vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2103860 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET JOFFE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 7 mai 2021 et le 22 avril 2022, la société FRET SNCF, représentée par Me Gaudemet et Me Mallet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du ministre des armées du 2 avril 2021, rejetant le recours administratif préalable formé à l'encontre du titre de perception émis par la direction générale des finances publiques du Pas-de-Calais le 7 août 2020 pour un montant de 247 680 euros TTC et, par voie de conséquence, d'annuler le titre de perception et la décharger du paiement de la somme y afférent ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, l'action du ministère des armées est prescrite, en application de l'article L. 133-6 du code du commerce, auquel renvoie l'article 13 du cahier des clauses administratives particulières du marché conclu entre le ministère et la société FRET SNCF ; la prestation de déchargement, prestation connexe, est comprise dans l'objet du contrat de transport soumis à la prescription annale ; à supposer que les dispositions de l'article L. 133-6 du code du commerce ne soient pas applicables, les parties peuvent conventionnellement choisir de se soumettre à la prescription qu'il prévoit ; le cours de la prescription n'a par ailleurs pas été interrompu ;
- à titre subsidiaire, elle n'a pas commis de faute : la prestation complémentaire de déchargement des PPLD a été réalisée par la seule société MCM Levage ; les modalités techniques du déchargement ont été définies par le seul ministère des armées ; le PPLD n°61330056 souffrait déjà d'une fragilité au niveau de son châssis, expliquant probablement sa rupture lors du déchargement.
Par des mémoires enregistrés le 16 février 2022 et le 25 mai 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société FRET SNCF la somme de 2 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la prescription annale prévue par l'article L.133-6 du code de commerce n'est pas applicable en l'espèce, le transport ferroviaire n'étant pas soumis aux règles du chapitre III du code du commerce ; en tout état de cause, la prestation de déchargement, objet du présent contentieux, n'est pas soumise à la prescription annale, du fait de son caractère détachable de la prestation de transport ;
- à titre subsidiaire, la société FRET SNCF est seule responsable du fait de son prestataire ; le ministère des armées a fourni l'ensemble des informations nécessaires à l'opération de déchargement.
La société MCM Levage, représentée par Me Détré, a présenté des observations, enregistrées le 6 octobre 2021, le 18 mars 2022, le 24 mai 2022 et le 16 juin 2022. Elle doit être regardée comme demandant également au tribunal que soit mise à la charge de la société FRET SNCF la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 4 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du commerce ;
- le code des marchés publics ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vincent, première conseillère,
- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,
- les observations de Me Mallet,
- et les observations de M. A, représentant le ministre des armées.
Considérant ce qui suit :
1. Le ministère des armées a conclu avec la société FRET SNCF un marché public à bons de commande, mono-attributaire, relatif au transport ferroviaire de fret par voie ferroviaire. Dans le cadre de ce marché, la société requérante a été chargée du transport ferroviaire de sept porteurs polyvalents lourds de dépannage (PPLD) de Gravenchon à Neuvy-Pailloux le 4 janvier 2017. Le déchargement des véhicules a été réalisé le lendemain par la société MCM Levage. Au cours de cette opération, le châssis d'un PPLD a été brisé, le rendant inutilisable.
2. Le 12 avril 2017, le ministère des armées a informé la société requérante que sa responsabilité contractuelle était engagée au titre de cet incident et qu'elle disposait d'un délai de 15 jours pour faire valoir ses observations, à défaut de quoi un titre de perception serait émis à son encontre. Par un deuxième courrier daté du 23 mai 2017, le ministère des armées lui a fait part qu'à défaut de réponse de sa part, un titre de perception serait émis à son encontre pour un montant de 247 680 euros TTC, au titre des frais de réparation du véhicule.
3. Après proposition de résolution à l'amiable de la société requérante acceptée par le ministère des armées, une réunion a eu lieu, le 4 juillet 2017, à la demande de la société AUMAREX, assureur de la société MCM Levage mise en cause par la société FRET SNCF, en présence des différentes parties. A la suite de multiples échanges par courriels, la société requérante a toutefois refusé, par courriel du 5 novembre 2019, d'indemniser le ministère des armées.
4. Un titre de perception a ensuite été émis le 20 juillet 2020 par la direction départementale des finances publiques du Pas de Calais, à la demande du ministère des armées, mettant à la charge de la société requérante la somme de 247 680 euros TTC. Elle a contesté le titre devant le comptable public par courrier du 5 octobre 2020. Celui-ci a transmis sa contestation au ministère des armées, en tant qu'ordonnateur, par courrier du 8 octobre 2020. Par décision du 2 avril 2021, le ministère des armées a rejeté ce recours.
