jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2105409 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BUDET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 28 juin 2021, 18 juillet 2022, 2 juin 2023 et 27 juin 2023, la société Pacifica, représentée par Me Gaud, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner solidairement le centre hospitalier de Versailles (CHV) et la société Relyens Mutual Insurance (RMI) à lui verser la somme totale de 69 768 euros au titre des préjudices subis par Mme A du fait de fautes dans sa prise en charge au sein de cet établissement à compter du 19 août 2017, assortie des intérêts à compter de la date du jugement à intervenir ;
2°) à titre subsidiaire, condamner solidairement le CHV et la société RMI à lui verser la somme totale de 67 368 euros au titre des préjudices subis par Mme A, assortie des intérêts à compter de la date du jugement à intervenir ;
3°) de mettre solidairement à leur charge le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- le CHV a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dans sa prise en charge de Mme A, ayant causé un dommage constitué par une surdité profonde bilatérale ;
- elle est subrogée dans les droits de Mme A, son assurée à laquelle elle a versé une indemnité de 116 280 euros au titre de cet incident, décomposée comme suit : 76 500 euros pour le déficit fonctionnel permanent, 6 000 euros pour les souffrances endurées, 900 euros pour le préjudice esthétique permanent, 13 300 euros pour l'assistance par tierce personne avant consolidation, et 19 580 euros pour l'assistance par tierce personne après consolidation.
Par trois mémoires en défense enregistrés les 14 février 2022, 18 novembre 2022 et 20 juin 2023, le CHV et son assureur la société RMI, représentés par Me Budet, concluent au rejet de la requête de la société Pacifica et des conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Yvelines.
Ils font valoir que :
- aucun manquement n'a été commis par le CHV dans la prise en charge de Mme A, dont le dommage résulte en réalité d'une affection iatrogène ;
- la requérante ne saurait prétendre à l'indemnité qu'elle sollicite, le juge n'étant pas tenu par son évaluation des préjudices, le préjudice tenant aux souffrances ayant déjà été indemnisé et la société Pacifica ne justifiant pas de l'absence de perception de prestations liées à son invalidité par Mme A devant être déduites des montants alloués en particulier au titre de l'assistance par une tierce personne ;
- les demandes présentées par la CPAM sont surévaluées, notamment en ce qu'elles incluent des traitements qui ne sont pas liés au dommage résultant de la faute alléguée ;
- la CPAM ne justifie pas que les frais dont elle demande le remboursement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne sont pas déjà pris en compte au titre de la demande de versement de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Par deux mémoires enregistrés les 1er juin 2022 et 22 juin 2023, la CPAM des Yvelines, représentée par Me Legrandgerard, a fait valoir sa créance et conclut dans le dernier état de ses écritures :
- à la condamnation solidaire du CHV et de son assureur la société RMI à lui payer la somme de 148 225,69 euros au titre de ses débours ;
- à titre subsidiaire, à la condamnation solidaire du CHV et de la société RMI à lui payer la somme de 5 598,96 euros au titre de ses débours, et à lui rembourser les frais futurs à titre viager, qu'elle évalue à un montant total de 237 711,22 euros, au fur et à mesure de leur engagement et sur présentation de justificatifs après application du taux de perte de chance retenu ;
- à la condamnation solidaire du CHV et de la société RMI à lui payer l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
- à ce que soit mis solidairement à leur charge le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la responsabilité de l'établissement et de son assureur est engagée en raison de fautes dans la prise en charge de Mme A au sein de cet établissement à compter du 19 août 2017 ;
- sa créance est constituée des frais hospitaliers, médicaux, d'appareillage et de transports, actuels et futurs.
