mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2108971 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | DUMAINE-MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 et 19 octobre 2021, Me Michèle Lebossé, représentée par Me Dumaine-Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° SG2108088 du 16 août 2021 par lequel le maire de la commune de Draveil lui a ordonné de prendre, sous différents délais, toutes les mesures pour assurer la mise en sécurité de l'immeuble situé au 102 boulevard Henri Barbusse, compte tenu du danger grave et imminent que le mauvais état de cet immeuble fait peser sur ses occupants et les usagers de la voie publique, sous peine d'être exposée au paiement d'une astreinte journalière de 500 euros et des travaux réalisés d'office par la commune ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Draveil de procéder à la mainlevée de cet arrêté dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Draveil la somme de 15 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors qu'il n'est pas justifié de l'empêchement du maire ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été informée de l'ordonnance du 7 août 2021 par laquelle le tribunal administratif de Versailles a désigné un expert et n'a pas été invitée à participer aux opérations d'expertise ;
- l'arrêté attaqué a été complètement exécuté à la date à laquelle le tribunal statuera de sorte que le litige est dépourvu d'objet ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que les mesures contenues dans l'arrêté en litige ne sont pas exécutables et que certaines relèvent de la puissance publique ;
- il est entaché d'erreur de droit dès lors que le maire ne pouvait assortir son arrêté d'une astreinte en application des dispositions des articles L. 511-19 et L. 511-20 du code de la construction et de l'habitation ;
- il est entaché d'erreur de droit dès lors que si le maire fait application des dispositions de l'article L. 511-15 du code de la construction et de l'habitation, il était tenu pour le calcul de l'astreinte de se référer aux dispositions de l'article L. 541-2-1 du même code dès lors que l'immeuble en litige était une indivision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2022, la commune de Draveil conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les mesures prononcées par l'arrêté attaqué n'ont été que partiellement exécutées de sorte que le litige conserve son objet ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été enregistrée tardivement ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er février 2023 à 12 heures.
Par un courrier du 15 février 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête en tant qu'elles tendent à l'annulation des dispositions de l'arrêté du 16 août 2021 prescrivant l'évacuation des occupants de l'immeuble, la sécurisation des lieux par le murage des ouvertures et l'interdiction d'accès pour les piétons à la partie du trottoir qui longe l'immeuble. Ces mesures ayant été exécutées avant l'introduction de la requête, les conclusions à fin d'annulation, en tant qu'elles portent sur ces dispositions de l'arrêté, étaient dépourvues d'objet à la date de l'introduction de la requête et sont, par suite, irrecevables.
Me Lebossé a présenté des observations, enregistrées le 27 février 2024, en réponse à la communication du moyen susceptible d'être relevé d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- et les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance du 24 février 2003, le tribunal judiciaire d'Evry a désigné Me Michelle Lebossé, administrateur judiciaire, pour assurer les missions d'administrateur provisoire de la succession de Mme A B, décédée le 2 mars 1987, dont relève notamment une maison individuelle d'habitation située au 102 boulevard Henri Barbusse, à Draveil, sur une parcelle cadastrée section AP n° 270. Compte tenu de l'occupation irrégulière de ce bien et des désordres observés, la commune de Draveil a demandé au juge des référés du présent tribunal de désigner un expert en application des dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation aux fins d'examiner cet immeuble, et de définir les mesures à prescrire. Par une ordonnance n° 2106870 du 7 août 2021, le juge des référés du présent tribunal a désigné un expert, qui a remis au tribunal son rapport d'expertise le 13 août 2021. Par un arrêté du 16 août 2021, le maire de la commune de Draveil a ordonné à Me Lebossé, en sa qualité d'administrateur provisoire de la succession, de prendre toutes les mesures pour garantir la sécurité publique en procédant notamment à l'évacuation des occupants du bâtiment et de ses annexes sous astreinte de 500 euros par jours de retard. Par la présente requête, Me Lebossé demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'exception de non-lieu :
2. Aux termes de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation : " En cas de danger imminent, manifeste ou constaté par le rapport mentionné à l'article L. 511-8 ou par l'expert désigné en application de l'article L. 511-9, l'autorité compétente ordonne par arrêté et sans procédure contradictoire préalable les mesures indispensables pour faire cesser ce danger dans un délai qu'elle fixe () ".