5. Par la présente requête, la société FRET SNCF demande au tribunal d'annuler la décision du ministère des armées du 2 avril 2021 rejetant le recours administratif préalable formé à l'encontre du titre de perception émis par la direction générale des finances publiques du Pas-de-Calais le 7 juillet 2020 pour un montant de 247 680 euros TTC et, par voie de conséquence, d'annuler le titre de perception et de la décharger du paiement de la somme y afférente.
Sur l'intervention volontaire de la société MCM Levage :
6. L'intervention de la société MCM Levage doit être regardée comme tendant, d'une part, à demander au tribunal l'annulation du titre de perception émis à l'encontre de la société FRET SNCF, s'associant ainsi aux conclusions en demande, d'autre part, à rejeter les conclusions que la société FRET SNCF aurait dirigées, selon elle, à son encontre, ainsi qu'à limiter sa part de responsabilité, développant ainsi des conclusions propres irrecevables. Dès lors, son intervention n'est recevable que s'agissant de sa demande relative à l'annulation du titre de perception.
Sur les conclusions à fin d'annulation du titre de perception et de décharge de la somme mise à la charge de la société FRET SNCF :
En ce qui concerne le bien-fondé du titre de perception :
S'agissant de la prescription de la créance :
7. La société requérante soutient que le titre de recettes émis à la demande du ministère des armées porte sur une créance prescrite, par expiration du délai d'un an prévu par l'article L. 133-6 du code du commerce, auquel renvoie l'article 13 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché. Elle fait également valoir que la prestation de déchargement constitue une prestation connexe qui rentre dans l'objet du contrat de transport et dès lors également soumise à cette prescription annale.
8. Aux termes de l'article 13.2 du cahier des clauses administratives particulières du marché (CCAP) intitulé " Prescriptions " : " Les actions découlant du contrat de transport sont soumises à la prescription annale. Elles doivent être engagées dans l'année qui suit la livraison ou dans l'année qui suit la date à laquelle la marchandise aurait dû être livrée (article L133-6 du code de commerce). L'action en indemnité pour perte totale court à compter du 30ème jour suivant l'expiration du délai de livraison. L'action en indemnité pour perte partielle ou avarie court à compter du jour où a lieu la livraison. Dans tous les autres cas, l'action court à compter du jour où le droit peut être exercé. Sauf dispositions contraires, l'acceptation de la marchandise sans réserve par l'ayant droit éteint toute action contre le titulaire pour avarie, perte ou dépassement du délai de livraison ". De son côté, l'article L. 133-6 du code du commerce prévoit que : " Les actions pour avaries, pertes ou retards, auxquelles peut donner lieu contre le voiturier le contrat de transport, sont prescrites dans le délai d'un an, sans préjudice des cas de fraude ou d'infidélité. () Dans le cas de transports faits pour le compte de l'Etat, la prescription ne commence à courir que du jour de la notification de la décision ministérielle emportant liquidation ou ordonnancement définitif " et l'article L. 133-5 du même code dispose que : " Sans préjudice des dispositions prévues par le code des transports, les dispositions contenues dans le présent chapitre sont applicables aux transporteurs routiers, fluviaux et aériens".
9. De plus, selon l'article 1er du CCAP, l'objet du marché comprend non seulement le transport de fret par voie ferroviaire mais également des prestations particulières telles que le déchargement, qui s'effectuent exclusivement dans le cadre du transport de fret portant à la fois sur une prestation de transport par voie ferroviaire et une prestation de transport par voie routière (FERCAM). Par ailleurs, aux termes de l'article 9.4 du même CCAP intitulé " Opérations de chargement et de déchargement " : " Les opérations de chargement et de déchargement sont réalisées respectivement par l'expéditeur et le destinataire mais peuvent être réalisées par le titulaire dans le cadre du FERCAM à la demande du MINDEF ".
10. Enfin, aux termes de l'article 9.5.5 du CCAP intitulé " Constat de perte, dommages et/ou avaries et retard " : " () Si la responsabilité du titulaire est reconnue, le montant du dommage ou du préjudice subi par le MINDEF est déterminé par application des articles L. 133-1 à L. 133-7 du code du commerce, et recouvré au moyen d'un titre de perception émis à l'encontre du titulaire par le comptable public compétent pour procéder à l'indemnisation de la marchandise avariée ou perdue ".
