LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2106057

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2106057

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2106057
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationPrésident Grenier
Avocat requérantROCHEFORT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 juillet et 22 août 2021 et 11 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Rochefort, demande au tribunal :

1°) d'annuler la proposition de logement du 28 juillet 2021 ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, de lui proposer un logement répondant à ses besoins et capacités à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rochefort, avocate de Mme B, la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa demande de logement a été reconnue comme prioritaire par une décision du 13 janvier 2021 de la commission de médiation de l'Essonne ;

- elle renouvelle sa demande depuis dix ans ;

- la proposition de logement qui lui a été faite le 28 juillet 2021 ne correspondait pas à ses besoins, dès lors que ce logement est dépourvu d'ascenseur, alors qu'elle souhaite exercer la profession d'assistante maternelle ou d'assistante familiale, qu'elle accueille également régulièrement son frère atteint de handicap et que ce logement ne lui permettra pas d'exercer la profession d'assistante maternelle en raison du voisinage difficile ;

- sa situation doit être appréciée à la date à laquelle un logement lui est proposé ;

- elle doit pouvoir bénéficier d'un T5 en rez-de-chaussée ou au premier étage ;

- elle subit une véritable injustice.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 août 2021 et 26 avril 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- il a proposé à Mme B une offre de logement adaptée à ses besoins et capacités qu'elle a refusée pour des motifs qui ne figurent pas sur la décision de la commission de médiation ;

- l'Etat s'est acquitté de ses obligations en lui proposant une offre de logement adaptée ;

- Mme B n'apporte aucun commencement de preuve quant à son projet de devenir assistante maternelle, ce projet ne permettant, en outre, pas de justifier son refus d'accepter la proposition de logement qui lui a été adressée et lui aurait permis d'accueillir des enfants ;

- sa demande de logement social la plus récente reste inchangée.

Par une ordonnance du 23 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 juin 2022.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Me Rochefort, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " I.- Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du Gouvernement. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2 () ". L'article R. 441-16-2 du même code énonce que : " La commission de médiation, lorsqu'elle détermine en application du II de l'article L. 441-2-3 les caractéristiques du logement devant être attribué en urgence à toute personne reconnue prioritaire, puis le préfet, lorsqu'il définit le périmètre au sein duquel ce logement doit être situé et fixe le délai dans lequel le bailleur auquel le demandeur a été désigné est tenu de le loger dans un logement tenant compte de ses besoins et capacités, apprécient ces derniers en fonction de la taille et de la composition du foyer au sens de l'article L. 442-12, de l'état de santé, des aptitudes physiques ou des handicaps des personnes qui vivront au foyer, de la localisation des lieux de travail ou d'activité et de la disponibilité des moyens de transport, de la proximité des équipements et services nécessaires à ces personnes. Ils peuvent également tenir compte de tout autre élément pertinent propre à la situation personnelle du demandeur ou des personnes composant le foyer. / () Le préfet, lorsqu'il définit le périmètre au sein duquel le logement à attribuer doit être situé, et le bailleur, lorsqu'il propose une offre de logement tenant compte des besoins et capacités du demandeur, apprécient ces derniers à la date à laquelle ils lui proposent un logement, en prenant en considération les changements dans la taille ou la composition du foyer portés à leur connaissance ou survenus postérieurement à la décision de la commission. ". Selon l'article R. 441-16-3 du même code : " Le bailleur auquel le demandeur est désigné informe ce dernier ainsi que, le cas échéant, la personne assurant l'assistance prévue au troisième alinéa du II de l'article L. 441-2-3, dans la proposition de logement qu'il lui adresse, que cette offre lui est faite au titre du droit au logement opposable et attire son attention sur le fait qu'en cas de refus d'une offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités il risque de perdre le bénéfice de la décision de la commission de médiation en application de laquelle l'offre lui est faite. ".