Vu :
- les rapports d'expertise établis par les docteurs Bouccara et Sollet les 24 janvier 2019 et 10 février 2020 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif à l'indemnité forfaitaire de gestion ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,
- les conclusions de M. Chavet, rapporteur public,
- et les observations de Me Porcherot, substituant Me Budet, représentant le CHV et la société RMI.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, alors âgée de 67 ans, a été prise en charge le 19 août 2017 par le SAMU qui, après avoir constaté un état de choc septique, l'a transférée au centre hospitalier de Versailles (CHV) où elle a été admise à 11h32 au service d'accueil des urgences (SAU). Une antibiothérapie probabiliste par Amikacine et Claforan y a été mise en place. Elle a ensuite été transférée le même jour au service de réanimation, où une échographie rénale a mis en évidence une pyélonéphrite aigue obstructive gauche et où une nouvelle injection des mêmes antibiotiques lui a été administrée. Les prélèvements biologiques réalisés ont révélé une infection à Escherichia Coli à point de départ urinaire. L'évolution a été favorable, mais une baisse de l'acuité auditive était constatée. Mme A a été transférée au service de médecine interne et infectieuse le 23 août 2017, puis a pu regagner son domicile le 6 septembre suivant. Elle a ensuite fait l'objet d'un suivi urologique, gynécologique et ORL, marqué notamment par une hospitalisation du 14 au 16 août 2018 pour une implantation cochléaire bilatérale en raison d'une surdité profonde bilatérale à la suite du traitement par aminosides (Amikacine). Estimant que les conditions de sa prise en charge étaient de nature à engager la responsabilité du CHV, elle a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) le 17 août 2018 par une demande déclarée complète et enregistrée le 2 octobre 2018, qui a désigné les docteurs Bouccara (oto-rhino-laryngologiste) et Sollet (réanimateur-infectiologue) pour réaliser une expertise. Le rapport d'expertise remis le 24 janvier 2019 conclut notamment à l'existence d'un comportement non conforme de l'équipe médicale dans la gestion de l'association antibiotique avec un aminoside ayant fait perdre à Mme A une chance d'éviter le dommage, la perte d'acuité auditive, estimée entre 60 et 80 %. Au vu de ce rapport, la CCI a rendu un premier avis le 28 mars 2019, concluant à l'indemnisation par le CHV à hauteur de 60 % des préjudices subis par Mme A en raison de la faute commise lors de sa prise en charge. L'état de l'intéressée n'étant pas consolidé à la date de l'avis, une seconde expertise a été diligentée par les mêmes experts, qui ont rendu leur rapport le 10 février 2020, permettant à la CCI de fixer dans son avis du 2 juillet 2020 la date de consolidation au 3 juillet 2019 et d'évaluer les différents postes de préjudices.
2. En l'absence de proposition d'indemnisation de la part de l'assureur du CHV, Mme A a saisi l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), qui s'est substitué à celui-ci en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique et a alloué à l'intéressée en application d'un protocole transactionnel du 15 décembre 2019 une indemnité provisionnelle de 5 598,15 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire et des souffrances endurées. L'ONIAM a ensuite émis un titre exécutoire le 18 février 2020 mettant ce montant à la charge de la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM, devenue Relyens Mutual Insurance), assureur du CHV. Le tribunal administratif de Versailles a rejeté par un jugement n° 2002575 du 14 juin 2022 la requête de la SHAM tendant à l'annulation de ce titre.
3. La société Pacifica a quant à elle versé au titre de cet incident à son assurée, Mme A, qui avait souscrit un contrat garantie des accidents de la vie ayant vocation notamment à indemniser les conséquences des accidents médicaux ayant causé une invalidité supérieure ou égale à 5 %, la somme de 116 280 euros pour le déficit fonctionnel permanent, les souffrances endurées, le préjudice esthétique permanent, l'assistance par tierce personne avant consolidation et l'assistance par tierce personne après consolidation. Par un courrier du 19 avril 2021 reçu le 22 avril suivant, la société Pacifica, subrogée dans les droits de son assurée Mme A en application de l'article L. 121-12 du code des assurances, dans les limites des sommes versées, a présenté auprès du CHV et de son assureur la SHAM une demande préalable indemnitaire, rejetée par une décision du CHV du 10 mai 2021. Par la présente requête, la société Pacifica demande au tribunal de condamner solidairement le CHV et la société RMI à lui verser une indemnité au titre de ces préjudice.
Sur la responsabilité du centre hospitalier et de son assureur :
4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère () ".
