mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2106034 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat Connin |
| Avocat requérant | THIEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 juillet et 3 septembre 2021 et le 12 juin 2023, M. A B, représenté par Me Thiel, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision référencée 48SI du 22 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul et les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions constatées les 15 et 16 mars 2020 et le 2 juin 2020 ;
2°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur, révélée par les mentions portées sur le relevé d'information intégral relatif à son permis de conduire, de ne pas lui réattribuer le point retiré de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée le 8 février 2021 au terme du délai de six mois suivant la date du paiement de l'amende forfaitaire ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer son permis de conduire affecté des points illégalement retirés dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui réattribuer le point retiré de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée le 8 février 2021 ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas personnellement commis les infractions constatées les 15 et 16 mars 2020 et le 2 juin 2020 ;
- la réalité de ces infractions n'est pas établie ;
- les décisions de retrait de points attaquées, consécutives aux infractions constatées les 15 et 16 mars 2020 et le 2 juin 2020, ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que le ministre de l'intérieur a méconnu l'obligation d'information découlant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la décision référencée 48SI du 22 avril 2021 constatant la perte de validité de son permis de conduire est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 15 et 16 mars 2020 et du 2 juin 2020 ;
- le point retiré de son permis de conduire à la suite de l'infraction du 8 février 2021 ne lui a pas été réattribué au terme du délai de six mois suivant le paiement le 3 mars 2021 de l'amende forfaitaire, en méconnaissance de l'article L. 223-6 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 15 et 16 mars 2020 sont irrecevables, de telles décisions étant inexistantes ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Connin, conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat statuant seul a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions du 1° de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Connin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée 48SI du 22 avril 2021, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. A B pour solde de points nul résultant des retraits de points consécutifs à sept infractions au code de la route relevées les 16 novembre 2014, 23 juin 2015, 14 mai 2016, 29 mai 2018, 30 novembre 2020, 2 juin 2020 et 8 février 2021. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision et des décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions constatées les 15 et 16 mars 2020 et le 2 juin 2020, ainsi que de la décision, révélée par les mentions portées sur le relevé d'information intégral relatif à son permis de conduire, de ne pas lui réattribuer le point retiré de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée 8 février 2021 au terme du délai de six mois suivant la date du paiement de l'amende forfaitaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur et des outre-mer aux conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 15 et 16 mars 2020 :
2. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B, qu'aucune infraction entraînant retrait de points n'a été relevée à l'encontre de ce dernier les 15 et 16 mars 2020. Les décisions de retrait de points relatives à de telles infractions sont, dès lors, inexistantes. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur et des outre-mer aux conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 15 et 16 mars 2020 doit être accueillie.
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de quatre points consécutive à l'infraction constatée le 2 juin 2020 et de la décision référencée 48SI du 22 avril 2021 :
3. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. "
4. Il résulte de la combinaison des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code la route et des articles 529, 529-1, 529-2 et 530 du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention, ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
5. Il résulte des dispositions de l'article 530 du code de procédure pénale qu'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, lorsqu'elle est formée dans les délais et dans les formes prévus par cet article et par l'article 529-10 du même code, entraîne l'annulation du titre exécutoire. Toutefois, il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la recevabilité d'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, laquelle est appréciée par l'officier du ministère public sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a, par suite, entraîné l'annulation du titre. Cette preuve peut être apportée soit par un document émanant de l'autorité judiciaire, soit, au besoin, par le document couramment nommé " bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires ", tenu par le comptable public pour chaque contrevenant.
6. Il résulte de l'instruction que le relevé intégral d'information relatif au permis de conduire de M. B mentionne que l'infraction constatée le 2 juin 2020 a donné lieu le 30 novembre 2020 à l'émission du titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée. Toutefois, le requérant justifie avoir formé une réclamation contre ce titre exécutoire et apporte la preuve, en produisant le bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires tenu par le comptable public, qu'elle a entraîné l'annulation du titre. Dès lors, M. B est fondé à soutenir que la réalité de l'infraction relevée à son encontre le 2 juin 2020 n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision retirant quatre points de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée le 2 juin 2020, ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation de la décision du 22 avril 2021 du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation de la décision de ne pas réattribuer à M. B le point retiré de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée 8 février 2021 :
8. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points. / Le délai de deux ans mentionné au premier alinéa est porté à trois ans si l'une des infractions ayant entraîné un retrait de points est un délit ou une contravention de la quatrième ou de la cinquième classe. / Toutefois, en cas de commission d'une infraction ayant entraîné le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points. / () ".
9. Il résulte de l'instruction que M. B a commis le 8 février 2021 une infraction au code de la route, dont la réalité a été établie le 3 mars 2021 par le paiement d'une amende forfaitaire et qui a entraîné le retrait d'un point de son permis de conduire. Il résulte également de l'instruction, et notamment du relevé intégral d'information relatif à son permis de conduire, que M. B n'a pas commis de nouvelle infraction entraînant retrait de points entre le 3 mars 2021 et le 3 septembre 2021, date d'expiration du délai de six mois à compter du paiement de l'amende forfaitaire. Ainsi, compte tenu de l'annulation de la décision du 22 avril 2021 du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité du permis de conduire de M. B pour solde de points nul, ce dernier avait droit de se voir réattribuer le 3 septembre 2021 le point perdu à la suite de l'infraction du 8 février 2021.
10. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision de ne pas lui réattribuer le point retiré de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée 8 février 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, d'une part, que les quatre points illégalement retirés du permis de conduire de M. B à la suite de l'infraction constatée le 2 juin 2020 soient rétablis dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route à la date de la décision qui a procédé à leur retrait, et, d'autre part, que le point retiré de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée le 8 février 2021 lui soit réattribué à la date du 3 septembre 2021. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de procéder au rétablissement de ces points, de déterminer en conséquence le nombre de points attachés au permis de conduire de M. B, compte tenu notamment d'éventuelles infractions ultérieures, et de lui restituer son permis si le solde est positif.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision de retrait de quatre points consécutive à l'infraction constatée le 2 juin 2020 et la décision référencée 48SI du 22 avril 2021 du ministre de l'intérieur sont annulées.
Article 2 : La décision de ne pas réattribuer à M. B le point retiré de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée 8 février 2021 au terme du délai de six mois suivant la date du paiement de l'amende forfaitaire est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de procéder au rétablissement de cinq points sur le permis de conduire de M. B, de déterminer en conséquence le nombre de points attachés au permis et de le restituer à l'intéressé si le solde est positif.
Article 4 : L'État versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
signé
N. Connin
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
4
N° 1901371
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026