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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2102609

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2102609

lundi 3 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2102609
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation6ème chambre
Avocat requérantSCP SAIDJI & MOREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 29 mars 2021, 18 juin 2021 et 30 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Chastant-Morand, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale afin de déterminer l'étendue des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'accident dont il a été victime le 16 octobre 2014 ;

2°) de condamner le préfet des Yvelines et la société Suez Eau France à lui verser une provision de 4 000 euros, à valoir sur le règlement définitif de ses préjudices ;

3°) de condamner solidairement l'Etat et la société Suez Eau France à lui payer la somme de 16 000 euros, sauf à parfaire à dire d'expert, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de cet accident, assortie des intérêts à compter de la date de sa réclamation préalable du 31 juillet 2020 ;

4°) de mettre à la charge du département des Yvelines et de la société Suez Eau France la somme de 1 000 euros chacun au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.

Il soutient que :

- il a été victime d'une chute alors qu'il marchait sur un trottoir en raison du basculement d'une plaque d'égout au moment où il a posé son pied dessus ;

- la responsabilité du département des Yvelines, auquel incombait l'entretien de l'avenue Gabriel Péri sur laquelle a eu lieu l'accident, est engagée pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ;

- la responsabilité de la société Suez Eau France, avec laquelle le syndicat intercommunal d'assainissement Boucles de Seine avait conclu un contrat d'affermage pour la gestion du réseau d'assainissement collectif, est également engagée pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ;

- il a subi des préjudices qu'il évalue à 16 000 euros, sauf à parfaire au vu des conclusions de l'expert, qui se décomposent comme suit : 5 000 euros au titre des souffrances endurées, 1 000 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent, 3 000 euros au titre des troubles dans ses conditions d'existence, 6 000 euros au titre de son préjudice moral, et 1 000 euros au titre des frais irrépétibles.

Par un mémoire enregistré le 12 mai 2021, la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine fait valoir sa créance et conclut :

- à la condamnation de la compagnie Suez Eau France, du préfet des Yvelines et du conseil départemental des Yvelines à lui payer la somme de 240,45 euros au titre de ses débours, sous réserve d'autres paiements encore inconnus, assortie des intérêts de droit à compter de la date du jugement ;

- à ce que la somme de 109 euros soit mise à leur charge au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

- à ce que soit mise à leur charge le versement de la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la responsabilité de l'accident de M. A semble incomber à la compagnie Suez Eau de France, au préfet des Yvelines et au conseil départemental des Yvelines ;

- sa créance est constituée des frais médicaux et pharmaceutiques.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2021, le département des Yvelines, représenté par Me Moreau, conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce que la compagnie Suez Eau France le garantisse de toute condamnation et à ce que les sommes allouées soient réduites à de plus justes proportions, et à la mise à la charge de M. A de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les conclusions tendant à sa condamnation à payer une indemnité au requérant sont irrecevables, dès lors qu'aucune demande préalable indemnitaire n'a lié le contentieux en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;

- seule la compagnie Suez Eau France peut être déclarée responsable, dès lors qu'un contrat d'affermage lui avait confié la gestion et l'entretien du réseau d'assainissement collectif ;

- le requérant ne démontre ni la réalité de ses préjudices, ni leur étendue, ni même leur lien avec l'accident allégué.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2022, la société Suez Eau France, représenté par Me Ben Zenou, conclut au rejet de la requête et des conclusions de la CPAM ou, à titre subsidiaire, à ce que le département des Yvelines la garantisse de toute condamnation et à ce que les sommes allouées soient réduites à de plus justes proportions, et à la mise à la charge de M. A de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- seul le département des Yvelines peut être déclaré responsable, dès lors que l'ouvrage litigieux est un accessoire de la voirie dont il lui appartient d'assurer l'entretien ;

- le lien de causalité entre l'ouvrage et les dommages allégués n'est pas établi ;

- l'ouvrage était correctement entretenu et il n'y avait aucun défaut de signalisation ;

- l'imprudence et le manque d'attention de M. A sont la cause exclusive du sinistre ;

- le requérant ne démontre ni la réalité ni l'étendue de ses préjudices ;

- une expertise aussi longtemps après les faits serait inutile.

