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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2108108

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2108108

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2108108
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP ALAIN LEVY ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 septembre 2021, le 25 avril 2024 et le 30 mai 2024, la société par actions simplifiée IPODEC Normandie, représentée par Me Spagnol, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet intervenue suite au courrier de contestation du décompte général et définitif (DGD) adressé à l'établissement public foncier d'Île-de-France (EPFIF) le 16 juin 2021 et reçu par ce dernier le 17 juin 2021 ;

2°) de condamner l'EPFIF à lui verser la somme de 459 080,50 euros HT, qui devra être assortie de la taxe sur la valeur ajoutée ;

3°) de mettre à la charge de l'EPFIF la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) de condamner l'EPFIF aux entiers dépens. ;

Elle soutient que :

- les pénalités de retard qui lui sont infligées à hauteur de 14 000 euros HT sont injustifiées dès lors que le retard qui lui est imputé résulte de causes extérieures ;

- des difficultés d'accès au site le 24 avril 2020 lui ont causé un préjudice financier à hauteur de 10 036 euros HT ;

- des travaux supplémentaires non prévus lui ont été confiés, travaux qu'elle évalue à 4 736 euros HT pour traiter le verre des bâtiments, à 74 020 euros HT pour démolir des dalles de sol découvertes au cours des opérations, à 100 738,50 euros HT pour traiter du SIPOREX supplémentaire, à 5 680 euros HT pour trier des déchets au sol des bâtiments E, F et G, à 2 870 euros HT pour intervenir sur la terrasse du bâtiment J, et à 247 000 euros HT pour des travaux de déconstruction des clos et couverts des bâtiments A, B, C, D, E, F, G, H, I et J ;

Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 mars 2024 et le 14 mai 2024, l'EPFIF, représenté par Me Salaün, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SAS IPODEC Normandie la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les demandes relatives aux travaux sur le clos couvert, évalués à 247 000 euros HT, sont irrecevables dès lors qu'un tel devis n'est mentionné ni dans le décompte général et définitif transmis par IPODEC ni dans son mémoire en réclamation du 16 juin 2021, et sont en tout état de cause infondées ;

- les pénalités de retard n'ont pas été reprises dans le décompte général et définitif du 18 mai 2021 contesté par la société IPODEC ;

- les difficultés d'accès sur site le 24 avril 2020 résultent du propre fait de la société IPODEC Normandie, à savoir du refus de la part du chef de chantier de se soumettre aux contrôles habituels du gardien responsable de la sécurité du site ;

- les travaux relatifs aux dalles n'étaient pas imprévisibles dès lors que la présence de ces dalles était mentionnée dans les documents du marché, les montants évoqués au titre du SIPOREX ne sont pas liés à des travaux supplémentaires mais à une erreur d'évaluation du traitement des déchets du fait de la société requérante, les demandes relatives aux travaux supplémentaires pour la prise en charge de déchets dans les bâtiments E, F et G ont été satisfaites dès lors que la demande de délai de la société requérante a été acceptée, la demande de la société IPODEC relative à la prise en charge de 2 870 euros HT au titre de la terrasse du bâtiment J a été acceptée dans le décompte général et définitif transmis par l'EPFIF, et enfin la demande concernant le traitement du verre du bâtiment pour un montant de 4 736 euros HT avait été acceptée sur le principe, sous réserve pour la société IPODEC de transmettre le justificatifs relatifs à la prise en charge du verre feuilleté et de son traitement, ce qu'elle n'a pas fait.

Par ordonnance du 6 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 21 juin 2024.

Par un courrier du 28 juin 2024, le tribunal a sollicité, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative la communication d'une pièce sans que cette demande n'ait pour effet de rouvrir l'instruction. Dans ce cadre, la société IPODEC Normandie a produit un mémoire enregistré le 4 juillet 2024 et communiqué, et l'EPFIF a produit un mémoire enregistré le 8 juillet 2024 et communiqué.

Par un courrier du 23 juillet 2024, le tribunal a sollicité, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative la communication d'une pièce sans que cette demande n'ait pour effet de rouvrir l'instruction. Dans ce cadre, l'EPFIF a adressé au tribunal un mémoire enregistré le 20 septembre 2024 et non communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Perez,

- les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique,

- et les observations de Me Dezellus, représentant la société IPODEC Normandie, et de Me Salaün, représentant l'EPFIF.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la société IPODEC Normandie tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet suite à la transmission d'un mémoire en réclamation du 16 juin 2021 notifié le 17 juin 2021, le juge du contrat n'ayant pas le pouvoir de prononcer, à la demande de l'une des parties, l'annulation de mesures prises par l'autre partie, lesquelles ne sont pas détachables de l'exécution du marché.

