jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104135 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | DELOFFRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 mai 2021 et 31 janvier 2022, la société civile de construction-vente (SCCV) du Vieux Logis, représentée par Me Deloffre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mis à sa charge au titre de l'année 2014, à hauteur de 14 169 euros en droits et 1 360 euros en pénalités, soit un total de 15 529 euros ;
2°) de prononcer la restitution du solde de crédit de TVA d'un montant de 18 098,54 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi que la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée car elle n'est pas en mesure de savoir sur quelles opérations l'administration s'est fondée pour maintenir les rappels de TVA, ce qui ne l'a pas mise en mesure d'y répondre utilement ;
- elle a retenu à tort un taux de TVA de 19,6 % au lieu de 7 % et, de ce fait, déclaré un montant trop élevé de taxe ; elle s'estime ainsi fondée à solliciter le remboursement de la TVA trop versée ;
- elle est également fondée à solliciter la restitution d'un crédit de TVA de 33 666 euros, ramené à 18 098,54 euros après dégrèvement partiel intervenu en cours d'instruction ;
- si l'administration soutient avoir restitué une partie du crédit de TVA, elle ne l'a pas perçu totalement en raison d'un changement de compte bancaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 novembre 2021 et 5 juin 2023, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au non-lieu partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- un dégrèvement partiel d'un montant de 3 883 euros a été prononcé le 15 novembre 2021 ;
- la proposition de rectification est suffisamment motivée ;
- le crédit de TVA a été restitué et les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Miguel, rapporteur,
- et les conclusions de M. Armand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile de construction-vente (SCCV) du Vieux Logis, ayant son siège à Vigneux-sur-Seine (Essonne) exerce une activité de marchand de biens immobiliers en état futur d'achèvement. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014, à l'issue de laquelle une proposition de rectification lui a été adressée le 19 décembre 2016, notifiant des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée selon la procédure d'évaluation d'office, ainsi que des majorations pour opposition à contrôle fiscal. Par une réponse aux observations du contribuable du 28 avril 2017, puis une réponse au recours hiérarchique du 10 mai 2017, l'administration a maintenu partiellement les rectifications envisagées. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 16 septembre 2019, pour un montant de 19 412 euros en droits et pénalités, en ce qui concerne la TVA pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2014. La SCCV du Vieux Logis a formé une réclamation contentieuse le 17 mars 2021, rejetée par une décision du 26 mars 2021. Elle demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de prononcer la décharge des rappels de TVA mises à sa charge au titre de l'année 2014, à hauteur de 14 169 euros en droits et 1 360 euros en pénalités, soit un total de 15 529 euros et de prononcer la restitution du solde de crédit de TVA d'un montant de 18 098,54 euros.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 15 novembre 2021, postérieure à l'enregistrement de la requête, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines a accordé à la SCCV du Vieux Logis un dégrèvement de 3 543 euros en droits et 340 euros en pénalités. Par suite, le litige concernant les rappels de TVA mises à la charge de la société requérante au titre de l'année 2014, s'établit dans le dernier état de l'instruction, à 14 169 euros en droits et 1 360 euros en pénalités, soit un total de 15 529 euros.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
3. Aux termes de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions ".
4. La SCCV du Vieux Logis soutient que la proposition de rectification qui lui a été adressée le 19 décembre 2016 n'est pas suffisamment motivée en ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée, dès lors qu'elle ne permet pas d'identifier les opérations qui sont à l'origine des rappels en cause. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification indique les motifs de droits et les éléments ayant servi au calcul des impositions établies d'office, en précisant notamment la liste des ventes en état futur d'achèvement constatées par acte notarié et réalisées sur la période concernée, avec les dates de vente, les lots, l'identité des acquéreurs et les montants des transactions, ainsi que le détail du calcul de TVA collectée au regard du taux et des montants des transaction et l'absence de prise en compte de la TVA déductible en raison de l'opposition à contrôle, aucun justificatif n'étant produit. Par ailleurs, le bénéfice soumis à l'impôt sur les sociétés étant déterminé au regard de l'ensemble des produits acquis et des dépenses engagées au cours d'une même période, alors que la taxe sur la valeur ajoutée est déterminée par les opérations ayant fait l'objet d'un règlement au cours de la période, la société SCCV du Vieux Logis n'est pas fondée à soutenir que l'abandon des rehaussements en matière d'impôt sur les sociétés devait se traduire par une diminution des rappels de TVA au titre de la même période. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la proposition de rectification doit être écarté.