5. Il résulte de l'instruction, en particulier des rapports d'expertise des docteurs Bouccara et Sollet, que la prise en charge de Mme A par le CHV n'a pas été conforme aux règles de l'art, dès lors que la décision des médecins de procéder à 17 heures, le 19 août 2017, à une deuxième injection à hauteur de 2 500 milligrammes d'Amikacine, sans contrôle du taux de toxicité alors présent dans l'organisme de la patiente et sans épuration extra-rénale, alors qu'une première injection de 400 milligrammes avait eu lieu le même jour entre 12 heures et 13 heures et que la posologie totale allait dépasser le dosage maximum adapté de 2 700 milligrammes, révèle un choix thérapeutique erroné constituant une faute médicale de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier, alors que l'organisme de Mme A, en état d'insuffisance rénale, n'était pas en mesure d'expulser normalement la toxicité induite par le traitement, que le risque de surdité entrainé par les antibiotiques de la famille des aminosides est " clairement connu " et que la patiente venait de subir un drainage de ses voies urinaires qui avait permis le contrôle de l'infection.
6. Si le CHV et la société RMI font valoir que le dommage résulte d'une affection iatrogène, dès lors qu'il a été causé par l'antibiotique administré, c'est le dosage inadapté à la situation et non assorti des précautions qu'impliquait l'état d'insuffisance rénale du patient de cet antibiotique connu pour son risque de toxicité cochléaire qui a pu causer la surdité. Par suite, si le dommage subi par Mme A est immédiatement imputable à la complication issue du traitement par aminoside, c'est dans la faute médicale commise par les médecins du centre hospitalier que réside la cause directe et déterminante de ce dommage.
7. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité solidaire du CHV et de son assureur la société RMI est engagée du fait de cette faute dans la prise en charge de Mme A au sein de cet établissement à compter du 19 août 2017.
Sur la fraction du préjudice indemnisable :
8. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
9. En l'espèce, il résulte de l'instruction et en particulier du rapport d'expertise du 24 janvier 2019, que la faute de l'équipe médicale du CHV dans la gestion de l'association antibiotique avec un aminoside a fait perdre à Mme A une chance d'éviter le dommage, la perte d'acuité auditive, qui peut être fixée à 60 %.
Sur les préjudices :
S'agissant des souffrances endurées :
10. Il résulte de l'instruction que les douleurs de Mme A directement liées à la faute commise ont résulté notamment des interventions et des soins infirmiers prolongés, les experts ayant évalué ce préjudice à 4 sur une échelle de 1 à 7. Compte tenu des circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant, après application du taux de perte de chance de 60 %, à la somme de 4 320 euros.
11. Ce préjudice ayant déjà fait l'objet du versement d'une indemnité provisionnelle de 2 400 euros mise à la charge du CHV par un titre exécutoire du 18 février 2020, à la suite de la procédure prévue par l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, il y a lieu de condamner solidairement le CHV et la société RMI au versement à la société Pacifica de la somme de 1 920 euros au titre de ce poste de préjudice.
12. La circonstance que Mme A n'ait pas informé la société Pacifica du versement de cette indemnité provisionnelle est à cet égard sans incidence et relève des seuls rapports de droit privé entre Mme A et son assureur.
S'agissant de l'assistance par une tierce personne :
13. Lorsque le juge administratif indemnise la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours.
14. Il résulte de l'instruction, en particulier des expertises produites, que l'état de Mme A nécessitait une assistance par une tierce personne non spécialisée deux heures par jour à partir du 6 septembre 2017 jusqu'à la date de la consolidation le 3 juillet 2019, puis de deux heures par semaines, notamment pour les démarches administratives et l'accompagnement pour certaines courses. Il sera fait une juste appréciation des besoins en assistance d'une tierce personne à domicile en les évaluant, compte tenu du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) horaire brut augmenté des charges sociales, sur la base d'un taux horaire moyen de 14 euros pour la période du 6 septembre 2017 au 3 juillet 2019, et sur la base d'un taux horaire moyen de 15 euros pour la période postérieure. Ce préjudice peut ainsi être évalué, après déduction des périodes d'hospitalisation du 28 novembre 2017 et du 14 au 16 juin 2018, à 20 922,94 euros pour la période du 6 septembre 2017 au 3 juillet 2019, à 8 194,09 euros pour la période du 4 juillet 2019 à la date du présent jugement, et à 31 519,66 euros pour les besoins viagers en aide humaine en tenant compte d'un prix de l'euro de rente viagère de 17,851 euros fixé par le barème de capitalisation publié à la Gazette du Palais en 2022, pour une femme de soixante-treize ans à la date du présent jugement, soit un montant total de 60 636,69 euros. Le CHV et la société RMI n'établissant pas que Mme A percevrait une aide destinée à couvrir les frais d'assistance par tierce personne et la société Pacifica contestant toute perception d'une telle prestation, le préjudice peut être évalué, après application du taux de perte de chance, à la somme de 36 382 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
15. Il résulte de l'instruction, en particulier des rapports d'expertise, qu'à la date de consolidation Mme A était âgée de soixante-neuf ans et que son déficit fonctionnel permanent était de 45 %, en raison d'une surdité profonde améliorée partiellement par les implants cochléaires. Le préjudice peut donc être évalué, après application du taux de perte de chance, à la somme de 44 400 euros.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
16. Les experts ont évalué ce chef de préjudice, résultant de la visibilité des implants cochléaires, à 1 sur une échelle de 1 à 7. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant, après application du taux de perte de chance, à la somme de 540 euros.
