jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2101952 |
| Type | Décision |
| Recours | Interprétation |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | RABIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 mars 2021, le 24 mars 2021, le 3 août 2021 et le 15 janvier 2022, M. B A, représenté par Me Rabia, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, pour un montant total de 504 841 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas eu connaissance de la proposition de rectification, qui ne lui a pas été notifiée, ce document ayant été envoyé à l'adresse de ses parents et non à son adresse personnelle, puis retourné à l'administration avec la mention " pli avisé et non réclamé " ;
- l'administration fiscale, qu'il avait informée en remplissant sa déclaration de revenus en 2017 au titre des revenus 2016, avait pourtant connaissance de son adresse personnelle où lui elle envoie les avis d'impôts locaux ; il n'a pas communiqué de nouveau changement d'adresse ensuite ; l'erreur de l'administration, qui a maintenu l'ancienne adresse dans les déclarations pré-remplies, ne peut lui être imputée ; elle devait tenir compte de la dernière adresse communiquée ;
- cette irrégularité l'a privé des garanties de procédure accordées aux contribuables et entache la procédure d'irrégularité ;
- l'administration ne peut se prévaloir de l'adresse indiquée par l'avocat de la société dont il est le dirigeant, dans le cadre d'une autre procédure de vérification ;
- l'adresse indiquée sur l'extrait Kbis n'est pas pertinente, ce document ayant été établi à la création de la société en janvier 2016, avant son changement d'adresse en août 2016.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 juin 2021, le 16 décembre 2021 et le 3 février 2022, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Miguel, rapporteur,
- et les conclusions de M. Armand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Trans'call Services, dont M. B A était dirigeant et associé majoritaire, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre des années 2016 et 2017 qui a donné lieu à des rappels en matière de taxe sur la valeur ajoutée, les chiffres d'affaires et résultats sociaux ayant été reconstitués selon la procédure de taxation d'office. Le service estimant que les résultats sociaux rectifiés de cette société constituaient des revenus distribués, au sens de l'article 109-1 1° du code général des impôts, une proposition de rectification en date du 20 mai 2019 a été adressée à M. A, au titre des cotisations d'impôts sur le revenu des années 2016 et 2017. Les sommes en cause, à hauteur de 504 841 euros, ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2019. Par un courrier du 21 août 2020, M. A a contesté ces impositions, maintenues par l'administration par une décision du 7 janvier 2021. Aux termes de sa requête, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge des impositions en litige.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () "
3. Une notification de redressements, pour être régulière, doit être adressée à la dernière adresse communiquée par le contribuable à l'administration fiscale. En cas de changement de domicile, il appartient au contribuable d'établir qu'il a fait les diligences nécessaires pour informer l'administration de sa nouvelle adresse.
4. En l'espèce, la proposition de rectification du 20 mai 2019 a été envoyée à M. A à l'adresse 15, rue des Pitourées à Athis-Mons. Ce courrier, envoyé en recommandé avec accusé de réception, a été présenté le 21 mai 2019 et retourné à l'expéditeur avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Le requérant soutient que cette adresse, correspondant à celle de ses parents, n'est plus la sienne, qu'il est domicilié au 72, rue des Plantes à Athis-Mons depuis août 2016, qu'il en a informé l'administration fiscale lors de la déclaration de revenus 2017 souscrite au titre des revenus 2016 et n'a pas communiqué de nouveau changement d'adresse ensuite et si l'administration a maintenu son ancienne adresse dans les déclarations pré-remplies, il s'agit d'une erreur de sa part. Le requérant se prévaut également de deux avis d'imposition à la taxe d'habitation au titre de 2018 et de 2019 ainsi que d'un avis d'imposition des revenus 2016 qui lui ont été adressés 72, rue des Plantes à Athis-Mons.
5. Il résulte toutefois de l'instruction que, tant dans la déclaration de revenus de l'année 2017, transmise en 2018, que dans la déclaration des revenus de l'année 2018, transmise le 16 mai 2019, soit quatre jours avant l'envoi de la proposition de rectification du 20 mai 2019, le requérant n'a pas modifié l'adresse au 1er janvier de l'année, mentionnant le 15, rue des Pitourées à Athis-Mons figurant dans le formulaire de télé-déclaration à remplir et compléter en ligne. Il apparaît au contraire que le changement d'adresse au 72, rue des Plantes à Athis-Mons n'a été communiqué par le requérant que lors de la souscription de la déclaration de revenus de l'année 2019, effectuée le 25 avril 2020, comme étant l'adresse valide à compter du 1er janvier 2020, soit postérieurement à l'envoi de la proposition de rectification. Si M. A se prévaut, d'une part, de deux avis d'imposition à la taxe d'habitation mentionnant l'imposition au titre du local situé 72, rue des Plantes, et d'autre part, de l'avis d'imposition des revenus 2016 qui a été adressé au 72, rue des Plantes, il résulte toutefois de ces documents que les avis d'imposition locales ont été adressées au 15, rue des Pitourées tandis que l'avis d'imposition des revenus au titre de 2016 précise que l'adresse d'imposition est au 15, rue des Pitourées, adresse que M. A avait lui-même indiqué comme valable au 1er janvier 2018 dans ses déclarations des revenus de l'année 2017. M. A ne justifie en outre d'aucun courrier spécifique notifié à l'administration pour l'informer de son changement d'adresse avant l'envoi de la proposition de rectification. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a retenu l'adresse du 15, rue des Pitourées comme étant la dernière adresse connue par elle lors de l'envoi de la proposition de rectification le 20 mai 2019. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la procédure est entachée d'irrégularité ni qu'il a été privé de garanties accordées aux contribuables.
Sur les frais du litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre- Ouest.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Ouardes, président,
- M. de Miguel, premier conseiller,
- Mme Mathé, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
Le rapporteur,
F-X de MiguelLe président,
P. Ouardes
La greffière,
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2602087
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. B... d’une demande d’injonction, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, visant à contraindre le préfet du Bas-Rhin à instruire les demandes de titres de voyage pour ses filles mineures. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution d’une décision administrative implicite de rejet née du silence gardé par l’administration pendant deux mois, conformément aux articles L. 231-1 et L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration. Il a également jugé que la condition d’urgence n’était pas caractérisée, les circonstances invoquées par le requérant ne suffisant pas à l’établir.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2600609
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, a été saisi par une requérante pour faire constater l'absence d'offre de logement adaptée à ses besoins après une décision de la commission de médiation la reconnaissant prioritaire. Le juge a constaté que l'État, en la personne du préfet des Alpes-Maritimes, n'avait pas satisfait à son obligation de résultat dans le délai de six mois prévu par l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation. En application des articles L. 441-2-3-1 du même code et R. 778-1 du code de justice administrative, le tribunal a en conséquence ordonné au préfet de procéder au relogement de la requérante, sous astreinte.
03/04/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2304260
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de contribuables demandant l'annulation d'un refus de réduction d'impôt Pinel et l'injonction à l'État de leur accorder cette réduction. Le tribunal a jugé irrecevable leur recours, faute d'avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article L. 80 CB du Livre des Procédures Fiscales. La décision s'appuie sur les dispositions du Code Général des Impôts et du Livre des Procédures Fiscales.
02/04/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2308373
Le Tribunal Administratif de Versailles a été saisi d'un recours en plein contentieux par une SCI contestant le rejet de sa demande de remboursement d'un crédit de TVA. La juridiction donne acte du désistement pur et simple de la requête par la société requérante, intervenu par mémoire enregistré le 24 février 2026. En conséquence, le tribunal met fin à l'instance sans examen du fond du litige.
02/04/2026