LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2109232

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2109232

jeudi 25 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2109232
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7éme chambre
Avocat requérantTABI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Diagnostics budgets et expertises, représentée par Me Tabi, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et en pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge pour la période du 1er avril 2013 au 31 octobre 2016, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2014, en 2015 et en 2016 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires n'a pas été saisie, alors que sa demande en ce sens n'était pas tardive ;

- le service n'a pas donné suite à sa demande, présentée avant la mise en recouvrement des impositions, tendant à être entendue par le supérieur hiérarchique du vérificateur ; cette irrégularité substantielle entraîne la décharge, en droits et en pénalités, des impositions en litige ;

- la mise en recouvrement est prématurée dès lors qu'elle est intervenue avant que la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires puisse rendre et notifier un avis.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2023, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 14 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée le 31 mars 2023.

Un mémoire présenté pour la SARL Diagnostics budgets et expertises a été enregistré le 2 avril 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mathé, rapporteure,

- les conclusions de M. Armand, rapporteur public,

- et les observations de Me Tabi, représentant la SARL Diagnostics budgets et expertises, et de M. A, représentant le directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Une note en délibéré présentée pour la SARL Diagnostics budgets et expertises a été enregistrée le 22 mai 2023.

Considérant ce qui suit :

1. La société à responsabilité limitée (SARL) Diagnostics budgets et expertises a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 31 mars 2014 au 31 mars 2016, étendue au 31 octobre 2016 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. A l'issue de ce contrôle, la vérificatrice lui a transmis une proposition de rectification du 24 avril 2017, par laquelle elle l'a informée qu'elle envisageait de mettre à sa charge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 31 mars 2014 au 31 octobre 2016, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2014, 2015 et 2016, assorties d'intérêt de retard, de la majoration de 40% prévue par les dispositions du a) du 1 de l'article 1728 du code général des impôts appliquée à l'ensemble des rappels de taxe sur la valeur ajoutée ainsi qu'aux suppléments d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2015 et 2016. Par une décision du 13 juillet 2017, le service a partiellement maintenu les rectifications envisagées à la suite des observations présentées par la société le 30 juin 2017, après que celle-ci ait demandé la prorogation du délai qui lui était imparti par un courriel du 22 mai 2017. Par un avis de mise en recouvrement du 25 septembre 2017, la somme de 54 913 euros a été mise en recouvrement. Par une décision du 11 août 2021, le service a rejeté la réclamation présentée par la société le 17 décembre 2020. Par sa requête, la SARL Diagnostics budgets et expertises demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions, intérêts de retard et majorations.

Sur la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires :

2. L'article L. 59 du livre des procédures fiscales prévoit notamment que, lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires. Aux termes de l'article R. 59-1 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Le contribuable dispose d'un délai de trente jours à compter de la réception de la réponse de l'administration à ses observations pour présenter la demande prévue au premier alinéa de l'article L. 59. () "

3. Il résulte de l'instruction que le pli contenant la réponse aux observations du contribuable du 13 juillet 2017 a été distribué à la SARL Diagnostics budgets et expertises le 1er août 2017, après avoir été présenté au siège social de la société une première fois le 18 juillet 2017. Le délai de trente jours qui lui était alors imparti, par les dispositions de l'article R. 59-1 du livre des procédures fiscales, pour présenter sa demande de saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires (CDIDTCA), qui est un délai franc, expirait, dès lors, le 1er septembre 2017. Sa demande présentée par le courrier du 4 septembre 2017, notifié le 6 septembre 2017, était ainsi tardive, comme le fait valoir l'administration fiscale. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine de la CDIDTCA doit être écarté.

Sur le recours hiérarchique :

4. Aux termes de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales : " Avant l'engagement d'une des vérifications prévues aux articles L. 12 et L. 13, l'administration des impôts remet au contribuable la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ; les dispositions contenues dans la charte sont opposables à l'administration. " Cette charte, dans son millésime applicable au litige, indique que " si le vérificateur a maintenu totalement ou partiellement les rectifications envisagées, des éclaircissements supplémentaires peuvent vous être fournis si nécessaire par l'inspecteur divisionnaire ou principal " et que " si après ces contacts des divergences importantes subsistent, vous pouvez faire appel à l'interlocuteur spécialement désigné par le directeur dont dépend le vérificateur. "

5. La possibilité pour le contribuable de s'adresser, dans les conditions précisées par les passages précédemment cités de la charte, au supérieur hiérarchique du vérificateur puis, le cas échéant, à l'interlocuteur départemental ou régional constitue une garantie substantielle ouverte à l'intéressé à deux moments distincts de la procédure de rectification, en premier lieu, au cours de la vérification et avant l'envoi de la proposition de rectification ou la notification des bases d'imposition d'office pour ce qui a trait aux difficultés affectant le déroulement des opérations de contrôle et, en second lieu, pour les contribuables faisant l'objet d'une procédure de rectification contradictoire, après la réponse faite par l'administration fiscale à leurs observations sur la proposition de rectification en cas de persistance d'un désaccord sur le bien-fondé des rectifications envisagées.

6. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 30 juin 2017, le gérant de la SARL Diagnostics budgets et expertises a présenté des observations à la proposition de rectification du 24 avril 2017, portant sur le bien-fondé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, sur les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et les pénalités pour manquement délibéré, et a sollicité un rendez-vous avec la supérieure hiérarchique de la vérificatrice " afin [qu'il puisse] exposer de manière plus détailler [son] point de vue ". Par une décision du 13 juillet 2017 portant réponse aux observations du contribuable, notifiée le 1er août 2017, le service a maintenu les redressements envisagés, a proposé au gérant de la société quatre dates de rendez-vous, les 24, 25, 27 et 31 juillet 2017, et lui a communiqué les coordonnées de la supérieure hiérarchique de la vérificatrice. Par un courrier du 21 août 2017, notifié le 5 septembre 2017, la vérificatrice a constaté que le gérant de la société n'avait pas donné suite aux propositions de rendez-vous formulées, et l'a informé qu'il allait être procédé à la mise en recouvrement des impositions en cause. Si la société requérante produit un courrier daté du 17 août 2017, le volet " preuve de dépôt " du pli recommandé sans l'avis de réception et la copie du suivi de ce pli, qui n'émane pas de l'application informatique interne de suivi de courrier des services postaux, ne suffisent pas à établir que le service aurait réellement reçu ce courrier le 22 août 2017, alors que l'administration fiscale soutient qu'elle ne l'a jamais reçu. En outre, la demande formulée, qui ne précise d'ailleurs pas la nature du désaccord persistant, n'a été suivie d'aucune relance de la part de la société, qui n'a pas itéré sa demande, ni ne s'est informée de la suite donnée à ce courrier, et il n'est pas contesté que la société n'en a pas mentionné l'existence avant sa requête, alors qu'elle avait formé successivement cinq réclamations contentieuses dans lesquelles elle soulevait des moyens portant sur la régularité de la procédure d'imposition sans jamais évoquer l'absence de saisine du supérieur hiérarchique, et qu'elle n'a jamais réagi au courrier du 21 août 2017 même s'il ne lui a été notifié que le 5 septembre 2017. Au surplus, à supposer même qu'une irrégularité de procédure puisse être relevée, il n'est pas établi que la société requérante aurait été privée d'une garantie dès lors qu'elle ne précise pas les éléments qu'elle aurait pu faire valoir devant la supérieure hiérarchique de la vérificatrice, si un tel rendez-vous avait eu lieu, alors qu'elle n'avait alors contesté que le bien-fondé des impositions et les pénalités correspondantes et avait sollicité un tel rendez-vous pour compléter ses observations sur ce point, qu'elle n'a évoqué que l'absence de débat oral et contradictoire avec la vérificatrice dans sa réclamation contentieuse du 17 décembre 2020 qui a été rejetée par la décision du 11 août 2021, et qu'elle ne soulève dans sa requête aucun moyen relatif au bien-fondé des impositions en cause et aux pénalités correspondantes. Par suite, dans les circonstances très particulières de l'espèce, le moyen tiré de ce que le service n'a pas donné suite à la demande d'entretien avec la supérieure hiérarchique de la vérificatrice doit être écarté.

Sur la mise en recouvrement des impositions :

7. Tel qu'il a été dit au point 3, la demande présentée par la SARL Diagnostics budgets et expertises tendant à soumettre pour avis le litige à la CDIDTCA était tardive. Dès lors, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la mise en recouvrement des impositions en litige est prématurée du fait de l'absence de notification d'un avis de la CDIDTCA.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la SARL Diagnostics budgets et expertises doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Diagnostics budgets et expertises est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Diagnostics budgets et expertises, et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 11 mai 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Ouardes, président,

- M. de Miguel, premier conseiller,

- Mme Mathé, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.

La rapporteure,

C. Mathé

Le président,

P. Ouardes

La greffière,

C. Benoit-Lamaitrie

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions