lundi 18 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200660 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | GARCIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 janvier 2022 et le 15 avril 2022, Mme C, représenté par Me Garcia, demande au tribunal :
1°) la décharge de l'obligation de payer la somme de 10 283,17 euros ayant fait l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur du 26 octobre 2021 correspondant à des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales dont sa mère restait redevable avant son décès ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- elle ne saurait être tenue au paiement de la dette fiscale de sa mère décédée, dès lors qu'elle n'a pas opté dans le cadre de la succession ;
- il est " inéquitable " que l'administration n'ait pas tenté de recouvrer sa créance auprès de son père qui dispose des ressources suffisantes pour s'en acquitter ;
- le montant de la créance n'est pas certain, l'administration lui ayant remboursé une somme 832,30 euros postérieurement à la saisie administrative à tiers détenteur.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 février 2022 et le 13 mai 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
.
Par ordonnance du 20 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 septembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Féral,
- et les conclusions de Cheyenne Mathé , rapporteure public,
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C est la fille de Mme E B et de M. D C. Mme B est décédée le 29 décembre 2019. Le 10 mars 2020, Mme C a reçu un courrier du pôle recouvrement spécialisé du centre des finances publiques de Versailles lui indiquant qu'en sa qualité d'héritière de sa mère, elle était redevable d'une somme de 14 707,60 euros. Le 27 octobre 2021, la requérante indique avoir reçu un courrier de sa banque l'informant qu'une saisie administrative à tiers détenteur a été émise pour avoir paiement d'une somme de 10 283 euros. L'intéressée a formé opposition contre cet acte de poursuite le 18 novembre 2021 et le 2 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines a rejeté sa réclamation. Par la présente requête Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal la décharge de l'obligation de payer la somme de 10 283,17 euros ayant fait l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur du 26 octobre 2021 pour avoir paiement des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales dont sa mère restait redevable avant son décès.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 768 du code civil : " L'héritier peut accepter la succession purement et simplement ou y renoncer. Il peut également accepter la succession à concurrence de l'actif net lorsqu'il a une vocation universelle ou à titre universel () ". Aux termes de l'article 771 du même code : " L'héritier ne peut être contraint à opter avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de l'ouverture de la succession. A l'expiration de ce délai, il peut être sommé, par acte extrajudiciaire, de prendre parti à l'initiative d'un créancier de la succession, d'un cohéritier, d'un héritier de rang subséquent ou de l'Etat ". Aux termes de l'article 772 du même code : " Dans les deux mois qui suivent la sommation, l'héritier doit prendre parti ou solliciter un délai supplémentaire auprès du juge lorsqu'il n'a pas été en mesure de clôturer l'inventaire commencé ou lorsqu'il justifie d'autres motifs sérieux et légitimes. Ce délai est suspendu à compter de la demande de prorogation jusqu'à la décision du juge saisi. A défaut d'avoir pris parti à l'expiration du délai de deux mois ou du délai supplémentaire accordé, l'héritier est réputé acceptant pur et simple ". Aux termes de l'article 786 du même code : " L'héritier acceptant purement et simplement ne peut plus renoncer à la succession ni l'accepter à concurrence de l'actif net. () ". Enfin, aux termes de l'article 873 du même code : " " Les héritiers sont tenus des dettes et charges de la succession, personnellement pour leur part successorale, et hypothécairement pour le tout ; sauf leur recours soit contre leurs cohéritiers, soit contre les légataires universels, à raison de la part pour laquelle ils doivent y contribuer. "
3. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction, et n'est d'ailleurs pas allégué par la requérante, que M. C et Mme B, qui étaient mariés jusqu'au 24 juin 2013, n'auraient pas été tenus solidairement au paiement de la cotisation d'impôt sur le revenu de l'année 2008 en application des dispositions de l'article 1691 bis du code général des impôts et des cotisations de contributions sociales au titre de la même année.
4. D'autre part, si Mme C fait valoir qu'elle n'a exercé aucune option successorale à défaut de liquidation de la communauté matrimoniale de ses parents, il résulte toutefois de l'instruction que l'administration fiscale lui a fait signifier par voie d'huissier, le 18 juin 2018, une sommation de prendre parti à la succession en application des dispositions de l'article 771 du code civil citées au point précédent et qu'à l'expiration du délai de deux mois prévus par les dispositions de l'article 772 du code civil, elle n'avait pas répondu. Ainsi, faute d'avoir pris parti dans le délai de deux mois, Mme C était, en application des dispositions précitées du code civil, réputée avoir accepté purement et simplement la succession, et ce de manière définitive. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'a pas la qualité d'héritière et n'était donc pas redevable des dettes fiscales de sa mère décédée.
5. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit aux points précédents, Madame C, en sa qualité d'héritière de sa mère, est redevable de la dette fiscale correspondant aux cotisations d'impôts sur le revenu et de contributions sociales de l'année 2008 afférentes au foyer fiscal de ses parents. Dès lors, l'administration fiscale peut réclamer le paiement de la totalité des sommes à recouvrer à l'une quelconque des personnes tenues au paiement solidaire de dettes fiscales. Il s'ensuit que les poursuites peuvent être exclusivement engagées contre l'un des débiteurs solidaires et que ces poursuites ne sont pas subordonnées à l'impossibilité de recouvrer la créance auprès du débiteur principal ou d'un autre débiteur solidaire. Le moyen tiré de ce qu'il est " inéquitable " que l'administration fiscale n'ait pas tenté de recouvrer sa créance auprès de son père est dès lors inopérant. Au demeurant, l'administration fiscale justifie avoir exercé des diligences pour obtenir le recouvrement de sa créance auprès de son père.
6. En troisième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que le montant de la cotisation d'impôt sur le revenu auxquelles les époux C ont été assujettis au titre de l'année 2008 et qui a été mise en recouvrement le 31 octobre 2012 s'élevait à 14 217 euros et que les cotisations de contributions sociales afférentes à la même année d'imposition, mises en recouvrement le 15 novembre 2012, s'élevaient à 2 534 euros. La requérante ne conteste pas le montant des paiements intervenus préalablement à l'envoi de la saisie administrative à tiers détenteur tels qu'il ressort des documents produit en défense par l'administration. Ainsi, le montant de la créance est certain à la date de l'acte de poursuite contesté et s'élève à la somme de 10 283,17 euros, montant qui figure dans la saisie administrative à tiers détenteur du 26 octobre 2021 et qui a été recouvré auprès de la requérante. Si l'administration lui a remboursé, postérieurement à cette saisie administrative, une somme de 832,30 euros, cette circonstance ne démontre pas le caractère incertain de la créance comme elle le soutient, dès lors qu'il résulte de l'instruction que ce remboursement correspond à la somme que l'administration a pu appréhender dans le cadre de deux saisies administratives à tiers détenteur émises pour paiement de la même créance auprès d'établissements bancaires dans lesquels M. C détenait des comptes bancaires. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander décharge de l'obligation de payer la somme de 10 283,17 euros ayant fait l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur du 26 octobre 2021. Par suite, la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions, en ce compris celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
M. Brumeaux, président honoraire,
Mme Bartnicki, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
R. Féral
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
Signé
M. BrumeauxLe greffier,
Signé
C. Gueldry
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026