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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2110312

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2110312

mardi 2 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2110312
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantSCP DUBAULT BIRI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2021 sous le numéro 2110312, la société civile immobilière (SCI) La Juine, représentée par Me Dumont, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison du terrain à caractère commercial dont elle est propriétaire situé 6, rue des Hêtres Pourpres à Etrechy (Essonne) ;

2°) de lui accorder le bénéfice de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales relatives au sursis de paiement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la procédure d'imposition :

- l'obligation de motiver et le principe général des droits de la défense s'imposent à l'administration même s'agissant de rectification de cotisation d'impôts locaux non soumis à la procédure contradictoire ainsi qu'il en résulte de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen mentionnée au préambule de la Constitution, du traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne, de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, du pacte international sur les droits civils et politiques de l'ONU, du code des relations entre le public et l'administration et de la jurisprudence du Conseil constitutionnel et du Conseil d'Etat ; leur non respect constitue une irrégularité substantielle au sens de l'article 80 CA du livre des procédures fiscales ;

- or, d'une part, la lettre du 30 octobre 2019 est insuffisamment motivée dès lors que les bases d'imposition, le mode de calcul du montant des rectifications et les raisons pour lesquelles l'administration l'estime redevable de l'imposition en litige ne sont pas explicites, claires et précises pour lui permettre de présenter utilement ses observations, en l'absence notamment de précision quant à l'adresse et aux caractéristiques de l'immeuble concerné, la surface et l'origine de la valeur de celui-ci ou encore quant à l'immeuble de référence ayant servi au calcul de la valeur cadastrale ; elle se prévaut notamment des instructions publiées sous les références 13 L 1513 n°73 du 1er avril 1995 et 13 L-1514 du 1er juillet 2002, ainsi qu'aux paragraphes 37 à 39 de l'instruction publiée au BOI-CF-IOR-10-30 du 27 février 2014, et n° 80 de l'instruction publiée au BOI-CF-IOR-10-40 du 12 septembre 2012 ainsi que de la circulaire du Premier ministre du 28 septembre 1987, III-4 et III-5 ;

- d'autre part, cette lettre, envoyée à une adresse erronée en lettre simple sans recours à un modèle CERFA n°751 ni à une proposition de rectification, ne mentionne pas qu'elle disposait d'un délai de trente jours pour formuler des observations ni qu'elle avait la possibilité de se faire assister d'un conseil en méconnaissance de l'article L. 54B du livre des procédures fiscales, de sorte que l'administration qui l'a ainsi empêchée de formuler des observations, a méconnu les droits de la défense ; elle se prévaut notamment des instructions publiées sous les références 13 L-1511, 13 L-1512 et 13 L-1513 du 1er juillet 2002, du paragraphe n°150 de l'instruction référencée BOI-CF-IOR-10-30, n° 170 de l'instruction référencée BOI-CF-PGR-10-10 du 15 mai 1993, n° 260 de l'instruction référencée BOI-IF-TNFB-20-10-30 du 12 septembre 2012 ainsi que des paragraphes n°80 à100 de l'instruction référencée BOI-CF-I0R-50-30-20150701 du 01 juillet 2015 ;

- la procédure à laquelle a recourue l'administration fiscale n'est prévue par aucun texte ce qui contrevient à l'article 34 de la Constitution et à l'article 14 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- la procédure est irrégulière en l'absence de saisine de la commission communale des impôts directs dès lors qu'elle subit non pas une simple actualisation annuelle mais bien une modification substantielle de ses bases imposables suite au changement de catégorie de ses immeubles de " non bâti " à " bâti " ; il s'agit d'une irrégularité substantielle au sens de l'article 80 CA du livre des procédures fiscales ; elle se prévaut notamment des paragraphes n°30, 40 et 50 de l'instruction référencée BOI-IF-TNFB-20-10-30 du 12 septembre 2012 et de paragraphes n° 60, 100 et 240 de l'instruction référencée B0I-CF-CMSS-10 du même jour ;

- les différentes interprétations administratives de la loi fiscale qu'elle invoque sur divers points de procédure sont bien applicables en vertu de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration ;

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

- l'administration a porté atteinte au principe de sécurité juridique et manqué à son obligation de loyauté en modifiant les surfaces concernées et la classification de celles-ci dans sa décision de rejet du 20 octobre 2021 par rapport à celles retenues dans ses courriers des 30 octobre 2019 et 5 octobre 2020, alors que ces courriers doivent s'analyser en prises de position de l'administration au sens de l'article L. 80A du livre des procédures fiscales ;

- ces modifications sont en outre infondées en ce que, premièrement, l'affectation des surfaces dans la classification partie principale (P1) aurait du être limitée aux lieux représentant une surface totale maximale de 612 m2 où sont en permanence réalisé des opérations de transformation, production ou manutention a notion d'activité industrielle est indépendante par rapport à celle de l'importance de l'outillage ; deuxièmement, l'affectation des surfaces dans la classification partie secondaire couverte (P2) ne pouvait concerner qu'une surface maximale de 214 m2 ; troisièmement, l'affectation dans la classification partie non couverte (P3) et parking (P4) n'aurait pas du dépasser respectivement 2 000 et 200 m2 ;

- les constructions modulaires ne sont pas assimilables à des bâtiments imposables à la taxe foncière sur les immeubles bâtis au sens de l'article 1381 du code général des impôts ; elle se prévaut, à cet égard, de l'instruction référencée au BOHF-TFB-10-10-20 et -21 du 12 septembre ainsi que du paragraphe n°60 de celle référencée au BOHF-TFB-10-10-40 du 4 février 2015 ;

- ces constructions ne sont pas davantage assimilables à des constructions neuves ainsi que retenu par l'administration dans sa fiche d'évaluation du 5 octobre 2020 ;

- les coefficients de localisation et de réduction retenus par l'administration pour le calcul de la surface pondérée sont erronés, compte tenu notamment des nombreuses servitudes et contraintes affectant le bien ; compte tenu de l'état et de la situation de son immeuble un coefficient de -0,10 pour sa situation particulière et de -0,05 pour sa situation générale auraient dû être appliqués ;

- en tout état de cause, les surfaces de terrain cultivés et non utilisés de manière directe, permanente et continue à des fins industrielle ou commerciale ne pouvaient servir de bases imposables à la taxe foncière sur les propriétés bâties en application de l'article 1381 du code général des impôts ; elle se prévaut, à cet égard, de la doctrine administrative publiée au BOHF-TFB-10-10-40 n°60 du 4 février 2015 ;

- subsidiairement, il y a lieu de limiter la classification en P1 à 700 m2, suivant l'évaluation initiale de l'administration, au lieu de 4 000m2, la surface réelle à 3 114 m2 au lieu de 6 414 m2 et pour le surplus de classer en P3 les surfaces restantes ;

- il y a lieu de lui faire bénéficier du dispositif de planchonnement, neutralisation et lissage prévu à l'article 1518 A quinquies et E du code général des impôts.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 1er décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 décembre 2023 à 10h00.

