jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2107614 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | RICOUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 septembre 2021 et 11 septembre 2023, M. B C, représenté par Me Jessel, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement le centre hospitalier Sud Francilien (CHSF) et la société Relyens Mutual Insurance (RMI) à lui verser la somme totale de 542 354,61 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de fautes dans sa prise en charge au sein de cet établissement ;
2°) de mettre leur charge le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- le CHSF a commis des fautes lors de sa prise en charge à partir du 8 octobre 2012 ;
- il a subi des préjudices directement liés à ces fautes qui se décomposent comme suit : 170 794,61 euros au titre des pertes de gains professionnels futurs, 120 000 euros au titre de l'incidence professionnelle et 251 560 euros au titre du préjudice de retraite.
Par un mémoire, enregistré le 29 septembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Essonne, représentée par son directeur général, conclut :
1°) à la condamnation du CHSF à lui verser la somme de 40 735,08 euros au titre de ses débours, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de sa première demande en justice, ainsi que les prestations non connues à ce jour ;
2°) à la condamnation du CHSF à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) à ce que soit mis à sa charge le versement de la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la responsabilité du CHSF est engagée en raison de fautes dans la prise en charge de M. C ;
- sa créance est constituée du versement d'une pension d'invalidité par la caisse régionale d'assurance maladie d'Ile-de-France (CRAMIF), qui lui a cédé sa créance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2023, le CHSF et la société RMI, représentés par Me Ricouard, concluent :
1°) à titre principal, au rejet de la requête et des conclusions de la CPAM, et à la mise à la charge du requérant de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que les sommes allouées à M. C au titre de ses préjudices et des frais de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'à la CPAM au titre de ses débours soient ramenées à de plus justes proportions.
Ils font valoir que :
- M. C ne justifie pas d'un intérêt à agir dès lors qu'il ne justifie pas des éventuelles prestations indemnitaires qu'il aurait perçues de son assureur ou de l'assureur du tiers responsable de l'accident de la circulation du 25 décembre 2009, et ne démontre donc pas qu'il n'aurait pas déjà été indemnisé du préjudice subi dans les suites de cet accident ;
- le requérant ne rapporte pas la preuve d'une incapacité permanente, totale ou partielle, d'exercer toute activité professionnelle, ni même d'un retentissement professionnel, qui serait lié de manière directe et certaine à l'accident médical en cause ;
- subsidiairement, il convient d'appliquer le taux de perte de chance de 25 % conformément à l'avis de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) ;
- pour les mêmes raisons, les conclusions de la CPAM de l'Essonne devront être rejetées ou se voir appliquer le taux d'imputabilité de 25 %.
Vu :
- le rapport d'expertise déposé par le docteur A le 21 octobre 2014 ;
- le rapport d'expertise déposé par les docteurs Dupuis et Marty le 14 octobre 2015 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif à l'indemnité forfaitaire de gestion ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,
- et les conclusions de M. Chavet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a subi, le 8 octobre 2012, une arthroplastie par la pose d'une prothèse de cheville au centre hospitalier Sud Francilien (CHSF) en raison de douleurs persistantes à la suite d'une fracture complexe du pilon tibial droit causée par un accident de la route dont il a été victime le 25 décembre 2009, et prise en charge le 29 décembre 2009 à la clinique de l'Essonne ayant causé une arthrose post-traumatique. Les suites ont été marquées par des difficultés de cicatrisation et par la déchirure de la plaie lors de la pose du plâtre le 29 octobre 2012, qui a été ôté en urgence. M. C a été hospitalisé au CHSF du 29 octobre au 4 novembre 2012. Les prélèvements réalisés ont mis en évidence la présence de Staphylocoque doré et d'Enterobacter. Une antibiothérapie probabiliste a alors été mise en place le jour même de l'hospitalisation, et une excision de la nécrose cutanée réalisée le 30 octobre 2012 à l'hôpital Saint-Louis. M. C a, ensuite, été hospitalisé à l'hôpital Saint-Louis du 21 novembre au 15 décembre 2012. Le 22 novembre a été réalisée une couverture par un lambeau libre de grand dentelé complété le 6 décembre par une greffe de peau mince. La cicatrisation a ensuite été satisfaisante, mais malgré une rééducation du 26 décembre 2012 au 4 mars 2013, il a conservé des séquelles. Il a été mis en invalidité catégorie 2 à compter du 29 décembre 2012 et licencié de son emploi de chef de chantier pour inaptitude, par un courrier du 2 juillet 2013.