3. La contestation d'un arrêté de péril imminent pris sur le fondement de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation relève du contentieux de pleine juridiction. Par suite, la légalité d'un tel arrêté s'apprécie à la date à laquelle le juge se prononce.
4. Il est constant qu'à la suite de l'arrêté de péril imminent édicté le 16 août 2021, certaines des mesures prononcées, dont l'évacuation des occupants de l'ensemble immobilier, le murage de ses accès et ouvertures et la sécurisation du trottoir, ont été exécutées par les services de la préfecture de l'Essonne. Néanmoins, il ne résulte pas de l'instruction que ces mesures aient été exécutées postérieurement à l'introduction de la présente requête ni, par ailleurs, que les autres mesures contenues dans l'arrêté en litige, en particulier l'étaiement complet du plafond au-dessus du porche, la réalisation du diagnostic structurel de l'immeuble ou le curage complet du bâtiment auraient été réalisés à la date du présent jugement. Dans ces conditions, et contrairement à ce que soutient Me Lebossé, les conclusions à fin d'annulation de cet arrêté n'ont pas perdu leur objet en cours d'instance et, par suite, il y a lieu d'y statuer.
En ce qui concerne la recevabilité :
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. / Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat ".
6. Sauf texte contraire, les délais de recours devant les juridictions administratives sont, en principe, des délais francs, et les recours doivent être enregistrés au greffe de la juridiction avant l'expiration du délai.
7. Il résulte de l'instruction que l'arrêté contesté du l6 août 2021 a été notifié à l'intéressée le 17 août suivant. La requête présentée pour Me Lebossé a été enregistrée au greffe du tribunal le lundi 18 octobre 2021, soit dans le délai de recours contentieux de deux mois qui expirait, compte tenu de ce qui est dit au point précédent, le mardi 19 octobre 2021 à 00 heure. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense et tirée de la tardiveté de la requête ne peut être accueillie.
8. En second lieu, il est constant que les mesures prescrites par l'article 1er de l'arrêté en litige à effectuer " dans les 24 heures de la notification du présent arrêté ", et relatives à l'évacuation des occupants de l'immeuble concerné, au murage de ses accès et ouvertures et à la sécurisation du trottoir, ont été exécutées avant l'enregistrement de la présente requête par le tribunal. Ainsi, ces mesures étant divisibles de celles figurant dans le reste de l'arrêté attaqué, les conclusions de la présente requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 août 2021 du maire de Draveil en tant qu'elles portent sur les mesures à effectuer " dans les 24 heures de la notification du présent arrêté " de l'article 1er de cet arrêté étaient dépourvues d'objet à la date d'introduction de la requête. Par suite, la requête de Me Lebossé est irrecevable en tant qu'elle demande l'annulation des mesures à effectuer " dans les 24 heures de la notification du présent arrêté " de l'article 1er de l'arrêté attaqué du 16 août 2021.
En ce qui concerne le bien-fondé :
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-17 du code général des collectivités territoriales : " En cas d'absence, de suspension, de révocation ou de tout autre empêchement, le maire est provisoirement remplacé, dans la plénitude de ses fonctions, par un adjoint, dans l'ordre des nominations et, à défaut d'adjoint, par un conseiller municipal désigné par le conseil ou, à défaut, pris dans l'ordre du tableau ".
10. L'arrêté attaqué du 16 août 2021 est signé par M. C D, premier adjoint au maire, pour le maire absent. La commune de Draveil produit un arrêté du 8 juillet 2021, affiché et transmis le jour même au contrôle de légalité, par lequel le maire a délégué, en son absence, à M. D, premier adjoint, une délégation de fonction sur la période estivale du 1er au 17 août 2021. Si la requérante soutient que le maire ne justifie pas de son empêchement, la commune fait valoir que le maire de la commune était en congé sur cette période, ainsi que cela résulte des termes mêmes de la délégation versée aux débats. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre ". Aux termes de l'article R. 556-1 du code de justice administrative : " Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, d'une demande tendant à la désignation d'un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1. ". Aux termes de l'article R. 531-1 du même code dispose que : " S'il n'est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. Il peut, à cet effet, désigner une personne figurant sur l'un des tableaux établis en application de l'article R. 221-9. Il peut, le cas échéant, désigner toute autre personne de son choix. / Avis en est donné immédiatement aux défendeurs éventuels () ".
12. Il résulte de l'instruction que l'ordonnance n° 2106870 du 7 août 2021 par laquelle le tribunal administratif de Versailles a désigné un expert à la demande du maire de la commune de Draveil a été notifiée à Me Lebossé le 10 août suivant. En outre, Me Lebossé soutient, sans être contredite par la défense ou par les pièces du dossier, que la réunion d'expertise s'est tenue ce même jour en son absence dès lors qu'elle n'a pas été avertie ni invitée à y participer et que le rapport rédigé à la suite de cette réunion ne lui a pas été communiqué préalablement à l'adoption de l'arrêté attaqué. Or, les dispositions de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation citées au point 2, applicables à la procédure litigieuse de mise en sécurité en urgence, en cas de danger imminent, manifeste ou constaté par le rapport établi par l'expert désigné par le tribunal administratif, ne subordonnent pas la légalité de l'arrêté au caractère contradictoire de l'expertise. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux a été pris au terme d'une procédure irrégulière est inopérant et ne peut qu'être écarté.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 511-20 du code de la construction et de l'habitation : " Dans le cas où les mesures prescrites en application de l'article L. 511-19 n'ont pas été exécutées dans le délai imparti, l'autorité compétente les fait exécuter d'office dans les conditions prévues par l'article L. 511-16. Les dispositions de l'article L. 511-15 ne sont pas applicables ".
14. La requérante ne saurait utilement se prévaloir de ce que, en raisons de sa défaillance et de l'urgence de la situation, il a été procédé d'office au murage des ouvertures de l'immeuble litigieux dans l'attente de la réalisation par la requérante de travaux de sécurisation des accès et de consolidation du bâti, pour soutenir qu'elle ne pouvait pas réaliser les mesures prescrites par l'article 1er de l'arrêté en litige à effectuer " dans un délai inférieur à 8 jours ", " dans un délai inférieur à 30 jours " ou " dans un délai inférieur à 60 jours ", de l'impossibilité d'accéder au bien en cause. Par suite, ce moyen doit être écarté.
15. En quatrième lieu, ainsi qu'il est dit aux points 11 et 12, il résulte de l'instruction que l'arrêté contesté relève de la procédure d'urgence prévue aux articles L. 511-19 à L. 511-21 du code de la construction et de l'habitation. Ainsi, si le maire de la commune de Draveil pouvait, en cas de carence de Me Lebossé, faire exécuter d'office les travaux prescrits compte tenu de l'urgence qui s'attache à la situation il ne pouvait, en revanche, prévoir qu'elle serait dans ce cas redevable d'une astreinte, les dispositions de l'article L. 511-15, relatives à l'astreinte, n'étant pas applicables dans le cadre de cette procédure. Dans ces conditions, Me Lebossé est fondée à soutenir qu'en assortissant, à l'article 2, son arrêté d'une astreinte, le maire de la commune de Draveil a entaché son arrêté d'une erreur de droit.
16. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que l'arrêté litigieux a eu pour objet d'assurer la sécurité des personnes et de faire cesser les dangers résultant du risque d'effondrement du bâtiment concerné, conformément aux dispositions des articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Dans ces conditions, le détournement de pouvoir allégué par Me Lebossé n'est pas établi et ce moyen ne peut être accueilli.
17. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Me Michèle Lebossé est fondée à demander l'annulation de l'article 2 de l'arrêté du 16 août 2021 du maire de la commune de Draveil en tant qu'il prévoit qu'une astreinte de 500 euros par jour de retard sera versée en cas d'inexécution dans les délais impartis des mesures prescrites à l'article 1er.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
18. Le présent jugement, qui annule l'article 2 de l'arrêté attaqué, n'implique pas d'enjoindre au maire de la commune de Draveil de procéder à la mainlevée de cet arrêté. Les conclusions à fin d'injonction, sous astreinte, présentées par la requérante doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Me Lebossé, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Draveil au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens, laquelle n'est au demeurant pas représentée par un avocat dans le cadre de cette instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Draveil, le versement à Me Lebossé d'une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
20. D'autre part, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de la requérante présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'article 2 de l'arrêté du 16 août 2021 du maire de la commune de Draveil est annulé en tant qu'il prévoit le versement d'une astreinte de 500 euros par jour de retard en cas d'inexécution dans les délais impartis des mesures prescrites à l'article 1er.
Article 2 : La commune de Draveil versera la somme de 1 800 euros à Me Lebossé au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Draveil présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Me Lebossé et à la commune de Draveil.
Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026