La requête a été communiquée au préfet des Yvelines, qui n'a produit aucune observation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,

- les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique,

- les observations de Me Duault, substituant Me Chastant-Morand, représentant M. A,

- et les observations de Me Ben Zenou, représentant la société Suez Eau France.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été victime d'une chute le 16 octobre 2014 au niveau du 21 avenue Gabriel Péri à Montesson, alors qu'il marchait sur un trottoir, en posant le pied sur une plaque d'égout qui a basculé au moment de son passage. A la suite du rejet d'une première requête tendant à la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis dirigée contre la commune de Montesson, la communauté d'agglomération de Saint-Germain Boucles de Seine et le syndicat intercommunal d'assainissement Boucles de Seine, il a présenté une demande indemnitaire auprès du préfet des Yvelines et de la société Suez Eau France le 31 décembre 2020, implicitement rejetée. Par la présente requête, il sollicite la condamnation de l'Etat et de la société Suez Eau France à lui payer une indemnité en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'accident dont il a été victime le 16 octobre 2014.

Sur la fin de non-recevoir soulevée par le conseil départemental des Yvelines :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

3. Le conseil départemental des Yvelines soutient que les conclusions indemnitaires présentées par M. A à son encontre sont irrecevables, à défaut pour le requérant d'avoir formé auprès de lui une demande préalable indemnitaire. Contrairement à ce que soutient le requérant, le courrier du 28 décembre 2020 reçu le 31 décembre suivant adressé au préfet des Yvelines, représentant de l'Etat, personne publique distincte du département, n'a pu avoir pour effet de lier le contentieux à son égard.

4. Par suite, à supposer que M. A doive être regardé comme présentant des conclusions indemnitaires dirigées contre le conseil départemental des Yvelines, de telles conclusions sont irrecevables et doivent par conséquent être rejetées.

Sur la responsabilité :

5. D'une part, il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

6. D'autre part, en cas de délégation limitée à la seule exploitation d'un ouvrage, comme c'est le cas en matière d'affermage, si la responsabilité des dommages imputables au fonctionnement de l'ouvrage relève du délégataire, sauf stipulations contractuelles contraires, celle résultant de dommages imputables à son existence, à sa nature et à son dimensionnement appartient à la personne publique délégante. Ce n'est qu'en cas de concession d'un ouvrage public, c'est-à-dire de délégation de sa construction et de son fonctionnement, que peut être recherchée par les tiers la seule responsabilité du concessionnaire, sauf insolvabilité de ce dernier, en cas de dommages imputables à l'existence ou au fonctionnement de cet ouvrage.

7. En l'espèce, la gestion et l'entretien du réseau public d'assainissement sur le territoire de la commune de Montesson est assurée par le syndicat intercommunal d'assainissement Boucles de Seine (SIABS), et l'exploitation de ce service a été confiée à la société Suez Eau de France par un contrat d'affermage conclu le 1er avril 2010 pour une durée de huit ans, dont l'article 3 prévoit l'obligation pour le fermier " d'assurer la surveillance, le fonctionnement et l'entretien et les réparations des canalisations destinées aux eaux usées et pluviales () y compris () les ouvrages accessoires tels que bouches d'égout () ". Aux termes des articles 31 et 33, le fermier assure notamment l'entretien, les réparations et le curage périodique des bouches d'égout. L'article 13.1 de ce contrat stipule que : " Le fermier fait son affaire de tous les risques directs et indirects liés aux obligations du présent contrat et garantit le syndicat contre les recours mettant en cause () l'entretien des ouvrages tel qu'il est défini dans le présent contrat. Ceci vise notamment les recours des usagers et des tiers. / Le fermier est responsable des dommages qui pourraient être causés () aux tiers (). / Le fermier est tenu de réparer les dommages aux personnes () causés par le fonctionnement du service et des ouvrages affermés dont il a la charge () ".

8. M. A établit, par la production de pièces concordantes, en particulier deux attestations dont une établie par un témoin direct de sa chute, une photographie et un relevé de constatations des urgences, qu'alors qu'il circulait à pied le 16 octobre 2014 sur le trottoir situé au niveau du 21 avenue Gabriel Péri, sur le territoire de la commune de Montesson, une plaque d'égout incorporée à ce trottoir a basculé sous son poids, provoquant sa chute. Il est constant que cet obstacle ne faisait l'objet, à la date de l'accident, d'aucune signalisation.

9. S'il est vrai que le trottoir en question présente le caractère de dépendance de cette avenue dont le département avait en charge l'entretien, la bouche d'égout, cause de la chute de M. A, constituait un accessoire du réseau d'assainissement, dont la surveillance et l'entretien incombaient, ainsi qu'il a été dit au point 7, à la société Suez Eau France. Le dommage causé à M. A, lié à l'absence de fermeture du couvercle posé sur le regard d'égout, est imputable au mauvais fonctionnement de l'ouvrage public que constitue le réseau d'assainissement. Dès lors que le dommage est imputable à un tel ouvrage public incorporé à la voie publique, M. A avait la qualité d'usager de l'ouvrage public dont la société Suez Eau France était responsable.

