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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2008675

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2008675

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2008675
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation6ème chambre
Avocat requérantSELARL CONCORDE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 18 décembre 2020, 30 décembre 2020, 23 juillet 2021, et deux mémoires récapitulatifs enregistrés les 19 et 28 octobre 2022, M. C D et Mme A D, agissant tant en leur nom personnel qu'en qualité de représentants légaux de leur fils mineur B, représentés par Me Gauthier, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1) d'ordonner une expertise médicale afin de déterminer l'imputabilité des retards de développement d'Aymann à son défaut de prise en charge et d'évaluer ses préjudices ;

2) de condamner l'Etat à leur payer la somme totale de 766 148 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis ;

3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité de l'Etat est engagée en raison de la carence dans la prise en charge d'Aymann, qui est atteint d'un syndrome autistique ;

- Mme et M. D ont subi un préjudice économique s'élevant à 296 648 euros et un préjudice moral pouvant être évalué à 60 000 euros ;

- B a subi un préjudice, constitué d'une incapacité permanente partielle résultant de la détérioration de son état l'ayant privé d'une chance d'acquérir une expression verbale, qui peut être évalué à 409 500 euros et est à parfaire.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 20 et 24 octobre 2022, et un mémoire non communiqué enregistré le 7 novembre 2022, l'agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France, représentée par sa directrice conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que l'indemnité sollicitée soit minorée.

Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- la requête est irrecevable pour défaut de liaison du contentieux ;

- les conclusions de la requête présentées par M. D au nom de son épouse sont irrecevables ;

- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 septembre 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles.

Par une lettre du 20 septembre 2022, le tribunal a, sur le fondement de l'article

R. 611-8-1 du code de justice administrative, demandé à M. D de produire un mémoire récapitulatif.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,

- les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique,

- et les observations de Me Gauthier, représentant M. et Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme et M. D sont les parents d'Aymann, né le 18 septembre 2008 et diagnostiqué comme souffrant d'un autisme sévère en novembre 2014. Estimant avoir subi des préjudices en raison de la carence de l'Etat dans la prise en charge de leur enfant, qui n'a intégré un institut médico-éducatif (IME) que le 10 septembre 2019, M. et Mme D, agissant tant en leur nom personnel qu'en qualité de représentants légaux de leur fils, ont présenté le 25 octobre 2022 une demande préalable indemnitaire auprès de l'agence régionale de santé d'Ile-de-France, implicitement rejetée. Par la présente requête, ils doivent être regardés comme sollicitant la condamnation de l'Etat à leur payer la somme totale de 766 148 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence d'Aymann et des préjudices économique et moral qu'ils estiment avoir subis.

Sur les fins de non-recevoir :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Ces dispositions n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. L'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.

3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les époux D ont adressé à l'ARS une demande préalable indemnitaire par un courrier daté du 14 octobre 2022, réceptionné le 25 octobre suivant, tendant à l'indemnisation des préjudices qu'ils estiment avoir subis ainsi que leur fils. En l'absence de réponse à cette demande, une décision implicite de rejet est née en cours d'instance deux mois après, soit le 25 décembre 2022, liant le contentieux. Il suit de là que l'ARS n'est pas fondée à soutenir que la requête est irrecevable pour défaut de liaison du contentieux.

4. En second lieu, si l'aide juridictionnelle a été sollicitée uniquement par M. D et accordée à celui-ci, il résulte des termes mêmes des mémoires déposés par Me Gauthier que celle-ci doit être regardée comme représentant M. et Mme D. Les conclusions indemnitaires présentées au titre des préjudices subis par Mme D ont, par conséquent, été présentées par l'intéressée elle-même et non en son nom par son époux. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par l'ARS à ce titre ne saurait être accueillie.

Sur la responsabilité de l'Etat :

5. D'une part, aux termes de l'article L. 111-1 du code de l'éducation : " () Le droit à l'éducation est garanti à chacun () " et aux termes de l'article L. 112-1 du même code : " Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent en application des articles L. 111-1 et L. 111-2, le service public de l'éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap (). Dans ses domaines de compétence, l'Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés. / Tout enfant, tout adolescent présentant un handicap () est inscrit dans l'école ou dans l'un des établissements mentionnés à l'article L. 351-1, le plus proche de son domicile, qui constitue son établissement de référence () ". Aux termes de l'article L. 112-2 de ce code : " Afin que lui soit assuré un parcours de formation adapté, chaque enfant, adolescent ou adulte handicapé a droit à une évaluation de ses compétences, de ses besoins et des mesures mises en œuvre dans le cadre de ce parcours, selon une périodicité adaptée à sa situation. Cette évaluation est réalisée par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8 du code de l'action sociale et des familles. () / En fonction des résultats de l'évaluation, il est proposé à chaque enfant, adolescent ou adulte handicapé, ainsi qu'à sa famille, un parcours de formation qui fait l'objet d'un projet personnalisé de scolarisation assorti des ajustements nécessaires en favorisant, chaque fois que possible, la formation en milieu scolaire ordinaire. () ". Aux termes de l'article L. 351-1 du code de l'éducation, dans sa rédaction alors applicable : " Les enfants et adolescents présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant sont scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires et les établissements visés aux articles L. 213-2, L. 214-6, L. 422-1, L. 422-2 et L. 442-1 du présent code et aux articles L. 811-8 et L. 813-1 du code rural et de la pêche maritime, si nécessaire au sein de dispositifs adaptés, lorsque ce mode de scolarisation répond aux besoins des élèves. Les parents sont étroitement associés à la décision d'orientation et peuvent se faire aider par une personne de leur choix. La décision est prise par la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles, en accord avec les parents ou le représentant légal. A défaut, les procédures de conciliation et de recours prévues aux articles L. 146-10 et L. 241-9 du même code s'appliquent () ". Aux termes de l'article L. 351-2 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " La commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles désigne les établissements ou les services ou à titre exceptionnel l'établissement ou le service correspondant aux besoins de l'enfant ou de l'adolescent en mesure de l'accueillir. / La décision de la commission s'impose aux établissements scolaires ordinaires et aux établissements ou services mentionnés au 2° et au 12° du I de l'article L.312-1 du code de l'action sociale et des familles dans la limite de la spécialité au titre de laquelle ils ont été autorisés ou agréés () ".

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 114-1 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. () ". Aux termes de l'article L. 246-1 du même code : " Toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles qui lui sont apparentés bénéficie, quel que soit son âge, d'une prise en charge pluridisciplinaire qui tient compte de ses besoins et difficultés spécifiques. / Adaptée à l'état et à l'âge de la personne, cette prise en charge peut être d'ordre éducatif, pédagogique, thérapeutique et social. () ".

7. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que, d'une part, le droit à l'éducation étant garanti à chacun quelles que soient les différences de situation, et que, d'autre part, le caractère obligatoire de l'instruction s'appliquant à tous, les difficultés particulières que rencontrent les enfants en situation de handicap ne sauraient avoir pour effet ni de les priver de ce droit, ni de faire obstacle au respect de cette obligation. Il incombe à cet égard à l'Etat, au titre de sa mission d'organisation générale du service public de l'éducation, de prendre l'ensemble des mesures et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour que ce droit et cette obligation aient, pour les enfants en situation de handicap, un caractère effectif. Il en résulte également que le droit à une prise en charge pluridisciplinaire est garanti à toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique, quelles que soient les différences de situation. Si, eu égard à la variété des formes du syndrome autistique, le législateur a voulu que cette prise en charge, afin d'être adaptée aux besoins et difficultés spécifiques de la personne handicapée, puisse être mise en œuvre selon des modalités diversifiées, notamment par l'accueil dans un établissement spécialisé ou par l'intervention d'un service à domicile, c'est sous réserve que la prise en charge soit effective dans la durée, pluridisciplinaire, et adaptée à l'état et à l'âge de la personne atteinte de ce syndrome.

