jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200605 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL RACINE BORDEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 janvier et 31 mars 2022, les sociétés Baudin Châteauneuf, Eau Air Système et Hydraco Process, représentées par Me Hounieu, demandent au juge des référés de désigner un expert, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, chargé de se prononcer sur conditions de réalisation des travaux de réhabilitation de la piscine intercommunale de Brunoy réalisés à la demande de la communauté d'agglomération Val d'Yerres Val de seine (CAVYVS) et de réserver les dépens.
Elles soutiennent que :
- dans le cadre de la réhabilitation de la piscine intercommunale de Brunoy, l'Atelier Arcos Architecture s'est vu confier la maîtrise d'œuvre et la mission d'ordonnancement, pilotage et coordination (OPC) a été confiée à la société ICEGEM ; la CAVYVS a confié le lot n° 2 " Macrolot-clos-couvert " à la société Baudin ; le groupement momentané d'entreprises solidaires composé des sociétés Hydraco process et Eau air système dont cette dernière est le mandataire s'est vu confier le lot n° 11 "Traitement d'eau " ;
- les travaux ont pris un grand retard du fait de la découverte de taux très importants de plomb nécessitant un traitement spécifique, de la crise sanitaire et de la désorganisation complète du chantier qui s'en est suivie avec, notamment, pour conséquence une dégradation des ouvrages réalisés par la société Baudin Chateauneuf ;
- l'expertise sollicitée est utile pour procéder à des constatations permettant d'apprécier les retards dans l'exécution des travaux, leurs conséquences sur la poursuite des travaux, les prestations nouvelles non prévues contractuellement, et le coût induit par les erreurs ou manquements commis par les différents intervenants qui ne sauraient leur être imputables, ces faits étant susceptibles de donner lieu à des litiges ultérieurs relevant de la compétence du Tribunal administratif de Versailles, dans le cadre du règlement financier définitif du marché.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 21 février et 20 juillet 2022, la société Qualiconsult, représentée par Me Raffin-Patrimonio, demande au juge des référés :
1°) de prendre acte de ses protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'expertise sollicitée ;
2°) de désigner un expert spécialisé dans l'analyse des réclamations financières d'entreprise ;
3°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Val d'Yerres Val de Seine de produire les attestations d'assurances responsabilité civile 2022 de l'ensemble des parties à la cause ou de demander à l'expert dans le cadre de sa mission de se la faire remettre ;
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 22 février, 13 et 27 avril 2022, la communauté d'agglomération Val d'Yerres Val de Seine, représentée par Me Symchowicz, demande au juge des référés :
1°) de désigner un expert dont la mission sera définie conformément aux termes de son mémoire ;
2°) d'appeler à la cause les sociétés Cronos et Ates ;
3°) de rejeter la demande de mise hors de cause de la société Dekra Industrial ;
4°) de mettre à la charge des sociétés Baudin Châteauneuf, Eau Air Système et Hydraco Process, la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'expertise demandée est partiellement inutile et qu'elle ne peut ni porter sur les conditions d'exécution du contrat ni être un audit ;
- les sociétés requérantes disposent des compétences techniques suffisantes pour déterminer les causes et le montant des préjudices dont elles se réclament ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2022, les sociétés BTP Consultants, Arcos B et BTSG en qualité de mandataire liquidateur de la société Atelier Arcos Architecture, représentées par Me Goulet, demandent au juge des référés :
1°) de prendre acte de leurs protestations et réserves d'usages quant à la mesure d'expertise sollicitée ;
2°) d'étendre l'expertise à la société CET Ingénierie ;
3°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2022, la société Dekra Industrial, représentée par Me Beaudoire, demande au juge des référés :
1°) à titre principal sa mise hors de cause ;
2°) à titre subsidiaire de prendre acte de ses protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'expertise sollicitée ;
3°) de modifier les chefs de mission proposés dans un sens plus objectif et ne pas désigner l'expert proposé par les sociétés requérantes ;
4°) de mettre à la charge des sociétés Baudin Châteauneuf, Eau Air Système et Hydraco Process, la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'en sa seule qualité de diagnostiqueur elle n'est pas partie prenante au chantier de rénovation, son intervention étant arrivée en amont du projet et à la demande de la seule commune de Yerres.
