LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2105678

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2105678

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2105678
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantCABINET LAURANT MICHAUD DUCEUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juillet 2021, la SARL Défisconseil, représentée par Me Michaud et Me Prevot, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des intérêts de retard complémentaires d'un montant de 4 725 euros mis à sa charge le 31 mars 2021 par le compte du pôle de recouvrement spécialisé des Yvelines ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- les intérêts portent sur des montants de droits issus d'une créance d'impôt sur le revenu et d'une créance de taxe sur la valeur ajoutée ; l'avis de mise en recouvrement du 22 septembre 2016 incluaient déjà les intérêts sur ces droits qui ont été arrêtés au 31 décembre 2015 ;

- bénéficiant du sursis de paiement, son compte a fait l'objet d'une saisie conservatoire le 6 décembre 2016 ;

- le sursis de paiement est tombé au jour du jugement du tribunal administratif de Versailles en date le 25 février 2020 rejetant sa requête ; l'administration fiscale a procédé à la conversion de la saisie conservatoire en saisie attribution le 28 aout 2020 pour un paiement effectif le 31 mars 2021 ;

- les intérêts complémentaires portent sur une somme dont la société n'avait pas la jouissance pendant 4 ans ; le préjudice né de la saisie conservatoire est aggravé par les intérêts complémentaires mis à sa charge.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut à une remise partielle des intérêts de retard complémentaires et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- le point d'arrivée pour la liquidation des intérêts de retard complémentaires est arrêté au 31 aout 2020 ;

- les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique,

Considérant ce qui suit :

1. A l'issue d'une vérification de comptabilité, l'administration fiscale a notifié à la société Défisconseil des suppléments d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des exercices clos en 2012 et 2013. Ces impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 22 septembre 2016 pour un montant total de 50 459 euros en droits et pénalités. La société Défisconseil, qui a contesté le bien-fondé de ces rappels, a demandé le bénéfice du sursis de paiement. Dans le cadre du contentieux, le comptable du service des impôts des entreprises de Poissy a procédé à une saisie conservatoire pour un montant de 36 548 euros à titre de garantie du recouvrement des impositions en litige. Par un jugement n° 1800931 du 25 février 2020, le tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de la société Défisconseil. Le 31 mars 2021, une somme de 4 725 euros, portant sur des intérêts de retard complémentaires, a été mise en recouvrement. Par réclamation contentieuse du 16 avril 2021, rejetée le 6 mai 2021, la société a demandé la décharge des pénalités de retard complémentaires. La société Défisconseil demande au tribunal la décharger de ces intérêts de retard complémentaires.

Sur les conclusions en décharge :

2. Aux termes de l'article L. 209 du livre des procédures fiscales : " Lorsque le tribunal administratif rejette totalement ou partiellement la demande d'un contribuable tendant à obtenir l'annulation ou la réduction d'une imposition établie en matière d'impôts directs à la suite d'une rectification ou d'une taxation d'office, les cotisations ou fractions de cotisations maintenues à la charge du contribuable et pour lesquelles celui-ci avait présenté une réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires (). Ces intérêts moratoires ne sont pas dus sur les cotisations ou fractions de cotisations d'impôts soumises à l'intérêt de retard mentionné à l'article 1727 du code général des impôts / (). Et aux termes de l'article 1727 du code général des impôts : " I-Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. () IV. 1. L'intérêt de retard est calculé à compter du premier jour du mois suivant celui au cours duquel l'impôt devait être acquitté jusqu'au dernier jour du mois du paiement. ".

3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 209 du livre des procédures fiscales que, dès que le jugement du tribunal administratif mettant fin au sursis de paiement a rétabli le contribuable dans son obligation de payer les impositions restant à sa charge, les intérêts moratoires sont dus de plein droit. Les intérêts moratoires mentionnés à l'article L. 209 précité, qui ont pour objet de réparer le préjudice subi par l'administration du fait du retard avec lequel le contribuable s'est acquitté des impositions pour lesquelles il a bénéficié d'un sursis de paiement, ne sont que l'accessoire des impositions auxquelles ils se rattachent.

4. En premier lieu, la société soutient que les intérêts de retard ont déjà été calculés, pris en compte et arrêtés au 31 décembre 2015 dans l'avis de mise en recouvrement du 22 septembre 2016.

