mercredi 26 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2106949 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | DE TILLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 août 2021 et 12 avril 2022, M. C B, représenté par Me de Tilly, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 à raison de la plus-value réalisée sur la vente de la maison située 82 rue de Chartres au Perray-en-Yvelines ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- en application de l'article 150 VB du code général des impôts, en cas d'acquisition à titre gratuit, le prix d'acquisition s'entend de la valeur retenue pour la détermination des droits de mutation à titre onéreux ; il résulte de ces dispositions que la plus ou moins-value est égale à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition par le cédant ; la valeur du bien immobilier est devenue définitive avec l'émission de l'avis de mise en recouvrement ;
- en l'espèce, le requérant a déposé une déclaration rectificative de plus- value sur les cessions d'immeubles modificative (n° 2048-IMM SD) afin de tenir compte de la valeur vénale du bien immobilier retenue par le pôle de contrôle des revenus et patrimoine dans la déclaration de succession de Mme A veuve B ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête .
Il soutient que, par réclamation du 19 janvier 2021 adressée à la direction départementale des finances publiques du Val de Marne et toujours en cours d'instruction, M. B a contesté le rehaussement relatif à l'évaluation du bien immobilier du Perray-en-Yvelines et qu'en l'absence d'acceptation de la rectification visant la valeur du bien retenue pour l'application des droits d'enregistrement, la déclaration de plus-value immobilière faisant état d'une absence de plus-value imposable ne saurait être retenue.
Par ordonnance du 20 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2022.
Par courrier du 19 juin 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence du tribunal administratif de Versailles pour connaître du litige.
Une réponse à ce moyen d'ordre public présentée pour M. B a été enregistrée le 30 juin 2023 et a été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Winkopp-Toch,
- et les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite du décès de leur mère, le 8 décembre 2014, M. B et son frère ont hérité notamment d'une maison d'habitation avec jardin arboré située 82 rue de Chartres au Perray-en-Yvelines. Le 29 juin 2016, M. B a souscrit une déclaration 2048-IMM SD sur laquelle il a porté le prix de cession et le prix d'acquisition du bien immobilier, respectivement 1 250 000 euros et 249 635 euros. Il en ressortait une plus-value en base d'impôt sur le revenu et de contributions sociales de 262 749 euros, correspondant à une imposition globale de 106. 413 euros. Dans son avis du 12 avril 2019, la commission départementale de conciliation des Yvelines a proposé de recalculer la valeur vénale de la propriété en retenant un prix moyen du m² de 84 euros. Par réclamation en date du 19 janvier 2021 adressée au " Pôle de Contrôle Revenu Patrimoine " de la direction départementale des finances publiques du Val-de-Marne, M. B a contesté les rehaussements qui lui avaient été notifiés en matière de droits de mutation. Le 11 février 2021,le contribuable a déposé une déclaration modificative faisant état d'une moins-value de 84 627 euros. La réclamation contentieuse étant restée sans réponse dans le délai de six mois prévu à l'article L. 199-1 du livre des procédures fiscales, M. B demande au tribunal de prononcer la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales à raison de la plus-value réalisée sur la vente de la maison située 82 rue de Chartres au Perray-en-Yvelines.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 312-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée. ". Et aux termes de l'article R. 312-2 du même code : " Sous les mêmes réserves en cas de recours préalable à celui qui a été introduit devant le tribunal administratif, la décision à retenir pour déterminer la compétence territoriale est celle qui a fait l'objet du recours administratif ou du pourvoi devant une juridiction incompétente. ". Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. () ".
3. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que le tribunal administratif territorialement compétent pour connaître du contentieux de l'assiette d'une imposition, comme de celui de son recouvrement, est le tribunal dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui l'a établie.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 221-3 du code de justice administrative : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : () Melun : Seine-et-Marne, Val-de-Marne ; () Versailles : Essonne, Yvelines () ".
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, à la décharge desquelles tendent les conclusions dont M. B a saisi le tribunal administratif de Versailles ont pour lieu d'établissement de l'imposition le département du Val-de-Marne, le requérant étant domicilié à Nogent-sur-Marne. Ce département est situé dans le ressort du tribunal administratif de Melun. Par suite, et alors même que le bien ayant donné lieu à la plus-value en litige est situé dans les Yvelines, le tribunal administratif de Versailles n'est pas territorialement compétent pour connaître de ce litige. Dès lors, il y a lieu de transmettre le dossier de la requête de M. B au tribunal administratif de Melun.
D E C I D E :
Article 1er : Le dossier de la requête de M. B est transmis au tribunal administratif de Melun.
Article 2 : La présente décision sera notifiée au président du tribunal administratif de Melun, à M. C B et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Winkopp-Toch, première conseillère,
M. Thivolle , conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
A. Winkopp-Toch
Le président,
Signé
Ph. DelageLe greffier,
Signé
C. Gueldry
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026