II. Par une requête, enregistrée le 23 juin 2022 sous le numéro 2204909, la SCI La Juine, représentée par Me Dumont, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison du terrain à caractère commercial dont elle est propriétaire sis 6 rue des Hêtres Pourpres à Etrechy ;

2°) de lui accorder le bénéfice de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales relatives au sursis de paiement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la procédure d'imposition :

- l'obligation de motiver et le principe général des droits de la défense s'imposent à l'administration même s'agissant de rectification de cotisation d'impôts locaux non soumis à la procédure contradictoire ainsi qu'il en résulte de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen mentionnée au préambule de la Constitution, du traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne, de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, du pacte international sur les droits civils et politiques de l'ONU, du code des relations entre le public et l'administration et de la jurisprudence du Conseil constitutionnel et du Conseil d'Etat ; leur non respect constitue une irrégularité substantielle au sens de l'article 80 CA du livre des procédures fiscales ;

- or, d'une part, la lettre du 28 octobre 2021 est insuffisamment motivée dès lors que les bases d'imposition, le mode de calcul du montant des rectifications et les raisons pour lesquelles l'administration l'estime redevable de l'imposition en litige ne sont pas explicites, claires et précises pour lui permettre de présenter utilement ses observations, en l'absence notamment de précision quant à l'adresse et aux caractéristiques de l'immeuble concerné, la surface et l'origine de la valeur de celui-ci ou encore quant à l'immeuble de référence ayant servi au calcul de la valeur cadastrale ; elle se prévaut notamment des instructions publiées sous les références 13 L 1513 n°73 du 1er avril 1995 et 13 L-1514 du 1er juillet 2002, ainsi qu'aux paragraphes 37 à 39 de l'instruction publiée au BOI-CF-IOR-10-30 du 27 février 2014, et n° 80 de l'instruction publiée au BOI-CF-IOR-10-40 du 12 septembre 2012 ainsi que de la circulaire du Premier ministre du 28 septembre 1987, III-4 et III-5 ;

- d'autre part, cette lettre, envoyée à une adresse erronée en lettre simple sans recours à un modèle CERFA n°751 ni à une proposition de rectification, ne mentionne pas qu'elle disposait d'un délai de trente jours pour formuler des observations ni qu'elle avait la possibilité de se faire assister d'un conseil en méconnaissance de l'article L. 54B du livre des procédures fiscales ; en outre l'administration n'a pas répondu à ses observations du 25 novembre 2021, ni satisfait à ses demandes, d'une part, d'entretien avec le supérieur hiérarchique du vérificateur et, d'autre part, de communication des pièces ou documents sur lesquelles l'administration s'est fondée ; il s'en suit que l'administration l'a privée de certaines garanties prévue par la loi en portant atteinte aux droits de la défense ; elle se prévaut notamment des instructions publiées sous les références 13 L 1511, 13 L 1512 et 13 L-1513 du 1er juillet 2002, du paragraphe n°150 de l'instruction référencée BOI-CF-IOR-10-30, n° 170 de l'instruction référencée B0I-CF-PGR-10-10 du 15 mai 1993, n° 260 de l'instruction référencée BOI-IF-TNFB-20-10-30 du 12 septembre 2012 ainsi que des paragraphes n°80 à100 de l'instruction référencée B0I-CF-I0R-50-30-20150701 du 01 juillet 2015 ;

- la procédure à laquelle a recourue l'administration fiscale n'est prévue par aucun texte ce qui contrevient à l'article 34 de la Constitution et à l'article 14 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- la procédure est irrégulière en l'absence de saisine de la commission communale des impôts directs dès lors qu'elle subit non pas une simple actualisation annuelle mais bien une modification substantielle de ses bases imposables suite au changement de catégorie de ses immeubles de " non bâti " à " bâti " ; il s'agit d'une irrégularité substantielle au sens de l'article 80 CA du livre des procédures fiscales ; elle se prévaut notamment des paragraphes n°30, 40 et 50 de l'instruction référencée BOI-IF-TNFB-20-10-30 du 12 septembre 2012 et des paragraphes n° 60, 100 et 240 de l'instruction référencée BOI-CF-CMSS-10 du même jour ;

- les différentes interprétations administratives de la loi fiscale qu'elle invoque sur divers points de procédure sont bien applicables en vertu de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration ;

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

- l'administration a porté atteinte au principe de sécurité juridique et manqué à son obligation de loyauté en modifiant les surfaces concernées et la classification de celles-ci dans sa décision de rejet du 20 octobre 2021 par rapport à celles retenues dans ses courriers des 30 octobre 2019 et 5 octobre 2020, alors que ces courriers doivent s'analyser en prises de position de l'administration au sens de l'article L.80A du livre des procédures fiscales ;

- ces modifications sont en outre infondées en ce que, premièrement, l'affectation des surfaces dans la classification partie principale (P1) aurait du être limitée aux lieux représentant une surface totale maximale de 612 m2 où sont en permanence réalisé des opérations de transformation, production ou manutention a notion d'activité industrielle est indépendante par rapport à celle de l'importance de l'outillage ; deuxièmement, l'affectation des surfaces dans la classification partie secondaire couverte (P2) ne pouvait concerner qu'une surface maximale de 214m2 ; troisièmement, l'affectation dans la classification partie non couverte (P3) et parking (P4) n'aurait pas du dépasser respectivement 2 000 et 200 m2 ;

- en tout état de cause, les surfaces de terrain cultivés et non utilisés de manière directe, permanente et continue à des fins industrielle ou commerciale ne pouvaient servir de bases imposables à la taxe foncière sur les propriétés bâties en application de l'article 1381 du code général des impôts ; elle se prévaut, à cet égard, de la doctrine administrative publiée au BOHF-TFB-10-10-40 n°60 du 4 février 2015 ;

- subsidiairement, il y a lieu de limiter la classification en P1 à une surface maximale de 700 m2 ou à tout le moins de 1 000 m2 et pour le surplus de classer en P3 les surfaces restantes objets de désaccord ;

- les coefficients de localisation et de réduction retenus par l'administration pour le calcul de la surface pondérée sont erronés, compte tenu notamment des nombreuses servitudes et contraintes affectant le bien ; compte tenu de l'état et de la situation de son immeuble un coefficient de -0,10 pour sa situation particulière et de -0,05 pour sa situation générale auraient dû être appliqués ;

- il y a lieu de lui faire bénéficier du dispositif de planchonnement, neutralisation et lissage prévu à l'article 1518 A quinquies et E du code général des impôts.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 1er décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 décembre 2023 à 10h00.

