vendredi 6 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2108525 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat Crandal |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée au tribunal le 5 octobre 2021, M. B et Mme D C, représenté par Me Desfarges, forment opposition à la contrainte de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 13 septembre 2021, signifiée le 20, ayant pour objet un indu d'allocation de logement familiale de 16 247,02 euros pour la période du 1er mai 2014 au 30 avril 2017. Ils demandent également au tribunal de les décharger de cet indu et de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la contrainte n'a pas été précédée de la mise en demeure prévue par les dispositions des articles L.114-17 et R.114-11 du code de la sécurité sociale ;
- la contrainte est insuffisamment motivée ;
- dès lors que les requérants n'ont pas de vie de couple stable et continue, la contrainte est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation ;
- ils sont de bonne foi et doivent pouvoir bénéficier du droit à l'erreur.
Par un mémoire enregistré le 15 novembre 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la mise en demeure n'a pas été réclamée par les requérants ;
- la contrainte est motivée ;
- l'agent de contrôle assermenté a conclu à l'absence de séparation du couple ;
- le comportement frauduleux des requérants a été révélé à l'occasion de cette enquête, ce qui exclut qu'ils se prévalent du droit à l'erreur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R.772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C, mariée à M. A C depuis 2006, a déclaré le 15 novembre 2010 la séparation du couple à compter du 3 juillet 2010 à la caisse d'allocations familiales de l'Essonne, et précisé garder l'enfant Adam à sa charge. Elle a déposé une demande d'aide au logement. Une enquête des services de la caisse d'allocations familiales a conclu dans un rapport du 1er février 2017 au caractère fictif de la déclaration de séparation du couple en 2010, à l'installation de la famille en Tunisie du 31 décembre 2013 au 1er juin 2015 et à l'absence de déclaration de ressources. Par décision du 5 mai 2017, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne les a informés qu'étaient mis à leur charge 34 518 euros d'indus divers dont 16 247,02 au titre de l'allocation logement à caractère familial pour la période de mai 2014 à avril 2017. La mise en demeure du 29 juillet 2021 en vue du remboursement de cet indu a été retournée à la caisse d'allocations familiales avec la mention " non réclamée ". La contrainte de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 13 septembre 2021 en vue du recouvrement de cet indu était signifiée le 20 septembre 2021. Par leur requête, M. et Mme C font opposition à cette contrainte et demandent à être déchargés de l'indu l'allocation logement à caractère familial de 16 047,02 euros pour la période de mai 2014 à avril 2017 mis à leur charge.
2. En premier lieu, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne justifie avoir adressé la mise en demeure datée du 29 juillet 2021 qui a été adressée à Mme D C en application des articles L. 114-17 et R. 114-11 du code de la sécurité sociale sous pli recommandé n°2C1471314094 6. Ce courrier a été retourné à son expéditeur avec la mention du service postal " avisé pli non retiré ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, la contrainte en litige mentionne qu'elle est prise pour le recouvrement d'indus d'aides personnelles au logement régies par le code de la sécurité sociale et le code de la construction et de l'habitation dont les articles pertinents sont énumérés, qu'elle fait suite à l'envoi d'une mise en demeure qui contraint le débiteur au remboursement de la somme de 16 247,02 euros résultant d'un indu d'allocation de logement familiale versé à tort du 1er mai 2014 au 30 avril 2017 suite à l'absence de résidence en France de décembre 2013 à juin 2015 et à la modification de situation familiale depuis juillet 2006. Dans ces conditions, M. et Mme C ne sont pas fondés à soutenir que la motivation de la décision contestée ne permet pas de comprendre l'origine de la créance dont le recouvrement est poursuivi et omet de préciser les motifs de fait et de droit qui fondent cet indu. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la contrainte en litige manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / () 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale ". Aux termes de l'article L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". Aux termes de l'article L. 823-9 dudit code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée ou d'une prestation recouvrable sur la succession et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code et L. 725-3-1 du code rural et de la pêche maritime, le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu d'allocation de logement familiale n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif.
6. A l'appui de leur opposition à la contrainte délivrée par la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne en vue du recouvrement de la somme due au titre de l'indu d'allocation de logement familiale, M. et Mme C contestent le bienfondé de cet indu mis à leur charge en soutenant qu'il ne peut leur être reproché d'avoir déclaré vivre séparément et que par ailleurs, la caisse d'allocations familiales a méconnu leur droit à l'erreur et leur bonne foi. Toutefois, il résulte de l'instruction que les intéressés n'ont pas exercé le recours administratif préalable contre la décision leur notifiant l'indu d'allocation de logement familiale. Dans ces conditions, ils ne peuvent utilement contester le bienfondé de cet indu. Par conséquent, les moyens invoqués par M. et Mme C sont inopérants.
7. Il résulte de ce qui précède que l'opposition à la contrainte émise le 13 septembre 2021 en vue du recouvrement de la somme de 16 247,02 euros correspondant à un indu d'allocation de logement familiale pour la période de mai 2014 à avril 2017 doit être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin que le tribunal prononce la décharge de cet indu.
8. Dès lors que la caisse d'allocations familiales de l'Essonne n'est pas la partie perdante, les conclusions de M. et Mme C à fin qu'elle soit condamnée à leur payer une somme au titre des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C, et au directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M. E
La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2108525
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026