Des observations présentées pour la société IPODEC Normandie sur le moyen relevé d'office ont été enregistrées le 24 septembre 2024.

Une note en délibéré, présentée pour l'EPFIF, a été enregistrée le 24 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Après avoir acquis les anciens complexes de laboratoires de recherche du groupe Thalès situés à Guyancourt, l'EPFIF a lancé en 2019 une procédure de consultation pour la passation d'un marché de travaux de désamiantage, de déconstruction et de dépollution, la société AD Conseil ayant été désignée maître d'œuvre et la société Néo Eco assistant au maître d'ouvrage. Le lot n°2 " curage de l'ensemble du site sauf bâtiments conservés R et P ", a été attribué à la société IPODEC Normandie, pour un montant de 299 600 euros HT et notifié par un courrier du 30 octobre 2019. Les travaux ont été reçus avec réserves le 17 août 2020. La société IPODEC Normandie a adressé à l'EPFIF son décompte général et définitif le 18 avril 2021, rejeté par le maître d'œuvre par courrier du 23 avril 2021. Par un courrier du 18 mai 2021, l'EPFIF a adressé à la société IPODEC Normandie son décompte général et définitif, et ce dernier a été contesté par un mémoire en réclamation du 16 juin 2021. Par la présente requête, la société IPODEC Normandie demande au tribunal de fixer le solde du marché.

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du mémoire en réclamation :

2. Le juge du contrat n'a pas, en principe, le pouvoir de prononcer, à la demande de l'une des parties, l'annulation de mesures prises par l'autre partie, lesquelles ne sont pas détachables de l'exécution du marché. Il lui appartient seulement de rechercher si ces mesures sont intervenues dans des conditions de nature à ouvrir un droit à indemnité. Par suite, les conclusions présentées par la société IPODEC Normandie tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet opposée au mémoire en réclamation du 16 juin 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur la fin de non-recevoir opposée par l'EPFIF aux conclusions à fin de paiement :

3. Aux termes de l'article 50.3.1 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) Travaux, dans sa réaction applicable en l'espèce : " A l'issue de la procédure décrite à l'article 50.1, si le titulaire saisit le tribunal administratif compétent, il ne peut porter devant cette juridiction que les chefs et motifs énoncés dans les mémoires en réclamation. ".

4. Si la société IPODEC Normandie soutient qu'il lui a été demandé de réaliser des travaux supplémentaires sur le clos couvert, non prévus dans le marché, dont le montant doit être évalué à la somme de 247 000 euros HT, il résulte de l'instruction qu'une telle demande n'est pas mentionnée dans le mémoire en réclamation du 16 juin 2021. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense sur ce point doit être accueillie, cette demande est irrecevable et ne peut qu'être rejetée.

Sur le solde du marché :

En ce qui concerne les pénalités de retard :

5. La société IPODEC Normandie demande au tribunal de condamner l'EPFIF à lui verser la somme de 14 000 euros HT en compensation de pénalités de retard injustifiées. Toutefois, s'il est constant que l'application de pénalités de retard à hauteur de 14 000 euros HT avait été prévue par le maître d'œuvre, dans un courrier de la société AD Conseil du 3 juillet 2020, il résulte de l'instruction, et notamment du décompte général et définitif établi le 18 mai 2021 par le maître de l'ouvrage, que ces pénalités de retard n'ont pas été intégrées dans le solde du marché fixé à 333 177,74 euros HT. S'il est fait mention dans ce décompte des raisons pour lesquelles le maître de l'ouvrage envisageait en concertation avec le maître d'œuvre d'appliquer des pénalités de retard, seul le décompte chiffré sur lequel ne figure aucune pénalité de retard fait foi. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de cette demande, la société IPODEC Normandie n'est pas fondée à demander le versement de 14 000 euros HT au titre de l'application de pénalités de retard injustifiées.

En ce qui concerne les pertes financières :

6. Au soutien de sa demande d'indemnisation des pertes financières résultant des difficultés d'accès au chantier le 24 avril 2020, la société IPODEC Normandie fait valoir qu'en raison des demandes abusives de contrôles d'identité et des véhicules à l'entrée du chantier par l'agent de sécurité en charge du gardiennage, le chef de chantier de la société IPODEC Normandie a dû demander à toute son équipe, déjà présente dans l'enceinte du chantier, de quitter les lieux. Si la société IPODEC Normandie établit avoir signalé au maître d'œuvre cet incident contraire aux règles d'accès du site par un courrier daté du jour même, elle ne justifie pas avoir recherché une solution immédiate en contactant notamment le maître d'œuvre avant que l'ensemble de ses opérateurs ne quittent volontairement le chantier. Par suite, la société IPODEC Normandie n'est pas fondée à demander la somme de 10 036 euros HT pour l'indemniser de la perte d'une journée de travail le 24 avril 2020.