2. Estimant que les conditions de sa prise en charge étaient de nature à engager la responsabilité du CHSF, il a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) le 28 mai 2014 par une demande déclarée complète et enregistrée le 28 juillet 2014, qui a désigné le docteur A, chirurgien orthopédiste, pour réaliser une expertise remise le 21 octobre 2014, puis les docteurs Dupuis, chirurgien orthopédiste, et Marty, médecin hygiéniste, pour effectuer une contre-expertise et dont le rapport a été remis le 14 octobre 2015. Au vu de ces rapports, la CCI a rendu un avis le 15 décembre 2015, concluant à l'indemnisation par le CHSF des préjudices subis par M. C en raison de fautes commises lors de sa prise en charge et à la consolidation de son état à la date du 10 janvier 2014. Une transaction partielle a été conclue entre M. C et l'assureur du CHSF, la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM, devenue Relyens Mutual Insurance), pour un montant de 41 390 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire, de l'assistance par une tierce personne, des souffrances endurées, du déficit fonctionnel permanent, du préjudice esthétique permanent et des frais d'avocat. Par un courrier du 29 décembre 2018 reçu le 7 janvier 2019, M. C a sollicité auprès de la SHAM le versement d'une indemnité en réparation du préjudice lié aux pertes de gains professionnels. Cette demande a été rejetée par un courriel du 6 mai 2019. M. C a, par la suite, assigné le CHSF et son assureur la SHAM devant le tribunal judiciaire de Lyon, qui s'est estimé incompétent par une ordonnance du 26 mai 2021.
3. Par un courrier du 14 juin 2021 reçu le 16 juin suivant, M. C a présenté auprès du CHSF et de la SHAM une demande préalable indemnitaire, portant sur la perte de gains professionnels, l'incidence professionnelle et le préjudice de retraite, implicitement rejetée. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de les condamner solidairement à l'indemniser pour ces préjudices.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le CHSF et la société RMI :
4. Si le CHSF et la société RMI soutiennent que M. C ne justifie pas d'un intérêt à agir, en ce qu'il ne justifie pas d'éventuelles prestations indemnitaires qu'il aurait perçues de son assureur ou de l'assureur du tiers responsable de l'accident de la circulation du 25 décembre 2009, qui serait alors intégralement subrogé dans ses droits à indemnisation, les préjudices dont il demande réparation ne résultent pas de cet accident à la suite duquel il a été pris en charge à la clinique de l'Essonne, qui est un établissement privé, mais des fautes commises lors de sa prise en charge par le CHSF en 2012. Par suite, cette fin de non-recevoir ne peut être accueillie.
Sur la responsabilité de l'établissement :
5. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
6. Il résulte de l'instruction, en particulier des rapports d'expertise, que la prise en charge de M. C par le CHSF n'a pas été conforme aux règles de l'art, dès lors que le diagnostic d'arthrose sous-astragalienne comme responsable des douleurs était " surestimé ", que l'indication d'intervenir sur l'articulation était trop précipitée, que le choix d'une arthrodèse sous-talienne n'était pas justifié, en raison de la quasi absence de lésions dégénératives, et que le choix de l'implantation d'une prothèse totale n'était pas pertinent en raison de l'âge et de la profession du patient. Par ailleurs, l'implantation de la prothèse est critiquable en ce que la pièce tibiale est positionnée en oblique en arrière et que l'ensemble de la prothèse entraine une translation antérieure du pied. Enfin, l'ouverture cutanée de la cicatrice lors de la tentative de positionnement du pied en talus a été négligée et une botte plâtrée a été mise en place contre tout principe de prudence quant à la surveillance et au traitement de cette désunion cutanée, le plâtre n'ayant été retiré que dix jours après, en urgence avec constatation d'une infection. Il en a résulté un retard dans la rééducation et une aggravation de l'ankylose, quasi complète et douloureuse, de la cheville, empêchant notamment la reprise de son travail par l'intéressé. Dans ces conditions, les erreurs et retards de diagnostic, les choix thérapeutiques erronés et le vice de positionnement de la prothèse constituent des fautes de nature à engager la responsabilité du CHSF et de la société RMI.
