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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2102739

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2102739

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2102739
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationPrésident LE GARS
Avocat requérantIOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er avril 2021, M D A B, représenté par Me Iosca, demande, au tribunal :

1°) d'annuler la décision " 48SI " en date du 11 septembre 2020, par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidité de son permis de conduire, ensemble la décision implicite née du silence observé par le ministre sur son recours gracieux formé le 3 décembre 2020 ;

2°) d'annuler les décisions portant retrait de points du capital de son titre de conduite, intervenues à la suite des infractions commises les 14 et 22 mai 2016, 22 septembre 2017 et 17 octobre 2019 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer au capital de son permis les points illégalement retirés, dans un délai du deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- les décisions portant retrait de points successifs sont entachées d'un vice de procédure tiré du défaut de délivrance des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route par l'administration ;

- la réalité des infractions n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, produit le 1er juin 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soulève une exception de non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre les décisions portant retraits de points intervenues à la suite des infractions commises les 16 décembre 2016 et 16 août 2017 et soutient, enfin, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un courrier en date du 21 octobre 2021, le requérant a été invité à indiquer s'il entendait maintenir sa requête au sens de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.

Par mémoire enregistré le 26 octobre 2021, le requérant déclare maintenir l'ensemble des conclusions de sa requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code la route ;

- le code de justice administrative.

Par courrier du 16 février 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement est susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office, tirés d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré à M. A B, un point du capital de son permis de conduire en raison de l'infraction constatée le 22 mai 2016, le point en cause lui ayant été restitué antérieurement à la date d'introduction de la présente requête et, d'autre part, du non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision " 48SI " en date du 11 septembre 2020 ainsi que les décisions portant retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 14 mai 2016 et 17 octobre 2019, les mentions afférentes ayant été supprimées du dossier de l'intéressé, postérieurement à l'introduction de la présente requête.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Gars, président de la 4ème chambre, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D A B a commis une série d'infractions les 14 mai

(1 point) et 22 mai 2016 (1 point), 22 septembre 2017 (6 points) et 17 octobre 2019 (3 points), ayant entraîné le retrait de l'ensemble des points affectés au capital de son permis de conduire. Le ministre de l'intérieur ayant, par une décision " 48SI " en date du 11 septembre 2020, prononcé l'invalidation de son titre pour défaut de points, le requérant demande au tribunal l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur l'étendue du litige :

2.Il résulte des mentions du relevé d'information intégral relatif à la situation du requérant et édicté le 31 mai 2021, que la décision " 48SI " invalidant le titre de conduite de ce dernier pour défaut de points, celles portant retraits de points intervenues à la suite des infractions commises les 14 mai 2016 (1 point) et 17 octobre 2019 (3 points), ont été supprimées du dossier de l'intéressé. Le ministre de l'intérieur devant, par suite, être regardé comme ayant rapporté l'ensemble de ces décisions postérieurement à le date d'introduction de la présente requête, les conclusions dirigées contre ces décisions sont devenues sans objet, de sorte qu'il n'y plus lieu d'y statuer.

3. Il résulte des mentions de ce même document que le point retiré à la suite de l'infraction commise le 22 mai 2016 a été restitué le 2 janvier 2017, soit antérieurement à la date d'introduction de la présente requête. Par suite, les conclusions dirigées contre cette décision sont irrecevables.

Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :

4.En premier lieu, aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. ". L'article R. 223-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. ".

5. La délivrance de l'information, prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Cette information revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Par ailleurs, en vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est notamment établie par une condamnation définitive.

6.Lorsqu'une contravention soumise à la procédure de l'amende forfaitaire donne lieu au paiement immédiat de l'amende entre les mains de l'agent verbalisateur, le contrevenant se voit remettre, en application de l'article R. 49-2 du code de procédure pénale, une quittance de paiement. Si le modèle de cette quittance comporte une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui doit être regardée comme ayant été délivrée préalablement au paiement de l'amende dès lors que le contrevenant conserve la faculté de renoncer à la modalité du paiement immédiat de l'amende avant de procéder à la signature de la quittance ou, le cas échéant, d'inscrire sur celle-ci une réserve sur les modalités selon lesquelles l'information lui avait été délivrée, il incombe toutefois à l'administration d'apporter la preuve, par la production de la souche de la quittance dépourvue de réserve sur la délivrance de l'information, que celle-ci est bien intervenue préalablement au paiement. Par suite, la mention, au système national des permis de conduire, du paiement immédiat de l'amende forfaitaire au titre d'une infraction relevée avec interception du véhicule n'est pas, à elle seule, de nature à établir que le titulaire du permis a été destinataire de l'information requise.

7.La mention probante du relevé d'information intégral " décision 72 suspension du permis de conduire " fait apparaître que M. A B a fait l'objet, à la suite de l'infraction commise le 22 septembre 2017, d'une condamnation pénale prononcée le 16 janvier 2018, par la cour d'appel de Versailles. Aussi, lorsqu'une infraction a été reconnue par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de la formalité substantielle que constitue l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 précités, est sans influence sur la régularité du retrait de points en résultant. Par suite, le moyen tiré du défaut de délivrance de l'information préalable à la décision de retrait des six points à la suite de l'infraction commise le 22 septembre 2017 ne peut être qu'écarté.

8.En second lieu, aux termes de aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".

9. Il résulte de ce qui a précédemment été exposé que l'infraction commise le 22 septembre 2017, a donné lieu à une condamnation par la cour d'appel de Versailles le 16 janvier 2018 ayant acquis un caractère définitif le 8 mars 2018. En application de l'article L. 223-1 susvisé, la réalité de l'infraction précitée devant être regardée comme étant établie, le requérant n'est pas fondé à en contester la réalité, de sorte que le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut, par suite, qu'être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant retrait de six points, intervenue à la suite de l'infraction commise le 22 septembre 2017.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11.Le présent jugement qui rejette les conclusions aux fins d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au prononcé d'une astreinte doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y plus lieu de statuer ni sur les conclusions dirigées contre la décision " 48SI " en date du 11 septembre 2020, ni sur celles tendant à l'annulation des décisions portant retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 14 mai 2016 et 17 octobre 2019.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

signé

J. CLa greffière,

signé

B. Dalla Guarda

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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