mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2106609 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET COTTET |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des pièces, enregistrées sous le numéro 2106609, le 29 juillet 2021 et le 14 septembre 2021, la SARL Nord-Sud Services, représentée par Me Cottet, demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2015 ainsi que des majorations et des intérêts des retard y afférents pour un montant total de 40 947 euros.
Elle soutient que :
- les frais exposés par la société en 2015 pour le compte d'une société tierce partenaire, la société Missi voyages, ont été engagés dans l'intérêt de la société et constituaient, par conséquent, des dépenses déductibles de son résultat, alors même que les factures correspondantes sont libellées au nom de cette société partenaire ; la prise en charge de frais pour le compte de cette société partenaire est une solution mise en place pour simplifier le paiement d'une prestation complexe faisant intervenir plusieurs sociétés de droit marocain et espagnol ; ceci explique que ces frais ne soient pas facturés par la société Missi Voyages ; en revanche, cette absence de facturation ne signifie pas que la dépense est inexistante et le rejet, par le service, des frais de transport maritime comptabilisés en 2015 par la société, à hauteur de 134 264 euros, revient à considérer que celui-ci aurait été effectué gratuitement par son prestataire ; à cet égard, il convient de relever que la comparaison des frais de transports exposés par la société au cours des années 2014, 2015 et 2016, ne révèle aucune variation significative ni aucune incohérence ; les frais de même nature inscrits en comptabilité au titre de l'année 2016 sur le compte 467300, pour un montant de 93 292,39 euros, n'ont pas été remis en cause par le service.
-l'application d'une majoration de 40% n'est pas justifiée ; les constations effectuées par le service révèlent certes l'incapacité de la société à traduire comptablement le déroulement d'opérations complexe, mais ne constituent pas un manquement délibéré en vue de minimiser sa charge fiscale.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SARL Nord-sud services ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 21 mars 2023 à 10h00.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés, sous le numéro 2106610, le 29 juillet 2021 et le 30 mars 2023, M. A B, représenté par Me Cottet, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mis à sa charge au titre des années 2015 et 2016 pour un montant total de 158 155 euros en droits, majorations et intérêts de retard.
Il soutient que :
-les rehaussements de bénéfice notifiés au titre de l'année 2015 à la SARL Nord Sud Services, dont il est le gérant, ne sont pas fondés ; par conséquent, les sommes correspondantes ne peuvent être considérées comme des revenus distribués à son profit par la société ;
-les dépenses engagées par la société en 2016 et écartées par le service, à hauteur de 93 292 euros, ne constituent pas davantage des revenus distribués dès lors que l'administration n'apporte pas la preuve qu'il les auraient effectivement appréhendées ;
-l'application .de la majoration de 40% n'est pas justifiée en l'absence de manquement délibéré
Par un mémoire en défense enregistré le 6 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thivolle,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Nord-Sud Services exerce une activité de transport de fret entre la France et le Maroc pour le compte des particuliers et également, à titre accessoire et jusqu'en 2014, une activité de transport de passagers. A l'issue d'une vérification de sa comptabilité portant sur la période comprise entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2016, étendue au 28 février 2017 en matière de TVA, l'administration lui a notifié, par une proposition de rectification du 18 décembre 2017, faisant application de la procédure contradictoire, des rappels de TVA au titre de l'ensemble des périodes vérifiées, non contestés dans le cadre de la présente instance, et des suppléments d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2015 pour un montant de 40 947 euros en droits et pénalités, mis en recouvrement le 16 mars 2020. Sa réclamation contentieuse du 9 juillet 2020 ayant été rejetée, la société demande au tribunal de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur les sociétés, des intérêts et des majorations y afférentes, ainsi mis à sa charge au titre de l'exercice clos en 2015. Tirant les conséquences de la vérification de comptabilité de la SARL Nord Sud Service, l'administration a notifié à M. et Mme B, par une proposition de rectification du 18 décembre 2017 faisant application de la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des rappels de contributions sociales au titre des années 2015 et 2016 pour un montant total de 158 155 euros en droits, majorations et intérêts de retard, mis en recouvrement le 30 juin et le 31 juillet 2020. Ses réclamations contentieuses du 29 juillet et du 1er septembre 2020 ayant été rejetées par une décision du 4 juin 2021, M. B demande au tribunal de prononcer la décharge des impositions supplémentaires ainsi mises à sa charge.