Sur le bien-fondé des rappels de TVA :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
5. Aux termes de l'article L. 74 du livre des procédures fiscales : " Les bases d'imposition sont évaluées d'office lorsque le contrôle fiscal ne peut avoir lieu du fait du contribuable ou de tiers. / Ces dispositions s'appliquent en cas d'opposition à la mise en œuvre du contrôle dans les conditions prévues aux I et II de l'article L. 47 A () ". Aux termes de l'article L. 193 du même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ".
6. Il résulte de l'instruction que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels la SCCV du Vieux Logis a été assujettie au titre de l'année 2014 ont été établis à l'issue d'une procédure de taxation d'office diligentée à l'encontre de la société requérante en application de l'article L. 74 du livre des procédures fiscales, du fait de l'opposition au contrôle qui résulte du procès-verbal dressé le 15 février 2016. Dès lors, en application de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales, elle supporte la charge d'établir l'exagération des impositions mises à sa charge.
En ce qui concerne la TVA collectée :
7. La société requérante soutient qu'en raison d'une erreur dans le taux de TVA déclarée sur les opérations immobilières réalisées en 2013 et 2014, elle a déclaré un montant trop élevé de taxe, résultant de la vente des 16 lots constitué à la suite de l'acquisition de l'immeuble acquis à Vigneux-sur-Seine, et cédés en 2013 et 2014 suivants actes notariés. Sur ces opérations, la société SCCV du Vieux Logis soutient que la TVA collectée s'est élevée à 185 615,91 euros et la TVA déclarée à 199 629 €, soit une différence en sa faveur de 11 723,37 euros, dès lors qu'elle aurait déclaré correctement les sommes auxquelles s'appliquaient le taux de TVA à 20%, tandis que sur les sommes à déclarer au taux de de 19,6%, elle aurait déclaré 19 459,67 euros en trop et 7 736,3 euros en moins au titre de la TVA au taux de 7%, en raison d'une erreur matérielle.
8. Il résulte toutefois de l'instruction, notamment de la proposition de rectification et de la décision rejetant la réclamation contentieuse, que lors des opérations de vérification le service a compilé les déclarations CA3 déposées par la société en 2013 et 2014, qui font apparaître des montants effectivement déclarés de 102 970 euros de TVA pour 2013 et de 70 423 euros pour 2014, soit 173 393 euros, et non 199 629 euros comme soutenu par la requérante. Selon le rapprochement avec les encaissements bancaires effectué par le service, la TVA qui aurait dû être déclarée s'élève à 111 812,19 euros pour 2013 et 88 132,52 euros en 2014, soit 199 945 euros. Au titre de l'année 2014, seule en cause dans le dernier état de l'instruction, l'insuffisance déclarative s'est élevée à 14 169 euros, compte tenu du dégrèvement intervenu en cours d'instruction le 15 novembre 2021. Dans ces conditions, la société du Vieux Logis n'apporte pas la preuve qui lui incombe, du caractère exagéré des impositions mises à sa charge.
En ce qui concerne la restitution du crédit de TVA :
9. Si la société requérante persiste à solliciter la restitution du crédit de TVA en soutenant qu'elle n'a pas perçu les sommes en cause de manière effective, faute de disposer d'un compte bancaire à la date de la restitution, elle ne le démontre pas en se bornant à produire une attestation d'un établissement bancaire indiquant que la SCCV du Vieux Logis détient un compte bancaire dans ses livres, ouvert le 10 janvier 2019. Surtout, l'administration justifie avoir répondu favorablement le 12 juin 2018 à la demande de restitution d'un crédit de TVA de 40 000 euros, présenté par la société requérante le 10 octobre 2016, cette somme ayant fait l'objet pour partie d'une imputation sur les dettes fiscales de la société, pour une autre partie d'une restitution par comptabilisation sur un compte provisoire, en l'absence de compte bancaire détenu par la société. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à solliciter, dans le dernier état de ses écritures, la restitution du crédit de TVA restant dû selon elle, d'un montant de 18 098,54 euros.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la SCCV du Vieux Logis n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et en pénalités, des rappels de TVA, mis à sa charge au titre de l'année 2014 ni à solliciter la restitution d'un crédit de TVA.
Sur les frais liés au litige :
11. La société requérante ne justifiant d'aucuns dépens, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante au principal, verse à la SCCV du Vieux Logis la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCCV du Vieux Logis est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV du Vieux Logis et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Dely, présidente,
- M. de Miguel, premier conseiller,
- Mme Mathé, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
Le rapporteur,
F-X de MiguelLa présidente,
I. Dely
La greffière,
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026