mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2101084 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | KRIEF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2021, M. et Mme A C, représentés par Me Krief, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités, majorations et intérêts de retard y afférents ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent que :
- la proposition de rectification qui a été adressée à la SCI SMTD Chambly n'a pas mentionné que l'absence d'adhésion à un centre de gestion agréé aurait pour conséquence la majoration de 25% du bénéfice industriel et commercial de M. C ; ainsi cette majoration n'a pas été motivée, les privant des garanties de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales ;
- dès lors, les majorations et intérêts de retard ne sont pas justifiés ;
- en tout état de cause la supériorité des intérêts de retard par rapport au taux de l'intérêt légal n'est pas motivée conformément au régime des sanctions ni justifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2021, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) SMTD Chambly, dont M. C est associé à 55%, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité du 29 janvier au 14 mai 2018 pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016. A l'issue de ces contrôles, le service a procédé à la rectification du déficit imputé à tort par la société sur l'exercice 2016 puis a procédé au rehaussement des revenus des associés à proportion de leurs droits. A ce titre, la quote-part de M. C a été rehaussé. Les impositions supplémentaires en résultant pour M. et Mme C en matière d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ont été notifiées par une proposition de rectification en date du 27 juillet 2018 faisant application de la procédure contradictoire. Deux réclamations contentieuses, datées du 3 juillet 2019 et du 7 septembre 2020, ont fait l'objet de deux rejets datés respectivement du 8 janvier 2020 et du 11 décembre 2020. Les requérants demandent au tribunal la décharge des rappels d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux ainsi mis à leur charge au titre de l'année 2016, en droits, majorations et pénalités.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales : " A l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle au regard de l'impôt sur le revenu, d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de comptabilité, lorsque des rectifications sont envisagées, l'administration doit indiquer, avant que le contribuable présente ses observations ou accepte les rehaussements proposés, dans la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou dans la notification mentionnée à l'article L. 76, le montant des droits, taxes et pénalités résultant de ces rectifications. ". Aux termes de l'article L. 57 du même livre " " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Et aux termes de l'article 158 du code général des impôts : " 7. Le montant des revenus et charges énumérés ci-après, retenu pour le calcul de l'impôt selon les modalités prévues à l'article 197, est multiplié par 1,25. Ces dispositions s'appliquent : 1° Aux titulaires de revenus passibles de l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ou des bénéfices non commerciaux ou des bénéfices agricoles, réalisés par des contribuables soumis à un régime réel d'imposition : a) Qui ne sont pas adhérents d'un centre de gestion, association ou organisme mixte de gestion agréés définis aux articles 1649 quater C à 1649 quater K ter, à l'exclusion des membres d'un groupement ou d'une société mentionnés aux articles 8 à 8 quinquies et des conjoints exploitants agricoles de fonds séparés ou associés d'une même société ou groupement adhérant à l'un de ces organismes, ou qui ont été exclus d'un de ces organismes au cours de l'année d'imposition pour n'avoir pas fourni de réponse suffisante aux demandes de justification de l'un de ces organismes dans le cadre des missions prévues aux articles 1649 quater E et 1649 quater H, pour n'avoir pas donné suite à la demande de l'un de ces organismes de rectifier une déclaration fiscale ou à la suite d'une procédure ouverte en application de l'article L. 166 du livre des procédures fiscales ; () ".
3. Il résulte de l'instruction que deux propositions de rectification ont été établies ; une première a été adressée à la société civile immobilière SMTD CHAMBLY en date du 26 juillet 2018 et une seconde à Mme et M. A C en date du 27 juillet 2018 pour tirer les conséquences de la vérification de comptabilité avec la mention de la majoration de 25% du revenu imposable, leur fondement légal ainsi que les années d'imposition concernées. Dès lors que la majoration de 25% du revenu imposable dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ne se détermine pas au niveau du résultat de la société, mais au stade de l'imposition personnelle du titulaire de la quote-part de résultat, c'est inutilement que les requérants font valoir que cette majoration n'a pas été motivée dans la proposition de rectification adressée à la société. Il résulte par ailleurs de l'instruction que la proposition de rectification adressée à M. et Mme C les informait des motifs de droit et de fait de l'application de la majoration litigieuse. Par ailleurs, et en tout état de cause, il est constant que la différence observée entre, d'une part, les conséquences financières des rehaussements annexées de manière non obligatoire à la proposition de rectification adressée à M. et Mme C et, d'autre part, la somme mise en recouvrement est en faveur de ces derniers. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des majoration et intérêt de retard ne peut qu'être écarté.
Sur les pénalités :
4. Aux termes de l'article 1727 III du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à la date du litige : " III. - Le taux de l'intérêt de retard est de 0,40 % par mois. Il s'applique sur le montant des créances de nature fiscale mises à la charge du contribuable ou dont le versement a été différé. "
5. L'intérêt de retard prévu par ces dispositions, qui s'applique indépendamment de toute appréciation portée par l'administration fiscale sur le comportement du contribuable, vise essentiellement à réparer les préjudices de toute nature subis par l'Etat à raison du non-respect par les contribuables de leurs obligations de déclarer et payer l'impôt aux dates légales. Si l'évolution des taux du marché a conduit à une hausse relative de cet intérêt depuis son institution, cette circonstance ne lui confère pas pour autant la nature d'une sanction, dès lors que son niveau n'est pas devenu manifestement excessif au regard du taux moyen pratiqué par les prêteurs privés pour un découvert non négocié, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. La référence au taux de l'intérêt légal qui ne reflète qu'imparfaitement le taux du marché monétaire, ou au taux de l'intérêt pratiqué sur le marché monétaire ou obligataire, ne constitue pas une référence plus pertinente pour établir le caractère manifestement excessif du taux de l'intérêt appliqué aux requérants. Enfin, il n'appartient au juge de l'impôt ni de moduler le montant des intérêts de retard ni de limiter celui-ci au montant résultant de la seule application du taux légal. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de ce que le taux de 0,40 % par mois appliqué en l'espèce serait excessif et constituerait une sanction ne peuvent qu'être écartés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A C et à l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président ;
Mme Winkopp-Toch, première conseillère ;
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
Ph. B
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
A. Winkopp-TochLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026