Sur la jonction
2. Les requêtes susvisées présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la requête n°2106609
En ce qui concerne le bien-fondé des rehaussements au titre de l'exercice 2015
3. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. () le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation ". Aux termes de l'article 39 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : 1° Les frais généraux de toute nature () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être admises en déduction du bénéfice imposable, les charges doivent avoir été exposées dans l'intérêt direct de l'entreprise ou se rattacher à sa gestion normale, correspondre à une charge effective et être appuyées de justificatifs.
4. En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
5. Il résulte de l'instruction qu'à l'issue des opérations de vérification l'administration a remis en cause la déductibilité des dépenses comptabilisées par la société à hauteur de 134 263 euros correspondant à des factures émises par la société Viajes Ragui et libellées au nom de la société Missi voyages, dont le siège social est implanté à Agadir (Maroc). La société requérante fait valoir qu'elle sous-traite les opérations de transports effectuées pour le compte de ses clients à la société de droit marocain Missi voyages, laquelle sous-traite également une partie de la prestation, correspondant aux opérations de transport maritime, à deux sociétés de droit espagnol dénommées Viajes Ragui et Imo sur Viajes. Elle indique qu'elle a acquitté pour le compte de la société Missi voyages et essentiellement en espèces les factures émises par ses sous-traitants espagnols et que la société Missi voyages déduit du prix des prestations qu'elle lui facture le montant des frais ainsi acquittés pour son compte. Elle justifie le recours à un tel circuit de paiement par les délais et les restrictions imposés aux sorties de capitaux du Maroc, par les exigences de sociétés de transport maritime exigeant un paiement rapide et comptant des prestations facturées, et par le souci de son partenaire marocain de limiter les effets de la variation des taux de change sur le coût desdites prestations. Elle se prévaut, à cet égard et au titre de l'année 2015, seule en litige, d'une attestation de décompte de frais, toutefois non datée, par laquelle la société Missi voyage " atteste et confirme () avoir bénéficié durant la période allant du 1er janvier 2015 jusqu'au 31 décembre 2015 d'un décompte global annuel sur frais d'un montant de () 136 367 euros, correspondant aux paiement pour son compte de la part de la société Nord Sud Services ", et d'une facture de décompte datée du 31 décembre 2015 mentionnant un montant identique. Elle produit enfin une copie du grand livre de la société Missi voyages retraçant les opérations affectant, au cours des exercices 2015 et 2016, le compte client de la SARL Nord sud services, numéroté 34210001. Si les explications ainsi avancées sont plausibles et si les documents produits permettent de rendre vraisemblable l'existence d'une prise en charge, par la SARL Nord Sud Services, d'une partie des dépenses incombant à son prestataire marocain, l'administration relève toutefois, sans être contredite sur ce point, que ces éléments ont été présentés postérieurement au contrôle, que les paiements litigieux ont été effectués en espèces et ne peuvent ainsi être retracés avec l'exactitude nécessaire au contrôle des opérations comptables et qu'en outre les décomptes de frais émanant de la société Missi voyages ne sont pas assortis de justificatifs susceptibles de démontrer de manière incontestable la réalité des dépenses de transports maritimes qui auraient été facturées par les sociétés espagnoles. L'administration a également relevé que les prestations facturées à la société Missi voyages par les sociétés Viajes Ragui et Imo sur Viajes concernaient des frais de transports maritime de véhicules, bus, remorques et passagers, alors que la SARL Nord Sud Services déclare uniquement des activités de transport de colis à compter de l'exercice 2015. Enfin, il résulte de l'instruction, notamment des termes du courrier portant les observations du contribuable en réponse à la proposition de rectification du 18 décembre 2017, en particulier du point " VI-D. Synthèse des rehaussements à l'IS " de ce courrier, que la société n'a initialement pas contesté dans leur intégralité le montant des charges rejetées par le service mais a indiqué qu'au titre de l'exercice 2015 le montant des dépenses prises en charge dans le cadre de la sous-traitance de transport effectuée par Missi voyage restait " à déterminer ", laissant ainsi entendre que le montant des frais comptabilisés pouvait ne pas correspondre exactement aux dépenses exposées pour le compte de cette dernière. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le service a considéré que les dépenses litigieuses ne constituaient pas, par leur la nature et eu égard à la contrepartie que la société en a retirée, des charges déductibles de son résultat imposable.
En ce qui concerne les pénalités
6. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ". Et aux termes de l'article L. 195 A du même code : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ".
7. Pour justifier l'application de la majoration prévue par les dispositions précitées, l'administration fait valoir que la société a déduit des charges sur la base de factures qui ne lui étaient pas adressées pour un montant de 134 264 euros en 2015. Elle souligne également que les dépenses litigieuses ne correspondent pas à l'activité de la société, dès lors que, ainsi qu'il a été rappelé au point 5 ci-dessus, la société ne déclarait aucune activité de transport de véhicules et de passagers. Elle relève enfin l'importance des rehaussements de bénéfice notifiés à l'issue du contrôle. Ce faisant, l'administration apporte la preuve, qui lui incombe, d'un manquement délibéré et pouvait, par suite, à bon droit, appliquer aux suppléments d'impôts sur le revenus mis à la charge de la SARL Nord Sud Services au titre de l'exercice 2015, de la majoration de 40% prévue par les dispositions du a. de l'article 1729 du code général des impôts.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Nord Sud Services n'est pas fondée à solliciter la décharge des suppléments d'imposition mis à sa charge au titre de l'année 2015, ni des pénalités y afférentes.
Sur la requête n°2106610
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions en litige
9. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes ". Il résulte de ces dispositions que l'administration est réputée apporter la preuve que des distributions occultes ont été appréhendées par la personne qui est, dans la société dont des revenus ont été regardés comme distribués, le maître de l'affaire.
10. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré () ". En l'espèce, il résulte de ces dispositions que M. B, qui n'a pas répondu à la proposition de rectification du 18 décembre 2017, supporte la charge de la preuve de l'exagération de ses bases d'imposition.
S'agissant de l'année 2015
11. L'administration a imposé entre les mains de M. B au titre de l'année 2015, sur le fondement des dispositions précitées, les dépenses acquittées par la Sarl Nord Sud Services à raison de factures qui ne lui étaient pas adressées ou de dépenses étrangères à son activité pour un montant de 134 264 euros. Si le requérant reprend à son compte les moyens développés par la société à l'encontre des rehaussements de bénéfices qui lui ont été notifiés au titre de l'exercice 2015, il résulte de ce qui a été dit au point 5 de la présente décision que ces moyens ne sont pas fondés. Par suite, M. B, qui ne conteste pas avoir exercé la maîtrise de l'affaire au sein de la société au cours de l'année en litige, ne saurait soutenir que ces sommes ne constituent pas des revenus distribués imposables sur le fondement du c. de l'article 111 du code général des impôts et n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, du caractère exagéré de ses bases d'imposition.
S'agissant de l'année 2016
12. A l'issue des opérations de vérification de la SARL Nord sur services, le service a relevé que la société s'était acquittée, au titre de l'exercice 2016, de factures qui ne lui étaient pas destinées pour un montant de 59 839 euros et de dépenses étrangères à son activité pour un montant de 33 453 euros, imputées en comptabilité sur le compte n°463700 intitulé " pour le compte de Missi voyages ". Ces charges, non admises en déduction et réintégrées au bénéfice de la société, ont été imposées entre les mains de M. B sur le fondement des dispositions du c. de l'article 111 du code général des impôts. Si ce dernier soutient que l'administration n'apporte pas la preuve qu'il aurait effectivement appréhendé ces sommes, il ne conteste toutefois pas le faisceau d'indices sur lequel celle-ci s'est appuyé pour estimer qu'il exerçait seul, au cours de l'année 2016, la maîtrise de l'affaire au sein de la société. Il résulte, en effet, de l'instruction, que M. B était, au cours des années en litige, gérant et associé de la SARL Nord sud services, qu'il engageait, par sa signature, la société à l'occasion, notamment, de la conclusion des baux commerciaux conclus par celles-ci en 2011 et 2013, et de la conclusion d'un accord de partenariat avec la société Missi voyages le 20 septembre 2012, qu'il était également signataire du mandat de représentation donné à la SARL Audifex pour représenter la société au cours des opérations de contrôle, et qu'il détenait la signature sur les comptes bancaires de la société. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a pu imposer entre ses mains, en sa qualité de seul maître de l'affaire, les distributions en litige.
En ce qui concerne les pénalités
13. L'administration a appliqué aux rectifications notifiées à M. B la majoration de 40% prévue par les dispositions de l'article 1729 du code général des impôts qui ont été citées au point 6 de la présente décision.
14. Eu égard aux motifs exposés au point 7 de la présente décision et compte tenu du fait que M. B, en sa qualité de gérant de la SARL Nord-sud services, ne pouvait ignorer l'existence ni les conséquences fiscales des déductions de charges opérées par la société, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, de la volonté du requérant d'éluder l'impôt et pouvait, dès lors et à bon droit faire application de la majoration de 40% prévue par les dispositions du a. de l'article 1729 du code général des impôts.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Nord Sud Services est rejetée.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Nord Sud Services, à M. A B et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Winkopp-Toch, première conseillère,
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. Thivolle
Le président,
Signé
Ph. DelageLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2106609,2106610
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026