III. Par une requête enregistrée le 23 juin 2022 sous le numéro 2204910, la société anonyme (SA) Armasteel, représentée par Me Dumont, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2019 et de la cotisation primitive à cet impôt au titre de l'année 2020 à raison des locaux qu'elle exploite sis 6 rue des Hêtres Pourpres à Etrechy ;

2°) de lui accorder le bénéfice de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales relatives au sursis de paiement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la procédure d'imposition :

- l'obligation de motiver et le principe général des droits de la défense s'imposent à l'administration même s'agissant de rectification de cotisation d'impôt non soumis à la procédure contradictoire ainsi qu'il en résulte de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen mentionnée au préambule de la Constitution, du traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne, de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, du pacte international sur les droits civils et politiques de l'ONU, du code des relations entre le public et l'administration et de la jurisprudence du Conseil constitutionnel et du Conseil d'Etat ; leur non respect constitue une irrégularité substantielle au sens de l'article 80 CA du livre des procédures fiscales ;

- or, d'une part, la lettre du 24 février 2020 est insuffisamment motivée en l'absence notamment de précision quant à l'adresse et aux caractéristiques de l'immeuble concerné, la surface et l'origine de la valeur de celui-ci ou encore quant à l'immeuble de référence ayant servi au calcul de la valeur cadastrale ;

- d'autre part, cette lettre, envoyée à une adresse erronée en lettre simple sans recours à un modèle CERFA n°751 ni à une proposition de rectification, ne mentionne pas qu'elle disposait d'un délai de trente jours pour formuler des observations ni qu'elle avait la possibilité de se faire assister d'un conseil en méconnaissance de l'article L. 54B du livre des procédures fiscales ; en outre l'administration n'a pas répondu ses demandes de rencontre avec la personne en charge de son dossier et de communication de l'ensemble des documents sur lesquelles l'administration s'est fondée ; il s'en suit que l'administration l'a privée de certaines garanties prévue par la loi en portant atteinte aux droits de la défense ; elle se prévaut notamment des instructions publiées sous les références 4 G-223 n° 5 du 15 mai 1993, du paragraphe n°150 de l'instruction référencée BOI-CF-IOR-10-30 et n° 260 de l'instruction référencée BOI-IF-TNFB-20-10-30 du 12 septembre 2012 ainsi que des paragraphes n°120 et de l'instruction référencée BOI-CTX-PREA-ID-8D-2DIBI227 du 27 décembre 2016, n° l40 de l'instruction référencée BDI-CTX-PREA-10-80 du 12 septembre 2012 ; L13 0-2154 n° 2 du 30 avril 1996 et n°450 de l'instruction référencée BOI-CF-IOR-10-50 du 6 juillet 2016 ;

- la procédure est irrégulière en l'absence de saisine de la commission communale des impôts directs dès lors qu'elle subit non pas une simple actualisation annuelle mais bien une modification substantielle de ses bases imposables suite au changement de catégorie de ses immeubles de " non bâti " à " bâti " ; il s'agit d'une irrégularité substantielle au sens de l'article 80 CA du livre des procédures fiscales ; ; elle se prévaut notamment des paragraphes n°30, 40 et 50 de l'instruction référencée BOI-IF-TNFB-20-10-30 du 12 septembre 2012 et des paragraphes n° 60, 100 et 240 de l'instruction référencée B0I-CF-CMSS-10 du même jour ;

- la décision du 20 octobre 2021 portant rejet de sa réclamation préalable est insuffisamment motivée et n'a pas été notifiée à l'adresse de son conseil où elle avait fait élection de domicile ; il s'agit d'irrégularités substantielles au sens de l'article 80 CA du livre des procédures fiscales ;

- les différentes interprétations administratives de la loi fiscale qu'elle invoque sur divers points de procédure sont bien applicables en vertu de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration ;

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

- la surface couverte par un bâtiment imposable à la cotisation foncière des entreprises sur la base de la taxe foncière sur les propriétés bâties est limitée à 137,5 m2, exclusion faite des terrains cultivés nus de construction, des constructions modulaires de type Algeco et des parties mobiles du hangar, lesquelles sont au demeurant vétustes et non susceptibles d'être qualifiées de construction neuve ;

- l'affectation des surfaces dans la classification partie principale (P1) aurait du être limitée aux lieux représentant une surface totale maximale de 612 m2 où sont en permanence réalisé des opérations de transformation, production ou manutention a notion d'activité industrielle est indépendante par rapport à celle de l'importance de l'outillage ; deuxièmement, l'affectation des surfaces dans la classification partie secondaire couverte (P2) ne pouvait concerner qu'une surface maximale de 214 m2 ; troisièmement, l'affectation dans la classification partie non couverte (P3) et parking (P4) n'aurait pas du dépasser respectivement 2 000 et 200 m2 ;

- la valeur locative retenue ne correspond pas au loyer annuel effectivement versé par son bailleur ;

- les coefficients de localisation et de réduction retenus par l'administration pour le calcul de la surface pondéré sont erronés, compte tenu notamment des nombreuses servitudes et contraintes affectant le bien ; compte tenu de l'état et de la situation de son immeuble un coefficient de -0,10 pour sa situation particulière et de -0,05 pour sa situation générale auraient dû être appliqués ;

- il aurait dû être fait application d'un coefficient d'entretien de à 0,90 pour tenir compte de la vétusté des locaux et d'un coefficient de pondération ;

- il y a lieu de lui faire bénéficier du dispositif de planchonnement, neutralisation et lissage prévu à l'article 1518 A quinquies et E du code général des impôts ;

