jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200728 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | CANDAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2022, la société à responsabilité limitée Le Terminal, représentée par Me Candas, demande au tribunal :
1°) de prononcer, à titre principal, la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016 et, à titre subsidiaire, la décharge des pénalités y afférentes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
SARL Le Terminal soutient que :
- l'administration n'était pas fondée à écarter sa comptabilité comme étant irrégulière ;
- en tout état de cause, le montant de son chiffre d'affaires reconstitué est exagéré, dès lors que l'administration a retenu un taux d'extrapolation de 85 %, inférieur au taux de 88,13 % retenu, au terme des mêmes opérations de vérification, pour la reconstitution de son chiffre d'affaires des exercices clos en 2017 et 2018 ;
- l'administration, qui n'a pas remis en cause le montant de sa TVA due déclarée antérieurement à la proposition de rectification, a retenu une base imposable à cette taxe et, par conséquent, à l'impôt sur les sociétés, exagérée ;
- l'administration n'était pas fondée à appliquer la majoration de 40 % prévue par l'article 1729 du code général des impôts en cas de manquement délibéré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Le directeur soutient que les moyens soulevés par SARL Le Terminal ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique,
- et les observations de Me Candas, représentant la SARL Le Terminal.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Le Terminal, qui exerce une activité de débit de boisson et d'hôtellerie ainsi que, jusqu'au mois d'octobre 2016, une activité de restauration, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité inopinée portant sur les exercices clos le 31 décembre 2016, 2017 et 2018. Au cours de ces opérations de contrôle, l'administration fiscale, qui a par ailleurs constaté l'absence de dépôt dans le délai légal des déclarations de chiffre d'affaires et de résultat au titre des exercices vérifiés, a écarté la comptabilité de la société comme étant dépourvue de valeur probante et a procédé à la reconstitution de son chiffre d'affaires pour chacun de ces exercices. Le 18 novembre 2019, au cours des opérations de contrôle, la SARL Le Terminal a été mise en demeure de produire ses déclarations de chiffre d'affaires et de revenus, ce qu'elle a fait, s'agissant de l'exercice clos le 31 décembre 2016, le 9 décembre 2019. Au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016, la SARL Le Terminal s'est vue notifier, notamment, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, suivant la procédure de redressement contradictoire, et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, suivant la procédure de taxation d'office, par une proposition de rectification du 19 décembre 2019. Ces impositions supplémentaires ont été assorties des majorations prévues par le b. de l'article 1728 du code général des impôts et le a. de l'article 1729 du même code. Sa réclamation du 21 avril 2021 ayant été partiellement rejetée par une décision du 2 décembre 2021, la SARL Le Terminal demande au tribunal de prononcer, à titre principal, la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée restant à sa charge et, à titre de subsidiaire, la décharge des pénalités correspondantes.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. En premier lieu, pour écarter la comptabilité de la SARL Le Terminal comme étant irrégulière, l'administration fiscale s'est fondée sur la circonstance que, en dépit de la remise d'un fichier des écritures comptables, la société n'a été en mesure de présenter des justificatifs de recettes, s'agissant de son activité de débit de boisson et de restauration, que pour la période du 1er mai 2016 au 30 septembre 2016, sous la forme de tickets de caisse journaliers ne permettant pas de retracer le détail des produits vendus. Contrairement à ce que soutient la société, cette seule irrégularité est de nature à priver sa comptabilité de valeur probante. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a écarté la comptabilité de la société requérante comme étant dépourvue de valeur probante.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. " D'autre part, aux termes de l'article R. 194-1 du même livre : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. " En l'espèce, d'une part, ainsi qu'il a été dit au point 1, les rappels de TVA mis à la charge de la SARL Le Terminal l'ont été selon la procédure d'imposition d'office et, d'autre part, si elle a été assujettie aux cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés en litige dans selon la procédure contradictoire, la société s'est abstenue de répondre à la proposition de rectification dans le délai imparti et prorogé à sa demande. Par conséquent, la charge de la preuve de l'exagération de l'ensemble des impositions en litige repose sur la société requérante.