2. Il résulte des dispositions précitées que le juge, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 de ce code, s'il constate qu'un demandeur de logement a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et devant être logé ou relogé d'urgence et que ne lui a pas été offert un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités définis par la commission, doit ordonner à l'administration de loger ou reloger l'intéressé, sauf si celle-ci apporte la preuve que l'urgence a complètement disparu. Il résulte également de ces dispositions que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision s'il refuse, sans motif impérieux, une offre de logement ou d'hébergement correspondant à ses besoins et à ses capacités.

3. Lors de sa séance du 13 janvier 2021, la commission de médiation du département de l'Essonne a reconnu Mme B comme prioritaire et devant être logée d'urgence avec ses trois enfants dans un logement de type T4 - T5. Le 28 juillet 2021, un appartement de type T4 situé au 4ème étage sans ascenseur sur le territoire de la commune d'Athis-Mons lui a été proposé. Mme B a refusé cette offre, le 10 août 2021. Elle fait valoir, ainsi qu'elle en avait informé le préfet par courrier du 2 mars 2021, qu'elle doit régulièrement s'occuper de sa mère et de son frère handicapés et qu'elle souhaite exercer la profession d'assistante maternelle ou familiale, ce qui ne lui permet pas d'habiter dans un logement qui ne dispose pas d'un ascenseur, d'autant que le voisinage difficile de ce logement l'empêchera d'accueillir des enfants à domicile. Mme B doit ainsi être regardée comme demandant au tribunal qu'il soit enjoint au préfet l'Essonne de lui proposer un logement adapté à ses besoins et capacités et plus précisément un logement de type T5 en rez-de-chaussée ou au premier étage.

4. Il résulte de l'instruction et notamment de la demande de logement du 11 février 2021 de Mme B que tout en faisant état de sa profession d'assistante maternelle ou familiale, elle déclarait accepter un logement sans ascenseur et ne faisait état d'aucun besoin particulier lié à l'accueil de son frère atteint de handicap, mais mentionnait seulement qu'elle était hébergée par sa mère atteinte de handicap. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que Mme B a informé ultérieurement le secrétariat de la commission de médiation de la nécessité de se voir proposer un logement avec ascenseur ou adapté à l'accueil d'une personne handicapée et qu'elle n'aurait pas été en mesure d'informer la commission de médiation de ces circonstances, dont elle a informé le préfet par un courrier du 1er mars 2021. En outre, il résulte de l'instruction que dans sa demande actualisée de logement social du 12 janvier 2022, Mme B déclare souhaiter un logement T4 ou T5 et ne pas refuser absolument un logement sans ascenseur. Elle ne fait pas davantage état de la nécessité d'héberger sa mère ou son frère. Par suite, le logement de 4 pièces qui lui a été proposé dans l'une des localités mentionnées dans sa demande correspondait à ses besoins et capacités, eu égard à la composition de sa cellule familiale. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, Mme B ne peut être regardée comme faisant état d'un motif impérieux de nature à justifier le refus qu'elle a opposé, le 10 août 2021, à la proposition de logement qui lui a été adressée le 28 juillet 2021.

5. Par ailleurs, le demandeur peut perdre le bénéfice de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire à condition d'avoir été informé des conséquences d'un refus. Il appartient à l'administration d'établir que cette information a été délivrée au demandeur.

6. La décision du 13 janvier 2021 de la commission de médiation du département l'Essonne énonçait explicitement que " le refus d'une proposition adaptée peut [vous] faire perdre le caractère de priorité et d'urgence de votre relogement qui est reconnu par la commission de médiation dans la présente décision ". Ainsi, le préfet de l'Essonne établit que Mme B était informée, dès le 13 janvier 2021, des conséquences du refus d'une offre de logement adapté, telle que celle qui lui a été proposée.

7. Il résulte de ce qui précède que l'Etat s'est acquitté des obligations mises à sa charge par la décision du 13 janvier 2021 de la commission de médiation du département l'Essonne. La requête présentée par Mme B ne peut, en conséquence, qu'être rejetée, y compris les conclusions qu'elle présente au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement.

Copie en sera transmise au préfet de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition du greffe, le 7 juillet 2022.

La magistrate désignée,

signé

C. CLa greffière

signé

A. Esteves

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions