vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2108086 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre - Juge unique |
| Avocat requérant | SCP CJ ALAIN BOT Y. NORMAND MP CREN ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 21 septembre 2021, le 26 octobre 2022 et le 27 septembre 2023, l'établissement public Voies navigables de France (VNF) défère au tribunal, comme prévenue d'une contravention de grande voirie, la SAS Transport fluvial Vandeville (TFV), et conclut à ce que le tribunal :
1°) condamne la SAS TFV à payer une amende de 150 euros, en application des dispositions de l'article L. 2132-9 du code général de la propriété des personnes publiques ;
2°) enjoigne à la SAS TFV de libérer le domaine public fluvial dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, à défaut, l'autorise à procéder au déplacement d'office du bateau " Julien ", aux frais et risques de la contrevenante, au besoin avec le concours de la force publique ;
3°) condamne la SAS TFV au paiement de la somme de 250 euros correspondant aux frais d'établissement du procès-verbal et de sa notification par lettre recommandée avec accusé de réception au titre des dépens relevant de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'à la notification du jugement à intervenir par huissiers de justice au titre des frais prévus par l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'établissement public soutient que le fait que le bateau " Julien ", appartenant à la SAS TFV occupe sans autorisation le domaine public fluvial, constitue un empêchement au sens de l'article L. 2132-9 du code général de la propriété des personnes publiques, que la présence de ce bateau entrave la possibilité pour VNF de gérer son domaine public fluvial conformément à sa destination et crée un préjudice financier à l'établissement.
Par trois mémoires en défense produits le 11 octobre 2021, le 22 juin 2023 et le 29 septembre 2023, la SAS Transport fluvial Vandeville (TFV), représentée par Me Normand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'établissement public Voies navigables de France une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que l'infraction n'est pas constituée et, en dernier lieu, à ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte dès lors que le bateau " Julien " ne lui appartient plus.
Par un mémoire enregistré le 12 octobre 2023, l'établissement public Voies navigables de France demande que le tribunal prenne acte du désistement de ses conclusions à fin d'injonction de libération du domaine public fluvial.
Les parties ont été informées le 30 novembre 2023 en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la prescription de l'action publique dans les conditions prévues à l'article 9 du code de procédure pénale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS TFV était propriétaire du bateau " Julien " qui stationne sans autorisation, sur le domaine public fluvial, rive droite du fleuve Seine, PK 70,600 sur la commune de Conflans Saint-Honorine dans le département des Yvelines. L'établissement public Voies navigables de France (VNF) défère la SAS TFV comme prévenue d'une contravention de grande voirie. Il demande au tribunal de condamner cette société à payer une amende de 150 euros, en application des dispositions de l'article L. 2132-9 du code général de la propriété des personnes publiques, et à enlever son bateau du domaine public fluvial.
Sur le désistement partiel :
2. Dans son dernier mémoire enregistré le 12 octobre 2023, l'établissement public Voies navigables de France déclare se désister purement et simplement de ses conclusions à fin d'injonction de libération du domaine public. Ce désistement partiel étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur l'action publique :
3. En vertu de l'article 9 du code de procédure pénale, l'action publique tendant à la répression des contraventions se prescrit par une année révolue à compter du jour où l'infraction a été commise. La prescription d'infractions continues ne court qu'à partir du jour où elles ont pris fin. En vertu de l'article 9-2 du même code, peuvent seules être regardées comme des actes d'instruction ou de poursuite de nature à interrompre la prescription en matière de contraventions de grande voirie, outre les jugements rendus par les juridictions et les mesures d'instruction prises par ces dernières, les mesures qui ont pour objet soit de constater régulièrement l'infraction, d'en connaître ou d'en découvrir les auteurs, soit de contribuer à la saisine du tribunal administratif ou à l'exercice par le ministre de sa faculté de faire appel ou de se pourvoir en cassation. Ces actes d'instruction ou de poursuites interrompent la prescription à l'égard de tous les auteurs, y compris ceux qu'ils ne visent pas.
4. Il résulte de l'instruction que plus d'un an s'est écoulé entre la communication du mémoire en défense du 11 octobre 2021 et le mémoire en réplique produit par l'établissement public Voies navigables de France le 26 octobre 2022. Il s'ensuit que l'action publique est prescrite et qu'il n'y a plus lieu d'y statuer. Ainsi, la SAS TFV ne saurait être condamné ni à l'amende demandée par l'établissement public Voies navigables de France, ni aux frais de procès-verbal qui ne concerne que l'infraction précitée.
Sur les frais liés au litige :
5. Si l'établissement public Voies navigables de France sollicite le paiement d'une somme de 250 euros correspondant aux frais d'établissement du procès-verbal et de sa notification ainsi qu'aux frais de la notification du jugement à intervenir par voie d'huissier, il ne justifie nullement du montant des frais relatifs au procès-verbal qui a été notifié par voie postale, ni de la nécessité de recourir à un huissier alors que la notification du jugement comme celle du procès-verbal peut être effectuée par voie administrative. Les demandes de Voies navigables de France présentées à ce titre doivent donc être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions à fin d'injonction de l'établissement public Voies navigables de France.
Article 2 : Le surplus de la requête de l'établissement public Voies Navigables de France est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera adressé à l'établissement public Voies Navigables de France pour notification à la SAS TFV dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
La magistrate désignée
signé
F. A
La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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