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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2105309

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2105309

mardi 3 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2105309
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantGROSMAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par ordonnance n°2107143 du 23 juin 2021, enregistrée le 24 juin 2021 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête de M. et Mme C B.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 7 avril 2021, M. et Mme B, représentés par Me Grosman, demandent au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012 et 2013 à concurrence des revenus qu'ils soutiennent avoir déclarés à tort dans la catégorie des traitements et salaires.

Ils soutiennent que :

- les sommes réintégrés dans la catégorie des revenus fonciers et des bénéfices industriels et commerciaux à l'issue de la vérification de comptabilité de la SARL Construction Gom avaient déjà été déclarées dans la catégorie des traitements et salaires en 2012 et 2013 ; ces sommes ne sauraient être imposées deux fois ; par conséquent, ils doivent être déchargés des impositions assises sur le montant erroné des traitements et salaires déclarés, à hauteur de 23 000 euros en 2012 et 22 680 euros en 2013.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 juin 2023 le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par M. et Mme B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 7 mars 2023, l'instruction a été rouverte dans cette affaire. Par une ordonnance du 27 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 31 août 2023 à 10h00.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Thivolle,

- les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Tirant les conséquences de la vérification de comptabilité de la SARL Construction Gom, l'administration a notifié à M. et Mme C B, dans le cadre d'un contrôle sur pièces, par une proposition de rectification du 4 novembre 2015, des rehaussements dans les catégories des bénéfices industriels et commerciaux et des revenus fonciers. M. et Mme B, qui soutiennent avoir déclaré à tort comme des traitements et salaires les sommes ainsi réintégrés dans leur revenu imposable dans d'autres catégories, demandent au tribunal de prononcer la réduction des suppléments mis à leur charge au titre des années 2012 et 2013 à concurrence des droits assis sur les revenus déclarés dans la catégorie des traitements et salaires.

Sur le bien-fondé des conclusions à fins de réduction

En ce qui concerne la charge de la preuve

2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré () ".

3. M. et Mme B, qui ne contestent pas avoir été destinataires du pli contenant la proposition de rectification du 4 novembre 2015, toutefois retourné au service avec la mention " avisé non-réclamé ", n'ont pas formulé d'observations en réponse aux rectifications qui leur ont ainsi été notifiées. Il s'ensuit qu'il leur appartient d'apporter la preuve du caractère exagéré des impositions auxquelles ils ont été assujettis.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'existence d'une double imposition

4. Il résulte de l'instruction que, pour procéder au rehaussement des bases d'imposition de M. et Mme B au titre des deux années en litige, le service a relevé que la vérification de comptabilité de la SARL Construction Gom avait permis de mettre en évidence la perception, par les requérants, de revenus non déclarés tirés d'une part de la location d'un dépôt dont M. et Mme B sont propriétaires, pour un montant de 10 735 euros en 2012 et de 18 030 euros en 2013, qui ont été imposés dans la catégorie des revenus fonciers, et d'autre part de la location d'un véhicule dont M. B est propriétaire, facturée à la société à hauteur de 18 000 euros en 2012 et de 14 400 euros en 2013, montants imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Le service a relevé, enfin, que Mme A D, épouse de M. C B, avait perçu de la société des rémunérations de la SARL Construction Gom à hauteur de 5 510 euros, imposables dans la catégorie des traitements et salaires.

5. M. et Mme B soutiennent qu'ils ont déclaré à tort les sommes provenant de la location d'un dépôt et d'un véhicule au titre de ces mêmes années dans la catégorie des traitements et salaires et que celles-ci feraient, par conséquent, l'objet d'une double imposition.

6. S'il résulte de l'instruction que M. B a porté dans sa déclaration de revenus dans la catégorie des traitements et salaires, au titre de ces deux années, des montants de, respectivement, 23 300 euros et 22 680 euros, ces montants ne correspondent toutefois pas aux montants des rehaussements qui leur ont été notifiés par la proposition de rectification du 4 novembre 2015, qui s'élèvent, ainsi qu'il a été rappelé au point 5 ci-dessus, à 28 735 euros au titre de l'année 2012 et 32 430 euros au titre de l'année 2013. S'ils se prévalent également d'un relevé de carrière de M. C B, délivré par l'assurance retraite, en faisant valoir que celui-ci ne mentionne aucune activité salariée au titre des années en litige, ce seul élément n'est pas de nature à établir que les montants initialement déclarés par eux dans la catégorie des traitements et salaire au titre des années 2012 et 2013 correspondraient en tout ou partie aux sommes sur lesquelles sont fondées les rehaussements litigieux, eu égard, en particulier, à la divergence des montants en cause, laquelle n'est justifiée par aucun autre élément du dossier ni par aucune explication circonstanciée. Par suite, les requérants n'apportent pas la preuve, qui leur incombe, de ce que les sommes réintégrées dans leur revenu imposable dans les catégories des revenus fonciers et des bénéfices industriels et commerciaux correspondraient à des revenus qu'ils avaient déjà déclarés dans la catégorie des traitements et salaires. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir qu'ils auraient fait l'objet d'une double imposition à l'impôt sur le revenu au titre des années 2012 et 2013.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. et Mme B tendant à la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012 et 2013 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C B et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président,

Mme Bartnicki, première conseillère,

M. Thivolle, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.

Le rapporteur,

Signé

G. Thivolle

Le président,

Signé

R. Féral Le greffier,

Signé

C. Gueldry

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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