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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2007429

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2007429

mardi 11 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2007429
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantRIEUTORD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 novembre 2020 et 26 avril 2021, la SARL Il Castello, représentée par Me Rieutord, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et intérêts, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2016 ;

2°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement prévue par les dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la dette de la société à l'égard de son gérant lors du contrôle des exercices clos en 2008 et 2009 pour un montant de 197 361 euros n'a pas été remise en cause à l'époque par le service vérificateur, ce qui signifie que celle-ci a été implicitement validée, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que l'administration avait à l'époque rejeté la comptabilité portant sur l'exercice clos en 2009 ;

- la dette est réelle, correspondant à des apports effectués par son associé et des frais de déplacements qu'il a personnellement supportés, et le solde créditeur du compte courant d'associé, comme dans l'affaire du Conseil d'Etat du 4 juin 2007 n° 265771, n'a pas un caractère fictif.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 février 2021 et 2 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 13 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Il Castello, société de restauration, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur ses exercices clos en 2016 et 2017 à l'issue de laquelle des rehaussements en matière d'impôt sur les sociétés au titre en particulier de l'année 2016 lui ont été notifiés par proposition de rectification du 27 février 2019, correspondant à la reprise d'un passif jugé injustifié de 176 456 euros et de charges non engagées dans l'intérêt de l'exploitation pour un montant de 231 euros. Suite au recours hiérarchique présenté par la société SARL Il Castello, l'administration fiscale a renoncé à appliquer les majorations pour manquements délibérés. Par la présente requête, la SARL Il Castello demande la décharge des impositions supplémentaires auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2016 pour un montant de 58 896 euros en droits et 3 298 euros d'intérêts de retard.

2. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 33 ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation. / 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. () "

3. Lors des opérations de vérification de comptabilité, l'administration fiscale a considéré que la SARL Il Castello n'avait pas justifié l'écriture d'un " à-nouveau " créditeur d'un montant de 176 456 euros inscrit à la date du 1er janvier 2016 en compte courant d'associé et a par suite considéré cette somme comme un passif injustifié, générant un profit imposable à l'impôt sur les sociétés, sur le fondement du 2 de l'article 38 du code général des impôts.

4. D'une part, si la SARL Il Castello soutient que cette dette est antérieure à l'exercice clos le 31 décembre 2009, elle ne l'établit pas par la production des liasses fiscales, de la copie des liasses qu'elle a souscrites au titre des exercices 2012 et 2013 et des extraits du grand livre afférent aux exercices 2014, 2015 et 2016 qui ne justifient pas d'une comptabilisation antérieurement au 31 décembre 2009. D'autre part, si la société requérante allègue que l'écriture en litige correspondà des apports de son associé, M. A et à des frais de déplacements professionnels dont il était créancier, elle n'apporte aucun élément de nature à établir ses allégations et justifier de la nature et de l'origine de la dette en cause. Enfin, si la SARL Il Castello se prévaut du fait que cette inscription en compte courant n'a pas été remise en cause lors des opérations de vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet au titre des exercices 2008 et 2009, cette circonstance, à la supposer établie, ne constitue pas une prise de position formelle de l'administration invocable en application des dispositions des articles L. 80 A, al. 1 et L. 80 B du livre des procédures fiscales.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la SARL Il Castello doivent être rejetées, de même et par voie de conséquence, que ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, le présent jugement tranchant le litige au fond, les conclusions aux fins de sursis de paiement sont sans objet.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Il Castello est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Il Castello et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Delage, président ;

- Mme Florent, première conseillère ;

- M. Thivolle, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.

La rapporteure,

Signé

J. BLe président,

Signé

Ph. Delage

La greffière,

Signé

V. Retby

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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