5. Il résulte l'instruction qu'à l'issue des opérations de vérification portant sur la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013, l'administration a mis à la charge de la société requérante des suppléments d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée. Les sommes dues ont été mises en recouvrement le 22 septembre 2016 et les intérêts de retard afférents arrêtés à la date du 31 décembre 2015. Or, en application de l'article 1727 précité du code général des impôts, les intérêts de retard sont calculés jusqu'au dernier jour du mois du paiement. L'avis de mise en recouvrement en date du 31 mars 2021 est afférent à des intérêts de retard complémentaires aux droits et pénalités recouvrés par l'avis du 22 septembre 2016. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration fiscale a calculé et mis en recouvrement des intérêts de retard complémentaires portant sur la période postérieure au 31 décembre 2015 et dont le point d'arrivée est la date du parfait paiement de la somme due. Le moyen tiré de ce que l'administration fiscale a commis une erreur d'assiette dans le calcul des intérêts de retard complémentaires ne peut, par suite, qu'être écarté.

6. En second lieu, la société Défisconseil fait valoir qu'ayant bénéficié du sursis de paiement, la saisie conservatoire de la somme de 36 548 euros à laquelle l'administration a procédé en décembre 2016 l'a empêchée de jouir de cette somme pendant quatre années. Elle considère que le gel de son compte bancaire lui a causé un préjudice aggravé par le paiement d'intérêts de retard complémentaires sur une période de 4 ans.

7. D'une part, il résulte de l'instruction que dans le cadre de l'instance contentieuse engagée devant le tribunal administratif de Versailles, la société requérante a bénéficié du sursis de paiement. Afin de garantir le paiement de la dette fiscale, le comptable public du service des impôts des entreprises de Poissy a pris à l'encontre de la société requérante une mesure de saisie conservatoire de créances notifiée le 6 décembre 2016 à la banque LCL de Villennes-sur-Seine, d'un montant total de 36 548 euros, correspondant au montant des seuls droits d'impôts sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée. L'exigibilité de la créance a alors été suspendue jusqu'au 25 janvier 2020, date de la décision de rejet par le tribunal administratif de Versailles. Ce jugement a à nouveau rendu exigibles les impositions dont il n'a pas prononcé la décharge Il résulte également de l'instruction que la conversion de la saisie conservatoire en saisie attribution a été réalisée le 28 aout 2021 et que le paiement effectif est intervenu le 19 mars 2021. Toutefois, dans ses écritures en défense, l'administration fiscale admet que l'agence LCL de Villennes-sur-Seine a manqué de diligence lors des opérations de conversion de la saisie conservatoire en saisie attribution. Il y a donc lieu de faire droit à sa proposition, non contestée par la société Défisconseil, de fixer la date d'arrivée pour le calcul des intérêts de retard complémentaires au 1er septembre 2020. Il s'ensuit que la société doit être déchargée du paiement des intérêts de retard complémentaires pour la période du 1er septembre 2020 au 31 mars 2021, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'un dégrèvement aurait été prononcé en ce sens à la date de la présente décision.

8. Si la requérante reproche aux services de l'Etat de ne pas avoir converti la saisie conservatoire en saisie-attribution dans un délai normal, elle ne peut utilement se prévaloir de la faute, à la supposer établie, commise par les services de l'Etat dans le cadre du présent contentieux de recouvrement, dès lors qu'elle ne justifie pas de la méconnaissance des dispositions applicables en se bornant à faire valoir qu'elle ne disposait plus de la jouissance des sommes saisies à titre conservatoire.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la société Défisconseil est seulement fondée à demander la décharge des pénalités de retard complémentaires portant sur la période du 1er septembre 2020 au 31 mars 2021 et procédant de l'avis de mise en recouvrement du 31 mars 2021.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par la société Défisconseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La société Défisconseil est déchargée de l'obligation de payer les pénalités de retard complémentaires portant sur la période du 1er septembre 2020 au 31 mars 2021 et procédant de l'avis de mise en recouvrement du 31 mars 2021.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Défisconseil et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Delage, président,

Mme Winkopp-Toch, première conseillère,

M. Thivolle, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023 .

La rapporteure,

Signé

A. A

Le président,

Signé

Ph. DelageLa greffière,

Signé

V. Retby

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions