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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2108292

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2108292

mardi 27 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2108292
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation9ème chambre
Avocat requérantRAVASSARD

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 28 septembre 2021, 15 octobre 2021 et 20 avril 2022, sous le n° 2108292, la SAS Lomatra, représentée par Me Ravassard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les décisions de restriction de circulation résultant de la pose de trois panneaux de signalisation constaté par voie d'huissier les 16 juillet et 8 septembre 2021 interdisant, d'une part, la circulation aux véhicules de plus de 9 tonnes sortant du site de Lomatra de tourner à droite sur la route de Jouy, panneau complété par un panonceau de distance de 100 mètres et, d'autre part, le panneau installé sur la route de Jouy en amont de l'entrée de l'agglomération de Bièvres interdisant la circulation des véhicules de plus de 9 tonnes à 1 000 mètres, soit à l'entrée de l'agglomération ;

2°) d'annuler la décision implicite du 27 septembre 2021 et la décision expresse du 4 octobre 2021 par lesquelles le maire de la commune de Bièvre a rejeté son recours gracieux dirigé à l'encontre de la décision du maire de Bièvres de restreindre la circulation des véhicules de plus de 9 tonnes sur la route de Jouy, par l'apposition de trois panneaux de signalisation ;

3°) d'enjoindre au maire de la commune de Bièvres de déposer les trois panneaux de signalisation litigieux, route de Jouy à Bièvres, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Bievres la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'elle justifie d'une qualité et d'un intérêt à agir ; la requête a été enregistrée dans le délai de recours contentieux de deux mois ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article 1er de l'arrêté municipal de la commune de Bièvres du 8 février 2018 ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il porte une atteinte disproportionnée à la liberté de circulation en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales ;

- il est entaché de détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 19 avril 2022, la commune de Bièvres, représentée par Me Lazennec, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que les décisions contestées ne font pas grief ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2021, sous le n° 2110362, la SAS Lomatra, représentée par Me Ravassard, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Bièvres au versement de la somme de 61 000 euros en réparation des préjudices subis et à parfaire, le cas échéant, à dire d'expert ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bievres la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'illégalité de la pose des deux panneaux de signalisation constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune ;

- elle a subi un préjudice financier évalué à 61 000 euros.

La requête a été communiquée à la commune de Bièvres qui n'a pas présenté de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 23 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 janvier 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la voirie routière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Maljevic, conseiller,

- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,

- les observations de Me Debut, substituant Me Ravassard, représentant la SAS Lomatra ;

- et les observations de Me Lazennec, représentant la commune de Bièvres.

Considérant ce qui suit :

1. La société Lomatra exploite un établissement situé 27, route de Jouy à Bièvres, pour lequel elle bénéficie d'une autorisation d'exploitation d'une installation classée pour la protection de l'environnement par arrêté préfectoral du 21 décembre 2018 pour des installations de broyage, de concassage et de criblage de matériaux inertes. Par un arrêté municipal n° 2018-026 du 8 février 2018, le maire de la commune de Bièvres a interdit toute circulation de transit des véhicules de plus de neuf tonnes sur l'agglomération de Bièvres, sauf desserte locale. Le vendredi 16 juillet 2021, il a été constaté par voie d'huissier l'apposition de deux nouveaux panneaux de signalisation routière. Un premier panneau interdisant aux véhicules de plus de 9 tonnes sortant du site de Lomatra de tourner à droite sur la route de Jouy et un second panneau installé sur la route de Jouy en amont de l'entrée de l'agglomération de Bièvres interdisant la circulation des véhicules de plus de 9 tonnes à 1 000 mètres. Le 8 septembre 2021, il a été constaté par voie d'huissier l'installation d'un panonceau de distance de 100 mètres sous le premier panneau d'interdiction. Par un courrier du 26 juillet 2021, notifié le lendemain, la société Lomatra a sollicité du maire de la commune qu'il procède au retrait des panneaux d'interdiction et qu'il l'indemnise des préjudices résultants de la pose de ces panneaux. Le silence gardé par la commune sur cette demande pendant un délai de deux mois a fait naître une décision implicite de rejet le 27 septembre 2021. Par une décision du 1er octobre 2021, le maire de la commune de Bièvres a expressément refusé de retirer les trois panneaux, rejetant ainsi le recours formé par la société de sorte que cette décision s'est substituée à la décision implicite née le 27 septembre 2021. Par les présentes requêtes, la société Lomatra sollicite du tribunal l'annulation de l'ensemble de ces décisions et demande que la commune de Bièvres soit condamnée à lui verser la somme de 61 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.

2. Les requêtes n° 2108292 et n° 2110362, présentées pour la société Lomatra, ont le même objet. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par la commune de Bièvres :

3. Il résulte des termes de l'arrêté du 8 février 2018 que le maire de la commune de Bièvres y a interdit la circulation des véhicules de plus de 9 tonnes sur l'agglomération de Bièvres sauf en ce qui concerne les dessertes locales. Or, les panneaux de signalisation litigieux ne prévoient pas d'exception relative à la desserte locale et doivent dès lors être regardés comme portant interdiction générale et absolue de circulation des véhicules de plus de 9 tonnes sur la portion concernée de la route de Jouy. Ainsi, les décisions révélées par l'installation de ces panneaux posent une interdiction plus étendue que celle prévue par l'arrêté du 8 février 2018. A cet égard, la circonstance que le site qu'exploite la société Lomatra ne serait pas situé au sein de l'agglomération de Bièvres est sans incidence, les restrictions de circulation instaurées par les panneaux en cause constituant des mesures règlementaires applicables à l'ensemble des véhicules de plus de 9 tonnes circulant sur la portion concernée de la route de Jouy. Dès lors, l'installation de ces panneaux ne constitue pas une mesure d'exécution de l'arrêté du 8 février 2018 mais est, au contraire, de nature à révéler l'existence de nouvelles décisions faisant grief et susceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Bièvres ne peut qu'être écartée.

En ce qui concerne la légalité des décisions attaquées :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation () : / 1° Interdire à certaines heures l'accès de certaines voies de l'agglomération ou de certaines portions de voie ou réserver cet accès, à certaines heures ou de manière permanente, à diverses catégories d'usagers ou de véhicules ; () ". Aux termes de l'article L. 2213-4 du même code : " Le maire peut, par arrêté motivé, interdire l'accès de certaines voies ou de certaines portions de voies ou de certains secteurs de la commune aux véhicules dont la circulation sur ces voies ou dans ces secteurs est de nature à compromettre soit la tranquillité publique, soit la qualité de l'air, soit la protection des espèces animales ou végétales, soit la protection des espaces naturels, des paysages ou des sites ou leur mise en valeur à des fins esthétiques, écologiques, agricoles, forestières ou touristiques () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que les décisions de restriction de circulation litigieuses ont été révélées par la pose de trois panneaux constatée par voie d'huissier les 16 juillet et 8 septembre 2021. Il est constant que ces décisions n'ont pas fait l'objet d'un arrêté motivé conformément aux dispositions citées au point précédent. La société requérante est ainsi fondée à soutenir que ces décisions sont entachées d'insuffisance de motivation. Par suite, il y a lieu d'accueillir ce moyen.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques () ". Aux termes de l'article L. 2213-1 du même code : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et les voies de communication à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation. () ". Aux termes de l'article L. 2213-2 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : / 1° Interdire à certaines heures l'accès de certaines voies de l'agglomération ou de certaines portions de voie ou réserver cet accès, à certaines heures ou de manière permanente, à diverses catégories d'usagers ou de véhicules ; () ". Enfin, aux termes de l'article R. 141-3 du code de la voirie routière : " Le maire peut interdire d'une manière temporaire ou permanente l'usage de tout ou partie du réseau des voies communales aux catégories de véhicules dont les caractéristiques sont incompatibles avec la constitution de ces voies, et notamment avec la résistance et la largeur de la chaussée ou des ouvrages d'art ".

7. En application de ces dispositions, l'autorité municipale, titulaire du pouvoir de police de la circulation et du stationnement, doit veiller à ce que les restrictions apportées à la liberté de circulation soient adaptées, nécessaires et proportionnées à l'objectif de sauvegarde de l'ordre public et notamment de la sécurité publique.

