aux modalités générales des opérations de mutation, de détachement et de recrutement par concours des maîtres de conférences précise que : " La validité de la qualification aux fonctions de maître de conférences établie par le Conseil national des universités () est appréciée à la date de clôture des inscriptions au concours ouvert pour chaque emploi. ".
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le guide d'utilisation du portail Galaxie indique clairement, notamment au moyen de captures d'écran, l'obligation pour le candidat à l'inscription sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences de confirmer la transmission de son dossier de qualification en appuyant sur le bouton prévu à cet effet dans l'ensemble applicatif. Ce guide précise, en outre, qu'un message informant le candidat du succès de la transmission apparaît sur l'écran, que la rubrique " statut de la candidature " signale alors " dossier transmis pour examen de recevabilité ", que la date de transmission du dossier est mentionnée dans la rubrique " informations générales " et qu'un courrier électronique accusant réception de la demande est envoyé à l'adresse renseignée par le candidat dans l'onglet " mon profil ".
5. Il ressort de la fiche de suivi du dossier de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2020 constitué le 16 octobre 2019 par Mme D, que la rubrique " statut de votre candidature " mentionne " dossier non transmis ". La requérante, qui ne produit pas le courrier électronique généré automatiquement lors de la transmission d'un dossier de qualification dans l'ensemble applicatif Galaxie, n'établit pas avoir transmis son dossier dans les conditions rappelées au point précédent. Si elle fait valoir que le portail Galaxie dysfonctionne, les pièces qu'elle verse aux débats, à savoir une question à l'Assemblée nationale du 12 avril 2022, des coupures de journaux des 4 et 7 avril 2022, un communiqué de presse du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche du 6 avril 2022 et des commentaires émis au mois d'avril 2022 sur les réseaux sociaux, ne suffisent pas à prouver qu'elle aurait été personnellement confrontée à de tels dysfonctionnements faisant obstacle à la transmission de son dossier avant la date limite du 23 décembre 2019, alors qu'elle n'établit pas avoir alerté l'administration de l'impossibilité de procéder à cette transmission avant cette date. En outre, il ressort des pièces du dossier que deux courriers électroniques rappelant à Mme D la nécessité de transmettre son dossier en cliquant sur le bouton " transmettre pour examen " dans l'application Galaxie lui ont été adressés les 12 et 20 décembre 2019 avant la clôture des inscriptions. La requérante ne saurait par ailleurs utilement invoquer la circonstance qu'elle a également envoyé sa demande de renouvellement de qualification directement aux rapporteurs compétents du Conseil national des universités, dès qu'un tel envoi ne pouvait se substituer à la procédure prévue. La circonstance que la procédure de candidature au poste de maître de conférences n° 4212 de l'UVSQ s'est tout de même ouverte dans l'application Galaxie à compter du 24 mars 2020 n'établit pas davantage les défaillances informatiques alléguées qui l'auraient empêchée de transmettre son dossier avant le 23 décembre 2019. Dès lors, faute d'avoir valablement transmis son dossier de demande d'inscription sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2020, Mme D n'est pas fondée à soutenir que les décisions attaquées seraient entachées d'un vice de procédure résultant du défaut d'examen de cette demande par le Conseil national des universités.
6. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche n'a pas commis d'erreur de droit en ne saisissant pas le Conseil national des universités d'une demande d'inscription de Mme D sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2020.
7. En troisième lieu, l'inscription de Mme D sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences n'était valable que jusqu'au 31 décembre 2019. La requérante n'établit pas, ni même n'allègue qu'elle entrait dans les cas de dispense d'une telle qualification. Par suite, en l'absence de renouvellement de la qualification de Mme D aux fonctions de maître de conférences, qui conditionnait la recevabilité de sa candidature à un poste de maître de conférences en application de l'article L. 952-6-1 du code de l'éducation et de l'article 22 du décret du 6 juin 1984 fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des universités et du corps des maîtres de conférences, sa candidature au poste de maître de conférences n° 4212 publié le 24 février 2020 par l'UVSQ ne pouvait qu'être rejetée. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du I de l'article 26 du décret n° 84-431 du 6 juin 1984 ne peut être accueilli.
8. En quatrième lieu, la circonstance, pour regrettable qu'elle soit, que le dossier de candidature de Mme D au poste de maître de conférences n° 4212 de l'UVSQ a été déclaré recevable dans un premier temps dans l'ensemble applicatif Galaxie et, par conséquent, examiné par le comité de sélection, est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées.
9. En cinquième lieu, dès lors que sa candidature au poste de maître de conférences n° 4212 de l'UVSQ n'était pas recevable en l'absence de renouvellement de sa qualification aux fonctions de maître de conférences, Mme D ne saurait utilement soutenir que les décisions attaquées auraient été prises en méconnaissance des principes d'impartialité et de souveraineté du comité de sélection.
10. En sixième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 9 du décret du 6 juin 1984 fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des universités et du corps des maîtres de conférences : " Des comités de sélection sont institués en vue des concours de recrutement des professeurs et maîtres de conférences () ". L'article 9-2 du même décret, dans sa rédaction applicable au présent litige, précise que : " Le comité de sélection examine les dossiers des maîtres de conférences ou professeurs postulant à la nomination dans l'emploi par mutation et des candidats à cette nomination par détachement et par recrutement au concours parmi les personnes inscrites sur la liste de qualification aux fonctions, selon le cas, de maître de conférences ou de professeur des universités. Au vu de rapports pour chaque candidat présentés par deux de ses membres, le comité établit la liste des candidats qu'il souhaite entendre. Les motifs pour lesquels leur candidature n'a pas été retenue sont communiqués aux candidats qui en font la demande. / Le président du comité de sélection convoque les candidats et fixe l'ordre du jour de la réunion. () / Après avoir procédé aux auditions, le comité de sélection délibère sur les candidatures et, par un avis motivé unique portant sur l'ensemble des candidats, arrête la liste, classée par ordre de préférence, de ceux qu'il retient. Le comité de sélection se prononce à la majorité des voix des membres présents. En cas de partage des voix, le président du comité a voix prépondérante. / Le comité de sélection émet un avis motivé unique portant sur l'ensemble des candidats ainsi qu'un avis motivé sur chaque candidature. Ces deux avis sont communiqués aux candidats sur leur demande. / Dès lors que le comité de sélection a rendu un avis sur le ou les emplois pour lesquels il a été constitué, il met fin à son activité. / L'avis du comité de sélection est transmis au conseil académique ou à l'organe compétent pour exercer les attributions mentionnées au IV de l'article L. 712-6-1 du code de l'éducation. / Au vu de l'avis motivé émis par le comité de sélection, le conseil académique ou l'organe compétent pour exercer les attributions mentionnées au IV de l'article L. 712-6-1 du code de l'éducation, siégeant en formation restreinte aux enseignants-chercheurs et personnels assimilés de rang au moins égal à celui postulé, propose le nom du candidat sélectionné ou, le cas échéant, une liste de candidats classés par ordre de préférence. Il ne peut proposer que les candidats retenus par le comité de sélection. En aucun cas, il ne peut modifier l'ordre de la liste de classement. / Le conseil d'administration, siégeant en formation restreinte aux enseignants-chercheurs et personnels assimilés de rang au moins égal à celui postulé, prend connaissance du nom du candidat sélectionné ou, le cas échéant, de la liste des candidats proposée par le conseil académique ou l'organe compétent pour exercer les attributions mentionnées au IV de l'article L. 712-6-1 du code de l'éducation. / Sauf dans le cas où le conseil d'administration émet un avis défavorable motivé, le président ou directeur de l'établissement communique au ministre chargé de l'enseignement supérieur le nom du candidat sélectionné ou, le cas échéant, une liste de candidats classés par ordre de préférence. En aucun cas, il ne peut modifier l'ordre de la liste de classement. / () ". L'article 58-5 du même décret prévoit que : " La nomination des candidats admis à un ou plusieurs concours de recrutement, soit de professeur des universités, soit de maître de conférences, est subordonnée à leur engagement exprès d'occuper l'emploi ou l'un des emplois correspondants. / Pour les candidats admis à plusieurs concours, soit de professeur des universités, soit de maître de conférences, cet engagement comporte l'expression de vœux d'affectation par ordre décroissant de préférence. Ces vœux restent confidentiels jusqu'à la fin des procédures de recrutement. () ". L'article 58-7 du même décret ajoute que : " Les nominations sont faites en fonction du classement des candidats admis sur chacun des emplois correspondants et de l'ordre de préférence qu'ils ont fait connaître. ".
11. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ".
12. L'avis émis par le comité de sélection en application de l'article 9-2 du décret du 6 juin 1984 constitue un acte préparatoire à la nomination des maîtres de conférences prononcée par arrêté ministériel et n'a, ainsi, pas le caractère d'une décision créatrice de droits. Dès lors, Mme D, dont la candidature au poste de maître de conférences n° 4212 de l'UVSQ n'était pas recevable, ainsi qu'il est dit au point 9 du présent jugement, ne peut, en tout état de cause, utilement soutenir que les décisions attaquées auraient méconnu les règles d'abrogation et de retrait des décisions administratives créatrices de droits.
13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne saisissant pas le Conseil national des universités d'une demande tendant à l'inscription de Mme D sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences au titre de la campagne 2020 et, en tout état de cause, en ne procédant pas à la nomination de l'intéressée sur le poste de maître de conférences n° 4212 de l'UVSQ.
14. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, que les conclusions à fin d'annulation de Mme D doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée pour information au président de l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.
Délibéré après l'audience publique du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Christine Grenier, présidente,
Mme Virginie Caron, première conseillère,
M. Nicolas Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
N. Connin
La présidente,
signé
C. Grenier
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
4
N° 1901371
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2300356
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation d'un agent public pour absence de réintégration après une période de disponibilité. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (8ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la fin de non-recevoir opposée par la commune, estimant que le requérant a bien produit l'ensemble des pièces requises selon l'article R. 414-5 du code de justice administrative. **Textes appliqués** : Article R. 414-5 du code de justice administrative (règles de procédure concernant la production des pièces).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302852
Le Tribunal Administratif de Marseille rejette la requête de M. A... B... visant à annuler la décision de l'ONACVG limitant à 3 000 euros l'aide financière qui lui a été attribuée au titre du dispositif pour les enfants d'anciens harkis. Le tribunal estime que la décision d'attribution, qui n'est pas une décision défavorable, n'était pas soumise à une obligation de motivation spécifique et que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en déterminant le montant, en application du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2400683
Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus d'autorisation d'exercice de la médecine générale notifié à une docteure titulaire d'un diplôme non communautaire. La juridiction a annulé la décision du Centre National de Gestion (CNG) du 6 juillet 2023, considérant que le refus était entaché d'un défaut de motivation suffisante. Elle a enjoint au CNG de réexaminer la demande de la requérante dans un délai de deux mois, en application des articles L. 4111-2 du code de la santé publique et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2507446
Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision du préfet des Bouches-du-Rhône refusant le renouvellement d'une habilitation aéroportuaire à un employé de DHL. Le juge a retenu un vice de procédure, estimant que ce refus, constitutif d'une décision individuelle défavorable, devait être motivé en application des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, ce qui n'était pas le cas. La décision a été annulée sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par le requérant.
08/04/2026