lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2110655 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Président LE GARS |
| Avocat requérant | SELARL DUFOUR & ASSOCIÉS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 21VE03191 du 2 décembre 2021, le président de la 5ème chambre de la cour administrative d'appel de Versailles a transmis au tribunal administratif de Versailles le dossier de la requête de M. A C, représenté par représenté par la Selarl cabinet d'avocats Dufour et associés, enregistrée au greffe de la Cour le 30 novembre 2021 qui demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48SI du 26 mai 2021, par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 5 mai 2019, 16 avril 2019 et 22 juillet 2020, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 16 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire, dans le délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- les décisions successives de retrait de points ne lui ont pas été notifiées ;
- ces décisions ne sont pas motivées ;
- la réalité des infractions susvisées n'est pas établie ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Julien Le Gars, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 19 septembre 2022, en présence de Mme Dalla Guarda, greffière, M. C et le ministre de l'intérieur n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Par une lettre 48SI du 26 mai 2021, le ministre de l'intérieur a informé M. C de l'invalidation de son permis de conduire à la suite d'un solde de points nul. Dans la présente instance, le requérant demande au tribunal d'annuler cette décision, ensemble les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 5 mai 2019, 16 avril 2019 et 22 juillet 2020, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 16 juillet 2021
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, M. C soutient que les décisions de retrait de points contestée ne lui ont jamais été notifiées. Toutefois, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. M. C ne saurait dès lors utilement se prévaloir de ce que divers retraits de points ne lui auraient pas été notifiés avant l'intervention de la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire.
3. En deuxième lieu, M. C soutient que les décisions de retraits de points ne sont pas motivées. Toutefois, en raison des garanties qui entourent l'enregistrement et l'édition des décisions portant retrait de points, la mention d'un retrait sur le relevé intégral établit que l'Imprimerie nationale a édité une décision conforme à un modèle où figure un rappel des dispositions relatives au retrait de points du permis de conduire, en portant dans les emplacements prévus à cet effet des mentions, identiques à celles qui figurent sur le relevé intégral, relatives à la date, à l'heure et au lieu de l'infraction motivant le retrait ainsi qu'à l'événement qui a établi la réalité de cette infraction. Une telle décision énonce ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle repose et satisfait par suite à l'obligation de motivation prescrite par les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. En outre, la décision 48SI en litige mentionne les circonstances de droit et de fait du retrait de points à la suite de l'infraction commise le 22 juillet 2020. Le requérant n'est dès lors pas fondé à soutenir que les décisions de retrait de points ne seraient pas motivées.
4. En troisième lieu, M. C soutient que la réalité des infractions commises les 5 mai 2019, 16 avril 2019 et 22 juillet 2020 n'est pas établie. Toutefois, en vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. En outre, il résulte des dispositions combinées des articles L. 225-1 du code de la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. En l'espèce, il résulte des mentions du relevé d'information intégral et des pièces versées par le ministre de l'intérieur que des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée ont été émis à raison des infractions commises le 5 mai 2019, 16 avril 2019 et 22 juillet 2020 et que M. C s'est acquitté du montant de l'amende forfaitaire majorée consécutive à l'infraction commise le 5 mai 2019. Si le requérant soutient qu'il ne s'est pas acquitté du paiement de ces amendes et qu'il a formulé, en ce qui concerne ces infractions, des réclamations auprès de l'officier du ministère public le 18 octobre 2021, il ne produit aucun document permettant d'établir que ces réclamations auraient été regardées comme recevables par l'officier du ministère public et auraient entraîné l'annulation du titre exécutoire pour ces amendes. Dès lors, le moyen tiré de ce que la réalité de ces infractions n'a pas été établie doit être écarté.
5. En quatrième lieu, en application des dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dans leurs versions successives applicables à la date des infractions en litige, lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
6. L'information prévue par les dispositions susmentionnées du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. M. C soutient que l'information préalable, mentionnée par les dispositions précitées du code de la route, ne lui a pas été délivrée lors de la commission des infractions des 5 mai 2019, 16 avril 2019 et 22 juillet 2020.
En ce qui concerne l'infraction commise le 5 mai 2019
7. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. L'article A. 37 28 du code de procédure pénale prévoit que cet avis comporte l'ensemble des informations requises par les articles L. 223 3 et R. 223 3 du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
8. Il résulte du relevé intégral d'information et de l'attestation de la trésorerie du contrôle automatisé, produites en défense, que M. C s'est acquitté du montant de l'amende forfaitaire majorée consécutive à l'infraction commise le 5 mai 2019. Il découle de cette seule constatation que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce et alors que M. C n'établit pas, à défaut de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, que celui-ci ne comportait pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information.
En ce qui concerne les infractions commises les 16 avril 2019 et 22 juillet 2020
9. La seule circonstance que l'intéressé n'aurait pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.
10. En l'espèce, les procès-verbaux électroniques des infractions commises les 16 avril 2019 et 22 juillet 2020, produits par le ministre de l'intérieur, ne sont pas signés par le requérant. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. C s'est acquitté du montant des amendes forfaitaires majorées consécutives à de précédentes infractions commises les 6 octobre 2017 et le 5 mai 2019. Comme indiqué au point 8, le requérant s'est alors vu délivrer l'ensemble des informations requises en vertu des dispositions des articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route. Dès lors l'omission de l'information, s'agissant des deux retraits de point contestés, n'a pas eu pour effet, dans les circonstances de l'espèce, de priver le requérant de la garantie instituée par la loi pour lui permettre d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable s'agissant de l'infraction des 16 avril 2019 et 22 juillet 2020, doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision référencée 48SI du 26 mai 2021, ensemble les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 5 mai 2019, 16 avril 2019 et 22 juillet 2020, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 16 juillet 2021, doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
12. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de M. C ne peuvent qu'être rejetées.
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
J. BLa greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2110655
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026