4. Afin de reconstituer le résultat de la SARL Le Terminal, s'agissant de l'activité de débit de boisson, le service a eu recours à la méthode dite " des liquides ", qui consiste, sur la base des éléments d'informations mis à disposition par le contribuable, à déterminer les recettes de cette activité en fonction des achats de liquides, auxquelles sont appliqué un coefficient d'extrapolation, déterminé dans le cadre du débat oral et contradictoire, qui correspond à une estimation du rapport entre le chiffre d'affaires correspondant à ces recettes et le chiffre d'affaires total de l'activité. En se bornant, sans apporter aucun élément ni aucune précision supplémentaire, à affirmer que l'administration aurait dû retenir, pour reconstituer ses recettes tirées de l'activité de débit de boisson pour l'exercice clos le 31 décembre 2016, un coefficient d'extrapolation non pas de 85 % mais de 88,13 %, identique à celui des exercices clos en 2017 et 2018, ce coefficient étant au demeurant différent de seulement 3,13 points, la société, qui ne conteste pas les modalités selon lesquelles ces coefficients ont été déterminés dans le cadre du débat oral et contradictoire, n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'exagération de ses bases imposables ainsi reconstituées.
5. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 1, la SARL Le Terminal n'a déposé une déclaration de chiffre d'affaires modèle CA12 au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016 que le 9 décembre 2019, après en avoir été mise en demeure par l'administration fiscale le 18 novembre 2019. Le service a procédé à la reconstitution de son chiffre d'affaires en fonction des achats constatés, de liquides pour son activité de débit de boisson et de frites pour son activité de restauration. La circonstance que le service, afin de reconstituer ce chiffre d'affaires et de déterminer, de la même façon, le montant de TVA collectée par la société, a tenu compte de justificatifs de charges produits par cette dernière et n'a pas remis en cause le montant de TVA déductible porté sur sa déclaration, n'imposait pas à l'administration d'admettre le montant de TVA due figurant sur cette déclaration. Par suite, la société requérante ne rapporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'exagération, sur ce point, de la détermination de ses bases imposables à la TVA et à l'impôt sur les sociétés.
Sur les pénalités :
6. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () "
7. L'administration fait valoir, pour justifier l'application de cette majoration, que la minoration du chiffre d'affaires de la SARL Le Terminal, par rapport aux montants déclarés et portés en comptabilité, s'élève en dernier lieu plus de 38 % de son chiffre d'affaires reconstitué, que la société n'a déposé sa déclaration qu'au cours des opérations de contrôle, après avoir été mise en demeure et qu'elle ne faisait état que de justificatifs incomplets de ses recettes sur la période en cause. L'administration rapporte ainsi la preuve de l'existence d'un manquement délibéré. Contrairement à ce que soutient la société requérante, la circonstance que la détermination de l'ampleur de la minoration de son chiffre d'affaires repose sur la reconstitution de ce dernier est, en tant que telle et dès lors que l'administration était fondée à écarter sa comptabilité comme dépourvue de valeur probante, sans incidence sur l'appréciation de cet élément pour l'application de la majoration litigieuse. En outre, si la SARL Le Terminal se prévaut de la destruction de bon nombre de ses documents administratifs et son ancienne caisse enregistreuse, en particulier ses justificatifs de recettes pour la période en cause, en raison d'un dégât des eaux, elle n'apporte aucun élément susceptible d'établir la réalité de ces allégations, alors qu'elle ne fait état, par ailleurs, d'aucun dégât qui aurait affecté ses justificatifs de charges, qu'elle a été en mesure de remettre au vérificateur. Par suite, la SARL Le Terminal n'est pas fondée à soutenir que l'application de la majoration de 40 % pour manquement délibéré n'était pas justifiée.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Le Terminal n'est fondée à demander la décharge ni des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée restant à sa charge au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016, ni des pénalités correspondantes. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Le Terminal est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Le Terminal et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Lutz, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
A. LE VAILLANT
Le président,
Signé
O. MAUNYLa greffière,
Signé
C. BENOIT-LAMAITRIE
La République mande et ordonne au le directeur départemental des finances publiques des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026