Les mémoires ont été communiqués aux sociétés CET Ingénierie, Ates, Cronos, ICEGEM et à la Mutuelle des architectes français qui n'ont pas produit de mémoires.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, Mme A, première vice-présidente, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur l'utilité de la mesure d'expertise:
1. Aux termes de l'article R.532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de ces dispositions doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
2. L'expertise demandée par les sociétés Baudin Châteauneuf, Eau Air Système et Hydraco Process, qui vise à déterminer les causes et conséquences des retards de travaux, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la mise hors de cause de la société Dekra Industrial et la mise en cause des sociétés Cronos, Ates et CET Ingénierie :
3. La mise en cause d'une partie dans une expertise, simple mesure d'instruction ordonnée avant tout procès, ne préjuge aucunement de l'existence et de l'étendue des responsabilités des parties.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que la société Dekra Industrial n'est pas étrangère aux travaux en cause. La seule circonstance qu'elle soit intervenue avant le début des travaux ne peut suffire à justifier qu'elle soit mise hors de cause au stade de l'expertise. Dès lors, sa participation au opérations d'expertise pouvant s'avérer utile, il y a lieu de rejeter ses conclusions et de la maintenir à la cause.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction que la société Cronos, en sa qualité de sous-traitant OPC, la société Ates, en sa qualité de BET structure et VRD, et la société CET Ingénierie, membre du groupement de maitrise d'œuvre en qualité de BET fluides, ne sont pas étrangères à l'exécution du marché en cause. Par suite leur participation aux opérations d'expertise apparait utile et il y a lieu de les appeler à la cause.
Sur les conclusions tendant au dépôt d'un pré-rapport :
6. L'expertise devra être effectuée en application des dispositions des articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Aucune de ces dispositions ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir une note de synthèse ou un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement de pré-conclusions ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il en résulte que les conclusions des parties tendant à ce que le juge des référés demande à l'expert de dresser un pré-rapport et de l'adresser à chacune des parties ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les réserves exprimées :
7. Il n'appartient pas au juge des référés de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, Il n'y a pas lieu, dans le cadre de la présente procédure qui ne tend qu'au prononcé d'une mesure d'instruction, de faire droit aux conclusions présentées par Me Hounieu sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B C est désigné en qualité d'expert.
Il aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux et prendre connaissance du projet de réhabilitation de la piscine communale de Brunoy ; prendre connaissance de l'ensemble des pièces contractuelles et se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission , entendre toutes les parties et tout sachant ;
2°) constater et décrire la nature et l'étendue des désordres et dysfonctionnements ayant affecté le chantier à la suite de la découverte de plomb et de la survenance de l'épidémie de COVID 19 ;
3°) donner tous les éléments utiles d'appréciation permettant de déterminer les causes des retards constatés dans le calendrier du chantier, en précisant, notamment s'ils résultent d'erreurs dans la définition des besoins, dans la conception, de sujétions non prévues rencontrées au cours de l'exécution ou de toute autre cause ; fournir tous éléments permettant de déterminer l'imputabilité de ces causes et retards ; en cas de causes multiples, indiquer la part imputable à chacune d'elles ;
4°) fournir tous les éléments permettant de déterminer l'étendue des préjudices subis par les parties en cause ;
5°) Décrire les termes et obligations contractuelles découlant des marchés en cause et fournir tous éléments techniques et de fait permettant de déterminer, s'il y a lieu, les responsabilités encourues ;
6°) d'une manière générale, fournir tous éléments de fait de nature à éclairer le tribunal éventuellement saisi des responsabilités encourues ;
Article 2 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira sa mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 3 : L'expert avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expert effectuera sa mission au contradictoire de :
- la société Baudin Châteauneuf,
- la société Eau Air Système,
- la société Hydraco Process,
- la communauté d'agglomération du Val d'Yerres Val de Seine
- la SCP BTSG, en qualité de mandataire liquidateur de la société Atelier Arcos Architecture,
- la société ICEGEM,
- la société Arcos B,
- la société Qualiconsult,
- la société BTP Consultants,
- la société Dekra industrial,
- la société Cronos,
- la société Ates,
- la société CET Ingénierie,
- la mutuelle des architectes français.
Article 5 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, le collège d'experts déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires (un exemplaire numérique et un exemplaire papier) dans le délai de 6 mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée aux sociétés Baudin Châteauneuf, Eau Air Système, Hydraco Process, SCP BTSG, ICEGEM, Arcos B, Qualiconsult, BTP Consultants, Dekra industrial, Cronos, Ates, CET Ingénierie, à la communauté d'agglomération du Val d'Yerres Val de Seine, et à la société mutuelle des architectes français. et à M. B C, expert.
Fait à Versailles, le 27 octobre 202Le première vice-présidente,
signé
Isabelle A
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026