- aucune imposition forfaitaire pour les entreprises de réseaux ne saurait lui être réclamée dans la mesure où son activité n'entre pas dans le champ de l'article 1635-0 quinquies du code général des impôts.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 1er décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 décembre 2023 à 10h00.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la Constitution du 4 octobre 1958 ;

;

- la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

- le rapport de Mme Bartnicki,

- et les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI La Juine est propriétaire d'un terrain à caractère commercial dont elle est propriétaire situé 6, rue des Hêtres Pourpres à Etrechy (Essonne) dont elle loue les locaux à la SA Armasteel, laquelle y exerce une activité de fabrication d'armatures pour béton. La SCI La Juine est soumise à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison de cet immeuble, alors que la SA Armasteel est soumise à la cotisation foncière des entreprises. Par lettres n° 751 des 30 octobre 2019 et 28 octobre 2021, la société SCI La Juine a été informée des rehaussements apportés aux bases imposables de cotisation de taxe foncière. Deux rôles initiaux de taxe foncière sur les propriétés bâties prenant en compte ces nouvelles bases ont été émis pour les années 2020 et 2021 et les cotisations primitives correspondantes respectivement mises en recouvrement les 31 août 2020 et 10 août 2021. Des rôles supplémentaires ont également été émis pour les années 2019 et 2021 et les cotisations supplémentaires correspondantes respectivement mises en recouvrement les 31 décembre 2019 et 31 décembre 2021. Après rejet par l'administration fiscale, par trois décisions des 20 octobre 2021 et 20 mai 2022, de ses réclamations contentieuses des 15 décembre 2020, 6 octobre 2021 et 10 janvier 2022, la société SCI La Juine demande, dans les instances enregistrées sous le n° 2110312 et 2204909, au tribunal de prononcer la décharge des cotisations primitives et supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 à 2021. Par lettre du 24 février 2020 l'administration a informé la SA Armasteel du rehaussement des bases de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle est assujettie à raison de ces mêmes locaux pour 2019. Les impositions supplémentaires en résultant ont été mises en recouvrement le 30 novembre 2020 et les impositions primitives mises à sa charge sur ces mêmes bases au titre de l'année 2020 ont quant à elles été mises en recouvrement le 31 octobre 2020. Après rejet par l'administration fiscale, par décision du 20 octobre 2021 de sa réclamation contentieuse datée du 7 décembre 2020 et reçue le 19 avril 2021, la société Armasteel demande, dans l'instance enregistrée sous le n° 2204910, au tribunal de prononcer la décharge, s'agissant de l'année 2019, des suppléments de cotisation foncière des entreprises à sa charge, et s'agissant de l'année 2020, de la cotisation primitive à cet impôt.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°2110312, 2204909, 2204910, introduites par la SCI La Juine et la SA Armasteel, posent à juger des questions identiques ou similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions des requêtes n° 2110312 et 2204909 présentées par la SCI La Juine :

En ce qui concerne la procédure d'imposition :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 1406 du code général des impôts : " I. - Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret. Il en est de même pour les changements d'utilisation des propriétés bâties mentionnées au I de l'article 1498 et pour les changements de méthode de détermination de la valeur locative en application des articles 1499-00 A ou 1500. / I bis. - Pour procéder à la mise à jour de la valeur locative des propriétés bâties, les propriétaires sont tenus de souscrire une déclaration sur demande de l'administration fiscale selon des modalités fixées par décret. () " Aux termes de l'article 1502 de ce code : " I. - Pour chaque révision des évaluations, les redevables de la taxe foncière ou, à défaut, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur la même base, sont tenus de souscrire des déclarations dans des conditions fixées par décret () ". Selon l'article 1508 du même code : " Les rectifications pour insuffisances d'évaluation résultant du défaut ou de l'inexactitude des déclarations des propriétés bâties prévues aux articles 1406 et 1502, et de celles prévues au XVII de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 font l'objet de rôles particuliers jusqu'à ce que les bases rectifiées soient prises en compte dans les rôles généraux. / Les cotisations afférentes à ces rehaussements sont calculées d'après les taux en vigueur pour l'année en cours. Sans pouvoir être plus que quadruplées, elles sont multipliées : / Soit par le nombre d'années écoulées depuis la première application des résultats de la révision, / Soit par le nombre d'années écoulées depuis le 1er janvier de l'année suivant celle de l'acquisition ou du changement, s'il s'agit d'un immeuble acquis ou ayant fait l'objet de l'un des changements visés à l'article 1517 depuis la première application des résultats de la révision. / Pour les locaux évalués selon les règles prévues à l'article 1498, la première année d'application des résultats de la révision s'entend de 2017 ". Enfin, l'article L. 175 du livre des procédures fiscales prévoit que " En ce qui concerne la taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe d'habitation et les taxes annexes établies sur les mêmes bases, les omissions ou les insuffisances d'imposition peuvent être réparées à toute époque lorsqu'elles résultent du défaut ou de l'inexactitude des déclarations des propriétés bâties mentionnées aux articles 1406 et 1502 du code général des impôts et de celles mentionnées au XVII de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ".

4. Contrairement à ce que soutient la société requérante, l'administration, qui a émis des rôles particuliers portant cotisations supplémentaires de taxe foncière en 2019 et 2021, a suivi pour ce faire la procédure prévue par ces dispositions de sorte qu'elle n'est en tout état de cause pas fondée à se prévaloir d'une méconnaissance de l'article 34 de la Constitution et de l'article 14 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Ce moyen doit par ailleurs être écarté comme inopérant en tant qu'il porte sur la taxe foncière 2020 dès lors que les impositions en cause sont des impositions primitives qui n'ont fait l'objet d'aucun rehaussement.

5. En deuxième lieu, lorsqu'une imposition est, telle la taxe foncière sur les propriétés bâties, assise sur la base d'éléments qui doivent être déclarés par le redevable, l'administration fiscale ne peut établir, à la charge de celui-ci, des droits excédant le montant de ceux qui résulteraient des éléments qu'il a déclarés qu'après l'avoir, conformément au principe général des droits de la défense, mis à même de présenter ses observations. En revanche, elle n'y est pas tenue lorsque, sans remettre en cause aucun élément qu'il aurait incombé au redevable de déclarer, elle prend en compte les bases retenues au titre de l'année précédente qu'elle reconduit sans changement. En outre, le respect du principe général des droits de la défense n'emporte pas l'obligation, pour l'administration, d'informer expressément le contribuable de sa faculté de présenter ses observations avant d'établir ces droits, ni de celle de sa possibilité de se faire assister d'un conseil de son choix n'est pas au nombre des obligations découlant du principe.

6. S'il résulte de l'instruction que, par courrier du 30 octobre 2019, l'administration a informé la société requérante de l'établissement de cotisations supplémentaires en matière de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2018 et 2019, ainsi que de leurs motivations, à savoir que depuis 2016 le terrain cadastré ZC 380 est occupé en tant que terrain commercial par la société Armasteel, que la SCI La Juine, qui en est propriétaire, n'avait pas répondu à la demande de déclaration à la taxe foncière pour ce bien et qu'il était dès lors procédé à une imposition d'office pour les deux années en cause, l'administration ne justifie toutefois pas de l'envoi et de la réception de ce courrier par la SCI La Juine en l'absence notamment de toute production d'un accusé de réception dudit courrier envoyé en lettre simple ou même à tout le moins d'un suivi postal de son acheminement. Dans ces conditions, la SCI La Juine n'a pas, en l'espèce, été mise à même de présenter ses observations, conformément au principe du respect des droits de la défense. La méconnaissance par l'administration de ses obligations découlant du principe général des droits de la défense constituant une garantie pour le contribuable, la SCI requérante est ainsi fondée à demander la décharge des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2019, sans qu'il y ait lieu de se prononcer sur les autres branches du moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense.

7. En revanche, l'administration fiscale, qui s'est bornée, pour imposer la SCI requérante au titre des années 2020 et 2021, à reconduire sans changement les bases retenues au titre de l'année 2019, n'était pas tenue, à peine d'irrégularité de la procédure d'imposition, de mettre à même la SCI de présenter ses observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe des droits de la défense doit être écarté comme inopérant en tant qu'il porte sur les cotisations de taxe foncière auxquelles la SCI requérante a été assujettie au titre des années 2020 et 2021.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 1505 du code général des impôts, dans sa version applicable au 1er janvier 2018 : " Le représentant de l'administration et la commission communale des impôts directs procèdent à l'évaluation des propriétés bâties mentionnées au I de l'article 1496 et aux articles 1497 et 1501. () ". Il résulte de ces dispositions modifiées que l'évaluation des propriétés bâties par la commission communale des impôts directs est limitée depuis le 1er janvier 2018 aux propriétés définies aux articles 1496, 1497 et 1501 du même code relatifs aux locaux d'habitations, aux locaux d'habitations à caractère exceptionnel ainsi qu'aux établissements et installations industriels et commerciaux analogues situés dans différentes communes.

9. En l'espèce, la société requérante, qui se borne à soutenir que l'administration fiscale était tenue de saisir la commission communale des impôts directs avant de procéder à la modification de l'évaluation de ses immeubles, ne conteste pas que ceux-ci ne relèvent pas des catégories de propriétés soumises à cette évaluation en vertu des dispositions de l'article 1505 du code général des impôts dans sa version en vigueur au 1er janvier 2018 ni qu'ils ont, de ce fait, été évalués dans les conditions fixées à l'article 1498 du code général des impôts dans sa version à la même date. Il s'en suit que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure en l'absence de saisine préalable de la commission communale des impôts directs doit être écarté comme inopérant.

10. En quatrième lieu, la société requérante n'est pas fondée à invoquer différents points de la documentation administrative de base, des bulletins officiels, de diverses instructions administratives, circulaires ou réponses ministérielles relatifs à la procédure d'imposition, visés ci-dessus, qui sont exclus du champ d'application de la garantie contre les changements de doctrine figurant à l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales et qui, en tout état de cause, ne font pas de la loi une interprétation différente de celle faite par le présent jugement.

11. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la procédure d'imposition serait irrégulière s'agissant des impositions mises à charge au titre des années 2020 et 2021.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

12. D'une part, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : () / 5° A l'exception de ceux mentionnés au dernier alinéa de l'article 1393, les terrains non cultivés employés à un usage commercial ou industriel, tels que chantiers, lieux de dépôt de marchandises et autres emplacements de même nature, soit que le propriétaire les occupe, soit qu'il les fasse occuper par d'autres à titre gratuit ou onéreux ; () ".

13. D'autre part, aux termes du I de l'article 1498 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au 1er janvier 2018 : " La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. / II. - A. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie mentionnée au I est déterminée en fonction de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013, sous réserve de la mise à jour prévue au III de l'article 1518 ter. Elle est obtenue par application d'un tarif par mètre carré déterminé conformément au 2 du B du présent II à la surface pondérée du local définie au C du présent II. / B. - 1. Il est constitué, dans chaque département, un ou plusieurs secteurs d'évaluation qui regroupent les communes ou sections cadastrales de communes qui, dans le département, présentent un marché locatif homogène. () / 2. Les tarifs par mètre carré sont déterminés sur la base des loyers moyens constatés dans chaque secteur d'évaluation par catégorie de propriétés. () / Les tarifs par mètre carré peuvent être majorés de 1,1,1,15,1,2 ou 1,3 ou minorés de 0,7,0,8,0,85 ou 0,9, par application d'un coefficient de localisation destiné à tenir compte de la situation particulière de la parcelle d'assise de la propriété au sein du secteur d'évaluation. / C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives. ". Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III au code général des impôts : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. / () / Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire. ". Enfin, selon l'article 310 Q du même code : " Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants : () / Sous-groupe IX : carrières et établissements industriels non évalués selon la méthode comptable : / () / Catégorie 1 : établissements industriels nécessitant un outillage important autres que les carrières et assimilés. () ".

14. En matière de taxes locales, il appartient au juge de se déterminer au vu de l'instruction. Toutefois, il incombe à chacune des parties de produire devant lui les éléments qu'elle est seule en mesure de produire.

15. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'ensemble du terrain appartenant à la SCI La Juine utilisé par la société locataire pour les besoins de son activité a initialement été classé par l'administration en catégorie " DEP 2 " pour le calcul de la taxe foncière due par la SCI pour les années 2019 et 2020. L'administration a toutefois procédé, dans ses décisions des 20 octobre 2021 de rejet des réclamations préalables de la SCI, à un reclassement en catégorie " IND 1 ", destinée à regrouper les équipements s'apparentant à des usines ou ateliers où s'effectuent la transformation des matières premières ainsi que la fabrication ou réparation d'objets à l'aide d'outillage important, des établissements où sont réalisés des opérations de manipulation ou des prestations de service dans lesquels l'outillage est prépondérant, ou des installations de stockage d'un certain volume utilisant un outillage très important.

16. Pour contester ce classement, la SCI La Juine se borne à soutenir que cette requalification constitue un manquement aux principes de loyauté et de sécurité juridique qui s'imposent à l'administration. Elle ne conteste toutefois pas que la société locataire de son terrain exerce une activité de fabrication d'armatures métalliques pour béton et qu'elle utilise à cet effet une grue destinée à assurer les chargements et déchargements des armatures de très gros gabarits ainsi que d'une machine à pieux permettant la confection de pièces importantes. Il s'en suit que c'est à bon droit que l'administration a reclassé les locaux dans la catégorie dite " IND1 " laquelle correspond à la catégorie 1 du sous-groupe IX carrières et établissements industriels non évalués selon la méthode comptable, prévu à l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts. Contrairement à ce que soutient la SCI requérante, les courriers du 19 octobre 2019 ainsi que la fiche d'évaluation foncière établie par l'administration le 5 octobre 2020 ne contenaient pas des prises de position de l'administration au sens de l'article L. 80A du livre des procédures fiscales. Par ailleurs, aucune disposition légale ou réglementaire ni aucun principe ne garantit à un contribuable le classement définitif de son bien dans un sous-groupe ou une catégorie prévue par les dispositions de l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts dès lors qu'il appartient à l'administration fiscale, au regard des éléments dont elle dispose, de restituer aux biens leur exacte classification. Ainsi, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le reclassement de son bien aurait méconnu les principes de loyauté et de sécurité juridique. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que le reclassement auquel a procédé l'administration fiscale de la catégorie " DEP 2 " à " IND 1 " est favorable à la société requérante, le tarif au m² de la première catégorie s'élevant à 92,4 euros alors que celui de la seconde finalement retenue s'élève à 84,80 euros. Par suite, le moyen doit être écarté.

17. En deuxième lieu, d'une part, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a bien exclu de l'assiette de la taxe foncière sur les propriété bâties mises à la charge de la SCI requérante, au terme de ses trois décisions portant rejet des réclamations contentieuses de celle-ci, d'une part, des parties cultivées utilisées en jardin potager d'une surface de 360 m² et, d'autre part, une zone non aedificandi de 1 020 m², caractérisée par une convention de servitude au profit d'une canalisation de transport de gaz, de 6 mètres de large, jouxtant une servitude de conduite électrique de 3 mètres de large, la bande de terrain de 2 mètre de largeur comprise entre ces servitudes et la limite de la parcelle étant réputée impropre à l'utilisation industrielle, du fait de son étroitesse. L'administration fiscale a par ailleurs également exclu du calcul de la valeur locative cadastrale le terrain occupé par des " Algeco " hors d'usage et donc impropre à l'utilisation. Il résulte enfin de l'instruction qu'elle a rectifié l'évaluation des surfaces classées en zone " P2 ", correspondant aux surfaces couvertes, en zone " P3 ", correspondant aux surfaces secondaires non couvertes et en zone " PK ", correspondant aux espaces de stationnement respectivement à 214 m², 2 000 m² et 200 m² conformément à la demande de la SCI La Juine, de sorte que l'ensemble des moyens relatifs à ces différents points doivent être regardés comme inopérants.

18. D'autre part, l'unique contestation opérante demeurant en litige porte ainsi sur le classement d'une surface de 4 000 m² en zone " P1 ", correspondant aux parties principales essentielles à l'exercice de l'activité de la SA Armasteel, à savoir les zones ou sont pratiquées les activités de transformation et de manipulation des matériaux. La société requérante soutient que seuls 612 m² ou au maximum 1 000 m² peuvent être classés dans cette catégorie, correspondant à la surface du hangar de 512 m², composé de trois éléments mobiles en mauvais état et d'une partie fixe, et d'une partie non-couverte d'environ 100 m² pour la manutention autour de la grue. Toutefois, elle se borne à produire à l'appui de cette allégation, d'une part, un procès-verbal de constat d'huissier du 25 novembre 2020 portant uniquement chiffrage de la surface non contestée du potager et se bornant à constater pour le surplus la présence d'un hangar mobile en mauvais état et rouillé et de constructions de type Algeco et, d'autre part, un certificat de mesurage des superficies par un géomètre expert en date du 26 novembre 2020 évaluant la surface du hangar dans sa partie fixe à 137,5 m² et les autres constructions sanitaires vestiaires bureaux et réserves à une surface de 264,9 m², soit un total de 402,4 m². Il ressort en revanche des photographies aériennes produites par l'administration fiscale que des opérations de transformations et de manipulation des matériaux sont pratiquées par la SA Armasteel bien au-delà de la zone du hangar, l'activité ne se limitant pas à la seule production de pieux au moyen de la machine dédiée. Il s'en suit que la surface de terrain essentielle à cette activité ne saurait être réduite aux seuls 612 m² correspondant à la prise en compte d'une surface de seulement 100 m² au-delà du hangar bien inférieure à celle du rayon d'action de la grue entrant dans la manipulation des matériaux et celle des produits finis lesquelles couvrent, au vue de ces mêmes photographies, la quasi totalité de la surface de la parcelle et alors que les traces consécutives aux opérations d'assemblage et de soudure sont présentes sur une zone d'au moins 3 400 m² qui sont à ajouter aux surfaces du hangar, soit un total minimum de 4 000 m² entrant dans la zone " P1 ". Ainsi, c'est à bon droit que l'administration a évalué à 4 000 m² la surface essentielle à l'exercice de l'activité de l'entreprise et soumis celle-ci par conséquent à la taxe foncière sur les propriétés bâties en application du 5° de l'article 1381 du code général des impôts. Par ailleurs, compte-tenu des éléments qui viennent d'être énoncés, la société requérante n'est pas fondée à demander que cette surface soit requalifiée en zone " P 3 " qui correspond à une surface secondaire non couverte. Par suite, le moyen doit être écarté.

