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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2110875

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2110875

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2110875
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantCABINET DE L'ORANGERIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2021, M. A B et Mme D B, représentés par Me Coffy, demandent la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012, 2013 et 2014 et des pénalités correspondantes.

Ils soutiennent que :

- les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2012, 2013 et 2014, résultant directement de la vérification de comptabilité réalisée auprès de la SARL B, ne sont pas bien fondées dès lors que :

-- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que l'administration fiscale n'a pas adressé à la SARL B de demande de désignation du bénéficiaire des revenus distribués sur le fondement des dispositions de l'article 117 du code général des impôts ;

-- M. B ne peut être regardé comme le maître de l'affaire dès lors qu'il ne détient que 49 % des parts sociales de la SARL B et qu'il ne détient pas seul la capacité d'ordonner des virements pour le compte de la société ;

Dépenses personnelles :

-- l'acquisition, par la SARL B, d'une porte de garage, d'un montant de 2 370,45 euros et la fourniture et la pose, par la SARL Aménagements Extérieurs, d'une ossature en bois d'un montant de 11 856 euros ne peuvent être regardées comme des dépenses personnelles réalisées à leur profit dès lors que la porte de garage n'a pas été posée à leur résidence principale et qu'un huissier de justice a constaté que l'ossature en bois, qui n'a pu être refacturée à un client, était entreposée à l'extérieur de leur résidence et n'a ainsi pas servi à sa construction ;

Charges non engagées dans l'intérêt de l'entreprise :

-- la facture émise par la SARL Aménagements Extérieurs, d'un montant de 38 690 euros, a été réglée par la SARL B et les travaux correspondants ont été effectués de sorte que cette somme ne peut être regardée comme un revenu distribué à leur profit ou un avantage occulte ;

-- les autres dépenses de la SARL B, d'un montant global de 31 606 euros, se rapportant aux factures émises par la SARL Aménagements Extérieurs en 2014, rejetées et considérées, en application de l'article 111 c du code général des impôts, comme des revenus distribués ne peuvent être regardés comme appréhendés par M. B qui n'est pas le maître de l'affaire ;

Renonciation à recettes :

-- le matériel de transport figurant toujours, à la clôture de l'exercice clos le 30 juin 2012, pour la même valeur de 71 531 euros, dans les écritures de la SARL B, ils ne peuvent être regardés comme les propriétaires du véhicule BMW immatriculé AG-059-AV ;

Charges se rapportant au fournisseur SCI Orphée des Isles :

-- les loyers acquittés par la SARL B à la SCI Orphée des Isles se rapportent à la location d'un immeuble de démonstration destiné au public à fin de publicité au profit de la SARL ; ainsi, les sommes correspondantes à ces loyers, d'un montant de 39 594 euros au titre de l'année 2013 et 23 760 euros au titre de l'année 2014, ne pouvaient être regardés comme des rémunérations et avantages occultes perçus par M. B ;

- le prêt accordé à la SCI Orphée des Isles, qui n'a pas été consenti par la SARL B à son dirigeant ou à l'un de ses proches, ne constitue pas un revenu distribué au seul motif que le contrat de prêt n'a pas fait l'objet d'un écrit et qu'aucun remboursement n'a été constaté ;

- le prix de vente du véhicule de type Peugeot Boxer, vendu par M. B à la SARL B, n'était pas abusif et ne constitue ainsi pas une rémunération ou un avantage occulte ;

- la part des dividendes de la SARL B revenant à M. C ne peut être imposés entre les mains de M. B au titre de dividendes distribués ;

- les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2012, 2013 et 2014, résultant directement de la vérification de comptabilité réalisée auprès de la SARL Aménagements Extérieurs, ne sont pas bien fondées dès lors que :

-- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que l'administration fiscale n'a pas adressé à la SARL B de demande de désignation du bénéficiaire des revenus distribués sur le fondement des dispositions de l'article 117 du code général des impôts ;

-- Mme B ne peut être regardée comme le maître de l'affaire dès lors qu'elle ne détient que 49 % des parts sociales de la société ;

-- l'administration a méconnu les règles de prescription et ne pouvait ainsi regarder les charges rejetées au titre de l'année 2011 comme des revenus réputés distribués en 2012 ;

-- les charges rejetées en 2013 ne peuvent faire l'objet d'une distribution au titre de l'année 2014 ;

-- l'administration ne pouvait modifier les années d'imposition des revenus réputés distribués correspondant à des charges rejetées dans la réponse aux observations du contribuable ; elle était tenue de produire une nouvelle proposition de rectification ;

-- les loyers facturés par la SCI Orphée des Isles correspondaient à la location de locaux à usage professionnel qui pouvaient dès lors être inscrits en charge par la SARL Aménagements Extérieurs ; en outre, à supposer que ces charges n'aient pas été engagées au profit de la SARL, la distribution devait être regardée comme faite au profit de la SCI et non de ses associés ;

- la SCI Orphée des Isles est imposable dans la catégorie des revenus fonciers compte tenu de son activité ;

- les cotisations supplémentaires de contributions sociales sont contestées pour les mêmes motifs que ceux exposés au soutien de la demande de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu ;

- ils doivent être déchargés des pénalités pour manquement délibéré appliquées pour les motifs exposés que ceux exposés ci-dessus, les rectifications en litige n'étant pas justifiées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 18 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 2 mai 2023.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ghiandoni,

- et les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B est le gérant et associé, à hauteur de 49 %, de la SARL B qui a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices 2012 à 2014. Mme D B est gérante et associée, à 49 % jusqu'au 14 avril 2015 puis à 100 % après cette date, de la SARL Aménagements Extérieurs qui a également fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices 2012 à 2014. L'administration fiscale a ensuite tiré les conséquences de ces contrôles sur la situation fiscale personnelle de M. et Mme B et ainsi imposé ces derniers à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux pour les années 2012 à 2014, assorties des intérêts de retard et de la pénalité pour manquement délibéré prévue par l'article 1729 du code général des impôts. Par la requête visée ci-dessus, M. et Mme B demandent au tribunal des prononcer la décharge de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

2. M. et Mme B soutiennent que l'administration fiscale ne pouvait leur notifier les rehaussements litigieux à défaut d'avoir invité, conformément aux dispositions de l'article 117 du code général des impôts, la SARL B et la SARL Aménagements Extérieurs à lui fournir des indications sur les bénéficiaires des sommes qu'elle a regardées comme des revenus distribués.

3. Il résulte toutefois des dispositions de l'article 117 du code général des impôts que si l'administration s'abstient d'inviter une personne morale à lui faire parvenir des indications sur les bénéficiaires d'un excédent de distribution qu'elle a constaté, cette abstention a seulement pour effet de la priver de la possibilité d'infliger à ladite personne morale la pénalité prévue à l'article 1759 du même code, mais est sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition suivie à l'égard des personnes physiques qui ont bénéficié de la distribution et que l'administration, compte tenu des renseignements dont elle dispose, est en mesure d'identifier. Ainsi les requérants n'ont pas été imposés selon une procédure irrégulière. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

S'agissant des rectifications consécutives à la vérification de comptabilité de la SARL B :

Quant aux rectifications ayant donné lieu à des rehaussements dans la SARL B :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () / c. Les rémunérations et avantages occultes () ". En cas de refus des rehaussements par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire des sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle et visées par les dispositions précitées du code général des impôts.

5. Il résulte de l'instruction que les impositions en litige procèdent, notamment, de l'inclusion dans les revenus taxables entre les mains de M. et Mme B dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, de sommes correspondant à un rehaussement des bénéfices de la SARL B au titre des exercices clos en 2012, 2013 et 2014 et regardées comme des revenus distribués par cette société à M. B, que l'administration fiscale a considéré comme l'unique maître de l'affaire. Dans sa décision du 18 octobre 2021 rejetant la réclamation contentieuse de M. et Mme B, l'administration fiscale a procédé à une substitution de base légale et retenu que ces sommes réputées distribuées devaient être taxées entre les mains de M. B en application du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts et du c de l'article 111 du même code. Les requérants ne contestent pas le bien-fondé de cette substitution de base légale.

6. L'administration fait valoir, sans être contredite, que si, au cours des années en litige, la SARL B était détenue, à hauteur de 51 %, par M. E C et, à hauteur de 49 % seulement, par M. B, ce dernier était le gérant de droit de la société et le seul à y détenir un compte courant d'associé sur lequel ont d'ailleurs été créditées l'ensemble des dividendes distribués par la société à ses deux associés au titre des exercices clos en 2012 et 2013. Elle fait également valoir que M. B et le mandataire qu'il a lui-même désigné, Me Cormorant, ont été les seuls représentants de la société lors de la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet. Elle ajoute enfin que l'exercice de son droit de communication auprès du Crédit Mutuel, organisme bancaire dans lequel la SARL B détient des comptes, a révélé que l'intégralité des chèques émis par la société dont elle avait sollicité la copie ont été signés par M. B et que ce dernier dispose seul de la signature de la société sur ses comptes bancaires, sans qu'aucune procuration n'ait été consentie au profit d'autres personnes. Dans ces conditions, quand bien même Mme B a ordonné plusieurs virements au nom de la société au profit de la SCI Orphée des Isles au cours de la période en litige, M. B disposait seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la SARL B au cours de cette période et était en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens lui étant propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire pendant les trois années en litige. Par conséquent, il doit être regardé comme ayant appréhendé les revenus distribués par cette société.

7. En deuxième lieu, si M. B conteste les rehaussements retenus par l'administration lors du contrôle de la SARL B concernant la somme de 2 370 euros correspondant à l'acquisition d'une porte de garage et la somme de 14 226 euros correspondant à l'acquisition d'une ossature en bois auprès de la SARL Aménagements Extérieurs, l'administration fait valoir, sans être contredite, que la société vérifiée n'a pas été en mesure de justifier du client concerné par l'acquisition de ces matériels dont il est en outre constant qu'ils se trouvaient sur la propriété de M. B lors du contrôle de la société. Ainsi, alors que, comme il a été exposé au point 6 du présent jugement, M. B doit être regardé comme ayant appréhendé les revenus distribués par cette société, l'administration était fondée à regarder ces sommes engagées par la SARL B comme des dépenses personnelles exposées au profit du requérant.

8. En troisième lieu, d'une part, si le requérant soutient que la somme de 38 690 euros exposée par la SARL B au titre de l'exercice clos en 2014 correspond à des travaux réalisés par la SARL Aménagements Extérieurs, l'administration fiscale soutient qu'aucune facture n'a été émise correspondant à ce montant. M. B soutient certes, dans ses écritures " qu'il n'y a pas de difficulté particulière à s'enquérir du bénéficiaire desdits travaux qui n'aurai[t] pas fait l'objet d'une facturation à la SARL B ", il est cependant constant que ces factures n'ont jamais été produites, ni par la SARL B au cours des opérations de contrôle dont elle a fait l'objet, ni par M. B par la suite. D'autre part, ainsi qu'il a été exposé au point 6 du présent jugement, M. B doit être regardé comme ayant appréhendé les revenus distribués par la SARL B. Ainsi, l'administration fiscale était fondée à regarder comme des revenus distribués au profit de M. B les sommes de 38 690 euros et 31 606 euros correspondant à des dépenses non engagées dans l'intérêt de la SARL B.

9. En quatrième lieu, l'administration établit que le véhicule BMW immatriculé AG-059-AV appartenant à la SARL B a fait l'objet d'une reprise, le 16 avril 2012, par la SA Pajean, pour un montant de 21 000 euros, à l'occasion de l'achat, par M. et Mme B, à cette même date, d'un véhicule personnel d'un montant de 31 177 euros pour lequel ils n'ont acquitté à la SA Pajean que la somme de 16 177 euros. Dans ces conditions, l'administration était fondée à rehausser le résultat de la société pour la somme de 21 000 euros et à regarder cette somme comme un revenu réputé distribué au profit de M. B.

10. En cinquième lieu, si les requérants soutiennent que les loyers acquittés par la SARL B auprès de la SCI Orphée des Isles correspondaient à la location d'un " local à usage professionnel ", " immeuble de démonstration destiné au public à fin de publicité ", l'administration fiscale fait valoir, sans être contredite, que le bail commercial produit relatif à cette location concernait un bien dont l'adresse, 5 avenue Marcel Dassault à Coignières, correspond au domicile personnel de M. et Mme B, associés de la SCI, et qu'il n'existait, en outre, aucun bien à usage commercial à cette adresse mais seulement un bien à usage d'habitation. Ainsi, l'administration était fondée à rehausser le résultat de la société pour le montant des loyers en cause et à considérer les sommes correspondantes comme un avantage occulte imposable dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers pour les bénéficiaires.

Quant aux rectifications n'ayant pas donné lieu à rehaussements dans la SARL B :

11. En premier lieu, aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes ".

12. Le 10 mars 2014, la SARL B a enregistré un prêt de 14 000 euros consenti à la SCI Orphée des Isles. Il est constant qu'aucun contrat de prêt n'a été établi et qu'aucune déclaration de prêt n'a été enregistrée auprès de l'administration conformément aux dispositions de l'article 242, ter, 3 du code général des impôts. Par ailleurs, l'administration soutient, sans être contredite, que ce prêt n'a donné lieu à aucun remboursement. Elle établit également que la SCI Orphée des Isles est détenue, depuis le 16 mars 2013, à 30 % par M. B et à 70 % par Mme B qui en assure par ailleurs la gestion. Dans ces conditions, alors que les requérants ne produisent aucun élément de nature à démontrer la réalité de ce prêt, l'administration était fondée à regarder la somme en litige comme un revenu distribué au profit de M. B sur le fondement des dispositions précitées du a de l'article 111 du code général des impôts.

13. En deuxième lieu, en cas d'acquisition par une société à un prix que les parties ont délibérément majoré par rapport à la valeur vénale de l'objet de la transaction, ou, s'il s'agit d'une vente, délibérément minoré, sans que cet écart de prix comporte de contrepartie, l'avantage ainsi octroyé doit être requalifié comme une libéralité représentant un avantage occulte constitutif d'une distribution de bénéfices au sens des dispositions précitées de l'article 111 c du code général des impôts, alors même que l'opération est portée en comptabilité et y est assortie de toutes les justifications concernant son objet et l'identité du co-contractant, dès lors que cette comptabilisation ne révèle pas, par elle-même, la libéralité en cause. La preuve d'une telle distribution occulte doit être regardée comme apportée par l'administration lorsqu'est établie l'existence, d'une part, d'un écart significatif entre le prix convenu et la valeur vénale du bien cédé, d'autre part, d'une intention, pour la société, d'octroyer, et, pour le cocontractant, de recevoir, une libéralité du fait des conditions de la cession. Dans le cas où le vendeur et l'acquéreur sont liés par une relation d'intérêts, l'intention d'octroyer et de recevoir une libéralité est présumée.

14. Il résulte de l'instruction que le véhicule Peugeot Boxer a été revendu le 30 novembre 2012 par M. B à la SARL B au prix de 16 000 euros TTC. M. B conteste la méthode utilisée par l'administration pour établir le prix du véhicule, qu'elle a estimé à 8 000 euros TTC, en faisant valoir qu'elle s'est référée au prix de vente d'un véhicule cédé en 2015. Cependant, cette seule circonstance ne suffit pas pour remettre en cause l'estimation de l'administration. Cette dernière fait en effet valoir, sans être contredite, que le véhicule vendu en 2015 utilisé pour son estimation avait les mêmes caractéristiques techniques que le véhicule vendu par M. B à la société dont il est le gérant, disposait d'un kilométrage proche et d'une date de mise en circulation comparable. Ainsi, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve d'une minoration du prix du véhicule comptabilisé. Par suite, le requérant n'est pas fondé à contester le redressement retenu par l'administration fiscale.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article 108 du code général des impôts : " Les dispositions des articles 109 à 117 fixent les règles suivant lesquelles sont déterminés les revenus distribués par : / 1° Les personnes morales passibles de l'impôt prévu au chapitre II du présent titre ; () ". En vertu des dispositions du 2° et du 4° du 3. de l'article 158 du code général des impôts, un abattement de 40 % est pratiqué sur les revenus distribués directement par les sociétés françaises ou étrangères passibles de l'impôt sur les sociétés ou d'un impôt équivalent. En application du 3° du 3. de ce même article, sont exclus de ce dispositif les revenus distribués qui ne constituent pas la rémunération du bénéficiaire en sa qualité d'associé ou d'actionnaire.

16. Il résulte de l'instruction que les dividendes de la SARL B régulièrement distribués à M. E C au titre des exercices clos en 2012 et 2013 ont été intégralement crédités sur le compte courant d'associé de M. B qui ne conteste d'ailleurs pas les avoir appréhendés. Dans ces conditions, c'est à bon droit et sans commettre d'erreur sur la base légale de sa rectification que l'administration fiscale a imposé ces sommes dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement des dispositions du code général des impôts rappelées ci-dessus.

S'agissant des rectifications consécutives à la vérification de comptabilité de la SARL Aménagements Extérieurs :

Quant aux rectifications ayant donné lieu à des rehaussements dans la SARL Aménagements Extérieurs :

17. Il résulte de l'instruction que les impositions en litige procèdent, notamment, de l'inclusion dans les revenus imposables entre les mains de M. et Mme B dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, de sommes correspondant à un rehaussement des bénéfices de la SARL Aménagements Extérieurs au titre des exercices clos en 2012, 2013 et 2014 consécutif au rejet de charges non engagées dans l'intérêt de l'entreprise ou non assorties de justificatifs. Ces sommes ont ainsi été regardées comme des revenus distribués par cette société à Mme B et imposées entre les mains de cette dernière en application du 1° du 1 de l'article 109 du même code.

18. En premier lieu, l'administration fait valoir, sans être contredite, que si, au cours des années en litige, la SARL Aménagements Extérieurs était détenue, à hauteur de 51 %, par M. E C et, à hauteur de 49 % seulement, par Mme B, cette dernière en était la représentante légale depuis sa création et la seule à y détenir un compte courant d'associé sur lequel ont d'ailleurs été crédités l'ensemble des dividendes distribués par la société à ses deux associés au titre de l'exercice clos en 2012. Elle fait également valoir que Mme B et le mandataire qu'elle a elle-même désigné, Me Cormorant, ont été les seuls représentants de la société lors de la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet. Elle ajoute enfin que l'exercice de son droit de communication auprès du Crédit Mutuel, organisme bancaire dans lequel la SARL Aménagements Extérieurs détient un compte courant, a révélé que Mme B dispose seule de la signature de la société sur son compte bancaire, sans qu'aucune procuration n'ait été consentie au profit d'autres personnes. Dans ces conditions, Mme B disposait seule des pouvoirs les plus étendus au sein de la SARL Aménagements Extérieurs au cours de cette période et était en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens lui étant propres et doit ainsi être regardée comme le seul maître de l'affaire pendant les trois années en litige. Par conséquent, elle doit être regardée comme ayant appréhendé les revenus distribués par cette société.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. ". Les bénéfices sociaux visés au 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts sont présumés distribués à la clôture de l'exercice au terme duquel ils ont été constatés.

20. D'une part, si M. et Mme B soutiennent que des charges engagées par la SARL Aménagements Extérieurs au cours de l'exercice clos en 2011 ont été rejetées par l'administration fiscale, réintégrées dans le bénéfice de la société et regardées comme des revenus distribués imposables à l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2012, ces allégations sont contredites par les annexes de la réponse aux observations du contribuable produites par l'administration qui énumèrent l'ensemble des charges injustifiées de l'entreprise ayant fait l'objet d'une réintégration dans ses bénéfices dont aucune n'a été comptabilisée en 2011. Si M. et Mme B réitèrent cette argumentation au titre de l'impôt sur le revenu dû pour l'année 2014 dont ils soutiennent qu'il procède notamment de revenus réputés distribués se rapportant à des charges injustifiées de la SARL Aménagements Extérieurs comptabilisées au cours de l'exercice clos en 2013, ces allégations sont également contredites par les annexes à la réponse aux observations du contribuable produites en défense. D'autre part, seules les années d'imposition 2012 à 2014 ont été contrôlées lors de la vérification de comptabilité de la SARL Aménagements Extérieurs engagée en 2015. Ainsi, les règles de prescription prévue par l'article L. 169 du livre des procédures fiscales n'ont pas été méconnues. Enfin, il résulte de l'instruction, notamment de la réponse aux observations du contribuable du 16 décembre 2016, que les bénéfices sociaux de la SARL Aménagements Extérieurs visés au 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts ont été présumés distribués à la clôture de l'exercice au terme duquel ils ont été constatés, la distribution n'ayant été ni postérieure, ni antérieure à cette date. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que des charges rejetées au titre de l'année N-1 auraient été considérées comme des distributions au titre de l'année N.

21. En troisième lieu, d'une part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, M. et Mme B ne sont pas fondés à contester la réintégration dans le revenu imposable de la SARL Aménagements Extérieurs, des sommes qu'elle a versées à la SCI Orphée des Isles au titre de la location d'un local à usage commercial inexistant déclaré au 5 avenue Marcel Dassault à Coignières. D'autre part, les sommes versées par une société commerciale à une société de personnes dont les associés sont également actionnaires de la société commerciale doivent être regardées comme directement appréhendées par ces personnes et entrant à ce titre dans le champ du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration a regardé les sommes correspondant à ces charges non engagées dans l'intérêt de l'entreprise comme un avantage occulte imposable dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers pour les bénéficiaires.

22. En quatrième et dernier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier des mentions de la proposition de rectification du 20 novembre 2015, que les revenus fonciers déclarés au titre des années 2012 à 2014 relatifs aux loyers déclarés par la SCI, ont été minorés en conséquence de la réintégration, dans les revenus réputés distribués au profit de M. et Mme B, des charges injustifiées constatées au sein de la SARL B et de la SARL Aménagements Extérieurs correspondant aux loyers versés à la SCI. Ainsi, le moyen soulevé par les requérants relatif aux rectifications en matière de revenus fonciers ne peut qu'être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu ainsi que, par voie de conséquence, la décharge des cotisations supplémentaires de contributions sociales et des majorations et intérêts de retard auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2012 à 2014.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, Mme D B et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ouardes, président,

Mme Bartnicki, première conseillère,

Mme Ghiandoni, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.

La rapporteure,

Signé

S. Ghiandoni

Le président,

Signé

P. OuardesLa greffière,

Signé

V. Retby

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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