mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200949 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | EL HILALI DALLA-VECCHIA |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 6 février 2022 sous le n° 2200949, M. B A, représenté par Me El Hilali Dalla-Vecchia, demande au tribunal :
1°) de condamner le préfet des Yvelines à lui verser la somme de 5 284,27 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subis ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été victime d'un accident de la route le 5 décembre 2020 sur la route départementale D130 en percutant avec son véhicule un îlot directionnel non signalé ;
- la responsabilité du préfet est engagée pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ;
- il a subi des préjudices qu'il évalue à 5 284,27 euros, au vu des conclusions de l'expert, qui se décomposent comme suit : 5 000 euros de valeur du véhicule endommagé, 284,27 euros de frais de remorquage.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2023, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'elle est irrecevable car mal dirigée.
II. Par une requête enregistrée le 6 février 2022 sous le n° 2200950, M. B A, représenté par Me El Hilali Dalla-Vecchia, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Mézières-sur-Seine à lui verser la somme de 5 284,27 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subis ;
2°) de mettre à sa charge la somme de 2 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été victime d'un accident de la route le 5 décembre 2020 sur la route départementale D130 en percutant avec son véhicule un îlot directionnel non signalé ;
- l'accident est imputable à une carence fautive du maire dans l'usage de ses pouvoirs de police dont il dispose en application de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales ;
- il a subi des préjudices qu'il évalue à 5 284,27 euros, au vu des conclusions de l'expert, qui se décomposent comme suit : 5 000 euros de valeur du véhicule endommagé, 284,27 euros de frais de remorquage.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2023, la commune de Mézières-sur-Seine, représentée par Me Piquet, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison du défaut de demande préalable indemnitaire ;
- aucune carence fautive du maire ne peut être reprochée à la commune ;
- le requérant ne démontre ni la matérialité des faits ni l'existence d'un lien de causalité entre ceux-ci et les préjudices dont il se prévaut ;
- il ne justifie pas du montant des préjudices.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,
- les conclusions de M. Chavet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été victime d'un accident de la circulation le 5 décembre 2020, sur la route départementale 130 alors qu'il traversait la commune de Mézières-sur-Seine, en percutant avec son véhicule un îlot directionnel. Il a présenté une demande préalable indemnitaire auprès du préfet des Yvelines par un courrier daté du 29 septembre 2021, qui a été implicitement rejetée. Par les présentes requêtes, il sollicite la condamnation du préfet des Yvelines et de la commune de Mézières-sur-Seine à lui verser une indemnité de 5 284,27 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de cet accident.
Sur le défaut d'entretien normal :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code de la voirie publique : " Les voies du domaine public routier national sont : / 1° Les autoroutes ; / 2° Les routes nationales. / Le domaine public routier national est constitué d'un réseau cohérent d'autoroutes et de routes d'intérêt national ou européen () L'Etat conserve dans le domaine public routier national, jusqu'à leur déclassement, les tronçons de routes nationales n'ayant pas de vocation départementale et devant rejoindre le domaine public routier communal. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 131-1 de ce code : " Les voies qui font partie du domaine public routier départemental sont dénommées routes départementales. ". Le second alinéa de l'article L. 131-2 du même code dispose : " Les dépenses relatives à () l'entretien des routes départementales sont à la charge du département. ". Enfin, l'article L. 3221-4 du code général des collectivités territoriales prévoit que : " Le président du conseil départemental gère le domaine du département () ".
3. Il est constant que la voie sur laquelle a eu lieu l'accident de la circulation est une route départementale dont la gestion et l'entretien incombent au département des Yvelines, y compris lorsqu'elle traverse une agglomération. Dans ces conditions, dès lors que l'Etat n'est pas chargé de l'entretien de cette voie publique, M. A n'est pas fondé à rechercher sa responsabilité du fait de l'accident. Dans ces conditions, les conclusions du requérant, dirigées uniquement contre le préfet des Yvelines et fondées exclusivement sur le défaut d'entretien normal de l'ouvrage en cause, sont mal dirigées et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les pouvoirs de police du maire de la commune de Mézières-sur-Seine :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
5. Si M. A a présenté une demande préalable indemnitaire auprès du préfet des Yvelines, en ne se prévalant que du défaut d'entretien normal de la route départementale 130, en revanche, il ne justifie d'aucune demande de nature à lier le contentieux présentée auprès de la commune de Mézières-sur-Seine au titre d'une carence fautive du maire dans l'usage de ses pouvoirs de police. Il y a donc lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par l'administration.
Dans ces conditions, les conclusions de la requête n° 2200950 dirigées contre la commune de Mézières-sur-Seine ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mis à la charge de l'Etat et de la commune de Mézières-sur-Seine, qui ne sont pas les parties perdantes, les frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la commune de Mézières-sur-Seine sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Mézières-sur-Seine présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet des Yvelines et à la commune de Mézières-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 29 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2200949 - 2200950
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026