mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104710 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL F. NAIM |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 7 juin 2021, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Versailles la requête et le mémoire enregistrés le 25 novembre 2020 et 19 mai 2021 déposés par M. A C. Ils ont été enregistrés au greffe du tribunal le 7 juin 2021 ;
Par cette requête et un mémoire, enregistrés les 25 novembre 2020 et 19 mai 2021, M. C , représenté par Me Naïm , demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre de l'année 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- il exerçait exclusivement une activité salariée à temps plein pour la société Dujardin taxis via la plateforme G7 ; en conséquence, le chiffre d'affaires réalisé au titre des courses exécutées via G7, obtenu par l'administration fiscale au titre de son droit à communication, correspond aux recettes versées à la société Dujardin taxis ;
- le compte BCP sur lequel auraient été versées les sommes par la G7 en 2014 n'a été ouvert que le 3 mars 2015 et clôturé le 12 aout 2016 ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 9 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 décembre 2022 à 10 heures.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. C exerce la profession de chauffeur de taxi. Il a fait l'objet d'un contrôle sur pièces, diligenté selon la procédure de rectification contradictoire, à la suite duquel l'administration fiscale a rehaussé ses bénéfices industriels et commerciaux au titre de l'année 2014 et rectifié en conséquence ses revenus imposables. Elle lui a en conséquence assigné des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux d'un montant de 8 858 euros en droits et pénalités, au titre de l'année 2014. M. C en demande la décharge par la présente requête.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable (). ". M. C, qui n'a pas formulé d'observation en réponse à la proposition de rectification du 21 décembre 2017, supporte la charge de la preuve en application des dispositions précitées.
3. Il résulte de l'instruction que pour rehausser à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, l'administration s'est fondée sur une réponse obtenue par l'exercice de son droit de communication auprès de la société Taxis G7, qui a révélé que M. C avait perçu de cette société en 2014 des recettes d'un montant total de 48 611 euros, virées par cette société sur un compte ouvert au nom de l'intéressé à la banque BCP. Cependant, le renseignement ainsi recueilli par l'administration auprès d'un tiers, qui fait du reste apparaître une somme de 48 339,21 euros et non de 48 611 euros, n'est corroboré par aucune constatation propre à l'activité du requérant. M. C, quant à lui, verse au dossier ses bulletins de salaires de l'année 2014 et une déclaration annuelle des données sociales unifiée, desquels il ressort qu'en 2014 il était employé comme chauffeur de taxi salarié par la société Dujardin Taxis SARL. Il ressort de ces pièces qu'en 2014, M. C était employé entre 147 et 154 heures par mois par cette société, qu'il percevait un salaire fixe journalier ainsi qu'un salaire proportionnel, correspondant à 30 % du chiffre d'affaires toutes taxes comprises réalisé par lui au cours du mois. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que M. C a déclaré à l'administration fiscale au titre de l'année 2014, un montant de salaires de 16 562 euros, correspondant à celui ressortant des bulletins de salaires. Par ailleurs, le requérant soutient sans être contredit qu'à compter du 1er février 2015, il a exercé son activité en qualité de taxi indépendant et non plus salarié et produit une attestation du directeur de l'agence Paris Monceau de la banque BCP, précisant que le compte sur lequel la somme de 48 611 euros aurait, selon l'administration, été versée en 2014, n'a été ouvert que le 3 mars 2015. Si le service fait valoir qu'il ressort du " contrat radio " passé avec la société Taxis G7 que les chauffeurs liés à cette société exercent leur profession sous le statut de travailleur indépendant, il ressort au contraire des stipulations de ce contrat que M. C était chauffeur salarié de la société Dujardin Taxis et que la société " Taxis G7 " a recours tant à des chauffeurs de taxi indépendants qu'à des chauffeurs salariés. La circonstance, invoquée en défense, que la case " chauffeur de taxi salarié de la société Dujardin " ait été cochée à l'encre bleue ne saurait remettre en cause le caractère probant du contrat, à en-tête de la société Dujardin et signé par le requérant de la même encre bleue Dans ces conditions, M. C doit être regardé comme apportant la preuve qui lui incombe en application de l'article R. 194 -1 du livre des procédures fiscales, de ce qu'en 2014 il ne pouvait avoir la qualité de taxi indépendant et ne pouvait avoir perçu, à ce titre, un montant de recettes de 48 611 euros. Il apporte ainsi la preuve qui lui incombe de l'exagération des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à sa charge auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 et des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il a y lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est déchargé, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre de l'année 2014.
Article 2 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Winkopp-Toch, première conseillère,
M. Thivolle , conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023 .
La rapporteure,
Signé
A. B
Le président,
Signé
Ph. DelageLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026