mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2105677 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ADDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juillet 2021, la SARL Passion Motors, représentée par le cabinet Adda , demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur les véhicules de société mis à sa charge au titre de la période comprise entre le 1er octobre 2013 et le 30 septembre 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- la proposition de rectification qui lui a été adressée en application de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales n'est pas régulière, dès lors qu'elle ne précise pas le calcul suivi par le service pour déterminer le taux d'émission de CO2 du véhicule Porsche Cayenne immatriculé BW-542-NS ;
- ce véhicule doit être exonéré de taxe sur les véhicules de sociétés dès lors qu'il était exclusivement destiné à la vente ; la seule circonstance qu'il a été vendu seulement deux ans et demi après son acquisition ne saurait suffire à démontrer que ce véhicule n'était pas destiné à la vente ; ce véhicule, acquis à la demande d'un client qui s'est par la suite désisté, est difficile à vendre compte tenu de ses caractéristiques, en particulier de son coût et de sa consommation de carburant ; la circonstance qu'il a parcouru 35 989 kilomètres entre son acquisition par la société et sa vente en 2017 ne suffit pas davantage à établir que ce véhicule n'était pas destiné à la vente, alors en outre que l'administration ne démontre pas que ces kilomètres ont été parcourus pendant la période vérifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la société supporte la charge de la preuve en application de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales ;
-les moyens soulevés par la SARL Passion Motors ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 28 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1.A l'issue de la vérification de sa comptabilité portant sur la période comprise entre le 1er octobre 2013 et le 30 septembre 2015, l'administration a notifié à la SARL Passion Motors par une proposition de rectification du 6 octobre 2017, faisant application de la procédure de taxation d'office, des rappels de taxe sur les véhicules de société pour un montant total de 17 351 euros en droits et majoration. La SARL Passion Motors demande au tribunal de prononcer la décharge des impositions ainsi mises à sa charge.
Sur la régularité de la procédure
2.Aux termes de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions ".
3.En l'espèce, la proposition de rectification modèle 3924 adressée à la société le 6 octobre 2017 indique les motifs de droits et les éléments ayant servi au calcul des impositions établies d'office, en précisant notamment les modalités de calcul ayant servi au calcul du montant des rappels de taxe dus. Elle indique, à cet égard, le taux d'émission de CO2 du véhicule Porsche Cayenne immatriculé BW-542-NS, égal à 353, information qui figure sur la carte grise du véhicule, et dont la société requérante ne saurait sérieusement soutenir qu'elle n'est pas en mesure d'en déterminer l'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation de la proposition de rectification n'est pas fondé et doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions en litige
4.Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Aux termes de l'article R. 193-1 du livre des procédures fiscales : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. ". Faute pour la SARL Passion Motors d'avoir satisfait à ses obligations déclaratives en matière de taxe sur les véhicules de société au titre de la période du 1er octobre 2013 au 30 septembre 2015, les rectifications mises à sa charge à ce titre l'ont été dans le cadre de la procédure de taxation d'office en application de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales. Par suite, en application des dispositions précitées de ce même code, la requérante ne peut obtenir la décharge ou la réduction des impositions qu'elle conteste qu'en rapportant la preuve de leur exagération.
5.Aux termes de l'article 1010 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. - Les sociétés sont soumises à une taxe annuelle à raison des véhicules de tourisme qu'elles utilisent en France, quel que soit l'Etat dans lequel ils sont immatriculés, ou qu'elles possèdent et qui sont immatriculés en France. Sont considérés comme véhicules de tourisme les voitures particulières au sens du 1 du C de l'annexe II à la directive 2007/46/CE du Parlement européen et du Conseil, du 5 septembre 2007, établissant un cadre pour la réception des véhicules à moteur, de leurs remorques et des systèmes, des composants et des entités techniques destinés à ces véhicules, ainsi que les véhicules à usages multiples qui, tout en étant classés en catégorie N1 au sens de cette même annexe, sont destinés au transport de voyageurs et de leurs bagages ou de leurs biens. / Le montant de la taxe est égal à la somme des deux composantes, dont le tarif est déterminé en application, respectivement, du a ou du b, d'une part, et du c, d'autre part. () / La taxe n'est toutefois pas applicable aux véhicules destinés exclusivement soit à la vente, soit à la location de courte durée, soit à l'exécution d'un service de transport à la disposition du public, lorsque ces opérations correspondent à l'activité normale de la société propriétaire ".
6.Pour fonder les rappels de taxe en litige, le service a estimé que le véhicule Porsche Cayenne immatriculé BW-542-NS, acquis par la SARL Passion Motors le 3 mai 2014, a été détenu par celle-ci pendant plus de deux années avant sa mise en vente par le biais d'une annonce publiée sur le site " leboncoin " le 29 juin 2017, et qu'il a parcouru, selon les informations mentionnées dans l'annonce publiée le 29 juin 2017 par la société, en moyenne 1 176 km par mois pendant la période au cours de laquelle il était détenu par la société. Il a relevé également qu'un tel véhicule, acquis pour un prix de 31 000 euros, ne correspondait pas au type de véhicules sur lequel portaient habituellement l'activité de la société, qui affiche un prix moyen d'acquisition des véhicules d'occasion de 2 600 euros au cours de la période vérifiée.
7.Pour contester ces rappels, la société requérante fait valoir que le véhicule, qui était exclusivement destiné à la vente, a été initialement acquis à la demande d'un client qui se serait finalement désisté, et présente des particularités qui le rende difficile à vendre. Elle soutient en outre que l'administration ne pouvait se fonder sur des informations relatives à une période postérieure à celle ayant fait l'objet de la procédure de vérification. Elle n'apporte toutefois aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations, alors qu'au demeurant il est constant que le véhicule immatriculé BW-542-NS avait parcouru en tout état de cause 3 334 kilomètres entre la date de son acquisition et le 5 juin 2014, soit un mois plus tard, distance qui ne saurait s'expliquer par la seule circonstance qu'il aurait été acquis dans le sud de la France. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1010 précité ne peut, par conséquent, qu'être écarté.
8.Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la SARL Passion Motors doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Société Passion Motors est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Passion Motors et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Winkopp-Toch, première conseillère,
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. A
Le président,
Signé
Ph. DelageLe greffier,
Signé
C. Gueldry
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026