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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2007888

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2007888

jeudi 9 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2007888
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELAFA CABINET CASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 novembre 2020 et le 11 octobre 2022, Mme D B, agissant pour son compte et pour celui de sa fille mineure C, représentée par Me Cassel, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Limay à verser à C une indemnité de 2 000 euros, en réparation des préjudices qu'elle a subis à la suite de l'accident dont elle a été victime, le 17 décembre 2019, au sein de la crèche municipale des Lucioles à Limay, assortie des intérêts au taux légal à compter du 21 juillet 2020 ;

2°) de condamner la commune de Limay à lui verser une indemnité de 3 118,96 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis à la suite de l'accident dont sa fille a été victime le 17 décembre 2019 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Limay une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité de la commune est engagée en raison d'un défaut de surveillance au sein de la crèche des Lucioles, qui est à l'origine de l'accident dont sa fille a été victime ; l'enfant a par ailleurs été victime d'autres accidents au sein de la crèche, dont de nombreuses griffures ;

- l'équipe de la crèche a commis des négligences dans la prise en charge de l'accident du 17 décembre 2019 ;

- le professeur E, docteur en chirurgie dentaire, a établi le 16 février 2020 un rapport évaluant les souffrances endurées par C à 1/7 ; elle est fondée à solliciter une indemnisation de 1 000 euros à ce titre ; ce même rapport évalue le préjudice esthétique temporaire à 1/7, pouvant être indemnisé à hauteur de 1 000 euros également ;

- elle a dû poser dix jours de RTT et effectuer plusieurs allers-retours en voiture entre

Limay et Paris afin d'accompagner sa fille C à ses rendez-vous médicaux ; elle doit être indemnisée à hauteur de 1 616,46 euros au titre de l'indemnisation de ces jours de RTT et des frais kilométriques et de stationnement ;

- les frais de santé non pris en charge par l'assurance maladie et la mutuelle doivent être remboursés, à savoir une somme de 102,50 euros pour des crèmes cicatrisantes ; il ressort également du rapport d'expertise établi par le professeur E qu'Olivia devra porter un dispositif prothétique pour maintenir l'espace dentaire nécessaire, dont les honoraires prévisibles ont été évalués à 400 euros ;

- il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral et de ses troubles dans les conditions d'existence en les évaluant à une somme qui ne saurait être inférieure à 1 000 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 avril 2021, la commune de Limay, représentée par Me Capdevila, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'elle n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Bartnicki, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B demande au tribunal de condamner la commune de Limay à réparer les préjudices qu'a subis sa fille C, née en 2017, ainsi que ses préjudices propres en raison de plusieurs incidents survenus, alors que son enfant était gardée à la crèche municipale des Lucioles.

2. En premier lieu, il résulte de l'instruction, d'une part, que le 17 septembre 2019, vers 16 heures, C a été victime d'une chute sur la passerelle d'une structure de mobilité, qui a causé la fracture d'une de ses dents. Mme B soutient que cet accident est imputable à un défaut de surveillance des agents de la crèche. Toutefois, il ressort de la déclaration d'accident établie le jour même qu'Olivia a chuté de sa hauteur, que son visage a heurté la passerelle et qu'un des adultes présents l'a aussitôt prise en charge, en la faisant descendre par les escaliers et en lui prodiguant les premiers soins. Le rapport de la coordinatrice de la petite enfance, établi un an plus tard à la suite de l'action introduite par Mme B, précise également que la structure de motricité en cause était adaptée aux enfants de plus de 18 mois et qu'un adulte, pour six enfants à surveiller, était présent au moment de l'accident. Ces circonstances dans lesquelles est intervenue la chute de l'enfant de la requérante ne révèlent pas l'existence d'un défaut de surveillance au sein de la crèche. Le rapport d'expertise non contradictoire, établi le 16 février 2020 par le professeur E, docteur en chirurgie dentaire, qui identifie un lien direct et certain entre la chute et le préjudice corporel d'Olivia, n'est pas davantage de nature à établir l'existence d'un tel défaut de surveillance. D'autre part, s'il résulte d'une déclaration d'accident établie le 19 avril 2019 qu'Olivia a également été griffée involontairement par une autre enfant qui convoitait le même jouet qu'elle, cette même déclaration précise que le geste a été stoppé par l'adulte présent, qui a également désinfecté la plaie. Dans ces conditions, et alors que les activités auxquelles participait l'enfant de la requérante lors de ces deux incidents ne l'exposaient à aucun risque anormal, Mme B n'établit l'existence d'aucun défaut de surveillance de nature à engager la responsabilité de la commune.

3. En second lieu, il résulte de l'instruction que, à la suite de la chute d'Olivia du 17 septembre 2019, les adultes encadrant l'activité n'ont détecté qu'un saignement de la lèvre, la fracture d'une des dents de l'enfant n'ayant été identifiée qu'environ une heure plus tard. Toutefois, à supposer que ce délai ait été anormal, il n'est pas à l'origine du retard de prise en charge de l'enfant aux urgences. De plus, Mme B ne se prévaut d'aucun préjudice en lien avec ce retard. Par suite, la responsabilité de la commune ne peut pas non plus être engagée sur le fondement de la négligence dont auraient fait preuve les services de la crèche municipale dans la prise en charge de la chute dont a été victime C.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris en ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que la commune de Limay demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Limay au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la commune de Limay.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Blanc, président,

- M. Jauffret, premier conseiller,

- Mme Lutz, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 9 février 2023.

La rapporteure,

signé

F. A Le président,

signé

P. Blanc

La greffière,

signé

C. Delannoy

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2007888

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