11. Il résulte des stipulations précitées que, nonobstant les dispositions de l'article L. 133-5 du code du commerce et de l'article L. 1432-1 du code des transports, les parties ont expressément choisi de faire application de l'article L. 133-6 du code de commerce aux prestations comprises dans l'objet du marché public en cause, sans qu'il n'y ait lieu d'écarter l'application du marché à raison d'une irrégularité tenant au caractère illicite de son contenu ou à un vice d'une particulière gravité. De plus, si la prestation de déchargement du fret est matériellement distincte de la prestation de transport et demeure, en principe, à la charge exclusive du destinataire du matériel comme l'indiquent les articles 1.2 et 9.4.2 du CCAP, il résulte des articles précités du CCAP qu'elle peut être réalisée par le titulaire du marché dans le cadre du FERCAM. Or, il est constant que le ministère des armées a adressé à la société requérante un bon de commande spécifique daté du 7 décembre 2016 pour réaliser cette prestation particulière de déchargement, acceptée par la société requérante. Dans ces conditions, le déchargement des PPLD constitue une prestation réalisée dans le cadre de l'exécution dudit marché public et ne relève pas d'un contrat distinct comme le fait valoir le ministère des armées, quand bien même le déchargement aurait eu lieu à une date distincte de celle de la prestation de transport et qu'il serait soumis à des stipulations particulières du CCAP.
12. Par ailleurs, il résulte de l'article L. 133-6 du code du commerce précité, auquel renvoie l'article 13.2 du CCAP également précité sans opérer de distinction entre la prestation de transport et la prestation particulière de déchargement ni déroger explicitement à cet article, que, s'agissant des transports faits pour le compte de l'Etat, la prescription ne commence à courir qu'à compter de la notification de la décision de l'Etat emportant ordonnancement définitif. Au cas d'espèce, le titre de perception litigieux vise dans son objet la décision n°508/ARM/SCA/PFAT/DIR du service du commissariat des armées du ministère des armées du 6 juillet 2020 valant ordonnancement définitif. Il résulte de l'instruction que cette décision constitue une des deux pièces jointes du courrier n°507/ARM/SCA/PFAT/DIR adressées par le directeur de la plate-forme affrètement et transport du service du commissariat des armées à la société SNCF Logistics et qu'elle a été notifiée le 6 août 2020, comme la société requérante l'indique dans son courrier du 5 octobre 2020 à l'attention du directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais. Dès lors, le titre de recettes émis le 20 juillet 2020 ne porte pas sur une créance prescrite au sens du CCAP. Le moyen doit donc être écarté.
S'agissant de l'imputabilité de la créance :
13. La société FRET SNCF soutient ensuite que la créance ne lui est pas imputable, la prestation de déchargement ayant été réalisée par la société MCM Levage sans l'intervention d'aucun agent de fret de la SCNF.
14. Aux termes de l'article 13 du CCAP intitulé " Responsabilités du titulaire et assurances " et de son article 13.1 " Principes généraux " : " Le titulaire est lié par une obligation de résultats envers le donneur d'ordres. (). Dans le cadre de cette obligation de résultats, le titulaire assume la double responsabilité de son fait personnel et de ses substitués (). Le titulaire ne peut pas se dégager sous prétexte qu'il n'a personnellement commis aucune faute et renvoyer au donneur d'ordres à agir directement contre ses substitués. La preuve que le dommage est imputable à tel ou tel substitué ne peut lui servir que pour l'exercice d'une action récursoire ".
15. Il résulte de l'instruction que le marché public a été conclu par le ministre des armées avec la société requérante, par acte d'engagement signé le 26 juin 2013. Il est constant que l'objet du marché, précisé à l'article 1er du CCAP, comprend non seulement des prestations de fret par voie ferroviaire mais aussi des prestations particulières telles que le déchargement. Il résulte également de l'instruction que le ministère des armées a émis un bon de commande le 7 décembre 2016 conformément à l'article 6 du CCAP, pour une prestation de déchargement de sept véhicules non roulants à effectuer le 5 janvier 2017 au moyen d'une grue de 50 tonnes et pour un montant total de 3 828 euros HT. Il résulte enfin de l'instruction et notamment des observations de la société MCM Levage que la société SNCF Mobilités a elle-même choisi son sous-traitant et a commandé à cette dernière cette prestation qu'elle a ensuite réalisée, comme l'indiquent sa fiche d'intervention et le compte-rendu d'incident du représentant du ministère des armées effectué par courriel le 10 janvier 2017. Par suite et conformément à l'article 13.1 du CCAP précité, la société FRET SNCF n'est pas fondée à soutenir que la créance ne lui est pas imputable.