En ce qui concerne les travaux supplémentaires

7. En premier lieu, aux termes de l'article 1.16 du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) : " Afin de remettre son offre, l'entreprise devra se rendre sur les lieux de manière à appréhender de chantier. Les modalités concernant les visites du site ainsi que les coordonnées de la personne à qui adresser les questions techniques en phase de consultation sont disponibles dans le règlement de consultation. ". De plus, aux termes de l'article 16 du règlement de consultation : " Une visite obligatoire de site sera organisée en présence du maître d'ouvrage. Aucune revendication liée à la méconnaissance des lieux ne pourra être opposée au maître d'ouvrage lors de l'exécution du marché. Il est de surcroît établi que tous les éléments visibles ou identifiables avant l'ouverture du chantier sont réputés connus par le candidat et ne pourront motiver une remise en cause du prix global et forfaitaire ou des prix unitaires après passation du marché () ".

8. La société IPODEC Normandie soutient que la découverte en cours de chantier de dalles de sol en plusieurs épaisseurs dans les bâtiments B, C, D, E et I sur une surface totale de 2 670 mètres carrés dont la présence était imprévisible a engendré 16 jours de travaux supplémentaires et un surcoût de 74 020 euros HT. Toutefois, il résulte de l'instruction que la consultation du rapport préalable de désamiantage faisant partie des pièces du marché, combinée à la visite des lieux rendait prévisible la présence de dalles en triple épaisseurs dans l'enceinte du bâtiment C. Ainsi la surface évaluée à 1 175 mètres carrés pour le bâtiment C par la société requérante ne peut pas être retenue. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que les dalles en multiples épaisseurs découvertes dans les bâtiments B, D, E et I auraient pu être détectées à la lecture du même rapport préalable de désamiantage ou à l'occasion de la visite des lieux, comme l'admet d'ailleurs l'EPFIF pour les bâtiments D et I correspondant à une surface de 470 mètres carrés. Par suite, la société IPODEC justifie de travaux supplémentaires correspondant à la présence de dalles en plusieurs couches non prévisibles d'une surface de 1 495 mètres carrés sur les 2 670 mètres carrés invoqués. Ces travaux supplémentaires correspondent, sur la base du tarif non contesté figurant sur le devis présenté au maître d'œuvre, à la somme de 41 445,66 euros HT dont il convient de déduire le montant de 13 029,73 euros HT correspondant à la surface de 470 mètres carrés des bâtiments D et I inscrite au décompte général et définitif. Il résulte de ce qui précède que la société IPODEC Normandie est fondée à demander le versement d'une somme de 28 415,93 euros HT, soit 34 099,11 euros TTC, au titre de l'indemnisation des travaux supplémentaires liés à la découverte de dalles en plusieurs épaisseurs.

9. En deuxième lieu, la société IPODEC Normandie soutient avoir réalisé des travaux supplémentaires à hauteur de 100 738,50 euros HT d'une part, pour la dépose de murs en béton cellulaire " SIPOREX " participant au clos couvert des bâtiments A à F, et d'autre part, pour le traitement de ces déchets dont le volume initialement prévu de 100 tonnes s'est élevé à 717 tonnes dont le prix de traitement initialement prévu à 4,90 euros la tonne en déchets de classe 3, s'est élevé finalement à 135 euros la tonne en déchets de classe 2, outre le prix du transport à 20 euros la tonne. Toutefois, si la société IPODEC Normandie produit des comptes rendus de chantiers mentionnant qu'il lui est demandé de déposer des murs en SIPOREX, cela ne suffit pas à établir que la dépose de SIPOREX n'était pas prévue initialement dans le marché. Il résulte au contraire des termes du cahier des clauses techniques particulières que le titulaire du lot 2 avait " la charge de réaliser la déconstruction sélective de l'ensemble des bâtiments, appentis, présent dans l'emprise de travaux " sauf les bâtiments conservés pour lesquels seulement " les éléments permettant de conserver le clos couvert étaient maintenus en place (menuiserie, Siporex) ". Le mémoire technique de la société IPODEC Normandie inclut dans la liste des travaux de déconstruction ceux de " dépose de SIPOREX et mise en benne ". Ainsi, contrairement à ce que soutient la société requérante, la dépose des murs en SIROPEX dans les bâtiments A à F ne constitue pas des travaux supplémentaires. Enfin, l'article 4.5 du cahier des charges de la destruction, annexé au cahier des clauses techniques particulières prévoit que : " Les blocs de béton cellulaire sont des déchets difficiles à traiter. Ces déchets sont enfouis en classe de stockage adéquate. ". Il revenait dès lors à la société requérante de prendre en compte ce point lors de l'élaboration de son offre et de déterminer la classe de déchets correspondante. Il résulte de ce qui précède qu'IPODEC Normandie n'est pas fondée à demander le versement de la somme de 100 738,50 euros HT au titre de l'indemnisation de la dépose et du traitement du SIPOREX.

