mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2201201 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | DUMAINE-MARTIN |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 février 2022 et 13 novembre 2023, sous le n° 2201201, Me Michèle Lebossé, représentée par Me Dumaine-Martin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° SG2108088 du 16 août 2021 par lequel le maire de la commune de Draveil lui a ordonné de prendre, sous différents délais, toutes les mesures pour assurer la mise en sécurité de l'immeuble situé au 102 boulevard Henri Barbusse, compte tenu du danger grave et imminent que le mauvais état de cet immeuble fait peser sur ses occupants et les usagers de la voie publique, sous peine d'être exposée au paiement d'une astreinte journalière de 500 euros et des travaux réalisés d'office par la commune ;
2°) d'annuler le titre exécutoire n° 6266 émis le 19 novembre 2021 par le maire de la commune de Draveil pour un montant de 8 292,58 euros et prononcer la décharge de cette somme ;
3°) de sursoir à statuer sur la présente requête jusqu'à ce que le tribunal statue sur la requête enregistrée sous le n° 2108971 dirigée contre l'arrêté du 16 décembre 2021 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Draveil la somme de 15 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire doit être annulé par voie de conséquence de l'illégalité de l'arrêté du 16 août 2021 dont il procède ;
- l'arrêté du 16 août 2021 est entaché d'incompétence dès lors que son signataire ne justifie pas d'une délégation de signature régulière ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été informée de l'ordonnance du 7 août 2021 par laquelle le tribunal administratif de Versailles a désigné un expert ni été invitée à participer aux opérations d'expertise ;
- il a été complètement exécuté à la date à laquelle le tribunal statue de sorte que le litige est dépourvu d'objet ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que les mesures contenues dans l'arrêté en litige ne sont pas exécutables et relèvent de la puissance publique ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- le titre exécutoire litigieux est entaché d'incompétence ;
- il est irrégulier dès lors qu'il ne comporte pas les bases et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à sa charge ;
- il est entaché d'irrégularité dès lors qu'il lui a été adressé sans préciser sa qualité d'administrateur provisoire de la succession ;
- il est entaché d'irrégularité dès lors qu'il ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ;
- la créance relative aux frais d'expertise est mal fondée dès lors que par une ordonnance du 9 septembre 2021, le tribunal administratif a mis à la charge de la commune les entiers dépens relatifs à la procédure d'expertise ;
- la créance relative au murage des ouvertures du bâtiment est mal fondée dès lors qu'il n'est justifié ni du détail, ni de la réalité de ces travaux, ni de ce que la commune s'est effectivement acquittée de cette somme ;
- il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions dirigées contre le titre de recette dès lors qu'il a fait l'objet d'une annulation le 12 mai 2022 par le maire de la commune de Draveil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, la commune de Draveil conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas présenté d'observation.
Par un courrier du 15 février 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 16 août 2021 du maire de la commune de Draveil pour tardiveté, dès lors que le délai de recours contentieux contre cet arrêté est venu à expiration le 20 décembre 2021, soit deux mois après l'introduction de la requête du 18 octobre 2021 ayant manifesté la connaissance acquise de cette décision par la requérante.