17. Il résulte de tout ce qui précède qu'après application du taux de perte de chance de 60 %, les préjudices subis par Mme A au titre des souffrances endurées, de l'assistance par une tierce personne, du déficit fonctionnel permanent et du préjudice esthétique permanent peuvent être évalués à 83 242 euros.
18. La société Pacifica ayant cependant limité le montant de sa demande à 69 768 euros, il y a lieu de condamner solidairement le CHV et la société RMI à lui payer une telle somme, assortie des intérêts à compter de la date du présent jugement.
Sur les débours de la caisse primaire d'assurance maladie :
19. Il résulte de l'instruction que la CPAM des Yvelines avait versé à la date du 20 juin 2023 au bénéfice de Mme A, son assurée, la somme de 9 331,60 euros au titre de frais hospitaliers, médicaux, d'appareillage et de transports résultant directement de la faute de l'équipe médicale du CHV. La CPAM produit une notification définitive des débours et une attestation d'imputabilité, qui établissent la réalité de ces dépenses et leur imputabilité à la faute en cause.
20. Par suite, la CPAM est fondée à obtenir du CHV et de la société RMI, compte tenu du taux de perte de chance, le remboursement de la somme de 5 598,96 euros.
21. Cette caisse justifie également devoir exposer des frais de suivi médical et d'appareillage après le 20 juin 2023 et en produit une estimation prévisionnelle s'élevant à 20 308,18 euros par an. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu de lui en allouer le remboursement sur justificatifs et après application du taux de perte de chance, à mesure de leur engagement.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
22. En application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 susvisé et eu égard à la somme dont elle obtient le remboursement dans le présent jugement, la CPAM est en droit d'obtenir le versement d'une indemnité forfaitaire de gestion d'un montant de 1 191 euros. Il y a lieu de mettre solidairement le versement de cette indemnité à la charge du CHV et de la société RMI.
Sur les dépens :
23. La présente instance n'ayant occasionné aucun dépens, les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
24. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ".
25. Les dispositions respectives de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative étant différentes dans leurs finalités et leurs modalités, il en résulte que le juge administratif, à qui il appartient d'apprécier souverainement le montant à payer par la partie perdante à une caisse primaire d'assurance maladie des frais exposés par celle-ci et non compris dans les dépens, ne doit pas déduire de ce montant l'indemnité que cette caisse primaire aurait pu ou pourrait percevoir en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
26. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre solidairement à la charge du CHV et de la société RMI, d'une part, la somme de 1 800 euros à verser à la requérante et, d'autre part, la somme de 1 000 euros à verser à la CPAM des Yvelines, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le CHV et la société RMI sont condamnés solidairement à payer à la société Pacifica la somme de 69 768 euros assortie des intérêts à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 : Le CHV et la société RMI sont condamnés solidairement à verser à la CPAM des Yvelines la somme de 5 598,96 euros en remboursement de ses frais et débours ainsi que les frais de suivi médical et d'appareillage exposés à compter du 20 juin 2023 conformément au point 21.
Article 3 : Le CHV et la société RMI verseront solidairement à la CPAM des Yvelines la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 4 : Le CHV et la société RMI verseront solidairement à la société Pacifica la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le CHV et la société RMI verseront solidairement à la CPAM des Yvelines la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6: Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société Pacifica, au centre hospitalier de Versailles, à la société Relyens Mutual Insurance et à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026