mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2106541 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | MIGNUCCI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juillet 2021 et le 22 mars 2022, la SA Propreté Environnement Industriel (P.E.I.), représentée par Me Mignucci, demande au tribunal de prononcer la décharge de la majoration de 40 % appliquée aux rappels de TVA mis à sa charge au titre des années 2014 et 2015 pour un montant total de 812 680 euros.
Elle soutient que :
- l'application de cette majoration n'est pas justifiée ; le service a inversé la charge de la preuve ; il ne démontre pas l'intention de la société d'éluder l'impôt ; une partie des omission s'explique par l'utilisation, au cours des exercices contrôlés, du logiciel de comptabilité Intersfort, qui présentait de graves dysfonctionnements ; l'important dégrèvement prononcé dans le cadre de la réponse aux observations du contribuable du 18 octobre 2018 démontre, en outre, que le service s'est mépris sur l'importance des omissions déclaratives commises par la société ; par ailleurs, la seule circonstance que la société a fait l'objet de précédents rappels de TVA assortis d'une majoration identique ne suffit pas à démontrer son intention d'éluder l'impôt, ainsi que l'a jugé le conseil d'état par la décision n°425965 du 22 juin 2020.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2022, l'administrateur des finances publiques en charge de la direction du contrôle fiscal d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la S.A. Propreté environnement industriel ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 février 2023 à 10h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique,
- et les observations de Me Mignucci, représentant la S.A. Propreté environnement industriel.
Considérant ce qui suit :
1. La SA Propreté Environnement Industriel (P.E.I) a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant notamment sur la taxe sur la valeur ajoutée des années 2014 et 2015, à l'issue de laquelle le service lui a notifié, par deux propositions de rectification datés du 26 décembre 2017 et du 4 juillet 2018, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à hauteur de, respectivement et pour chacune des deux années contrôlées, 5 511 334 euros et 868 776 euros. Le montant des rappels au titre de l'année 2014 a été ramené par décision du 18 octobre 2018 à 1 662 924 euros. Ces rappels ont été assortis de la majoration de 40 % prévue par les dispositions du a) de l'article 1729 du code général des impôts, pour un montant total de 812 680 euros. La commission nationale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires s'étant prononcée par avis du 1er juillet 2019 en faveur du maintien des rectifications en matière de taxe sur la valeur ajoutée effectuées par le service, les impositions supplémentaires mises à la charge de la société ont été mises en recouvrement le 15 septembre 2020. Par une réclamation du 9 décembre 2020, la société a contesté l'application de la majoration de 40 %. Sa réclamation ayant été rejetée par décision du 7 juin 2021, la SA P.E.I. demande au tribunal de prononcer la décharge de la majoration mise à sa charge pour un montant de 812 680 euros.
2. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ".
3. Il résulte de l'instruction que le contrôle des déclarations de TVA de la société au titre des années 2014 et 2015 a révélé d'importantes omissions de recettes, dont les montants ne sont pas contestés par la société, alors même que, dans le cadre de la réponse aux observations du contribuable en date du 18 octobre 2018, l'administration a admis de ramener le montant des rappels de TVA au titre de l'année 2014 de 5 511 334 euros à 1 662 924 euros, ainsi qu'il a été indiqué au point 1 de la présente décision. Il résulte également de l'instruction que la société avait déjà fait l'objet, pour des motifs similaires, de rappels de TVA au titre des exercices antérieurs, en particulier s'agissant des exercices 2008 et 2009, qui ont été assortis d'une majoration identique et que la société n'a, selon les écritures non-contestées de l'administration en défense, pas contesté par la voie de la réclamation contentieuse, et qui doivent donc être regardées comme ayant acquis un caractère définitif à la date de dépôt des déclarations de la société au titre des exercices 2014 et 2015. La société ne saurait, dès lors, soutenir qu'elle n'avait pas connaissance des manquements ayant conduit à la mise à sa charge de précédents rappels majorés de TVA, et qu'elle n'était ainsi pas en mesure de prendre toute disposition utile pour éviter la réitération des mêmes manquements. Enfin, la seule circonstance, au demeurant non établie, qu'elle aurait utilisé un logiciel de gestion présentant de " graves dysfonctionnements ", ne suffit pas à remettre en cause l'appréciation retenue par le service. Par suite, eu égard à l'importance et à la répétition des manquements constatés, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de l'intention de la société d'éluder l'impôt et pouvait à bon droit faire application de la majoration de 40% prévue par les dispositions de l'article 1729 du code général des impôts.
4. Il s'ensuit que les conclusions de la SA Propreté Environnement Industriel à fin de décharge de la majoration litigieuse doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de SA Propreté Environnement Industriel est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SA Propreté Environnement Industriel et à l'administrateur des finances publiques en charge de la direction du contrôle fiscal d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
M. de Miguel, premier conseiller,
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. A
Le président,
Signé
Ph. Delage
La greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026