10. La société Suez Eau France, qui s'est abstenue de vérifier que la plaque de protection de la bouche donnant accès au réseau d'assainissement était correctement fermée et qui se borne à évoquer la circonstance qu'elle n'aurait pas disposé du temps nécessaire pour signaler le danger ou remédier à ce défaut avant que ne se produise l'accident, sans toutefois l'établir, ne rapporte donc pas la preuve qui lui incombe de l'entretien normal de cet ouvrage.

11. Par ailleurs, la chute dont le requérant a été victime a été causée par le basculement soudain et imprévisible de la plaque d'égout. Aucune inattention ni imprudence de nature à exonérer même partiellement la société Suez Eau France de sa responsabilité ne peut dès lors être imputée à M. A, alors même que l'accident a eu lieu en journée et que la bouche d'égout aurait été entrouverte.

12. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à rechercher la responsabilité de la société Suez Eau France en raison du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public, qui lui est entièrement imputable.

Sur les préjudices :

13. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. La mission confiée à l'expert peut viser à concilier les parties ". Si, en application de ces dispositions, le tribunal peut, sur la demande de l'une des parties, ordonner, avant-dire-droit, qu'il soit procédé à une expertise, une telle mesure ne peut être décidée que si elle est nécessaire à la solution du litige dont il est saisi.

14. Il résulte de l'instruction que M. A a été victime, du fait de son accident du 16 octobre 2014, de blessures aux bras et aux jambes. Toutefois, l'état du dossier ne permet pas au tribunal d'apprécier la réalité et l'étendue des préjudices qu'il indique avoir subis. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à la demande du requérant et de désigner avant-dire-droit un expert avec la mission telle que définie ci-dessous à l'article 2 du présent jugement.

Sur les conclusions aux fins de provision :

15. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini.

16. En l'espèce, les éléments produits par M. A ne mettent pas le tribunal en mesure de fixer un tel montant. Il n'y a, par conséquent, pas lieu de faire droit à sa demande de versement d'une provision.

Sur les frais d'instance exposés par le conseil départemental des Yvelines :

17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du conseil départemental des Yvelines présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les autres conclusions :

18. Les conclusions de la requête de M. A et celles de la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine sur lesquelles il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservées jusqu'en fin d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat et le conseil départemental des Yvelines sont mis hors de cause.

Article 2 : Il sera, avant de statuer sur les préjudices subis par M. A et le surplus des conclusions des parties, procédé par un expert désigné par la présidente du tribunal administratif, à une expertise avec mission :

* de prendre connaissance de l'intégralité du dossier médical de M. A en se faisant communiquer tous les documents et pièces nécessaires à la bonne exécution de sa mission ;

* de décrire les blessures, les lésions, les affections résultant de la chute dont

M. A a été victime le 16 octobre 2014 et en indiquer la nature, le siège et l'importance ;

* d'indiquer les soins, traitements et interventions dont M. A a été l'objet à la suite de cette chute ainsi que les soins, traitements et interventions éventuellement prévisibles ;

* de fixer la date de consolidation des blessures et indiquer si l'état de santé de M. A est susceptible de modification en aggravation ou amélioration ; fournir toutes informations sur une évolution probable et dans le cas où de nouveaux examens seraient nécessaires, mentionner dans quel délai ; indiquer si, le cas échéant, un déficit fonctionnel permanent existe ou est prévisible et en évaluer l'importance ;

* de dégager, en les spécifiant, tous les éléments de préjudice, temporaires et permanents, notamment les souffrances endurées, le préjudice moral, le déficit fonctionnel permanent ou les troubles, le préjudice matériel, en distinguant la part imputable à l'accident de celle ayant pour origine soit l'évolution normale prévisible de l'état de santé de l'intéressé, soit toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment à ses antécédents médicaux ;

* de manière générale, de donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur l'importance des préjudices, ainsi que toute information utile à la solution du litige.

Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par la présidente du tribunal dans sa décision le désignant.

Article 4 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.

Article 5 : Les conclusions présentées par M. A tendant au versement d'une provision sont rejetées.

Article 6 : Les conclusions présentées par le conseil départemental des Yvelines au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet des Yvelines, au conseil départemental des Yvelines, à la société Suez Eau France et à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 19 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mégret, présidente,

Mme Rivet, première conseillère,

M. Gibelin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.

Le rapporteur,

signé

F. GibelinLa présidente,

signé

S. Mégret

La greffière,

signé

Y. Bouakkaz

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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