lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104526 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Président LE GARS |
| Avocat requérant | LESAGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2021, M. D A représenté par Me Lesage demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 20 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de prendre en compte le stage de sensibilisation qu'il a effectué du 28 au 29 septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de créditer 4 points sur son permis de conduite et de retirer sa décision 48SI invalidant son permis de conduire pour solde de points nul ;
3°) de mettre à la charge à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient qu'il a suivi d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière dispensé du 28 au 29 septembre 2020 soit antérieurement à la notification d'une décision " 48SI " invalidant son permis de conduire pour solde de points nul.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'attestation de suivi de stage n'a pu être prise en compte car le centre de sensibilisation à la sécurité routière l'ayant délivré a été signalé comme un organisme frauduleux dispensant des stages fictifs.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Julien Le Gars, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 19 septembre 2022, en présence de Mme Dalla Guarda, greffière, M. A et le ministre de l'intérieur n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 16 février 2021, reçu par l'administration le 19 février 2021, M. A a demandé à ce que les points correspondants au stage de conduite du 28 au 29 septembre 2020 soit pris en compte sur le capital de point de son permis de conduire. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet née le 20 avril 2021.
2. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route : " Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. () ". Aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " I. - Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II. - L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III. - Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que lorsque le conducteur a reçu, avant le dernier jour du stage qu'il a réalisé en vue de reconstituer le capital des points affectés à son permis de conduire, la notification régulière d'une décision référencée "48SI" par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son titre pour défaut de points, l'administration est tenue de refuser de procéder à la réattribution des points ainsi obtenus.
4. Il résulte de l'instruction que M. A se prévaut d'une attestation de suivi d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière dispensé du 28 au 29 septembre 2020 par le centre " C permis de conduire ", soit antérieurement à la notification, le 27 octobre 2021, de la décision " 48SI " mentionnée sur le relevé d'information intégral. Dans son mémoire en défense, le ministre de l'intérieur fait valoir que le préfet des Yvelines a, le 1er février 2021 et dans le cadre de l'article 40 du code de procédure pénale, saisi le procureur de la République près le Tribunal judiciaire de Versailles d'une suspicion de fraude au sein de ce centre de sensibilisation à la sécurité routière qui aurait effectué 62 stages fictifs entre juin 2019 et janvier 2021.
5. Toutefois, la circonstance que le préfet des Yvelines a, dans le cadre de l'article 40 du code de procédure pénale, saisi le procureur de la République près le Tribunal judiciaire de Versailles le 1er février 2021 ne permet pas, par elle-même et en absence d'éléments indiquant les suites judiciaires qui ont été données à cette saisine, de regarder la fraude reprochée à M. A comme établie.
6. Il résulte de ce qui précède que, en l'état de l'instruction, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet du 20 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de prendre en compte le stage de sensibilisation qu'il a effectué du 28 au 29 septembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une décision dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
8. Le présent jugement implique nécessairement que le ministre attribue quatre points sur le capital du permis de conduire de M. A par application de l'article L. 223-6 du code de la route et réexamine la situation du requérant en tirant lui-même toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement au requérant de la somme de 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 20 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de prendre en compte le stage de sensibilisation effectué par M. A du 28 au 29 septembre 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur d'attribuer quatre points sur le permis de conduire de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de réexaminer la situation de M. A pour en tirer les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
J. CLa greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104526
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026