S'agissant de l'absence de constatation contradictoire des dommages :
16. Au cas d'espèce, s'il est constant qu'une expertise a été organisée le 4 juillet 2017 à laquelle a assisté l'ensemble des parties, il résulte de l'instruction qu'elle a été effectuée à la demande de l'assureur de la société MCM Levage et pour son compte uniquement et qu'elle ne revêt pas le caractère d'une expertise diligentée par le tribunal de commerce ou le président du tribunal judiciaire, conformément à l'article L. 133-4 du code du commerce. Toutefois, il résulte de l'article 9.5.5 du CCAP que des modalités particulières de constatation des dommages et avaries ont été prévues dont la méconnaissance n'est pas contestée alors que, par ailleurs, le juge du contrat n'est pas, en l'espèce, le juge judiciaire mais le juge administratif. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 133-4 du code du commerce doit être écarté.
S'agissant de l'exonération de responsabilité de la société FRET SNCF :
17. La société requérante soutient que l'administration a commis une faute en ne définissant aucun protocole de déchargement précis. De plus, le PPLD endommagé souffrait déjà, selon elle, d'une fragilité au niveau de son châssis, expliquant probablement sa rupture lors du déchargement, comme l'a indiqué le représentant du ministère des armées lui-même dans son compte-rendu d'incident.
18. Aux termes de l'article 13.5.1 du CCAP intitulé " Causes générales d'exonération " : " Le titulaire est déchargé de toute responsabilité dans la mesure où la perte, l'avarie () a eu pour cause une faute du donneur d'ordres, de l'expéditeur ou du destinataire, un ordre de ces derniers ne résultant pas d'une faute du titulaire, un vice propre de la marchandise ou, en cas de force majeure défini par la jurisprudence administrative française. Pour se libérer, le titulaire doit établir de façon certaine que le dommage provient de telle ou telle de ces causes d'exonération et doit fournir à cet effet une preuve complète. () ".
19. Au cas d'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que le ministère des armées ait commis une faute en tant que donneur d'ordres, expéditeur et destinataire des PPLD, aucune disposition contractuelle le liant au titulaire du marché n'impliquant la définition d'un protocole de déchargement. Au surplus, il résulte des conditions générales de location de la société MCM Levage que celle-ci assure la maîtrise complète de l'opération comprenant les études et la réalisation de la prestation de levage, le client s'engageant uniquement à donner par écrit des précisions sur les caractéristiques de l'objet à lever ou manutentionner, informations que le ministère des armées justifie avoir données. A ce titre, il n'est pas contesté que le ministère des armées a transmis, la veille de l'opération, à la société MCM Levage, des photos et des informations concernant le poids des PPLD. La société requérante n'établit pas non plus que le dommage causé au PPLD endommagé résulterait d'un vice propre à celui-ci, le seul compte-rendu du 10 janvier 2017 du lieutenant-colonel B évoquant l'éventualité d'une fragilité du châssis dudit véhicule étant insuffisant pour l'établir de façon certaine. Enfin, il résulte de l'instruction que la société MCM a elle-même demandé des précisions techniques au fabricant du PPLD et n'a pas attendu la réponse de ce dernier.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge de la somme mise à sa charge par le titre de perception litigieux ni l'annulation dudit titre ainsi que l'annulation de la décision du ministère des armées rejetant son recours administratif préalable.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la société FRET SNCF au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
22. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que présente le ministre des armées au titre des mêmes dispositions.
23. De plus, la société MCM Levage, qui n'est pas une partie à l'instance, ne peut utilement présenter des conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'admission volontaire de la société MCM Levage est admise.
Article 2 : La requête de la société FRET SNCF est rejetée.
Article 3 : L'ensemble des conclusions de la société MCM Levage sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions du ministre des armées présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société FRET SNCF, au ministre des armées et à la société MCM Levage.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 12 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Gosselin, président,
- Mme Vincent, première conseillère,
- Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.
La rapporteure,
signé
L. Vincent
Le président,
signé
C. GosselinLa greffière,
signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026