vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104608 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 juin 2021 et 8 juin 2021, M. C D, représenté par la Selafa Cabinet Cassel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2021 rejetant sa réclamation présentée le 5 février 2021 et tendant à l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur émise le 21 décembre 2020 à son encontre, portant sur un montant de 6 215,34 euros ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant deux mois par la direction générale des finances publiques à la suite du dépôt de sa réclamation présentée le 5 février 2021 ;
3°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur émise le 21 décembre 2020 à son encontre, portant sur un montant de 6 215,34 euros ;
4°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 6 215,34 euros procédant de cette saisie administrative à tiers détenteur effectuée le 21 décembre 2020 ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la saisie administrative à tiers détenteur litigieuse est entachée d'irrégularité en la forme, dès lors qu'elle n'est revêtue d'aucune signature manuscrite ;
- il s'est acquitté de sa quote-part de taxe foncière 2016 et 2017 sur le bien de sa mère qui a été légué en indivision à ses deux frères et lui-même, chacun pour un tiers, de sorte qu'il n'est pas redevable de la somme procédant de la saisie administrative à tiers détenteur du 21 décembre 2020.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une lettre du 24 janvier 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés, d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des décisions prises sur l'opposition à la saisie administrative à tiers détenteur datée du 3 février 2021 et notifiée le 5 février 2021, qui ne sont pas susceptibles de faire l'objet d'un recours contentieux, ainsi que de la saisie administrative à tiers détenteur du 21 décembre 2020, le juge administratif étant incompétent pour annuler un acte de poursuite, et, d'autre part, de ce que le juge administratif n'est pas compétent pour connaître de la régularité de la forme d'un acte de poursuite.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mathé, rapporteure,
- et les conclusions de M. Armand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite du décès de Mme A B, veuve D, le 9 juillet 2014, le bien immobilier dont elle était propriétaire, situé 96, rue Moser à Paray-Vieille-Poste (Essonne), a été légué en indivision à M. C D et ses deux frères, à raison d'un tiers pour chacun d'eux. Le 21 décembre 2020, le comptable public du service des impôts des particuliers de Juvisy-sur-Orge (Essonne) a effectué, auprès de l'office notarial situé à Savigny-sur-Orge (Essonne), une saisie administrative à tiers détenteur d'un montant de 6 215,34 euros, afin de recouvrer les cotisations de taxe foncière et de taxe sur les logements vacants mises à sa charge respectivement au titre des années 2016, 2017, 2019 et 2020 et au titre des années 2019 et 2020, après avoir tenu compte des sommes déjà versées, d'un montant total de 3 381,66 euros. Par un courrier du 3 février 2021, notifié le 5 février 2021, M. D a formé une opposition aux poursuites, qui a été implicitement rejetée à la suite du silence gardé pendant deux mois sur cette demande, avant d'être explicitement rejetée par une décision du 2 juin 2021. Par sa requête, M. D demande au tribunal d'annuler ces deux décisions ainsi que la saisie administrative à tiers détenteur du 21 décembre 2020, et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 6 215,34 euros procédant de celle-ci.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions rejetant l'opposition aux poursuites :
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ". Aux termes de l'article L. 199 du même livre : " En matière d'impôts directs et de taxes sur le chiffre d'affaires ou de taxes assimilées, les décisions rendues par l'administration sur les réclamations contentieuses et qui ne donnent pas entière satisfaction aux intéressés peuvent être portées devant le tribunal administratif () ".
3. Les décisions par lesquelles l'administration chargée du recouvrement de l'impôt statue sur les réclamations contentieuses des contribuables ne constituent pas des actes détachables de la procédure d'imposition. Elles ne peuvent, en conséquence, être déférées à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions du requérant tendant à l'annulation des décisions par lesquelles l'administration fiscale a rejeté l'opposition aux poursuites formée par un courrier du 3 février 2021 sont irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées.
En ce qui concerne la saisie administrative à tiers détenteur :
4. En application des dispositions de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, citées au point 2, le juge administratif est compétent, en sa qualité de juge de l'impôt, pour décider de la décharge de l'obligation de payer consécutive à des impositions relevant de sa compétence, seul le juge judiciaire peut prononcer l'annulation d'une saisie administrative à tiers détenteur. Par suite, les conclusions de M. D tendant à l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur du 21 décembre 2020 doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer :
5. En premier lieu, si le requérant soutient que la saisie administrative à tiers détenteur en litige n'est revêtue d'aucune signature manuscrite et est ainsi entachée d'une irrégularité en la forme, cette contestation, qui ne remet pas en cause l'obligation au paiement, le montant de la dette compte tenu des paiements effectués ou l'exigibilité de la somme réclamée, mais qui a trait à la régularité en la forme de cet acte de poursuite, comme le soutient d'ailleurs le requérant, n'est pas au nombre de celles qui peuvent être soumises à la juridiction administrative en application des dispositions de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales.
6. En second lieu, le requérant n'établit pas avoir versé au Trésor public la somme restant due pour la taxe foncière établie au titre des années 2016 et 2017, d'un montant de 393 euros au titre de chacune de ces deux années, ni même une somme correspondant à sa quote-part qui ne serait pas incluse dans celles déjà versées à ce titre, d'un montant respectif de 1 318 euros et de 1 257 euros, et qui n'aurait pas été prise en compte dans le calcul du montant mentionné dans la saisie administrative à tiers détenteur du 21 décembre 2020. En outre, il résulte de l'instruction que le montant de la somme procédant de cette saisie administrative à tiers détenteur comprend également la taxe foncière et la taxe sur les logements vacants établies, pour chacune d'elles, au titre des années 2019 et 2020, dont il n'est pas établi, ni même soutenu, que M. D se serait acquitté de sa quote-part.
7. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 6 215,34 euros procédant de la saisie administrative à tiers détenteur du 21 décembre 2020.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande le requérant au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au directeur départemental des finances publiques de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Ouardes, président,
- M. de Miguel, premier conseiller,
- Mme Mathé, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.
La rapporteure,
C. MathéLe président,
P. Ouardes
La greffière,
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026