Me Lebossé a présenté des observations, enregistrées le 27 février 2024, en réponse à la communication du moyen susceptible d'être relevé d'office.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 juillet 2022 et 19 février 2024, sous le n° 2205585, Me Michèle Lebossé, représentée par Me Dumaine-Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° SG2108088 du 16 août 2021 par lequel le maire de la commune de Draveil lui a ordonné de prendre, sous différents délais, toutes les mesures pour assurer la mise en sécurité de l'immeuble situé au 102 boulevard Henri Barbusse, compte tenu du danger grave et imminent que le mauvais état de cet immeuble fait peser sur ses occupants et les usagers de la voie publique, sous peine d'être exposée au paiement d'une astreinte journalière de 500 euros et des travaux réalisés d'office par la commune ;
2°) d'annuler le titre exécutoire n° 2510 émis le 7 juin 2022 par le maire de la commune de Draveil pour un montant de 8 292,58 euros ainsi que le courrier du 12 mai 2022 et de prononcer la décharge de cette somme ;
3°) de sursoir à statuer sur la présente requête jusqu'à ce que le tribunal statue sur la requête enregistrée sous le n° 2108971 dirigée contre l'arrêté du 16 décembre 2021 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Draveil la somme de 15 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- le titre de recette doit être annulé par voie de conséquence de l'illégalité de l'arrêté du 16 août 2021 dont il procède ;
- l'arrêté du 16 août 2021 est entaché d'incompétence dès lors que son signataire ne justifie pas d'une délégation de signature régulière ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été informée de l'ordonnance du 7 août 2021 par laquelle le tribunal administratif de Versailles a désigné un expert ni été invitée à participer aux opérations d'expertise ;
- il a été complétement exécuté à la date à laquelle le tribunal statuera de sorte que le litige est dépourvu d'objet ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que les mesures contenues dans l'arrêté en litige ne sont pas exécutables et relèvent de la puissance publique ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- le titre de recette litigieux est entaché d'incompétence ; les travaux de mise en sécurité ayant été réalisés à la diligence du préfet de l'Essonne et non de la commune, cette dernière n'était pas compétente pour émettre ce titre ; l'avis de sommes à payer indique qu'il a été émis par M. A B dont la qualité n'est pas précisée ; il appartient à la commune de produire l'" original " du titre de recettes pour établir l'identité de son signataire et de justifier de son habilitation pour ce faire ;
- il est irrégulier dès lors qu'il ne comporte pas les bases et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à sa charge ;
- il est entaché d'irrégularité dès lors qu'il lui a été adressé sans préciser sa qualité d'administrateur provisoire de la succession ;
- il est entaché d'irrégularité dès lors qu'il ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ;
- la créance relative aux frais d'expertise est mal fondée dès lors que par une ordonnance du 9 septembre 2021, le tribunal administratif a mis à la charge de la commune les entiers dépens relatifs à la procédure d'expertise ;
- la créance relative au murage des ouvertures du bâtiment est mal fondée dès lors qu'il n'est justifié ni du détail, ni de la réalité de ces travaux, ni de ce que la commune s'est effectivement acquittée de cette somme ;
- il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions dirigées contre le titre de recette dès lors qu'il a fait l'objet d'une annulation le 12 mai 2022 par le maire de la commune de Draveil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mars 2023, la commune de Draveil conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas présenté d'observation.
Par un courrier du 15 février 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 16 août 2021 du maire de la commune de Draveil pour tardiveté, dès lors que le délai de recours contentieux contre cet arrêté est venu à expiration le 20 décembre 2021, soit deux mois après l'introduction de la requête du 18 octobre 2021 ayant manifesté la connaissance acquise de cette décision par la requérante.
Me Lebossé a présenté des observations, enregistrées le 27 février 2024, en réponse à la communication du moyen susceptible d'être relevé d'office.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- et les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Draveil a émis, le 19 novembre 2021, à l'égard de Me Lebossé un titre exécutoire n° 6266 afin d'obtenir le recouvrement des frais qu'elle a exposés dans le cadre de la procédure de péril imminent dont a fait l'objet l'immeuble situé 102 boulevard Henri Barbusse. Par la requête, enregistrée sous le n° 2201201, Me Lebossé demande au tribunal d'annuler ce titre et de prononcer la décharge du paiement de la somme de 8 292,58 euros. Par un courrier du 12 mai 2022, le maire de la commune de Draveil a informé Me Lebossé de ce qu'il procédait à l'annulation du titre émis le 19 novembre 2021 et a émis le 7 juin 2022 un titre exécutoire n° 2510 d'un montant de 8 292,58 euros. Par la requête n° 2205585, Me Lebossé demande au tribunal l'annulation de ce titre et la décharge du paiement de cette somme.
2. Les requêtes nos 2201201 et 2205585 ont été présentées par Me Lebossé. Elles présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 16 août 2021 :
3. Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. / Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat ".