8. Pour justifier l'édiction des mesures d'interdiction litigieuses, la commune soutient que celles-ci sont justifiées par des motifs tenant à la sécurité et à la tranquillité publiques. Si, dans ce cadre, la commune fait état de ce que la route de Jouy serait trop étroite pour permettre la circulation de véhicules de plus de 9 tonnes, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette voie constitue une route départementale rectiligne à double sens de circulation, et dont le champ de visibilité est suffisant. Il ne résulte pas des photographies versées aux débats que la chaussée serait insuffisamment large ou que son état ne permettrait pas de supporter le passage de véhicule de plus de 9 tonnes alors qu'au demeurant elle permet la circulation de bus assurant le transport en commun des personnes. Par ailleurs, les impératifs de tranquillité publique invoqués n'apparaissent pas davantage suffire à justifier une telle interdiction sur une route départementale située en limite d'agglomération et bordée d'un habitat individuel diffus. Dès lors, et nonobstant la circonstance qu'il existerait un autre itinéraire, les restrictions à la liberté de circulation résultant des panneaux litigieux apparaissent disproportionnées au regard des buts qu'elles poursuivent. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné de ces mesures doit être accueilli.

9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la société Lomatra est fondée à demander l'annulation des décisions de restriction de circulation résultant de la pose de trois panneaux constatée par voie d'huissier les 16 juillet et 8 septembre 2021 ainsi que de la décision expresse du 4 octobre 2021, laquelle s'est substituée à la décision implicite née le 27 septembre 2021, par laquelle le maire de la commune de Bièvres a rejeté son recours gracieux.

Sur les conclusions indemnitaires :

10. Toute illégalité fautive est, en principe et quelle qu'en soit la nature, susceptible d'engager la responsabilité de l'administration dès lors qu'elle présente un lien de causalité suffisamment direct et certain avec les préjudices invoqués, dont il appartient au demandeur d'établir la réalité et le bien-fondé

11. En premier lieu, si la société Lomatra sollicite l'indemnisation des préjudices de troubles de jouissance de toute nature, de perte de valeur du fonds de commerce et de préjudice morale, elle n'assorti ces demandes d'aucune précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Dès lors, ils ne peuvent être regardés comme réels ni, en tout état de cause, comme présentant un caractère direct et certain avec l'illégalité invoquée.

12. En second lieu, la société Lomatra sollicite l'indemnisation du préjudice financier qu'elle estime avoir subi pour les mois de juillet et août 2021 en raison de l'installation des panneaux de signalisation en litige. Elle précise que le détour de près de douze kilomètres imposé à ses clients du fait de l'interdiction de rejoindre l'accès le plus proche de la route nationale 118 a eu pour effet de réduire la fréquentation de son établissement. Toutefois, si la société requérante produit une attestation de son expert-comptable faisant ressortir une baisse de chiffre d'affaires de 61 000 euros sur la période de juillet à août 2021 par rapport aux mêmes mois des années 2018 et 2019, ces éléments ne sauraient suffire à établir que cette perte de recettes, mesurée sur seulement deux mois, et dont l'origine peut résulter de nombreuses causes extérieures, serait directement liée au détour de douze kilomètres devant être effectué par ses clients. Dans ces conditions, la société Lomatra ne justifie ainsi pas de l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre la pose illégale des panneaux litigieux et l'évolution de son chiffre d'affaires.

13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de procéder à la désignation d'un expert, que la société Lomatra n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune de Bièvres à lui verser la somme de 61 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".

15. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, qu'il soit enjoint au maire de la commune de Bièvres de retirer les trois panneaux de signalisation routière constatée par voie d'huissier les 16 juillet et 8 septembre 2021 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Lomatra, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance n° 2108292, la somme que la commune de Bièvres demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Bièvres une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par la société Lomatra et non compris dans les dépens dans l'instance n° 2108292.

17. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bièvres, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance n° 2110362, la somme que la société Lomatra demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens dans cette instance.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions de restriction de circulation résultant de la pose de trois panneaux constatée par voie d'huissier les 16 juillet et 8 septembre 2021 interdisant la circulation aux véhicules de plus de 9 tonnes et la décision du 4 octobre 2021 par laquelle le maire de la commune de Bièvres a rejeté le recours gracieux dirigé contre ces décisions sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Bièvres de retirer les trois panneaux de signalisation routière constatée par voie d'huissier les 16 juillet et 8 septembre 2021 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Bièvres versera la somme de 1 800 euros à la SAS Lomatra au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Bièvres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'instance n° 2108292 sont rejetées.

Article 5 : La requête n° 2110362 est rejetée.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Lomatra et à la commune de Bièvres.

Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Boukheloua, présidente,

Mme Caron, première conseillère,

M. Maljevic, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.

Le rapporteur,

signé

S. Maljevic

La présidente,

signé

N. Boukheloua

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2108292, 211036

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