jeudi 5 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2100179 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | DELANNOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 janvier et 30 avril 2021 et les 20 septembre et 18 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Delannoy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions implicites de rejet nées le 14 novembre 2020 du silence gardé, d'une part, par le directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse d'Île-de-France et d'Outre-mer et, d'autre part, par le garde des sceaux, ministre de la justice, sur sa demande du 10 septembre 2020, reçue le 14 septembre 2020, tendant au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville dans les services du ministère de la justice ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, à titre principal, de lui verser les rappels de rémunération correspondant à la NBI à laquelle il a droit au titre de la période courant à compter du 1er janvier 2016, soit la somme à parfaire de 11 248,15 euros, assortis des intérêts au taux légal à compter de la date de sa demande et de la capitalisation de ces intérêts, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande tendant au bénéfice de la NBI au titre de la même période, le tout dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles méconnaissent l'article 1er de l'arrêté du 14 novembre 2001, dès lors que le poste d'éducateur relevant de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse figure dans le tableau annexé à cet arrêté ;
- elles méconnaissent l'article 1er du décret du 14 novembre 2001, dès lors que les fonctions qu'il exerce au sein de l'unité éducative en milieu ouvert (UEMO) de Courcouronnes répondent aux conditions prévues par l'annexe à ce décret ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, eu égard aux caractéristiques de son emploi qui comporte une responsabilité et une technicité particulières ;
- elle méconnaissent le principe d'égalité de traitement des agents publics ;
- il est fondé à réclamer le bénéfice de la NBI à compter du 1er janvier 2016 et, partant, le versement des rappels de rémunération correspondant s'élevant à la somme à parfaire de 11 248,15 euros ;
- la décision implicite de rejet du 14 novembre 2020 du garde des sceaux, ministre de la justice, est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision implicite de rejet du 14 novembre 2020 du directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse d'Île-de-France et d'Outre-mer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Connin, conseiller ;
- les conclusions de Mme Marc, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Delannoy, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse, exerce ses fonctions au sein de l'unité éducative en milieu ouvert (UEMO) de Courcouronnes depuis le 1er septembre 2010. Par deux courriers du 10 septembre 2020, reçus le 14 septembre 2020, il a demandé le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) avec effet rétroactif sur les quatre années précédant sa demande. Le silence gardé par le directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse d'Île-de-France et d'Outre-mer et par le garde des sceaux, ministre de la justice, sur cette demande a fait naître deux décisions implicites de rejet le 14 novembre 2020, dont M. A demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". L'article L. 232-4 du même code précise que : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a demandé communication des motifs des décisions implicites de rejet du 14 novembre 2020 par deux courriers des 1er et 2 décembre 2020, reçus le 7 décembre 2020, respectivement par le directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse d'Île-de-France et d'Outre-mer et par le garde des sceaux, ministre de la justice. Il n'est pas contesté en défense que les motifs de ces décisions n'ont pas été communiqués au requérant. Dès lors, en s'abstenant de préciser les éléments de droit et de fait qui fondent leur décision, le directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse d'Île-de-France et d'Outre-mer et le garde des sceaux, ministre de la justice, n'ont pas satisfait aux exigences des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Il suit de là, sans qu'il soit besoin d'examiner de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation des décisions qu'il attaque.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement mais nécessairement que la demande de M. A soit réexaminée. Par suite, il y a lieu pour le tribunal d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge l'État une somme de 300 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions implicites du 14 novembre 2020 par lesquelles le directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse d'Île-de-France et d'Outre-mer et le garde des sceaux, ministre de la justice ont rejeté la demande du 10 septembre 2020 de M. A sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder au réexamen de la demande de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. A une somme de 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée pour information au directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse d'Île-de-France et d'Outre-mer.
Délibéré après l'audience publique du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Christine Grenier, présidente,
Mme Virginie Caron, première conseillère,
M. Nicolas Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
N. CONNIN
La présidente,
signé
C. GRENIER
La greffière,
signé
A. ESTEVES
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N° 1901371
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026