jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2103863 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET MATTEI - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mai 2021, M. B A, représenté par Me Mattei, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 100 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration fiscale ne démontre pas qu'il a exercé une activité professionnelle individuelle, indépendante et occulte en France, et ainsi le principe même de la taxation et de l'assujettissement des sommes en litige dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, sans qu'elle puisse opposer les dispositions de l'article 155 A du code général des impôts ;
- la méthode de reconstitution des recettes est radicalement viciée dans son principe ou excessivement sommaire, en ce qu'il ne peut être taxé au titre de sommes figurant sur des factures émises et édictes à destination et au profit d'un tiers, ou celles transférées par virement à destination et au profit d'un tiers sans méconnaître le fait générateur de l'impôt, et en ce qu'elle ne prend pas en compte l'existence de charges et de frais déductibles.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mathé, rapporteure,
- et les conclusions de M. Armand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle des déclarations de revenus de l'année 2016 de M. B A, le vérificateur lui a transmis une proposition de rectification datée du 16 décembre 2019, par laquelle il lui a notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de cette année, assorties d'intérêts de retard et de la majoration de 80% prévue à l'article 1728 du code général des impôts, pour un montant total de 21 410 euros. Après mise en recouvrement de cette somme, M. A a formé, par un courrier du 2 novembre 2020, une réclamation contentieuse, qui a été rejetée par le service par une décision du 9 mars 2021. Par sa requête, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes du I de l'article 155 A du code général des impôts : " Les sommes perçues par une personne domiciliée ou établie hors de France en rémunération de services rendus par une ou plusieurs personnes domiciliées ou établies en France sont imposables au nom de ces dernières : / - soit, lorsque celles-ci contrôlent directement ou indirectement la personne qui perçoit la rémunération des services ; / - soit, lorsqu'elles n'établissent pas que cette personne exerce, de manière prépondérante, une activité industrielle ou commerciale, autre que la prestation de services ; / - soit, en tout état de cause, lorsque la personne qui perçoit la rémunération des services est domiciliée ou établie dans un Etat étranger ou un territoire situé hors de France où elle est soumise à un régime fiscal privilégié au sens mentionné à l'article 238 A ". Les prestations dont la rémunération est ainsi susceptible d'être imposée entre les mains de la personne qui les a effectuées correspondent à un service rendu pour l'essentiel par elle et pour lequel la facturation par une personne domiciliée ou établie hors de France ne trouve aucune contrepartie réelle dans une intervention propre de cette dernière, permettant de regarder ce service comme ayant été rendu pour son compte. Ces dispositions ne dispensent pas l'administration, pour soumettre cette rémunération à l'impôt sur le revenu entre les mains de la personne ayant rendu les services, de faire application des règles de taxation relatives à la catégorie de revenus dont elle relève. La détermination de cette catégorie ne saurait dépendre que de l'analyse des relations existant entre la personne qui a rendu pour l'essentiel les services facturés et le bénéficiaire de ces services.
3. D'autre part, aux termes de l'article 92 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : " 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus () ".
4. D'une part, il résulte des mentions non contestées de la proposition de rectification du 16 décembre 2019, que la société française Metric et la société marocaine Satisfactory ont conclu, le 2 janvier 2016, un contrat de convention de services, qui stipule que la dernière pourra proposer à la première le détachement de certains de ses collaborateurs pour des missions de détachement en France, que l'annexe datée du 1er juin 2016 à ce contrat, qui constitue la lettre de mission de M. A, prévoit que ce dernier demeure l'intervenant pour les prestations de services réalisées au nom de la société Metric du 2 janvier au 31 décembre 2016 à Neuilly-sur-Seine (France) pour le compte de la société Logteam, que des factures de prestations de services réalisées par la société Satisfactory pour la société Metric, s'élevant à un montant total de 45 566 euros en 2016, ont été versées sur le compte de la société Satisfactory détenu dans une banque située à Casablanca, que de simples relevés d'activités de M. A pendant l'année 2016 ont été effectués, qu'un contrat-cadre d'assistance technique a été signé le 3 septembre 2015 entre la société Metric et la société Logteam, ainsi que des factures de prestations de services réalisées par la société Metric pour le compte de la société Logteam entre janvier et septembre 2016. Compte tenu de ces éléments, M. A a effectué la prestation qui correspond à un service rendu pour l'essentiel par lui et pour lequel la facturation par la société Satisfactory ne trouve aucune contrepartie réelle dans une intervention qui lui aurait été propre, permettant de regarder ce service comme ayant été rendu pour son compte. En outre, il n'est pas contesté que la société Satisfactory se livre exclusivement à une activité de prestation de services, de sorte qu'elle n'exerce pas, au sens des dispositions de l'article 155 A du code général des impôts, de manière prépondérante, une activité industrielle ou commerciale autre que la prestation de services en cause. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a regardé les rémunérations versées par la société Metric à la société Satisfactory, comme entrant dans les prévisions de l'article 155 A du code général des impôts, et les a ainsi imposées à l'impôt sur le revenu au nom de M. A, peu important à cet égard qu'il n'en ait pas été le bénéficiaire ni même le destinataire.
5. D'autre part, compte tenu des éléments mentionnés au point précédent, et alors même que la facturation, les contrats et les flux financiers sont établis entre la société Metric et la société Satisfactory, l'activité de consultant en informatique exercée par M. A en France au cours de l'année 2016 doit être regardée comme une activité professionnelle, individuelle et indépendante, dont les revenus sont taxables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux sur le fondement des dispositions de l'article 92 du code général des impôts.
6. En deuxième lieu, les rectifications en litige ne procédant pas d'une reconstitution de recettes à la suite d'un rejet de comptabilité, mais d'une application des dispositions des articles 92 et 155 A du code général des impôts, le requérant ne peut utilement soutenir que la méthode de reconstitution de recettes suivie par le vérificateur est radicalement viciée dans son principe ou excessivement sommaire, en ce qu'il ne peut être taxé au titre de sommes figurant sur des factures émises et édictes à destination et au profit d'un tiers, ou celles transférées par virement à destination et au profit d'un tiers sans méconnaître le fait générateur de l'impôt et en ce qu'elle ne prend pas en compte l'existence de charges et de frais déductibles. En outre, le requérant ne produit aucun élément probant de nature à justifier la déductibilité de charges et de frais.
7. En dernier lieu, il résulte des articles L. 169 et L. 176 du livre des procédures fiscales que dans le cas où un contribuable n'a ni déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire, ni fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, son activité est réputée occulte s'il n'est pas en mesure d'établir qu'il a commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives.
8. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit précédemment, que M. A a exercé une activité de consultant en informatique en France au cours de l'année 2016, rémunérée par la société marocaine Satisfactory pour le compte de la société française Metric, et relevant de la catégorie des bénéfices non commerciaux. En outre, il résulte des mentions non contestées de la proposition de rectification du 16 décembre 2019 que M. A n'a pas accompli les formalités nécessaires auprès des centres de formalités des entreprises, ni souscrit une déclaration annuelle de résultat conformément à l'article 97 du code général des impôts. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'administration fiscale ne démontre pas le caractère occulte de l'activité en cause, à le supposer soulevé, et quelle que soit la portée qu'entend lui donner le requérant, doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge, en droits et en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Ouardes, président,
- M. de Miguel, premier conseiller,
- Mme Mathé, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
C. MathéLe président,
P. OuardesLa greffière,
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026