19. En troisième lieu, l'article 1504 du code général des impôts prévoit les modalités selon lesquelles les commissions départementales des valeurs locatives des locaux professionnels, les commissions communales ou intercommunales des impôts directs et, le cas échéant, la commission départementale des impôts directs locaux et le représentant de l'Etat dans le département arrêtent, sur la base des avant-projets élaborés par l'administration fiscale, la délimitation des secteurs d'évaluation, les tarifs par mètre carré par catégorie de propriétés et la définition des parcelles auxquelles s'applique le coefficient de localisation. Enfin, aux termes de l'article 1518 F du même code : " Les décisions prises en application des articles 1504 et 1518 ter ne peuvent pas être contestées à l'occasion d'un litige relatif à la valeur locative d'une propriété bâtie. ".

20. Il résulte des dispositions précitées de l'article 1518 F du code général des impôts que si les décisions des commissions fixant la délimitation des secteurs d'évaluation, les tarifs par mètre carré par catégorie de propriétés et la définition des parcelles auxquelles s'applique le coefficient de localisation peuvent faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, elles ne peuvent pas être contestées ultérieurement à l'occasion d'un litige relatif à la valeur locative d'une propriété déterminée. La SCI requérante n'est donc pas recevable, par suite, à contester le coefficient de localisation de 1 appliqué à sa propriété, qui résulte d'une décision de la commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels prise en application des articles 1504 et 1518 ter du code général des impôts. Par suite le moyen doit être écarté.

21. En quatrième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit, pour la détermination des valeurs locatives révisées des locaux professionnels applicables à compter du 1er janvier 2017, la mise en œuvre de mécanismes d'ajustement qui viendraient adapter les tarifs sectoriels de chaque catégorie de propriétés bâties en fonction de l'état de vétusté et ou d'entretien du local à évaluer. Si de tels coefficients d'ajustement sont prévus par les dispositions de l'article 324 R de l'annexe III au code général des impôts, ces dispositions ne sont applicables qu'aux seuls locaux d'habitation, de sorte que la SCI Juine ne saurait utilement soutenir qu'un coefficient de -0,10 pour sa situation particulière et de -0,05 pour sa situation générale auraient du lui être appliqués.

22. En cinquième et dernier lieu, s'il n'est pas contesté par l'administration qu'il lui appartenait en revanche d'appliquer les dispositions combinées des articles 1498, 1518 A quinquies et 1518 E du code général des impôts, dans leur rédaction issue de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017, qui prévoient un mécanisme de lissage et de planchonnement des valeurs locatives résultant de l'application de la révision générale prévue par l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 modifiée, elle soutient sans être sérieusement contredite par la société requérante, qui se borne à soutenir qu'il " n'apparait pas clairement " qu'elle ait bénéficié de ces dispositifs, que ceux-ci lui ont bien été appliqués pour les trois années d'imposition en litige à l'exception du dispositif de lissage qui ne trouvait pas à s'appliquer en l'absence de cotisation au 1er janvier 2017.

23. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI La Juine est seulement fondée à demander la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de la seule année 2019.

Sur les conclusions de la requête n° 2204910 présentées par la SA ARMASTEEL :

En ce qui concerne la procédure d'imposition :

24. En premier lieu, lorsqu'une imposition est, telle la cotisation foncière des entreprises, assise sur la base d'éléments qui doivent être déclarés par le redevable, l'administration fiscale ne peut établir, à la charge de celui-ci, des droits excédant le montant de ceux qui résulteraient des éléments qu'il a déclarés qu'après l'avoir, conformément au principe général des droits de la défense, mis à même de présenter ses observations. En revanche, elle n'y est pas tenue lorsque, sans remettre en cause aucun élément qu'il aurait incombé au redevable de déclarer, elle prend en compte les bases retenues au titre de l'année précédente qu'elle reconduit sans changement. En outre, le respect du principe général des droits de la défense n'emporte pas l'obligation, pour l'administration, d'informer expressément le contribuable de sa faculté de présenter ses observations avant d'établir ces droits, ni de celle de sa possibilité de se faire assister d'un conseil de son choix n'est pas au nombre des obligations découlant du principe.

25. S'il résulte de l'instruction que, par courrier du 24 octobre 2020, l'administration a informé la société Armasteel de l'établissement de cotisations supplémentaires en matière de cotisation foncière des entreprises et d'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux de l'établissement pour l'année 2019 à hauteur de 11 332 euros à raison de son occupation du terrain cadastré ZC 380, l'administration ne justifie toutefois pas de l'envoi et de la réception de ce courrier par la société Armasteel en l'absence notamment de toute production d'un accusé de réception dudit courrier envoyé en lettre simple ou même à tout le même d'un suivi postal de son acheminement. Dans ces conditions, la société Armasteel n'a pas, en l'espèce, été mise à même de présenter ses observations, conformément au principe du respect des droits de la défense. La méconnaissance par l'administration de ses obligations découlant du principe général des droits de la défense constituant une garantie pour le contribuable, la société requérante est ainsi fondée à demander la décharge des cotisations de foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2019, sans qu'il y ait lieu de se prononcer sur les autres branches du moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense.

26. En revanche, l'administration fiscale, qui s'est bornée, pour imposer la société requérante au titre de l'année 2020, à reconduire sans changement les bases retenues au titre de l'année 2019, n'était pas tenue, à peine d'irrégularité de la procédure d'imposition, de mettre à même la société requérante de présenter ses observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe des droits de la défense doit être écarté comme inopérant en tant qu'il porte sur la cotisation foncière des entreprises auxquelles la société requérante a été assujettie au titre de l'année 2020 qui n'a au demeurant pas donné lieu à l'émission d'un rôle supplémentaire.

27. En deuxième lieu, la société requérante, qui se borne à soutenir que l'administration fiscale était tenue de saisir la commission communale des impôts directs avant de procéder à la modification de l'évaluation des immeubles appartenant à la SCI La Juine, ne conteste pas que ceux-ci ne relèvent pas des catégories de propriétés soumises à cette évaluation en vertu des dispositions de l'article 1505 du code général des impôts dans sa version en vigueur au 1er janvier 2018, précitées au point 19, ni qu'ils ont de ce fait été évalués dans les conditions fixées à l'article 1498 du code général des impôts dans sa version à la même date. Il s'en suit que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure en l'absence de saisine préalable de la commission communale des impôts directs doit être écarté comme inopérant.

28. En troisième lieu, Les vices éventuels qui entachent la procédure d'instruction par l'administration de la réclamation d'un contribuable et la décision prise à l'issue de cette procédure sont sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition contestée et sur la régularité de la procédure d'imposition. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision du 20 octobre 2021 portant rejet de la réclamation préalable de la société Armasteel est insuffisamment motivée et n'a pas été notifiée à l'adresse de son conseil où elle avait fait élection de domicile sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.

29. La société requérante n'est pas fondée à invoquer différents points de la documentation administrative de base, des bulletins officiels, de diverses instructions administratives, circulaires ou réponses ministérielles relatifs à la procédure d'imposition, visés ci-dessus, qui sont exclus du champ d'application de la garantie contre les changements de doctrine figurant à l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales et qui, en tout état de cause, ne font pas de la loi une interprétation différente de celle faite par le présent jugement. En outre, pour soutenir que ces points seraient opposables à l'administration, elle ne peut pas utilement invoquer les dispositions de l'article L.312-3 du code des relations entre le public et l'administration qui ne sont applicables, ainsi que le prévoit l'article L. 100-1 du même code, qu'en l'absence de dispositions spéciales, ce qui n'est pas le cas en l'espèce.

30. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la procédure d'imposition serait irrégulière s'agissant des impositions mises à charge au titre de l'année 2020.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

31. Aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales, les sociétés non dotées de la personnalité morale ou les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée ". Aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11° et 12° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. / () ".

32. En premier lieu, il résulte de l'instruction de ce qui a été dit au point 17 que l'administration fiscale a, d'une part, bien exclu de l'assiette de la taxe foncière sur les propriété bâties mises à la charge de la SCI La Juine et ayant servi de base pour la détermination de la cotisation foncière des entreprises en litige, des parties cultivées utilisées en jardin potager, une zone non aedificandi, caractérisée par une convention de servitude au profit d'une canalisation de transport de gaz, réputée impropre à l'utilisation industrielle, ainsi que des " Algeco " hors d'usage et, d'autre part, qu'elle a rectifié l'évaluation des surfaces classées en zones " P2 ", " P3 ", et " PK ", conformément à la demande des sociétés requérantes, de sorte que l'ensemble des moyens relatifs à ces différents points doivent être regardés comme inopérants.

33. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction de ce qui a été dit au point 18 que c'est à bon droit que l'administration fiscale a regardé une surface de 4 000 m², et non pas de seulement 137,5 m² comme le soutient la requérante, comme constituée de terrains non cultivés employés à un usage commercial ou industriel au sens du 5° de l'article 1381 du code général des impôts, et les a soumis pour la totalité de leur superficie à la taxe foncière sur les propriétés bâties ayant servi de base pour la détermination de la cotisation foncière des entreprises en litige.

34. En troisième lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article 1518 F du code général des impôts que si les décisions des commissions fixant la délimitation des secteurs d'évaluation, les tarifs par mètre carré par catégorie de propriétés et la définition des parcelles auxquelles s'applique le coefficient de localisation peuvent faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, elles ne peuvent pas être contestées ultérieurement à l'occasion d'un litige relatif à la valeur locative d'une propriété déterminée. La société requérante n'est pas recevable, par suite, à contester le coefficient de localisation de 1 ni la grille tarifaire appliqués à la propriété de la SCI Juine, qui résultent d'une décision de la commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels. Dans ces conditions, et dès lors qu'il n'est pas contesté que le tarif par mètre carré de 84,6 euros appliqué par l'administration fiscale correspond bien à la grille tarifaire arrêtée par ladite commission, l'unique circonstance tirée de ce que la valeur locative retenue ne correspond pas à celle du loyer dont elle s'acquitte au titre des locaux objet des impositions en litige n'est pas de nature à remettre en cause le bien-fondé de l'imposition.

35. En quatrième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit, pour la détermination des valeurs locatives révisées des locaux professionnels applicables à compter du 1er janvier 2017, la mise en œuvre de mécanismes d'ajustement qui viendraient adapter les tarifs sectoriels de chaque catégorie de propriétés bâties en fonction de l'état de vétusté et ou d'entretien du local à évaluer. Si de tels coefficients d'ajustement sont prévus par les dispositions de l'article 324 R de l'annexe II au code général des impôts, ces dispositions ne sont applicables qu'aux seuls locaux d'habitation, de sorte que la société requérante ne saurait utilement soutenir qu'un coefficient de -0,10 pour sa situation particulière, de -0,05 pour sa situation générale et de 0,90 pour tenir compte de la vétusté des locaux auraient dû lui être appliqués.

36. En cinquième lieu, s'il n'est pas contesté pas l'administration qu'il lui appartenait en revanche d'appliquer les dispositions combinées des articles 1498, 1518 A quinquies et 1518 E du code général des impôts, dans leur rédaction issue de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017, qui prévoient un mécanisme de lissage et de planchonnement des valeurs locatives résultant de l'application de la révision générale prévue par l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 modifiée, elle soutient sans être sérieusement contredite par la société requérante, en l'absence de réplique, que les coefficients de neutralisation et les planchonnements ont bien été appliqués pour les trois années d'imposition en litige mais que le dispositif de lissage ne trouvait pas à s'appliquer en l'absence de cotisation au 1er janvier 2017.

37. En sixième et dernier lieu, alors qu'il résulte de l'instruction qu'aucune imposition forfaitaire pour les entreprises de réseaux n'a été mise à la charge de la société requérante, celle-ci ne saurait utilement contester le bien-fondé d'une imposition inexistante.

38. Il résulte de tout ce qui précède que la société Armasteel est seulement fondée à demander la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de la seule année 2019.

Sur les conclusions tendant au bénéfice du sursis de paiement :

39. Le présent jugement tranchant le litige au fond, les conclusions aux fins de sursis de paiement sont sans objet.

Sur les frais du litige :

40. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, la somme demandée par les sociétés requérantes au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de sursis de paiement.

Article 2 : La SCI LA JUINE est déchargée de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 à raison du terrain à caractère commercial dont elle est propriétaire situé 6, rue des Hêtres Pourpres à Etrechy.

Article 3 : La SA Armasteel est déchargée de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 à raison des locaux qu'elle exploite situé 6, rue des Hêtres Pourpres à Etrechy.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes présentées par la SCI La Juine et la SA Armasteel est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI La JUINE, la SA Armasteel et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président,

Mme Bartnicki, première conseillère,

Mme Ghiandoni, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

A. Bartnicki

Le président,

Signé

R. Féral La greffière,

Signé

V. Retby

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°s 2110312, 2204909, 2204910

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