vendredi 22 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2111063 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL SYMCHOWICZ WEISSBERG ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 décembre 2021 et le 6 décembre 2022, Mme A B, représentée par Me Miram-Marthe-Rose, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite rejetant sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner la commune de Montgeron à lui verser une indemnité de 249 000 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter de la réception de sa réclamation préalable ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montgeron une somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune de Montgeron a commis des fautes engageant sa responsabilité :
- la décision par laquelle la commune a refusé de renouveler son engagement est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un détournement de procédure ;
- la commune aurait dû lui proposer un contrat à durée indéterminée en application de la loi dite Sauvadet ;
- elle a subi un préjudice financier pouvant être évalué à 199 000 euros ainsi qu'un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence devant être évalués à 50 000 euros.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 3 octobre 2022 et le 15 février 2023, la commune de Montgeron, représentée par Me Saint-Supéry, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle n'a pas commis de faute : elle n'a pas mis fin à l'engagement de Mme B qui a fait valoir ses droits à la retraite ; elle n'avait pas à proposer un contrat à durée indéterminée en l'absence de demande de l'intéressée dans les deux mois suivant la fin de son contrat ;
- les préjudices allégués ne sont pas établis ; ils constituent, le cas échéant, des créances prescrites en application de la loi du 31 décembre 1968 instituant la prescription quadriennale.
La clôture de l'instruction a été fixée au 16 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- la loi n° 2012-32 du 12 mars 2012 relative au régime de sécurité sociale pour certaines catégories de travailleurs dans les secteurs agricole et non agricole ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,
- les conclusions de Mme Vincent, rapporteure publique,
- et les observations de Me Clémenceau substituant Me Saint-Supéry.
Considérant ce qui suit :
1. Madame A B a travaillé au sein de la commune de Montgeron entre 2001 et 2020, par le biais de contrats à durée déterminée, pour effectuer les missions de surveillance des interclasses à temps non complet. Son engagement a pris fin le 31 août 2020. A la suite d'une réclamation préalable infructueuse, Mme B demande la condamnation de la commune de Montgeron à lui verser la somme de 249 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
S'agissant de l'absence de proposition d'un contrat à durée indéterminée :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 21 de la loi du 12 mars 2012 susvisée : " A la date de publication de la présente loi, la transformation de son contrat en contrat à durée indéterminée est obligatoirement proposée à l'agent contractuel, employé par une collectivité territoriale ou un des établissements publics mentionnés à l'article 2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 précitée conformément à l'article 3 de la même loi, dans sa rédaction antérieure à celle résultant de la présente loi, qui se trouve en fonction ou bénéficie d'un congé prévu par le décret pris en application de l'article 136 de ladite loi. Le droit défini au premier alinéa du présent article est subordonné à une durée de services publics effectifs, accomplis auprès de la même collectivité ou du même établissement public, au moins égale à six années au cours des huit années précédant la publication de la présente loi () ". Et selon l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 alors applicable : " Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 ne peuvent recruter des agents non titulaires pour occuper des emplois permanents que pour assurer le remplacement momentané de fonctionnaires autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un congé de maladie, d'un congé de maternité, d'un congé parental ou d'un congé de présence parentale, ou de l'accomplissement du service civil ou national, du rappel ou du maintien sous les drapeaux, de leur participation à des activités dans le cadre de l'une des réserves mentionnées à l'article 74, ou pour faire face temporairement et pour une durée maximale d'un an à la vacance d'un emploi qui ne peut être immédiatement pourvu dans les conditions prévues par la présente loi. Ces collectivités et établissements peuvent, en outre, recruter des agents non titulaires pour exercer des fonctions correspondant à un besoin saisonnier pour une durée maximale de six mois pendant une même période de douze mois et conclure pour une durée maximale de trois mois, renouvelable une seule fois à titre exceptionnel, des contrats pour faire face à un besoin occasionnel. Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 du titre Ier du statut général, des emplois permanents peuvent être occupés par des agents contractuels dans les cas suivants : 1° Lorsqu'il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; 2° Pour les emplois du niveau de la catégorie A, lorsque la nature des fonctions ou les besoins des services le justifient. () Les agents recrutés conformément aux quatrième, cinquième et sixième alinéas sont engagés par des contrats à durée déterminée, d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables, par reconduction expresse. La durée des contrats successifs ne peut excéder six ans. ".
3. En deuxième lieu, l'article 1 de la loi du 31 décembre 1968 susvisée dispose que : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. () ". En outre, l'article 2 de cette loi précise que : " La prescription est interrompue par : Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, alors même que l'administration saisie n'est pas celle qui aura finalement la charge du règlement. () Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. () ".
4. En l'espèce, Mme B se prévaut de dommages résultant d'un fait générateur unique, tenant à l'absence de transformation de son contrat à durée déterminée en un contrat à durée indéterminée. Il résulte des dispositions reproduites ci-dessus que le délai de la prescription quadriennale a, dans un premier temps, été déclenché le 1er janvier 2013, en raison de l'entrée en vigueur de la loi du 12 mars 2012. Toutefois, il est constant que, par une demande du 9 décembre 2014, tacitement refusée le 9 février 2015, Mme B a sollicité, sans se prévaloir d'un fondement légal particulier, la transformation de son contrat en un contrat à durée indéterminée. Dès lors, à supposer que le délai de prescription aurait été interrompu par cette demande, et qu'un nouveau délai de quatre ans aurait été enclenché à compter du 1er janvier 2016, les créances alléguées étaient ainsi prescrites au plus tard le 31 décembre 2020. Par suite, la réclamation préalable qu'a effectuée Mme B le 22 septembre 2021 portait, en tout état de cause, sur des créances prescrites. Elle n'est donc pas fondée à demander la condamnation de la commune de Montgeron en raison de la faute tenant à l'absence de transformation de son contrat en un contrat à durée indéterminée.
S'agissant du non renouvellement de son contrat à durée déterminée :
5. Il résulte de l'instruction que Mme B a été recrutée à compter du 1er mars 2001 par la commune de Montgeron, essentiellement pour effectuer la surveillance des interclasses. Elle soutient que la commune a commis une faute en décidant de ne pas renouveler son engagement, et que cette décision, brutale et illégale, engage sa responsabilité. Toutefois, il résulte de l'instruction que, par un courrier du 1er mars 2020, notifié le lendemain, Mme B a indiqué à son employeur vouloir " faire valoir ses droits à la retraite ", et a ainsi informé l'administration que son " départ se fera à l'issu de [son] contrat à durée déterminée, soit le 31 août 2020 ". Si l'intéressée fait valoir, dans son mémoire en réplique, que cette démarche résulte en réalité des agissements de la commune qui aurait " orchestré " sa demande de départ à la retraite, elle n'assortit ses allégations d'aucun élément circonstancié ou étayé, et d'aucun document. Dès lors, la requérante ne peut utilement soutenir que la décision par laquelle la commune aurait refusé de renouveler son engagement, qui est inexistante, serait illégale et qu'elle engagerait la responsabilité de la commune de Montgeron.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à engager la responsabilité de la commune de Montgeron.
Sur les frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montgeron qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette dernière la somme que réclame la commune sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Montgeron.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
M. Maître, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
M. Geismar
Le président,
Signé
C. Gosselin
La greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2111063
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026