Sur les préjudices :
7. Il résulte de l'instruction, et en particulier de l'expertise des docteurs Dupuis et Marty, que l'état de santé de M. C, qui était chef de chantier en contrat à durée indéterminée, le rend définitivement inapte à son poste et à tout poste sur un chantier, et lui interdit tout emploi impliquant une conduite automobile, des marches et des stations debout prolongées ainsi que le port de charge, seul un emploi sédentaire ou en position assise lui étant autorisé. Les experts ont précisé qu'antérieurement à l'intervention réalisée le 8 octobre 2012, les possibilités de reprendre l'activité antérieurement exercée pouvaient être évaluées à 25 %. Dans ces conditions, les limitations professionnelles actuelles du requérant doivent être regardées comme imputables à hauteur de 25 % aux conséquences des manquements dans la prise en charge de M. C par le CHSF et de 75 % à l'état antérieur que constituaient la fracture initiale et ses conséquences.
S'agissant des pertes de gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle :
8. D'une part, en application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction résultant de la loi du 21 décembre 2006 relative au financement de la sécurité sociale, le juge saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et du recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale doit, pour chacun des postes de préjudice, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime ou du fait que celle-ci n'a subi que la perte d'une chance d'éviter le dommage corporel. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale.
9. D'autre part, qu'aux termes de l'article L. 341-1 du code de la sécurité sociale : " L'assuré a droit à une pension d'invalidité lorsqu'il présente une invalidité réduisant dans des proportions déterminées, sa capacité de travail ou de gain, c'est-à-dire le mettant hors d'état de se procurer, dans une profession quelconque, un salaire supérieur à une fraction de la rémunération normale perçue dans la même région par des travailleurs de la même catégorie, dans la profession qu'il exerçait avant la date de l'interruption de travail suivie d'invalidité ou la date de la constatation médicale de l'invalidité si celle-ci résulte de l'usure prématurée de l'organisme ". Eu égard à la finalité de réparation d'une incapacité permanente de travail qui lui est assignée par ces dispositions législatives et à son mode de calcul, en fonction du salaire, fixé par l'article R. 341-4 du code de la sécurité sociale, la pension d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet exclusif de réparer, sur une base forfaitaire, les préjudices subis par la victime dans sa vie professionnelle en conséquence de l'accident, c'est-à-dire ses pertes de revenus professionnels et l'incidence professionnelle de l'incapacité. Dès lors, le recours exercé par une caisse de sécurité sociale au titre d'une pension d'invalidité ne saurait s'exercer que sur ces deux postes de préjudice.
10. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. C, qui disposait d'un emploi lui procurant des ressources stables, ne peut plus reprendre une activité comparable et n'a exercé aucune activité professionnelle lui procurant des revenus depuis la date de consolidation de son état en janvier 2014. Il peut ainsi prétendre à une indemnisation des pertes de gains professionnels directement liés aux manquements du CHSF de cette date jusqu'à la date à laquelle il pourra prétendre à une retraite à taux plein, le 1er avril 2036. Il sera fait, dès lors, une juste appréciation des revenus annuels de M. C avant son accident du 25 décembre 2009, postérieurement auquel il n'a plus travaillé, en les évaluant à la somme de 30 064 euros nets correspondant aux revenus mentionnés dans son avis d'imposition.
11. Durant la période de référence, M. C a subi des pertes de revenus qui peuvent être évaluées, eu égard à son revenu antérieur, à 313 166,67 euros nets pour la période du mois de janvier 2014 à la date du présent jugement, et à 364 465,87 euros nets pour la période postérieure, en tenant compte d'un prix de l'euro de rente pour un homme de 55 à 67 ans fixé à 12,123 par le barème de capitalisation publié à la Gazette du Palais en 2022. Eu égard à ce qui a été indiqué au point 7, la perte de revenus postérieure à la date de consolidation imputable aux manquements du CHSF s'élève, dès lors, à la somme de 169 408,136 euros.
12. Par ailleurs, la quasi ankylose de la cheville de M. C, qui travaillait sur des chantiers depuis 1987, est à l'origine d'une l'impossibilité de reprendre ses activités de chef de chantier ou toute autre activité de chantier, ainsi que d'un déclassement sur le marché de l'emploi dans la perspective d'une reconversion professionnelle rendue plus difficile. Alors que le requérant, qui n'a pas repris d'activité professionnelle depuis son accident de la circulation le 25 décembre 2009, était âgé de 43 ans à la date de sa prise en charge par le CHSF et conserve un taux de déficit fonctionnel permanent de 22 % dont 10 % résultent de son état antérieur, il sera fait une juste appréciation de cette incidence professionnelle en l'évaluant, pour sa part imputable aux manquements du CHSF, à la somme de 15 000 euros.