4. La requérante, qui produit en pièce jointe à ses requêtes l'arrêté du 16 août 2021, qui comporte la mention des voies et délais de recours, a eu nécessairement connaissance acquise de celui-ci au plus tard à la date d'enregistrement de sa requête n° 2108971 devant le présent tribunal, le 18 octobre 2021. Il s'ensuit qu'aux 14 février et 18 juillet 2022, dates auxquelles Me Lebossé a présenté des conclusions à fin d'annulation à l'encontre de l'arrêté du 16 août 2021 dans le cadre de ses requêtes nos 2201201 et 2205585, le délai de recours contentieux de deux mois était expiré. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 16 août 2021 figurant dans les requêtes nos 2201201 et 2205585 sont tardives et doivent donc être rejetées comme étant irrecevables.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge du titre exécutoire n° 6266 émis le 19 novembre 2021 :
5. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 12 mai 2022, postérieure à l'enregistrement de la requête n° 2201201, le maire de la commune de Draveil a annulé le titre exécutoire n° 6266 émis le 19 novembre 2021 à l'encontre de Me Lebossé. Dès lors, les conclusions de la requête n° 2201201 tendant à l'annulation de ce titre et à la décharge de la somme de 8 292,58 euros sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge du titre exécutoire n° 2510 émis le 7 juin 2022 :
6. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre. Statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
7. Aux termes de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute personne a le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administrative de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne ; ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées ". Aux termes de l'article L. 212-1 du même code : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractère lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ". Aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable à la date du titre contesté : " () / 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. () / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation () ".
8. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes délivré par l'administration doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que le bordereau de titres de recettes comporte la signature de cet auteur.
9. Il résulte de l'instruction que le titre de recettes litigieux mentionne que son émetteur est M. A B, dont il ressort de l'ampliation du précédent titre qui a été notifiée à Me Lebossé qu'il s'agit du directeur général des services de la commune de Draveil. La requérante soutient qu'il appartient à la commune de produire l'original de ce titre pour établir l'identité de son signataire et de justifier de son habilitation pour ce faire. La commune de Draveil verse, en défense, un arrêté du 11 juin 2021, dont il résulte que M. A B bénéficie, en sa qualité de directeur général des services, d'une délégation du maire en vue de signer les bordereaux de titres de recettes. Néanmoins, et en dépit d'une demande de pièce formulée en ce sens, et alors qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de son auteur, la commune de Draveil ne produit pas un tel bordereau et ne conteste pas que celui-ci n'a pas été signé. Si elle verse un document relatif à la politique de signature électronique " Hélios " de la direction générale des finances publiques, cette pièce ne saurait tenir lieu du bordereau du titre de recette signé par M. A B en application des dispositions législatives du code général des collectivités territoriales citées au points 7.
10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de sursoir à statuer, que Me Lebossé est fondée à demander l'annulation du titre de recettes n° 2510 émis à son encontre le 7 juin 2022. Toutefois, cette annulation n'implique pas, compte-tenu de la possibilité de régularisation dont dispose l'autorité administrative et dès lors qu'aucun des moyens relatifs au bien-fondé de la créance n'est susceptible de remettre en cause cette dernière, que Me Lebossé soit déchargée de l'obligation de payer la somme dont le titre attaqué l'a constituée débitrice. Par suite, les conclusions aux fins de décharge présentées par Me Lebossé doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les sommes demandées par la commune de Draveil soient mises à la charge de la Me Lebossé, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Draveil les sommes demandées par Me Lebossé au titre des frais exposés par elle dans les instances nos 2201201et 2205585 et non compris dans les dépens.
12. D'autre part, les présentes instances n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de la requérante présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge du titre exécutoire n° 6266 émis le 19 novembre 2021.
Article 2 : Le titre exécutoire n° 2510 émis le 7 juin 2022 par la commune de Draveil pour un montant de 8 292,58 est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requête nos 2201201et 2205585 est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Draveil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Me Michèle Lebossé et à la commune de Draveil.
Copie en sera adressée, pour information, au directeur départemental des finances publiques de l'Essonne et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2201201, 2205585
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026