8. Par ailleurs, en vertu de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles, lorsque la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), à la demande des parents, se prononce sur l'orientation des enfants atteints du syndrome autistique et détermine les modalités de scolarisation d'un enfant, ainsi que celles de son accompagnement, l'administration est tenue de se conformer à la décision de la commission. Lorsqu'un enfant autiste ne peut être pris en charge dans le cadre ainsi défini par la CDAPH, notamment en raison d'un manque de place disponible, l'absence de prise en charge pluridisciplinaire qui peut en résulter est, en principe, de nature à révéler une carence de l'Etat dans la mise en œuvre des moyens nécessaires pour que cet enfant bénéficie effectivement d'une telle prise en charge dans une structure adaptée. En revanche, lorsque les parents estiment que la prise en charge effectivement assurée par un établissement désigné par la CDAPH n'est pas adaptée aux troubles de leur enfant, l'Etat ne peut être tenu pour responsable d'une telle situation que si l'absence ou le caractère insuffisant de la prise en charge est établi et que cette absence ou cette insuffisance procède de la carence des services de l'Etat dans la mise en œuvre des compétences qui leur sont confiées.

9. En l'espèce, il résulte de l'instruction que par une décision du 3 février 2012 notifiée par courrier du 9 février suivant, la CDAPH de la MDPH des Hauts-de-Seine a décidé de faire droit à la demande de validation de projet personnalisé de scolarisation concernant le jeune B D, en raison d'un retard cognitif pour lequel il bénéficiait d'une prise en charge intensive en centre d'aide thérapeutique à temps partiel (CATTP) depuis le 16 août 2011, au sein du centre médico-psychologique de l'établissement public de santé Roger Prévot de Moiselles. Par une seconde décision du même jour, la CDAPH a également décidé d'accorder l'assistance d'un auxiliaire de vie scolaire individuelle six heures par semaine. De telles décisions ont été régulièrement renouvelées jusqu'en 2014, la MDPH ayant alors choisi d'orienter B en milieu scolaire ordinaire en le faisant bénéficier d'un accompagnement individualisé, notamment une aide humaine à la scolarisation dont la durée a été portée à neuf heures par semaine à compter du mois d'octobre 2012. Les requérants n'établissent ni même n'allèguent que ces mesures n'auraient pas été suivies d'effet et ne démontrent l'existence d'aucune carence de l'Etat dans la mise en œuvre de ces décisions.

10. Il résulte également de l'instruction que les requérants ont présenté une première demande de prise en charge médico-sociale le 3 février 2014, accordée par une décision de la CDAPH du 6 juin 2014 désignant à cette fin l'institut médico éducatif (IME) EMP Les Avelines de Saint-Cloud. Cet IME a cependant estimé après deux périodes d'observation du 11 au 19 septembre et du 29 septembre au 3 octobre 2014, qu'il n'était pas en mesure de lui apporter un accompagnement adapté. Les parents d'Aymann, qui avaient également contacté spontanément un autre IME de Saint-Cloud non désigné qui n'a pu accueillir l'enfant en raison d'un manque de places disponibles, ont alors déposé une nouvelle demande de prise en charge médico-sociale le 3 septembre 2015. Par une décision du 18 novembre 2016, la CDAPH de la MDPH des Hauts-de-Seine a renouvelé son accord à l'orientation du jeune B en IME, en désignant quatre établissements, puis par une décision du 3 janvier 2017, la CDAPH de la MDPH de Paris a décidé l'orientation du jeune B en établissement médico-social de type IME, pour la période du 13 octobre 2016 au 12 octobre 2018, et a désigné à cette fin dans ses courriers des 3 janvier, 7 février et 28 avril 2017, successivement cinq puis six établissements médico-sociaux. Les requérants, soutiennent que les établissements désignés ont été contactés et ont répondu qu'ils n'étaient pas en mesure d'accueillir leur enfant. Si, à compter du 10 septembre 2019, ce dernier a été accueilli par l'IME Amalthée, il résulte de l'instruction, notamment des courriers versés au dossier qu'à la suite de leurs demandes présentées successivement auprès de tous les IME désignés à l'exception du seul IME Cour de Venise, ainsi qu'auprès d'autres IME non désignés, les requérants et/ou directement les services de la MDPH ont reçu depuis 2014 de la part des établissements ayant répondu, parfois contactés à plusieurs reprises, treize refus par manque de places disponibles. Cette absence de prise en charge de leur fils dans une structure adaptée au cours de la période du 6 juin 2014 au 10 septembre 2019, date à laquelle le jeune B a pu être admis au sein de l'IME Amalthee, est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.

