lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2110469 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Président LE GARS |
| Avocat requérant | SELARL SAMSON & WEIL |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Julien Le Gars, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 19 septembre 2022, en présence de Mme Dalla Guarda, greffière, M. A et le ministre de l'intérieur n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A conteste l'arrêté, en date du 9 novembre 2021, par lequel le préfet de l'Essonne a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois en conséquence d'une infraction relevée à son encontre le 8 novembre 2021 sur le territoire de la commune de Maisse et consistant en la conduite d'un véhicule après avoir consommé un produit stupéfiant.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, mentionne la date et le lieu de l'infraction, ainsi que la nature de celle-ci et les vérifications effectuées en vertu de l'article R. 235-5 du code de la route, enfin souligne le danger grave et immédiat qu'occasionne le comportement routier de M. A. Cette motivation satisfait aux exigences des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, quand bien même l'arrêté, d'une part, ne vise pas spécifiquement l'article L. 235-1 du code de la route, lequel fonde la sanction pénale, non la mesure administrative contestée, et, d'autre part, ne précise pas la substance stupéfiante détectée dans le prélèvement salivaire auquel le requérant a été soumis non plus que la concentration relevée. A cet égard, en outre, M. A ne peut en tout état de cause utilement invoquer les termes de la circulaire du 28 septembre 1987 relative à la motivation des actes administratifs qui, si elle a fait l'objet d'une mise en ligne sur le site Légifrance, est dépourvue de tout caractère réglementaire.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles () ".
4. D'autre part, l'article L. 224-1 du code de la route prévoit que les officiers et agents de police judiciaire procèdent à la rétention à titre conservatoire d'un permis de conduire lorsque, notamment, il est procédé au dépistage de substances stupéfiantes selon les prévisions de l'article L. 235-2 du même code et que les épreuves effectuées se révèlent positives. L'article L. 224-2 de ce code permet au préfet, dans les cent vingt heures qui suivent la rétention du permis et si les vérifications prévues par le cinquième alinéa du même article L. 235-2 confirment l'usage de telles substances, de suspendre la validité de ce permis pour une durée maximale de six mois.
5. Compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 2° du code de la route, qui doit être prise très rapidement et qui a pour objet de faire obstacle à ce qu'un conducteur ayant pris le volant après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants retrouve l'usage de son véhicule, le préfet peut légalement prendre cette décision en se dispensant de procédure contradictoire. Une telle procédure est en revanche requise dans le cas où la suspension est décidée sur le fondement alternatif de l'article L. 224-7 du code de la route.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a été contrôlé le 8 novembre 2021 à 10h40 conduisant son véhicule après avoir consommé un produit stupéfiant. Ces circonstances étaient de nature à faire regarder le conducteur comme représentant un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route et pour lui-même, comme l'a d'ailleurs précisé le préfet dans la décision attaquée. Ainsi, l'intéressé entrait bien dans le champ d'application des dispositions précitées et, en se bornant à relever que l'arrêté en litige a été édicté 30 heures après le contrôle routier auquel il a été soumis, M. A n'apporte aucun élément sérieux de nature à établir que la suspension de son permis de conduire ne présentait pas un caractère d'urgence justifiant qu'elle soit décidée sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route.
7. En troisième lieu, l'article L. 235-2 du code de la route prévoit que " si les épreuves de dépistage se révèlent positives ou lorsque le conducteur refuse ou est dans l'impossibilité de les subir, les officiers ou agents de police judiciaire font procéder à des vérifications consistant en des analyses ou examens médicaux, cliniques et biologiques, en vue d'établir si la personne conduisait en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants " et l'article R. 235-5 du même code prévoit que " Les vérifications mentionnées au cinquième alinéa de l'article L. 235-2 comportent une ou plusieurs des opérations suivantes : -examen clinique en cas de prélèvement sanguin ; -analyse biologique du prélèvement salivaire ou sanguin ".
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'un prélèvement sanguin a été effectué le 8 novembre 2021 à 10h55 et que, par la décision attaquée prise le lendemain, M. A a été informé que l'analyse de ce prélèvement avait établi l'usage de substances ou de plaintes classées comme stupéfiants. Le moyen tiré de l'inaccomplissement des vérifications requises par l'article L. 235-2 du code de la route manque donc en fait. Le préfet, par ailleurs, compte tenu de ce qui a été énoncé au point 6, n'avait pas à communiquer ce rapport avant de suspendre la validité du permis de conduire de l'intéressé.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 9 novembre 2021.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
J. CLa greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2110469
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026