13. Il résulte de l'instruction, en particulier des documents émis par ces organismes et des avis d'impôt, que la pension d'invalidité versée par la CPAM et la rente d'invalidité versée par Pro-BTP Prévoyance au bénéfice de M. C peuvent être évaluées à 363 506 euros pour la période courant du mois de janvier 2014 à la date du présent jugement, et à 441 337,81 euros pour la période postérieure en tenant compte du prix de l'euro de rente susmentionné, soit un montant total de 201 210,95 euros après application du taux d'imputabilité de 25 %, dont 86 822,25 euros de pension d'invalidité. Par suite, le préjudice subi par M. C au titre des pertes de revenus professionnels et de l'incidence professionnelle est intégralement réparé par les pensions et rentes d'invalidité perçues. La caisse primaire limitant à 40 735,08 euros le montant dont elle demande le remboursement au titre des arrérages de la pension d'invalidité, il y a lieu de mettre à la charge du CHSF le versement à la caisse primaire d'une telle somme, assortie des intérêts au taux légal à compter du 29 avril 2022.
S'agissant de la perte de droits à pension de retraite :
14. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'estimation d'Info retraite produite, que M. C pourra prétendre à une retraite à taux plein le 1er avril 2036, d'un montant de 1 614,43 euros brut mensuels dont 1 090,59 euros bruts versés par l'Assurance retraite au titre de la retraite de base. Il résulte également des pièces produites que s'il avait pu travailler jusqu'au 1er avril 2036, il aurait perçu une retraite plus importante, dès lors que celle-ci se calcule par application d'un taux de 50 % sur le montant du salaire mensuel moyen des vingt-cinq meilleures années revalorisé par application d'un coefficient de revalorisation en vigueur à la date du départ à la retraite. Le requérant produit une évaluation du préjudice en cause, réalisée par le cabinet APS Consult, spécialisé dans l'audit en protection sociale, non contestée en défense, évaluant la perte de retraite à 10 500,84 euros par an. Après application d'un taux de capitalisation de 19,601 issu de la Gazette du Palais 2022, reposant sur la table de mortalité 2017-2019 pour les hommes publiée par l'Institut national de la statistique et des études économiques et un taux d'intérêt de 1 %, qui correspond aux données économiques à la date de l'évaluation du préjudice, le montant du préjudice subi par M. C, pour sa part imputable aux manquements du CHSF, peut être évalué à 51 456,74 euros. Aucune pièce du dossier ne venant établir que M. C pourrait avoir droit à une majoration de sa pension pour invalidité, il y a lieu en conséquence de condamner solidairement le CHSF et la société RMI à indemniser l'intéressé de la perte de ses droits à pension à hauteur de cette somme.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
15. En application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 susvisé et eu égard à la somme dont elle obtient le remboursement dans le présent jugement, la CPAM de l'Essonne est en droit d'obtenir le versement d'une indemnité forfaitaire de gestion d'un montant de 1 191 euros. Il y a lieu de mettre le versement de cette indemnité à la charge du CHSF.
Sur les dépens :
16. La présente instance n'ayant occasionné aucun dépens, les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
17. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ".
18. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant la somme que sollicitent le CHSF et la société RMI au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre solidairement à la charge du CHSF et de la société RMI la somme de 1 800 euros à verser à M. C au titre des mêmes frais.
19. La CPAM de l'Essonne, qui s'est défendue sans l'intermédiaire d'un avocat, ne justifie d'aucun frais exposé et non compris dans les dépens. Les conclusions qu'elle présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent ainsi qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Le CHSF et la société RMI sont solidairement condamnés à verser à M. C la somme de 51 456,74 euros en réparation des préjudices qu'il a subis.
Article 2 : Le CHSF est condamné à verser à la CPAM de l'Essonne la somme de 40 735,08 euros au titre de ses débours, assortie des intérêts au taux légal à compter du 29 avril 2022.
Article 3 : Le CHSF versera à la CPAM de l'Essonne la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 4 : Le CHSF et la société RMI verseront solidairement à M. C la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au centre hospitalier Sud Francilien, à la société Relyens Mutual Insurance et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Marc, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
E. Marc
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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