11. Les circonstances que M. et Mme D n'aient pas immédiatement contacté après chaque décision de la CDAPH l'ensemble des structures vers lesquelles celle-ci avait orienté leur enfant et que l'un de ces établissements, l'IME Cour de Venise, n'ait pas été contacté, ne sont pas de nature à exonérer l'Etat de sa responsabilité, dès lors, d'une part, qu'ils ont saisi, les uns après les autres, les établissements désignés ainsi que d'autres qui ne l'avaient pas été et, d'autre part, ont signalé, dans l'attente d'une réponse favorable de l'un de ces établissements, à la MDPH l'urgence que revêtait la scolarisation de leur fils.

12. Par suite, les époux D agissant en leur nom propre et en leur qualité de représentants légaux de leur fils B, sont fondés à demander réparation des préjudices liés de manière directe et certaine à ce manquement.

Sur les préjudices :

13. En premier lieu, M. et Mme D soutiennent que la carence de l'Etat a causé des troubles dans les conditions d'existence de leur fils dont l'état de santé s'est altéré et qu'elle a eu un impact sur son développement en ce qu'il n'a pu acquérir une expression verbale, ce qui constitue une incapacité permanente partielle. Il résulte de l'instruction, notamment du bilan orthophonique réalisé en août 2021, que la carence de l'Etat au cours de la période du mois de juin 2014 à septembre 2019 a contribué à l'absence de progression d'Aymann du fait de l'absence de prise en charge adaptée pendant plus de cinq ans. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence d'Aymann imputables à la carence de l'Etat en les évaluant à la somme de 25 000 euros, sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise demandée.

14. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. et Mme D ont souffert de voir le parcours scolaire de leur fils ralenti plus d'une année en raison de l'absence de places disponibles en IME. Ils ont par ailleurs accompli de nombreuses démarches infructueuses pour obtenir une place en IME. Ainsi, ils ont subi un préjudice moral en lien direct avec la faute retenue, dont il sera fait une juste évaluation en le fixant à 10 000 euros chacun.

15. En dernier lieu, si M. et Mme D se prévalent d'un préjudice financier constitué de pertes de revenus au titre des années 2011 à 2014, il résulte de l'instruction qu'aucune carence de l'Etat de nature à engager sa responsabilité ne peut lui être reprochée avant le mois de juin 2014 et qu'ils n'établissent pas l'existence d'un préjudice financier lié de manière directe et certaine à la carence fautive de l'Etat après cette date. Par suite, la demande formée à ce titre ne peut qu'être rejetée.

16. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à payer à M. et Mme D, en leur qualité de représentants légaux de leur fils B, la somme de 25 000 euros, à Mme D la somme de 10 000 euros et à M. D la somme de 10 000 euros.

Sur les frais liés au litige :

17. M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gauthier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à l'avocate du requérant

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. et Mme D, en leur qualité de représentants légaux de leur fils mineur B, la somme de 25 000 euros.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser à M. et Mme D la somme de 10 000 euros chacun.

Article 3 : L'Etat versera à Me Gauthier, avocate de M. et Mme D, la somme de 1 800 euros, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et M. C D, à Me Gauthier et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie en sera adressée à l'agence régionale de santé d'Île-de-France.

Délibéré après l'audience du 17 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mégret, présidente,

Mme Rivet, première conseillère,

M. Gibelin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

Le rapporteur,

signé

F. GibelinLa présidente,

signé

S. Mégret

La greffière,

signé

Y. Bouakkaz

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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