10. En troisième lieu, la société IPODEC Normandie soutient qu'elle a dû traiter des matériaux et des déchets mélangés produits par l'entreprise de désamiantage dans les bâtiments E, F et G entrainant quatre jours supplémentaires de travail, pour lesquels elle a transmis au maître d'œuvre un devis d'un montant de 5 680 euros HT. Toutefois, comme le fait valoir l'EPFIF en défense, ce devis comprend une mention selon laquelle : " Dans ce devis, uniquement le temps a été comptabilisé. Nous avons trouvé un compromis avec Valgo sur la non-facturation de ce devis. Effectivement, ce compromis repose sur la pollution du bâtiment C que Valgo ne nous a pas facturé auparavant. Cependant, nous nécessitons un délai de 4 jours supplémentaires ". Il résulte ainsi de l'instruction qu'un accord a été trouvé avec la société en charge du désamiantage pour la non-facturation du devis, et, par ailleurs, qu'un délai de quatre jours supplémentaires lui a été accordé par le maître d'œuvre. La société IPODEC Normandie n'est donc pas fondée à demander le versement d'une somme de 5 680 euros HT au titre de l'indemnisation de l'enlèvement de déchets supplémentaires dans les bâtiments E, F et G.

11. En quatrième lieu, la société IPODEC Normandie soutient qu'elle a engagé des travaux de curage sur la terrasse du bâtiment J faisant partie du clos couvert, qui n'étaient pas prévus au marché. Toutefois, comme le fait valoir l'EPFIF en défense, le devis adressé le 31 juillet 2020 au maître d'œuvre d'un montant de 2 870 euros HT correspondant à ces travaux supplémentaires, a été intégré dans le décompte général et définitif. Par suite, la société IPODEC Normandie n'est pas fondée à demander le versement de la somme de 2 870 euros HT pour l'indemniser des travaux supplémentaires sur la terrasse du bâtiment J.

12. En dernier lieu, la société IPODEC Normandie soutient qu'elle a dû traiter 32 tonnes de verre feuilleté non prévu au marché pour lequel elle a adressé au maître d'œuvre le 30 avril 2020 un devis d'un montant de 4 736 euros HT. Toutefois, il résulte de l'instruction que dans sa réponse du 3 juillet 2020, le maître d'œuvre a reconnu que cette prestation n'était pas prévue au marché, a fixé un nouveau bordereau de prix unitaire pour le traitement du verre feuilleté à 148 euros la tonne, et a indiqué que la facturation se fera sur justification des tonnages par des bons de pesée ou des bordereaux de suivi de déchets. La société IPODEC Normandie n'a pas transmis ces justificatifs de tonnages au maître d'œuvre, et ne les a pas produits à l'instance, ni allégué être dans impossibilité de les produire. Elle n'est pas fondée à demander le versement de la somme réclamée de 4 736 euros HT.

En ce qui concerne le décompte général et définitif :

13. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus et notamment du point 8 qu'il y a seulement lieu de porter au décompte général et définitif établi par le maître de l'ouvrage à 333 177,74 euros HT , soit 399 813,29 euros TTC la somme supplémentaire de 28 415,93 HT, soit 34 099,11 euros TTC. Par suite, il y a lieu de condamner l'EPFIF à verser à la société IPODEC Normandie la somme de 28 415,93 HT soit 34 099,11 euros TTC, au titre du solde du marché.

Sur les frais liés au litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par l'EPFIF soient mises à la charge de la société IPODEC Normandie, qui n'est pas la partie perdante. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'EPFIF une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par IPODEC Normandie et non compris dans les dépens.

Sur les dépens :

15. Le présent litige n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'EPFIF est condamné à verser à la société IPODEC Normandie la somme de 28 415,93 HT soit 34 099,11 euros TTC.

Article 2 : L'EPFIF versera à la société IPODEC Normandie une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par IPODEC Normandie est rejeté.

Article 4 : Les conclusions de l'EPFIF présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société IPODEC Normandie et à l'établissement public foncier Île-de-France.

Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Cayla, présidente,

M. Perez, premier conseiller,

M. Bélot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le rapporteur,

signé

J-L Perez

La présidente,

signé

F. Cayla La greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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